Flux RSS

Archives de Tag: couleurs d’automne

Automne. le vent a dénudé les arbres mais pas tous

En ce jeudi 23 novembre 2017, le temps est doux mais le vent qui a soufflé fort la nuit dernière continue à pousser les nuages qui masquent alternativement le soleil et excitent les oiseaux, perruches ou pigeons, qui volent par groupe de branche en branche en piaillant. Leur vol est lourd et se confond avec le tourbillon des feuilles de platane ou d’érable qui planent lentement avant de se poser au sol. Certains ginkgos sont encore dorés mais d’autres ont perdu toutes leurs feuilles qui recouvrent le sol d’un tapis épais jaune d’or. L’odeur pestilentielle de leurs fruits commencent à se dégager bien qu’ils ne soient pas encore tombés.

Les perruches volent d’arbre en arbre et il est possible de les voir se percher dans les branches nues.

Perruches

01-IMG_3381

02-IMG_3382

 

03-IMG_3394

Sophoras

Le sophora remarquable dont une lourde branche surplombe le lac est pratiquement invisible lorsqu’il a perdu ses feuilles

04-IMG_3395

Ce Sophora pleureur encore bien vert commence à jaunir par une extrémité

05-IMG_3390

06-IMG_3379

Surface du lac couverte de feuilles de ginkgo et de peuplier

07-IMG_3378

 

08-IMG_3377

09-IMG_3374

A l’automne la couleur de la chevelure feuillue des ginkgos et la densité de leur tapis nous font prendre conscience de leur présence en nombre dans le parc

10-IMG_3375

 

11-IMG_3376

Le « Gouffre » de Sylvain Kinsburger

En 1933, Sylvain Kinsburger (1855-1935) exécute en pierre la figure du Gouffre, aujourd’hui envahie de lierre, que le promeneur empruntant la route circulaire du lac ne peut manquer.http://laparisienneetsesphotos.eklablog.com/parc-des-buttes-chaumont-statue-gouffre-de-sylvain-kinsburger-a105893708

13-IMG_3370

Petite cascade et son tapis de feuilles de ginkgo

14-IMG_3369

16-IMG_3367

17-IMG_3366

18-IMG_3365

Entrée principale du parc, peuplier nu

19-IMG_3356

 

20-IMG_3357

Le cavalier King Charles Togo a le coup de foudre pour la labrador Zya21-IMG_3360

Perspective d’arbres comme Jean-Baptiste Corot les a peints

Résultat de recherche d'images pour "corot peinture"

http://fr.muzeo.com/artiste/corot-jean-baptiste-camille-0

22-IMG_3363

 

Buttes-Chaumont. Couleurs d’automne sous le soleil d’hiver

Évaluez ceci :

Lecture d’automne. Kyoto de Yasunari Kawabata

Chaque automne, lorsque j’observe les merveilleuses couleurs changeantes et éphémères des feuilles, je pense au roman Kyoto de Yasunari Kawabata  publié en 1962.

Le roman  décrit, entre autres,  la préoccupation d’un tisserand  qui cherche à reproduire les couleurs de l’automne dans l’obi -ceinture de kimono- qu’il crée pour une femme, sans doute celle incarnée par des jumelles séparées à la naissance qui se retrouvent. Ce roman court traite de plusieurs thèmes, principalement de la lutte entre tradition et modernité. On y trouve aussi une ode poétique et passionnée à la nature à travers les saisons.

Le roman est tellement dense malgré sa brièveté, que les critiques sont très variées, chaque témoignage apportant une vision personnelle , leur observation commune étant la souffrance des artistes déchirés par la perte des traditions au profit d’une modernité qui  menace la nature et la structure des savoirs qui les ont construits. Kawabata, après avoir reçu le prix Nobel de littérature en 1968 s’est suicidé au gaz en 1972 comme plusieurs de ses contemporains artistes semble-t-il pour des motifs identiques bien qu’il n’ait pas laissé d’explications.

