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Archives de Tag: culture du viol

Agressions sexuelles. Le « biais rétrospectif » donne bonne conscience à l’agresseur

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Le biais rétrospectif consiste en une erreur de jugement cognitif désignant la tendance qu’ont les personnes à surestimer rétrospectivement le fait que les événements auraient pu être anticipés moyennant davantage de prévoyance ou de clairvoyance.

Selon Nassim Nicholas Taleb, le biais rétrospectif est un mécanisme de déni du hasard dans lequel tout événement doit pouvoir se justifier afin d’être le plus prévisible possible, sa fonction étant dès lors de conforter les individus dans leur sentiment de contrôler l’incertitude[1].

Le biais rétrospectif engendre un coût social et économique qui peut être à l’origine de nombreuses erreurs de jugement dans des domaines aussi divers que le comportement individuel, le diagnostic médical, la spéculation boursière, les agressions sexuelles et les erreurs judiciaires par exemple. Ce biais est aujourd’hui intégré dans des cursus ou des pratiques de consultance ou d’audit portant sur l’aide à la décision ou la gestion des risques dans des secteurs tels que l’économie, la politique, la finance ou la santé.​ […] 

Agressions sexuelles

Le biais de rétrospection s’applique à des cas particuliers d’événements. Il peut s’agir d’un accident de voiture, d’un décès, d’un échec sportif, d’une agression…Selon Fischhoff, un individu, face à l’issue d’un événement, a tendance à surestimer la probabilité de son apparition alors qu’il est en général peu courant. Les individus jugent plus probable un fait, et l’estiment plus prédictible, lorsqu’ils en ont connaissance[14].

Les agressions sexuelles sont un cas d’application du principe du biais de rétrospection. L’agression s’explique en effet très communément par divers préjugés : « elle n’aurait pas dû se vêtir de la sorte », « son attitude est provocante », « ses fréquentations sont malsaines», etc. Tous ces préjugés sont le résultat de nos impressions par rapport à l’événement qui s’est produit, dans ce cas l’agression. Ces préjugés émanent de notre besoin à vouloir expliquer l’incident afin de pouvoir le prédire plus aisément dans le futur. Ceci nous conforte dans l’idée que nous pouvons prédire des agressions une fois qu’elles se sont déroulées alors qu’elles appartiennent en réalité au hasard des circonstances. Les différentes explications que nous induisons forment une structure causale stéréotypique de l’agression, un mécanisme simplifié de la réalité. Dès lors, tous les comportements stéréotypiques relatifs à l’agression deviennent des prédicteurs de cette agression[15].

Il est intéressant de comprendre le raisonnement des différents sujets. Comment peuvent-ils rendre l’agression prévisible ? Pour répondre à cette interrogation, deux courants de pensée s’opposent. Le premier courant est développé par Fischhoff, qui postule une explication purement cognitive impliquant un mécanisme d’altération de la mémoire : la sélection d’informations se fait automatiquement et inconsciemment ; nous intégrerions directement les nouvelles connaissances dans les anciennes connaissances, et ce, sans même nous en rendre compte. Ce processus se déroule en deux niveaux :

L’agression au niveau de la représentation en mémoire :nous ne distinguons plus les anciennes des nouvelles données car les secondes ont été automatiquement intégrées aux premières. Cette altération est souvent due à l’élaboration d’un scénario causal au sein duquel les événements qui rendent bien compte de la fin de l‘agression vont être mieux conservés en mémoire que ceux qui ne s’insèrent pas aisément dans le schéma dudit événement. Par exemple, si l’observateur essaie de plaquer une structure causale selon laquelle la victime a provoqué son agresseur, il pourrait imaginer que la jupe de la victime apparaisse plus courte qu’elle ne l’était. Nous assistons donc à une altération de la mémoire qui va modifier la représentation mémorielle du sujet, dans l’optique de rendre l’agression plus cohérente avec son schéma de pensée[14].

L’agression au niveau de la récupération en mémoire :les traces laissées en mémoire par l’agression étant plus fortement ancrées, les détails qui sont cohérent avec le déroulement de l’agression sont par conséquent plus accessibles. Par exemple : une femme a été violée, il sera plus facile pour le sujet de se rappeler d’éléments qui prédisent cette fin, il oubliera ainsi les détails qui ne s’accordent pas avec le scénario de l’agression (le fait que la fille se situait dans un quartier sécurisé). Le sujet ne garde en mémoire que les détails qui sont plus conformes à la structure causale qu’il a développée. À titre d’exemple : elle possédait un décolleté ‘plongeant’ et une courte jupe. Ces détails s’accordent plus aisément avec la structure causale du sujet qui postulait que la victime était habillée de manière provocante et avait du ‘exciter’ l’agresseur. Nous assistons là à un processus de mémoire sélective[14].

Le second courant s’inscrit dans le courant de la mémoire reconstructive : le biais se produit au moment de la réponse (outcom) lorsque le sujet va reconstruire une prédiction de manière consciente et intentionnelle, sur base de l’agression qui lui a été rapportée. Dans l’hypothèse où rien ne lui avait été rapporté, il n’aurait été en mesure de prédire l’agression. Cependant, le fait de savoir que cette personne a été violée lui permet de réajuster sa prédiction, de donner du sens à l’événement afin de le rendre beaucoup plus évident et prévisible que ce qu’il était initialement. Le sujet va donc reconstruire son opinion. De ce fait, il va réévaluer sa prédiction et la rendre plus cohérente avec l’agression, en construisant une structure causale qui justifie cette dernière[16]. (Pour plus d’information sur le principe de mémoire reconstructive, voir partie Mécanismes)

Selon Pezzo, le biais de rétrospection est le produit d’efforts visant à construire du sens. Quand les individus sont confrontés à une agression sexuelle, un événement surprenant et négatif, ils cherchent à comprendre les causes de sa survenue. Les sujets vont donc restituer et reconstruire des détails de l’incident afin de créer une explication suffisamment concevable pour justifier l’agression. Ceci rendra l’agression prévisible. Si ces deux processus de construction de sens sont couronnés de succès et mettent en évidence un lien entre les causes de l’agression et les résultats de l’agression, un important biais de rétrospection se fera alors ressentir[17]. Néanmoins, Pezzo est parvenu à démontrer que lorsqu’un événement négatif est trop surprenant, les individus ne vont pas tenter de blâmer la victime : il n’y aura donc pas de place pour un quelconque effet de rétrospection[18]. Le biais rétrospectif dépend des attentes stéréotypiques des individus. Une attitude contre-stéréotypique et surprenante pourrait de ce fait bloquer l’effet de rétrospection. À titre d’exemple, selon Marchal, lorsque l’agression est perpétrée par une femme, il n’y a pas d’effet de rétrospection car cela ne correspond pas aux stéréotypes propres à l’agression de rue[19]. On remarque d’ailleurs une influence du genre. En effet, les hommes ont une tendance à blâmer la victime plus fortement que les femmes. Cela s’expliquerait par leur ambivalence face au stéréotype négatif de l’agressivité masculine. Il s’agirait d’un processus de déni du stéréotype. Les femmes, quant à elles, blâment moins la victime de l’agression, surtout lorsqu’il s’agit d’une femme, ce qui démontre un biais pro-endogroupe (Théorie de l’identité sociale) de leur part[20].

Je n’ai qu’une objection à cette analyse pertinente, c’est l’évocation de « déni du hasard » car, de « hasard », il n’y a point. La culture du viol entretient la « possibilité » de violer ou d’être violée, état de sujétion à ce qui serait une loi de la nature (la montée de testostérone chez le mâle, la soumission/passivité/faiblesse/infériorité chez la femelle) et une fatalité sociétale. C’est en vertu de cette constatation que le mouvement #balancetonporc/#metoo/#moiaussi est une étape révolutionnaire sur le chemin de l’émancipation des femmes : l’agression sexuelle n’est pas une fatalité, elle est anormale et hommes et femmes occidentaux peuvent contribuer à son éradication et le tentent comme l’explique Denis MacEoin , dans sa comparaison entre sociétés occidentales et musulmanes vis-à-vis des femmes.

Merci à la lectrice qui m’a transmis cette analyse édifiante. LC

Harcèlement sexuel : 456 comédiennes suédoises aussi

Alors que des intellos bien sous tous rapports s’acharnent contre les victimes de harcèlement sexuel, mettent leur parole en doute, leur donnent des leçons de conduite et plaident pour leur chapelle machiste, les témoignages continuent d’abonder mettant en lumière la condition des femmes que beaucoup trop d’hommes continuent à considérer comme accessoires de leur plaisir mais aussi de leur gloire et de leur richesse.

Le scandale n’est pas dans la dénonciation de ces crimes, messieurs, il n’est pas dans le féminisme, il est dans la tolérance de ces crimes.

LC

http://www.lefigaro.fr/cinema/2017/11/09/03002-20171109ARTFIG00395-456-comediennes-suedoises-denoncent-viols-et-culture-du-silence.php

456 comédiennes suédoises dénoncent viols et «culture du silence»

456 comédiennes suédoises dénoncent viols et «culture du silence»

De nombreuses actrices suédoises signent, ce jeudi, une tribune dans un quotidien pour témoigner du « harcèlement sexuel, des menaces et des viols» dans le milieu du cinéma et du théâtre.

Des femmes qui évoluent toutes dans le milieu du théâtre et du cinéma témoignent, dans un long texte publié dans un quotidien suédois, du harcèlement et des agressions parfois violentes dont elles ont été victimes. Elles dénoncent, sans les nommer, des acteurs et metteurs en scène réputés en Suède comme à l’étranger. Deux d’entre elles évoquent même des viols.

Dans le Svenska Dagbladet, les signataires de la tribune fustigent le «culte du génie» régnant dans les arts de la scène et qui laisse impunis les agresseurs «tant que ce qu’ils créent est auréolé d’une haute valeur artistique». «Acteurs et réalisateurs considérés comme des génies sont soutenus par la profession, peu importe ce qu’ils font subir à leurs collègues», écrivent les comédiennes, dont Lena Endre (Les Meilleures Intentions, Millénium), Sofia Helin (The Bridge) et Ruth Vega Fernandez (Kyss Mig). «A cause de ce statut de stars, leurs agressions n’ont jamais de conséquences», déplorent-elles dans le quotidien. «Mais nous savons qui vous êtes», mettent en garde les actrices.

 

«Je devais jouer une scène d’amour avec ce “grand acteur”. Je devais être sur lui pendant l’acte sexuel. Au cours d’une répétition, il m’a demandé s’il pouvait téter à mon sein gorgé de lait (il savait que j’allaitais) tandis qu’il se pressait contre moi, en érection», explique une comédienne. «Je les admirais tant», raconte une autre. «Parmi les plus grands. Lui qui devait jouer mon père et qui m’a prise par le cou en essayant d’enfoncer sa langue dans ma bouche» et «cet auteur dramatique qui avait écrit un beau rôle pour moi dans sa pièce et dont les mains enserraient soudain ma poitrine dans l’obscurité, derrière la scène».

«Des comportements horribles»

Le Premier ministre social-démocrate Stefan Löfven s’est élevé contre ces comportements «horribles» en se disant choqué par la quantité de témoignages. La ministre de la Culture, Alice Bah Kuhnke, a quant à elle convoqué, jeudi, les responsables des grandes scènes nationales, le Théâtre dramatique de Stockholm longtemps dirigé par Ingmar Bergman, le Théâtre national et l’Opéra royal.

«Ces agressions sont gravissimes. Les plus hautes exigences commandent à toutes les institutions publiques s’agissant de leur environnement du travail», a lancé la ministre, compagne de l’acteur Johannes Bah Kuhnke qui tient notamment le rôle-titre dans le film Snow Therapy.

L’Institut du film suédois, qui fournit une aide financière au cinéma, a fait savoir jeudi qu’elle instaurerait une sorte de «green card» sanctionnant la formation des responsables de sociétés de production aux questions de harcèlement.

#Balancetonporc. Le système judiciaire maltraite les victimes de harcèlement sexuel.

big-connaitre-un-violeur
http://www.madmoizelle.com/temoignage-violeur-victime-721451
Dans mon article précédent je donnais quelques exemples de harceleurs relaxés malgré des témoignages accablants sur leur comportement de prédateurs sexuels. Souvent, il avait fallu plusieurs témoignages concordants pour que le parquet ouvre une enquête mais les juges avaient choisi l’honneur du prévenu au détriment de celui de la victime.
Dans l’article ci-dessous, la juriste Catherine Le Margueresse cite des cas concrets de maltraitance des victimes de harcèlement sexuel en s’appuyant sur 15 années d’expérience au sein de l’Association Européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail (AFVT)
Juriste, Catherine Le Margueresse analyse les cas en fonction de l’application des lois existantes et du raisonnement des magistrats.
Le premier constat de cette spécialiste des violences faites aux femmes est que les magistrats -qui sont souvent des magistrates- sont insuffisamment formées à la réalité et aux conséquences de ces violences pour appliquer la loi .  violence, contrainte, menace ou surprise » dont la caractérisation est exigée par le code pénal pour qualifier les agressions sexuelles et les viols
Catherine Le Margueresse confirme ce que nous, féministes, disons depuis des décades sans que rien ne change :
  • 1 seule femme sur 10 dépose plainte pour viol

Ici la police joue un rôle déterminant par l’incompétence de ses agents sur l’acceuil et l’écoute des femmes victimes (une policière d’un commissariat m’a confirmé qu’elle n’avait pas suivi de formation dédiée). Au commissariat ou à la gendarmerie, la victime est traitée comme une coupable et subit des insinuations insupportables : comment étiez-vous habillée, minijupe, décolleté profond ? depuis quand le connaissez-vous ?, Que faisiez-vous seule dehors en pleine nuit ? Vous a-t-il menacée, frappée ? Avez-vous résisté  ? Avez-vous appelé à l’aide ? etc.

Traitement du viol par la Police et la Justice

  • La police et la gendarmerie sont les premiers interlocuteurs de la victimes puis ceux qui méneront l’enquête. S’ils maltritent la victime et filtrent sa plainte avec leurs propres préugés sexistes, le juge recevra un dossier orienté qui pésera dans ses décisions de correctionnaliser le viol et prononcer un non lieu.

 

  • 1 seul viol sur 10  sera renvoyé devant la cour d’assises
  • La majorité des viols qui passent en justice sont correctionnalisés, soit jugés expéditivement entre un vol de portable et agriculteur était poursuivi pour avoir placé ses vaches dans un enclos trop petit (vu par CLM au tribunal correctionnel de Dieppe)
  • 2% des violeurs sont condamnés, 98% d’entre-eux sont dans des situations d’impunité et peuvent récidiver et encourager d’autres hommes à violer puisque dans les faits ils ne risquent rien.

Pourquoi les victimes restent silencieuses ?

  • Une femme violée est forcément coupable, telle est l’opinion populaire, le préjugé des policiers et des magistrats
  • une femme violée est brisée incapable de réagir
  • Le violeur menace sa victime de mort
  • Le violeur peut légalement nier les faits en accusant sa victime de dénonciation calomnieuse

Ce délit prévu par l’article 226-10 al. 2 du code pénal disposait “La fausseté du fait dénoncé résulte nécessairement de la décision, devenue définitive, d’acquittement, de relaxe ou de non-lieu déclarant que la réalité du fait n’est pas établie ou que celui-ci n’est pas imputable à la personne dénoncée.”

Dans le contexte de la parole libérée des femmes sexuellement agressées grâce à la campagne #Balancetonporc, Catherine Le Magueresse conclue : “Le silence ne profite qu’à l’agresseur”, le dévoilement des violences permet d’entamer une reconstruction et déposer plainte en s’entourant du maximum de précautions et du maximum de solidarités peut y contribuer.

Que les personnes, hommes surtout mais femmes aussi, qui s’insurgent contre la campagne #Balancetonporc prennent le temps de méditer sur cette phrase « le silence ne profite qu’à l’agresseur » et j’ajoute « et à ses inspirateurs et imitateurs ».

La Connectrice #moiaussi

mo8m1

…On le connaît nous Jean-Bidule, c’est un mec sympa. Et puis cette personne qui se dit victime, on sait pas qui c’est. Jean-Bidule dit que c’est *un-e ex-e qui lui en veut*, *salope qui assume pas*, *personne perturbée*, *insérer ici toute justification habituelle de la part de ces raclures*, alors on le croit, notre bon vieux Jean-Bidule.