2-IMG_2760

 

IMG_5181

http://setaregan.canalblog.com/archives/2009/10/23/15543770.html

Kyôto, saison des Momiji (feuilles rouges d’automne), Novembre 2013 http://www.lefrenchmoyashi.com/blog/kyotokawabata

Quelques critiques du roman Kyoto

http://www.lefrenchmoyashi.com/blog/kyotokawabata

Kyoto, ou, pour traduire littéralement le titre original, “L’ancienne capitale”, est un petit livre de 192 pages qui se lit très bien. Deux sœurs jumelles, séparées à la naissance, s’aperçoivent par hasard une fois adultes. Élevées dans des milieux et des classes sociales opposées- l’une à la montagne, l’autre dans une vieille famille bourgeoise de Kyôto, cherchent et hésitent à franchir les obstacles qui les séparent. En toile de fond, ce sont deux visions du monde qui s’affrontent. L’aristocratie traditionnelle décadente se heurte au progrès et à l’américanisation héritée de l’ère Meiji. La perte des repères et l’effacement des traditions n’est que plus visible par contraste avec le cycle éternel des saisons et la nature foisonnante et belle. Une belle lecture, pour voyager dans le temps et dans l’espace.

…Les mots sont d’une fausse simplicité. Comme dans un haïku ou dans un jardin zen, on ressent l’importance du concept bouddhique du “mu” 無, le vide. Pour le dire simplement, ce qui n’est pas écrit est aussi important que les mots eux-mêmes. L’allusion, l’ellipse forcent l’imagination. C’est une façon de transmettre de façon très vive des atmosphères, des émotions. Il faut souligner le remarquable travail de traduction publiée par Albin Michel. Philippe Pons, le traducteur, a superbement retranscrit cette ambiguïté et cette poésie délicate en français…

Frappantes similitudes entre le roman « Kyoto » de Yasunari Kawabata, et un roman de Zola, « L’œuvre ». Le premier décrit la mélancolie et le malaise existentiel du père de l’héroïne Chieko, descendant d’une famille de marchands de kimono. Le père se réfugie dans la misanthropie, en exil, tant il ne supporte plus la différence entre ses aspirations -être un créateur d’avant-garde, admiré- et la réalité : les dessinateurs de sa maison ne font que copier les tendances, et ses créations personnelles, ternes, ne se vendent guère.

Sa douleur dans la création, et la difficulté de l’inspiration, pourrait aussi être comparé avec le malaise que ressent Marin Marais dans Tous les Matins du Monde (Pascal Quignard). Toute la famille est affectée par cette tension entre tradition, et tentation de la nouveauté avec l’introduction de motifs révolutionnaires inspirés des artistes européens, une forme de corruption. Dans le roman de Zola, le peintre détruit sa vie et sa famille en cherchant à atteindre la perfection de son œuvre. Les deux sont des personnages taciturnes, insatisfaits de leur propre imperfection, et cherchant à fuir leur “mauvaise foi” sartrienne.

A ce point du récit, je ne sais pas quant à moi, ce qu’il adviendra du père de Chieko: pendu face à l’oeuvre inachevée comme le peintre de Zola, ou couvert d’une gloire honteuse due à l’imposture et au plagiat, comme le joueur de viole de gambe de Quignard ?

J’ai trouvé dans ce livre une maturité et raffinement, un dégoût des choses grossières, qui rendent inutiles les grands coups de théâtre de nos histoires occidentales…

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Kyoto_(roman)

Pour Nicolas Gattig, du Japan Times, le roman de Kawabata est une « méditation élégiaque à propos du patrimoine culturel de Kyoto » ; se déroulant sur plusieurs mois, du printemps jusqu’à l’hiver, il « semble plus peint qu’écrit »9. Jean Montenot, de L’Express, soutient que le livre de Kawabata est une œuvre politique. Sur le fond d’une « intrigue romanesque à la Balzac », il s’agit d’un « réquisitoire à charge contre la civilisation industrielle commencée sous l’ère Meiji »10. Cependant, selon Nicole chardaire, spécialiste en littérature, l’« essentiel du roman de Kawabata est encore ailleurs. Dans l’évocation sans cesse renouvelée de la nature, des arbres, des fleurs, des parfums, des couleurs… Kawabata exprime avec Kyōto le plus délicat des hommages à la beauté, à l’élégance, à la délicatesse, à l’harmonie »4.

%d blogueurs aiment cette page :