C’est qu’elles sont horribles ces victimes, qui s’inventent des agressions. Elles se rendent pas compte qu’elles vont détruire la vie de Jean-Bidule. Bon, il ira jamais en prison, vu que 3% des viols se finissent au pénal faute de preuves et que c’est pas pour du vrai qu’il a violé donc pas de preuves. Il aura sûrement aucune répercussion non plus sur sa vie sociale, vu que nous on est là pour le soutenir, à la vie à la mort avec les violeurs ! Euh pardon, avec les copains ! Quant à son travail, bon ça fera peut être désordre, mais c’est pas sûr, suffit que son patron soit conciliant, on va pas se laisser bouffer par les mythomanes…

https://lechodessorcieres.net/jean-bidule-nest-pas-un-violeur/

Catherine Le Magueresse : « Le silence des victimes s’explique par la maltraitance du système judiciaire sur les plaignantes »

Catherine Le Magueresse aime à rappeler son parcours de simple juriste à juriste féministe. Après avoir travaillé 15 années à l’Association Européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail (AVFT) dont 9 comme présidente, elle concentre maintenant son travail sur la critique féministe du droit pénal et la façon dont il prend ou pas en compte les violences faites aux femmes. La campagne #balancetonporc met à jour l’omerta qui entourait les harcèlements et agressions sexuelles subies par les femmes dans tous les instants de leur vie et en particulier professionnelle. Comment cet état d’impunité a-t-il été possible ? Catherine Le Magueresse, nous rappelle les disqualifications pénales des femmes dans la caractérisation des violences dont elles sont victimes ce qui permet l’impunité des harceleurs dans de nombreux cas.

Où en est l’application du droit concernant les cas de violences et harcèlements ?

En France, nous sommes dans un système de droit écrit, les magistrat·e·s appliquent le droit, elles/ils ne peuvent l’inventer. Elles/ils apprécient la « violence, contrainte, menace ou surprise » dont la caractérisation est exigée par le code pénal pour qualifier les agressions sexuelles et les viols,  alors qu’elle/ils ne sont pas sérieusement formé·e·s aux questions de violences faites aux femmes. Les violences sexuelles occupent une après midi au plus de leur cursus de formation à l’Ecole Nationale de la Magistrature. Ne prenant pas le temps de déconstruire leurs préjugés et de se former sur la réalité des violences sexuelles, leurs appréciations de ce que sont des violences, menaces, contraintes et surprises sont le plus souvent sexistes.

Prenons l’exemple de madame B.  En situation de très grande précarité économique,  elle ne peut pas se permettre de perdre son travail. Son employeur conscient de sa vulnérabilité la viole à trois reprises. Devant la juge d’instruction, il allègue le consentement. Avec succès, puisque la magistrate jugera inexistante la contrainte économique ayant conduit Mme B à subir les viols avant de pouvoir les dénoncer sur les conseils de son médecin.  Pas contrainte car elle était ‘libre’ de partir. Rappelons que « céder n’est pas consentir » (1).  La juge d’instruction a en outre considéré que l’élément de surprise n’était pas non plus présent puisqu’elle avait été violée trois fois. Or, à tout le moins pour le premier viol, il aurait pu être retenu.   Voilà un exemple marquant d’une situation de disqualification judiciaire de l’expérience des femmes. J’estime que c’était une erreur d’appréciation juridique qui s’explique en partie par des préjugés sexistes sur la façon dont une femme est supposée réagir lorsqu’elle est agressée.

1 seule femme sur 10 dépose plainte pour viol. Et il n’y aura qu’1 viol sur 10 qui sera renvoyé devant la cour d’assises. En conséquence, il n’y a que 2% des violeurs qui sont condamnés, 98% d’entre-eux sont dans des situations d’impunité.

Les plaintes qui arrivent en cours d’assises concernent, en général, des cas de viols caricaturaux. Ce sont ceux qui correspondent le mieux à nos stéréotypes : le viol par un inconnu, dans la rue, accompagné d’une extrême violence ou sur une victime inconsciente. La victime est en outre insoupçonnable: elle ne portait pas une jupe courte, elle n’était pas dans la rue tard le soir etc.

Il est par ailleurs notable que parmi les condamnations prononcées en cour d’assises les étrangers et les pauvres sont surreprésentés.

Nous sommes loin d’une reconnaissance judiciaire des violences sexuelles à l’encontre des femmes ; une reconnaissance qui serait à la hauteur du nombre de viols et de la gravité des violences dénoncées.

La majorité des viols qui passent en justice sont correctionnalisés. Ils ne pas sont jugés en cour d’assises mais devant le tribunal correctionnel. Une affaire qui prend 2 ou 3 jours en cour d’assises va être traitée en 1 ou 2 h devant un tribunal correctionnel surchargé, entre une affaire de portable et une affaire de droit pénal agricole comme j’ai pu en être témoin à Dieppe, où une plainte  pour inceste était jugée après une affaire où un agriculteur était poursuivi pour avoir placé ses vaches dans un enclos trop petit. Évidemment lors de ces audiences, la victime n’a pas le temps de s’exprimer. Les conséquences des viols ne sont pas abordées. Le mot viol lui-même n’est pas prononcé. On passe à côté de ce que la femme a vécu et de ce qu’elle voulait dénoncer en déposant plainte. C’est un non procès pour viol. L’agresseur n’est pas mis face à ses responsabilités et à la gravité de ses actes.

Quelles sont les stratégies employées pour empêcher les femmes de garder le silence ?

Ces stratégies commencent avant l’agression. L’agresseur va s’assurer que les victimes ne parlent pas, soit en les isolant, en sapant tellement leur confiance en elles que leur parole ne vaudra rien, soit en les menaçant de représailles légales si elles parlent. C’est très efficace parce que le droit donne des outils aux agresseurs pour s’assurer du silence des victimes. Je pense par exemple à la dénonciation calomnieuse qui est un délit en droit pénal et qui permet à un agresseur qui n’a pas été condamné de déposer plainte pour dénonciation calomnieuse.

contre celle qui a dénoncé un viol, une agression sexuelle, un harcèlement sexuel.

L’agresseur va menacer la victime en disant « si tu portes plainte contre moi, je porte plainte aussi contre toi pour dénonciation calomnieuse ». Les femmes craignent légitimement ces procédures: il suffit d’aller sur internet pour voir qu’il y a des condamnations de femmes victimes de violences sexuelles pour dénonciation calomnieuse.

Qu’est ce que la dénonciation calomnieuse implique pour les femmes victimes de violences ?

Avant la réforme de 2010, obtenue grâce à dix années de campagne de l’AVFT, les femmes dont la plainte n’avaient pas abouti à une condamnation de l’agresseur étaient quasi automatiquement condamnées. Voici comment: Une femme dépose plainte contre son agresseur pour harcèlement, agression ou viol. On a vu que les taux de condamnations étaient très, très faibles. Il n’y a donc pas de condamnation. L’agresseur se retourne contre la victime et dépose plainte en dénonciation calomnieuse.

Ce délit prévu par l’article 226-10 al. 2 du code pénal disposait “La fausseté du fait dénoncé résulte nécessairement de la décision, devenue définitive, d’acquittement, de relaxe ou de non-lieu déclarant que la réalité du fait n’est pas établie ou que celui-ci n’est pas imputable à la personne dénoncée.”

Prenons l’exemple de madame C. dont la plainte pour viol à l’encontre de son supérieur hiérarchique s’est conclue par un non-lieu pour charges insuffisantes. Cela ne veut pas dire que la/le juge d’instruction considère que la victime a menti mais qu’elle trouve qu’il n’y a pas assez de preuves pour condamner, pour envoyer monsieur devant une cour d’assises

Son agresseur se retourne contre elle et dépose plainte en dénonciation calomnieuse. Lors de l’audience, hallucinante, au cours de laquelle Mme C n’a pas eu la parole, nous avons su dès les dix premières minutes qu’elle serait condamnée. Cette automaticité résulte de l’article précité. Le viol est jugé faux. Or, s’agissant d’un ‘acte’ commis sur sa personne, Mme C ne pouvait pas méconnaître sa fausseté. Elle est donc condamnée pour dénonciation calomnieuse. En première instance. En appel. Devant la cour de cassation.

Mais cette femme qui se retrouve du mauvais côté, qui n’est plus victime, qui est poursuivie devrait alors  bénéficier de la présomption d’innocence comme toute personne inculpée. Or, Il n’y a pas ici de présomption d’innocence puisqu’elle est condamnée automatiquement.

C’est sur ce fondement que nous  avons décidé de saisir la Cour européenne des droits de l’homme.

Quelle a été la décision de la Cour européenne des droits de l’homme à la suite du recours déposé par madame C accompagnée par l’AVFT ?

A la suite de ce recours, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la France pour violation de l’article 6.2 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme, sur la présomption d’innocence. Cette procédure ainsi que  le revirement de la Cour de cassation ont conduit la France à changer son code pénal sur ce sujet.

Maintenant, il y a une automaticité qui est un peu moindre mais il n’en demeure pas moins que ces condamnations et le risque d’être poursuivies planent au-dessus de la tête des victimes. Quand une victime appelle une permanence d’une association qui lutte contre les violences faites aux femmes, il n’est pas rare que ces risques là soient évoqués.

Je précise que Mme C avait été condamnée à trois mois de prison avec sursis et à 15 000 € de dommages et intérêts soit à peu près ce qu’un violeur devrait verser à sa victime. On se pose la question du silence des femmes, je crois qu’une des réponses est que ces menaces de dénonciation calomnieuse ou de diffamation sont réelles et redoutées par les victimes. La diffamation consiste à  dénoncer publiquement des faits qui portent atteinte à l’honneur de la personne. Par exemple, Denis Beaupin a déposé plainte à la fois en diffamation et en dénonciation calomnieuse contre ses victimes.

A chaque fois qu’un agresseur dépose plainte en dénonciation calomnieuse ou en diffamation et que l’affaire est médiatisée, les autres victimes qui n’ont pas encore déposé plainte entendent très bien le message, à savoir,  les agresseurs ont des outils pour les poursuivre et ainsi se positionner comme des victimes. Les femmes peuvent alors passer du mauvais côté de la barre, être condamnée, et devoir verser de l’argent aux agresseurs. Dans le cas de Mme C, certains mois elle se demandait si elle payait la cantine de sa fille ou si elle payait  l’homme qui l’avait violée lequel continuait ainsi de l’agresser.

Le silence des victimes s’explique aussi par la maltraitance du système judiciaire sur les plaignantes, par la durée et le coût des procédures, sans parler du coût humain qui est dramatiquement lourd.

Est-ce que le droit est un outil à la disposition des victimes ou pas ? Il faut être accompagnée. Idéalement par un réseau de personnes compétentes : association, avocat·e·s, psychologues. Et il faut être prêtes à se battre. Pour autant, même si c’est difficile à dire, le fait qu’un agresseur ait eu à répondre de ses actes devant un tribunal même s’il n’est pas condamné est déjà une victoire pour la victime car c’est la fin de son impunité puisqu’il a été identifié comme agresseur et il a dû répondre socialement de ses actes.

 

Propos recueillis par Brigitte Marti 50-50 magazine

1 Nicole-Claude Mathieu Nicole-Claude Mathieu (1937-2014) est une anthropologue, militante féministe, française, connue pour ses travaux sur le genre. Elle fut maîtresse de conférence à l’EHESS, membre du laboratoire d’Anthropologie sociale à Paris, et co-fondatrice de Questions féministes.

Trop de harceleurs sexuels blanchis par la Justice

Harcèlement sexuel au travail : des moyens pour se défendre ! - Fondation des Femmes

https://www.helloasso.com/associations/fondation-des-femmes/collectes/harcelement-sexuel-au-travail

Ayant relevé sur Internet quelques cas de harcèlement sexuels jugés au cours des deux dernières années, je constate que les harceleurs sont souvent relaxés et que les nuances de la loi pour qualifier les faits jouent au détriment des victimes.

Ainsi, selon le bon vouloir de la Police et de la Justice, les plaintes sont qualifiés ou requalifiées en harcèlement moral, harcèlement sexuel, atteinte sexuelle, agression sexuelle,tentative de viol ou viol. La souffrance de la victime est secondaire, le point de vue de l’autorité publique prime. L’exemple récent de la fillette de 11 ans harcelée puis violée par un homme de 28 ans, faits qualifié par les magistrats d’atteinte sexuelle arguant de leur conviction qu’elle aurait été consentante !

Il me semble que, dans tous les cas de prédation sexuelle, la souffrance de la victime et les conséquences de son agression devraient être au cœur du jugement. C’est rarement le cas et la légère condamnation du maire de Bar-sur-loup, Richard Ribeiro démontre l’indulgence des juges vis-à-vis d’un premier magistrat : en appel, sa peine a été diminuée et l’obligation de stage de citoyenneté annulée.

Je constate également que plusieurs cas de plaintes pour harcèlement sexuel proviennent d’employées de mairie et impliquent des maires comme Georges Tron ou Eric Raoult. Georges Tron a même été réélu !

Pourtant, les psychiatres affirment que le harcèlement sexuel peut laisser des traces à vie : cauchemars, obsessions, dépression, suicide, conduite d’échec, craintes irraisonnées, inhibitions, perte de confiance en soi, sensibilité exacerbée, etc.

Vous l’avez compris, le harcèlement sexuel vise à tenir les femmes courbées sous le joug du pouvoir masculin qu’elles en soient directement victimes ou témoins conditionnées à la soumission. Toute femme sait CE qu’elle risque…

La Connectrice #moiaussi

  • Harcelée nuit et jour par un commerçant, elle dépose plainte. Classement sans suite. Elle est effondrée.

en juillet 2014. « Un jour, je reçois un message à connotation sexuelle sur mon téléphone portable. Je pensais que c’était un membre de la famille qui me faisait une plaisanterie ». Sauf qu’elle s’aperçoit que ce n’est pas le cas. « J’ai simplement répondu à l’émetteur du message qu’il s’était trompé de destinataire »Malgré cela, les messages s’enchaînent et sont de plus en plus crus. « J’ai commencé à avoir peur quand un jour, cette personne m’a dit que j’étais ravissante de venir en jupe au travail. J’ai compris que j’étais épiée et harcelée. Il connaissait mon mode de vie » le 2 juin 2016, Françoise reçoit un avis de classement du Parquet du procureur de la République. « L’examen de cette procédure ne justifie pas de poursuite pénale au motif que la personne qui a commis l’infraction dont vous avez été victime n’a pas été identifiée »Le désarroi est total. « Je n’ai pas compris pourquoi ma plainte n’a rien donné. Qu’est-ce que attend ? Qu’il passe à l’acte ? »Elle ne décolère face à « la justice qui ne sert visiblement à rien. L’individu en question peut très bien continuer à harceler d’autres personnes puisque c’est possible ».

https://actu.fr/societe/harcelee-et-epiee-par-son-commercant_6291554.html

  • Secrétaire de mairie harcelée par le maire pendant 11 ans. Le maire est relaxé par le tribunal

Catherine, originaire de Normandie raconte son calvaire : pendant 11 ans, elle a subi le harcèlement sexuel de son patron, l’ancien maire de La Barre-en-Ouche (Eure)…l la touchait, lui demandait de se déshabiller devant elle… Il a été poursuivi pour agression sexuelle et exhibitionnisme, explique l’avocat de la plaignante, Maître François…

Le 11 octobre 2016, le prévenu comparaissait devant le tribunal correctionnel d’Évreux pour répondre de ces faits. Nos confrères de l’Eveil Normand rapportent que « tout aurait commencé dès le premier jour d’embauche de la victime en 2001 ».

Il aurait fermé la porte du bureau à clé, la laissant sur la serrure, et glissé sa main dans le soutien-gorge de la victime, puis dans sa culotte, liste la présidente du tribunal.

Au terme de l’audience, le tribunal a décidé de relaxer le maire de La Barre-en-Ouche de tous les faits qui lui étaient reprochés. Une décision contestée par la partie civile et le parquet qui ont décidé de faire appel.

  • Secrétaire de mairie de Bar-sur-Loup harcelée par le maire qui voit sa peine diminuée en appel

Cette dernière, défendue par Me Bénédicte Anav, avait déposé plainte en janvier 2012, lui reprochant des propos grivois et des propositions indécentes à la limite du harcèlement sexuel: « T’es bonne », « Tu devrais mettre plus de décolletés », « Tu devrais venir sans rien dessous ». Condamné le 12 août dernier à deux mois de prison ferme et 7.500 euros de dommages-intérêts en réparation du préjudice moral, Richard Ribero avait fait appel.

Il a été rejugé fin novembre devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence. Les réquisitions du procureur général avaient un peu allégé la peine de première instance tout en y ajoutant un volet didactique: le suivi d’un stage de citoyenneté… Si la réquisition autour du stage n’a pas été suivie – c’eut été un comble pour un premier magistrat – les juges ont condamné Richard Ribero à une peine de 8 mois avec sursis, 5 000 euros d’amende et 7 000 euros de dommages-intérêts pour la plaignante.

http://www.nicematin.com/justice/le-maire-du-bar-sur-loup-condamne-a-huit-mois-de-prison-avec-sursis-107610

  • Harcèlement sexuel à la mairie de Versailles. 6 mois de prison ferme

Le tribunal correctionnel de Versailles a hier prononcé une peine de 18 mois de prison dont six mois ferme à l’encontre de l’ex-directeur de la communication.

Un ancien cadre de la mairie de Versailles condamné à six mois de prison ferme pour harcèlement sexuel. Le tribunal correctionnel de Versailles a hier prononcé une peine de 18 mois de prison dont six mois ferme à l’encontre de l’ex-directeur de la communication. Le quadragénaire aurait dans les bureaux de l’hôtel de ville fait des avances à caractère sexuel à quatre de ses subordonnées entre 2012 et 2014.

https://www.evasionfm.com/actualite-5040-six-mois-de-prison-ferme-pour-lancien-directeur-communication-la-mairie-versailles.html

Ce qui est  édifiant, ce sont les propos du maire justifiant le harcèlement sexuel : une chanson habituelle chez les prédateurs.«Moi, je suis suspecté de harceler. Mais on ne soupçonne pas une fille d’aguicher.» On retrouve aussi le chantage Selon la plaignante, elle aurait été écartée car elle avait repoussé ses avances

  • Georges Tron, maire de Draveil et ex-secrétaire d’Etat à la Fonction publique, massait les pieds de ses collaboratrices. Non lieu requis.

…Toujours « le même mode opératoire », il l’installe face à lui, lui dit de fermer les yeux, de se taire. Et il lui dit « qu’il faut se détendre », attrape son pied, le masse, « se met le gros orteil dans la bouche, puis prend ma jambe, retrousse ma jupe et remonte entre les cuisses ». Elle dénonce « caresses », « masturbation », « attouchements sexuels » et « pénétration digitale »…

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20110621.OBS5560/affaire-tron-m-le-maire-et-ses-droles-de-massages.html

L’affaire Tron ne fait que commencer. Alors que Gilles Charbonnier, le procureur chargé du dossier, a requis un non-lieu, les juges d’instruction devront bientôt se prononcer sur le renvoi en correctionnelle ou en cour d’assises du dossier. Si, selon les conclusions du magistrat, le viol n’est pas caractérisé, il ressort de l’enquête d’instruction que le maire de Draveil, ancien député de l’Essonne et ancien secrétaire d’État du gouvernement Fillon a profité de son statut et de ses attributions pour se créer un véritable harem d’employées de mairie et de collaboratrices sur lesquelles il pratiquait sa passion : la réflexologie plantaire, un massage des pieds qui trouve son origine dans la médecine ancestrale chinoise. http://www.lepoint.fr/politique/avec-georges-tron-c-etait-vraiment-le-pied-30-07-2013-1709885_20.php

Chantage . A des dizaines d’entre elles, il a imposé des caresses des pieds dans son bureau, à sa permanence parlementaire, lors d’entretien d’embauche, de déjeuner de travail. Sans prévenir, Georges Tron saisit leur pied, le coince entre ses cuisses et commence à masser. La plupart, impressionnées, par crainte de ne pas décrocher le poste convoité, se taisent lorsque la main du maire dérape, glisse le long de la jambe et remonte jusqu’aux cuisses. Celles qui ont dit non ont été mutées, ont perdu leur logement de fonction, ou n’ont pas été rappelées.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/12/18/pourquoi-georges-tron-sera-renvoye-aux-assises_4543364_3224.html#FHLjRiVxDGusEekS.99

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https://www.aimeles.net/georgestronlechevaliermamansanspiedsetsansreproche/

Culture du viol. Affaire Rousseau/Angot. La victime a toujours tort.

Publié le

Christine Angot est un écrivain (elle ne se veut pas écrivainE) qui prend son travail littéraire pour une vérité universelle.

Sandrine Rousseau est une politique qui voudrait changer le monde, en particulier la condition des femmes. Elle vient de sortir un livre dans lequel elle raconte sa difficulté de se faire entendre après avoir été agressée par Denis Baupin.

Mises en présence sur les plateau de ONPC (On n’est pas couché) les deux femmes se sont affrontées jusqu’à la crise de nerfs pour Angot et les larmes pour Rousseau. L’agressivité méchante et égocentrique d’Angot, appuyée par Yann Moix, a choqué de nombreux téléspectateurs qui ont protesté auprès du CSA. L’affaire continue à faire grand bruit et des journalistes y vont de leur plume aiguisée au prétexte de faire la part des choses. Claude Askolovitch s’est particulièrement distingué dans son désir de botter en touche par un article indécent en faveur de Christine Angot.

Mon opinion de femme, ayant été traquée de puis son enfance par toutes sortes d’hommes de tous âges, toutes origines ethniques, toutes religions et toutes situations sociales, est que la culture du viol s’est renforcée dans la société française par l’arrivée en masse de cultures qui méprisent la femme et cherchent à la neutraliser en la ramenant à son rôle de procréatrice et de défouloir dédié aux fantasmes et exigences sexuels du mâle.

Christine Angot peut « se débrouiller avec ça » en triturant les mots en tant qu’écrivain, la démarche de Sandrine Rousseau qui voudrait non seulement parler mais que la parole des femmes agressées sexuellement soit entendue à des fins de thérapie mais aussi de réflexion pour toute la société afin de cesser de traiter les femmes comme des proies à la disposition du premier mâle venu. Bien entendu, je comprends la démarche et l’intention de Sandrine Rousseau et je la soutiens.

De plus, je dois ajouter que l’égocentrisme narcissique, sur un  sujet aussi dramatique, de Christine Angot, me dégoûte, au même titre que le soutien de Moix, la passivité coupable de Laurent Ruquier et des autres invités. Christine Angot fait partie de ces femmes fières de déclarer MOI JE ne suis pas féministe, MOI JE me débrouille, MOI JE ne suis pas concernée. Ce disant, ces femmes oublient que sans les luttes féministes elle en seraient encore à demande l’autorisation du père, frère, cousin, mari, patron, préfet pour voyager, découvrir, étudier, travailler, choisir leur compagnon, ouvrir un compte en banque, voter, porter le pantalon, hériter, disposer de sa fortune personnelle et de son salaire, etc.

Après plusieurs jours de polémique, j’ai trouvé intéressant le point de vue des NouvellesNews que je vous invite à découvrir.

La Connectrice

 

Sandrine Rousseau, deux victimes d’agression sexuelle KO sur un ring télévisuel. Des questions culpabilisantes. De quoi doucher les velléités de dénonciation.

http://www.lesnouvellesnews.fr/concours-de-victimes-et-a-la-fin-omerta-qui-gagne/

Indicibles violences, invisibilisation des femmes et de leurs combats : le spectacle de l’émission « On n’est pas couché » résume ce qui désespère Sandrine Rousseau. Marlène Schiappa demande au CSA de réagir.

http://www.lesnouvellesnews.fr/angot-rousseau-les-medias-et-le-combat-contre-les-violences-sexuelles/

 

 

La chasse à la femme se poursuit avec l’approbation de la société du sommet aux bas-fonds

 

Les faits divers regorgent d’agressions sexuelles, de viols et de tentatives de meurtre commis par des hommes de 14 à 95 ans sur des fillettes, des jeunes filles, des femmes et des mamies. Chaque jour apporte ses cas de chasse à la femme. La plupart des sanctions sont ridicules et certainement pas dissuasives et encore faut il que les prédateurs ne soient pas relaxés. Les victimes, elles sont meurtries à vie et gardent des séquelles physiques, parfois très graves, et des séquelles psychologiques qui pèsent sur leur avenir.

Qu’ils soient névrosés, psychotiques, alcoolisés, drogués, pauvres et malheureux, les prédateurs sont toujours assez lucides pour chasser la femme, la femelle, la fille ou la fillette. S’ils étaient réellement privés de discernement, ils s’attaqueraient à des arbres, des hommes, des boucs, des ombres,des murs ou des moulins à vent. Mais non, même le plus délirant saura reconnaître et partir à l’assaut de la femme.

Malheureusement notre société accepte comme une fatalité naturelle et biologique que l’homme soit un chasseur de femmes, pis elle l’y encourage par la culture du viol et une tolérance fatale pour les femmes.

Notre société ne connaît que l’indulgence sous forme de relaxe et de sanctions symboliques donc inefficaces ou la prison qui est trop souvent une école du crime. Si la Justice voulait mettre un terme à l’abomination de cette chasse à la femme elle inventerait des solutions réellement dissuasives comme le bannissement, de véritables travaux d’intérêt public ou des assignations dans des lieux de souffrance comme les services d’urgences puant le sang et la merde. On le sait, les hommes sont très sensibles…

Vous trouverez ci-dessous une liste non exhaustive de méfaits de prédateurs sexuels récents ou jugés récemment. Bonne lecture !

La Connectrice

  • Une jeune infirmière enceinte de 8 mois battue à mort et violée par un schizophrène que les psychiatres refusaient d’interner…parce que capable de discernement sans doute ? Oui, il a su discerner une belle jeune femme enceinte d’un moulin à vent ou d’un gorille !

Cédric B, est sans domicile fixe et il vient d’avouer l’avoir violée, tuée et ligotée aux services de police après avoir été confondu par son ADN. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’homme âgé de 39 ans était considéré comme un agitateur. Schizophrène sous traitement, il a été mis en examen pour « homicide volontaire et viol aggravés » en raison de la grossesse de la victime. ..

Mélodie a été retrouvée par son compagnon ligotée et les yeux bandés dans l’appartement qu’elle occupait dans la propriété de sa mère (absente au moment des faits). « La victime était enceinte de huit mois. Son ami l’a retrouvée avec le visage tuméfié, les pieds et les poings liés, les yeux bandés. Il y avait des traces de sang sur place. Il semblerait que la jeune femme soit décédée des suites de coups qui lui ont été portés », avait indiqué une source proche du dossier à LCI

Demeure cependant la question du mobile. Pour l’heure, la théorie du cambriolage qui aurait mal tourné reste la piste privilégiée. L’homme risque la prison à perpétuité. En août 2017, il avait déjà été condamné à trois mois de prison avec sursis et une obligation de soins psychiatriques pour des faits de vols et dégradations. Ce mercredi 19 septembre, Claude Olive, maire d’Anglet, indiquait dans les colonnes de Sud-Ouest, que le suspect « menaçait régulièrement des passants ». Il avait pourtant tenté à plusieurs reprises de le faire interner. En vain. L’élu a finalement estimé que « l’on aurait peut-être pu l’enfermer si chacun avait pris ses responsabilités. J’avais pris les miennes ».

http://www.planet.fr/societe-femme-enceinte-violee-et-tuee-le-suspect-avoue-tout.1433406.29336.html

  • Chauffeur de bus scolaire, il harcelait les lycéennes et la Justice lui permet de continuer.

Ce chauffeur de bus scolaire qui harcelait sexuellement les adolescentes qu’il était chargé de transporter. Il a reçu les encouragements de la société avec une petite peine de 6 mois avec sursis et 800 € de dommages et intérêts pour le préjudice moral subi par la victime. La France est généreuse et indulgente avec les prédateurs sexuels. Profitez-en Messieurs, ne vous gênez pas !

http://www.lindependant.fr/2017/09/27/p-o-le-chauffeur-de-bus-scolaire-volait-des-baisers-aux-mineures,3055513.php

  • La Canadienne, fille de policier, pensait que la police française était digne de confiance, mal lui en a pris. Au prétexte de lui montrer le célèbre 36 quai des orfèvres, ils l’ont violée. L’affaire traîne depuis trois ans et tant pis pour la victime dite présumée

http://www.20minutes.fr/societe/2141143-20170928-soupcons-viol-quai-orfevres-cour-appel-renvoie-deux-policiers-devant-assises

La cour d’appel de Paris a ordonné jeudi le renvoi devant la cour d’assises  des deux policiers mis en examen dans l’enquête sur le  viol présumé d’une touriste canadienne dans les locaux du 36, quai des Orfèvres à Paris en 2014, a-t-on appris auprès de leurs avocats.

En juillet 2016, les juges d’instruction avaient prononcé un non-lieu général, mais le parquet de Paris et la jeune femme avaient fait appel. 

La cour d’appel a demandé que les fonctionnaires de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI), âgés de 39 et 48 ans, soient jugés pour «viols en réunion», ont précisé les avocats.

Le 22 avril 2014, dans un pub irlandais en face du 36, des policiers s’étaient liés avec la jeune femme, alors âgée de 34 ans. En pleine nuit, les fonctionnaires, qui n’étaient pas en service, lui avaient fait visiter les locaux. Elle en était ressortie en larmes un peu plus tard, extrêmement choquée. Elle avait porté plainte pour viol. Deux hommes de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) avaient été mis en examen pour viol en réunion et placés sous contrôle judiciaire. L’un d’eux avait reconnu une relation.

  • Pour rigoler, Laurent Baffie soulève la jupe de Nolwenn Leroy pendant le show Salut les Terriens. Les téléspectateurs s’indignent et le CSA monte au créneau ce que Ardisson qualifie de censure digne de la France de 1942…

http://www.20minutes.fr/television/2138887-20170925-video-salut-terriens-csa-ouvre-instruction-apres-geste-baffie-nolwenn-leroy

« Faut du cul, faut du cul. » Mais surtout du malaise, du gros malaise. Alors que Nolwenn Leroy répondait aux questions de Thierry Ardisson sur le plateau de Salut les Terriens , Laurent Baffie s’est permis de remonter la jupe de la chanteuse. Une séquence pas drôle du tout aux yeux de certains téléspectateurs, qui n’ont pas manqué de faire part de leur mécontentement sur les réseaux sociaux. Et de dénoncer un geste déplacé et une agression sexuelle.

Histoire de rigoler, Laurent Baffie soulève la jupe de  Nolwenn Leroy au cours de l’émission Salut les Terriens chez Ardisson. Dommage que la chanteuse n’ait pas ouvert sa braguette. Tout le monde aurait-il autant rigolé ?

Devant le tollé soulevé par le geste de Baffie, Nolwenn Leroy a pris sa défense en prédisant qu’ils étaient amis depuis dix ans et que c’était juste pour rire, qu’elle n’en avait pas été offusquée. Oui, Chez eux entre amis, ils font ce qu’ils veulent mais sur un plateau ils donnent l’exemple et, à l’heure où la société encourage viol et agressions sexuelles, renvoie les femmes aux placards de la cuisine et vénère les criminels sexuels, cet exemple est redoutable et c’est pour cela qu’il doit être sanctionné et que le CSA doit veiller avec rigueur à l’image des femmes (et des hommes, Baffie ne sort pas grandi de ce rôle) à l’écran.

  • Marc Sibard, ancien responsable des caves Augé, mentor de jeunes professionnelles du vin, a profité de sa position pour harceler ses collaboratrices pendant des années

http://www.lesinrocks.com/2017/09/26/style/food/sexisme-et-agressions-sexuelles-dans-le-milieu-du-vin-trois-victimes-temoignent-11988294/

Une peine légère pour un responsable viticole qui a harcelé ses collaboratrices pendant des années, leur a pourri leur vie professionnelle et leur a fait perdre confiance en elles : un an de prison avec sursis, assorti d’une mise à l’épreuve de vingt-quatre mois comprenant une obligation de soins pour alcoolisme, ainsi que des dommages et intérêts et une amende, pour harcèlement moral, sexuel et agression sexuelle. Trois des victimes ont eu le courage de témoigner, au tribunal et dans l’enquête des Inrocks, et elles expliquent très bien comment il est facile de déstabiliser une femme et d’abuser d’elle dans un contexte professionnel où elle est par définition en état de sujétion : elle est en attente d’apprendre auprès de son mentor pour apprendre le métier et faire carrière. Il faut lire l’article en entier.

Le vin serait, parait-il, une affaire de vrais mecs. Des décennies de pratiques sexistes – toujours persistantes – en témoignent, que ce soit la fâcheuse tendance qu’ont les serveurs de la plupart des restaurants à tendre la carte des bouteilles aux personnes possédant un pénis, les clichés sur le  »vin féminin » soi-disant léger, par opposition au gros rouge qui tâche virilement correct, ou encore, la manière dont les femmes vigneronnes, sommelières ou autres doivent se battre pour être reconnues et exister dans un milieu où elles représentent pourtant 40% des professionnels. Lors des entretiens menés pour notre enquête sur les femmes et le vin parue cette semaine (Inrocks n°1138), toutes les interviewées nous ont fait part de soucis liés au machisme, et notamment les agissements d’hommes alcoolisés qui se croient tout permis lors de dégustations, dans un milieu où les limites de la grivoiserie et du harcèlement ne sont pas toujours claires pour tout le monde. Ces pratiques dites culturelles, très problématiques, se doublent parfois de comportements encore plus graves, comme l’a montrée une affaire qui a secoué le milieu du vin ces derniers mois.

Le 6 juillet, l’ancien responsable des Caves Augé (Paris 8eMarc Sibard était condamné par la 31e chambre du tribunal d’instance de Paris à un an de prison avec sursis, assorti d’une mise à l’épreuve de vingt-quatre mois comprenant une obligation de soins pour alcoolisme, ainsi que des dommages et intérêts et une amende, pour harcèlement moral, sexuel et agression sexuelle, après les plaintes de trois femmes ayant travaillé auprès de lui alors qu’elles débutaient dans le métier…

  • Les hommes violent et agressent sexuellement mais ce sont les femmes qui doivent changer. 

    Sandrine Rousseau, élue EELV publie « Parler », un ouvrage qui incite les femmes et les hommes à sortir du silence lors de viol, agression sexuelle ou harcèlement. 

http://www.francetvinfo.fr/societe/droits-des-femmes/harcelement-viol-agressions-sexuelles-ce-nest-pas-a-nous-de-changer-de-comportement_2393602.html

Brut.France Télévisions

Mis à jour le 
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« Ce n’est pas à nous de changer de comportement, on doit pouvoir être libres », annonce Sandrine Rousseau. Celle qui a vu sa plainte contre le député Denis Baupin classée sans suite pour prescription, mène désormais un combat pour libérer la parole. Interrogée par Brut, elle raconte…L’auteure dénonce le « mythe » de l’attitude provocatrice des femmes qui sont agressées sexuellement. « Il n’y a pas de raison qu’une femme en jupe soit agressée et que la tentation soit si grande qu’on n’arrive pas à y résister », dit-elle. .. En France, un viol est déclaré toutes les 40 minutes. Environ une femme violée sur dix porte plainte, une plainte sur dix aboutit à une condamnation. Sandrine Rousseau explique que la « non-parole » et le « non-dépôt de plainte »de toutes ces femmes peuvent être dus à des phrases qu’on entend du type : « Il est puissant. Fais attention à toi. Pourquoi tu ne t’es pas défendue ? »Ces paroles inculqueraient peur et culpabilité aux femmes victimes…

  • La cour d’assises de Douai va juger à partir de ce mercredi un surveillant de collège de 29 ans, pour viol sur mineur et agressions sexuelles entre 2012 et 2015. Il était également éducateur à l’US Ascq.

http://www.lavoixdunord.fr/223925/article/2017-09-26/un-surveillant-de-college-juge-aux-assises-pour-viol-et-agressions-sexuelles

C’est le président du club de football qui a fait le signalement auprès des autorités. «  Il était très proche des jeunes joueurs, mais rien ne laissait supposer de tels agissements, explique-t-il à quelques heures de témoigner à la barre. J’ai commencé à avoir des soupçons quand j’ai décidé de demander un extrait de casier judiciaire à tous les éducateurs. Il faisait partie du comité directeur lorsque je l’ai annoncé et il est devenu tout pâle.  »

Pourtant, le document présenté était vierge de toute condamnation. «  J’ai tout de même décidé d’être attentif à son comportement  », reprend le responsable. Quelque temps après, lors d’une soirée loto organisée par le club de supporters, il surprend l’éducateur en train d’embrasser un enfant sur la bouche. Un jeune garçon qui ne faisait pas partie du club mais était scolarisé au collège Rimbaud voisin. «  J’ai convoqué cet entraîneur le lendemain pour lui dire que je signalais les faits au procureur de la République. Je le suspendais de ses fonctions en attendant la décision de justice.  »

Parents et joueurs n’ont pas compris cette décision, jusqu’à ce que la véritable raison soit révélée, après une convocation au commissariat de police de Lille. Les enseignants du collège Rimbaud ont eux aussi été sidérés en apprenant la nouvelle. «  Il était très apprécié, prévenant. On pensait que les enfants avec lesquels il était très proche étaient en sécurité  », confiait un enseignant à l’époque des faits, qui se sont étalés de 2012 à 2015. Dans l’établissement, une cellule psychologique avait été mise en place après la révélation de l’affaire.

  • Une ado de 13 ans violée de jour en pleine rue à Beauvais, le suspect interpellé et placé en garde à vue

http://www.20minutes.fr/lille/2140927-20170928-beauvais-ado-13-ans-violee-plein-jour-pleine-rue

Les faits remontent au 9 septembre. La jeune fille se trouvait dans une rue du quartier Saint-Jean lorsqu’elle a été abordée par un inconnu à pieds. Celui-ci la force à le suivre dans un endroit reculé avant de la contraindre à des relations sexuelles. Il a pris la fuite, abandonnant sa victime en état de choc.

L’adolescente a tout de même eu la force d’aller déposer une plainte au commissariat plus tard dans la journée. L’enquête a démarré avec un élément précieux : le signalement précis de l’agresseur présumé fourni par la victime. Selon nos confrères, les policiers ont aussi eu recours à la vidéosurveillance. L’ADN a parlé

Tous ces éléments leur ont permis d’identifier un individu, habitant dans le quartier. L’homme, âgé de 27 ans, a été interpellé, mardi. Des analyses ADN ont aussi été effectuées. Le suspect a été mis en examen pour viol sur mineur de 15 ans et placé en détention provisoire.

  • Attention aux hommes, mari, fils, frères qui habitent avec la nounou de vos enfants

Ce mari de 69 ans a agressé des dizaines de petits enfants et n’a écopé que de trois ans de prison dont deux avec sursis …

Le cas n’est pas rare et je connais personnellement un homme qui, enfant, fut violé à répétition par le fils de sa nourrice, un ado.

http://www.20minutes.fr/nantes/2140115-20170927-sarthe-mari-nounou-agressait-sexuellement-enfants

Un homme de 69 ans était jugé, mardi par le tribunal correctionnel du Mans, pour plusieurs agressions sexuelles d’enfants âgés entre 3 et 9 ans. Au moins neuf victimes ont été identifiées, pour des faits qui ont eu lieu entre 1994 et 2013, rapporte le journal Ouest-France. Le prévenu, finalement dénoncé par un petit garçon en 2013, a évoqué mardi des « câlins », pour « jouer ou taquiner » et se dit au centre d’un complot des parents. Les petites victimes (dont deux font partie de ses propres petits-enfants) ont pourtant toutes décrit les mêmes gestes, à savoir des attouchements au niveau de la poitrine, des fesses ou du pubis. Le sexagénaire, qui a tout de même reconnu qu’il ne se sentait « pas normal », a écopé d’une peine de trois ans de prison dont deux avec sursis. Il sera inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.

  • Il n’y a pas d’âge pour violer. Un homme de 95 ans  a été mis en examen mercredi pour agression sexuelle sur deux fillettes et placé en détention, pour garantir notamment sa sécurité comme l’a révélé le Dauphine libéré.

Les faits se seraient déroulés dans le quartier populaire de Montfleuri à Bourgoin-Jallieu, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Lyon…Une enquête a été ouverte après le dépôt d’une plainte par les parents d’une fillette de moins de 10 ans. A la fin de la garde à vue, une seconde plainte pour une autre fillette a également été déposée. Le nonagénaire, sans antécédent judiciaire, « habite le quartier et y vit en famille ». Il a été « mis en examen le 9 août pour des faits correctionnels d’agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans. Le monsieur nie tout », a précisé à l’AFP le parquet. Si « la rumeur dans le quartier dit qu’il proposait des bonbons aux enfants », « la fillette n’en parle pas et le modus operandi n’est pas précisé », a ajouté la même source. En revanche, la fillette dit qu’elle « a été emmenée à l’écart et qu’il lui a touché le corps ».

http://www.20minutes.fr/lyon/2117503-20170816-isere-homme-95-ans-soupconne-agressions-sexuelles-deux-fillettes

  • Deux hommes de 24 ans forcent deux jeunes marseillaises de 21 et 22 ans à se prostituer. Si vous avez vu le film de Coline Serreau Chaos, vous avez une idée de la violence physique et mentale subie par les femmes contraintes à la prostitution.

 Deux hommes de 24 ans ont été interpellés dimanche à Saint-Genis-Laval, au sud de Lyon, dans le cadre d’une enquête pour «proxénétisme aggravé».

Les deux rhodaniens sont soupçonnés d’avoir contraint deux jeunes femmes de 21 ans et 22 ans, originaires de Marseille, à se prostituer. Elles ont porté plainte récemment contre les proxénètes présumés en expliquant aux policiers s’être enfuies de l’appartement lyonnais où elles exerçaient ces derniers temps, en laissant derrière elles leurs affaires personnelles.

Les deux jeunes femmes auraient décidé de fuir après avoir été menacées par l’un des deux hommes mis en cause, au moment où elles avaient indiqué vouloir rentrer à Marseille, précise ce mercredi la police Lyonnaise.

Les deux proxénètes présumés ont nié les faits. Ils doivent être présentés ce 27 septembre au parquet de Lyon, ajoute la direction départementale de la sécurité publique du Rhône.

http://www.20minutes.fr/lyon/2140175-20170927-lyon-deux-hommes-accuses-avoir-force-jeunes-marseillaises-prostituer

  • Le chauffeur de taxi harcèle une adolescente de 13 ans malvoyante. Il est relaxé car les faits ne seraient pas constitués. Ils ont été pourtant suffisamment constitués pour que le harceleur, déjà condamné pour agression sexuelle, soit présenté au tribunal.

Un homme de 47 ans a été relaxé, ce mercredi, devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Poursuivi pour corruption de mineur et non pour agression sexuelle, il a finalement été relaxé car ces faits n’étaient pas constitués, rapporte Sud Ouest.

En 2015, ce chauffeur de taxi, déjà condamné pour agression sexuelle par le passé, avait tenté d’abuser d’une adolescente de 13 ans malvoyante. Sur le trajet entre le centre de soins et le domicile de la jeune fille, cet homme avait multiplié les questions intimes et les arrêts. Ce jour-là, il ira jusqu’à demander à sa cliente s’il peut l’embrasser.

Mais, l’adolescente ne s’est pas laissé faire. Elle a refusé toutes les propositions du chauffeur de taxi avant de raconter la scène à un psychologue puis aux gendarmes.

http://www.20minutes.fr/bordeaux/2140803-20170928-bordeaux-chauffeur-taxi-essaye-abuser-adolescente-malvoyante

  • Le récidiviste en semi-liberté, Sofiane Rasmouk avait massacré une jeune fille pour la violé et violé une autre dans la foulée. Il a été condamné en appel à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 22 ans, soit plus qu’en première instance (18 ans)

Sofiane Rasmouk a vu jeudi sa peine confirmée en appel avec une condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité pour viol, tentative de viol et tentative de meurtre sur deux jeunes femmes en 2013 alors qu’il était en semi-liberté.

Suivant les réquisitions de l’avocat général, la cour d’assises a condamné Sofiane Rasmouk à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 22 ans, soit plus qu’en première instance (18 ans). Dès l’ouverture de son procès en appel, Sofiane Rasmouk avait reconnu ce qu’il avait toujours nié: le viol sur l’une des deux jeunes filles agressées. Il contestait en revanche la « tentative de viol et tentative de meurtre » sur la première de ses victimes. 

Le 7 août 2013, alors qu’elle rentrait chez elle, Priscillia avait été violemment agressée par Sofiane Rasmouk. Le jeune homme, « atteint de psychopathie grave » d’après les experts, s’était acharné sur elle en la frappant à plusieurs reprises au visage, la laissant pour morte et défigurée. 

Priscillia, 36 ans, qui a passé plusieurs mois dans le coma, est aujourd’hui lourdement handicapée. « Elle a vécu un parcours du combattant », a rappelé à la barre son avocate Me Peggy-Anne Julien. « Il ne l’a pas tuée, il a tué son avenir », a-t-elle souligné. Pour l’avocat général Dominique Borron, la tentative de meurtre ne fait aucun doute. « Qu’a-t-il dit au magistrat instructeur ? Qu’il a frappé à la tête, à plusieurs reprises », a-t-il martelé. « Il a tenté de la tuer. Elle s’est battue car elle ne voulait pas se laisser violer. » 

Sandra, la deuxième victime du « violeur de Colombes », a, elle, bien été violée, quelques minutes après Priscillia. Rasmouk l’a agressée entre deux voitures, sans cesser de la frapper à la tête, avant de lui extorquer sous la contrainte sa carte bleue. Physiquement indemne, la jeune fille reste pour autant traumatisée à vie. « Sandra est massacrée », a assuré son conseil Me 

Frank Berton. « Elle n’arrive pas à travailler, elle ne peut plus sortir seule. Vous en avez massacré deux en une demi heure », a-t-il asséné à Sofiane Rasmouk, impassible dans son box. 

« Pardon, ça sert à quoi? »

« Vous verrez très peu de dossiers aux assises avec autant de sauvagerie et si peu d’empathie », a insisté l’avocat général lors de son réquisitoire. L’avocat de la défense, Me Wenceslas Ference, s’est contenté de demander aux jurés « de créer une brèche et de laisser passer la lumière »

« La décision de première instance, si vous la confirmez, c’est un mur », a-t-il prévenu, faisant remarquer des progrès dans l’attitude de son client qui « a manifesté son besoin d’être accompagné »

Plus calme que lors de son premier procès, au cours duquel il avait multiplié les esclandres, Sofiane Rasmouk a cependant eu du mal à éprouver des remords. Sa réaction face aux photos de Priscillia, méconnaissable quelques heures après son agression, avait provoqué la colère des parties civiles. « Que voulez-vous que je vous dise ? Que je leur dise pardon ? Ca sert à quoi ? », s’était contenté de déclarer Sofiane Rasmouk. 

https://www.ouest-france.fr/societe/justice/hauts-de-seine-perpetuite-confirmee-pour-l-auteur-d-un-viol-5277809

 

 

 

 

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Violeur d’Anna. Le procès encore reporté 6 ans après le viol ! Toutes les femmes sont concernées

Malgré les 159.013 internautes qui ont signé la pétition en soutien à Anna, le juge chargé de l’affaire vient encore de reporter le procès en assises du violeur, toujours en liberté et libre de venir travailler dans l’immeuble de sa victime.

Soit le juge approuve le viol, soit il protège le violeur parce qu’il le connait, soit pétri de vanité il s’obstine à tenir tête à Anna qui a eu le tort de médiatiser son drame. Quelles que soient les motifs de son obstination à refuser de vouloir rendre justice à la victime et appliquer la loi il donne une piètre opinion de l’institution Justice et on peut s’étonner de ce que la Ministre n’intervienne pas dans cette affaire. Bien sûr, le pouvoir n’est pas sensé interférer dans les décisions judiciaires mais d’une part on sait qu’à plusieurs reprises les juges ont cédé devant présidents et ministres et d’autre part, le Garde des Sceaux a pour mission de veilleur à l’application de la loi par ses institutions sous tutelle.

Le viol est un problème de société qui ne fait que s’amplifier sous l’influence du relativisme culturel, de l’idéologie patriarcale qui reprend du poil de sa bête immonde, de l’influence de la pornographie qui touche tout le monde de 0 à 100 ans et de cette culture du viol qui affecte même ceux et celles qui devraient donner l’exemple. On dirait que jouir sans entraves, il est interdit d’interdire, à bas la majorité morale ont contaminé toute la société et ses institutions régaliennes au détriment des femmes (et parfois des hommes aussi).

La résistance d’Anna concerne toutes les femmes qui sont toutes, quel que soit leur âge et leur condition, des violables potentielles.

Alors toutes et tous, soutenons Anna Circé en signant sa pétition à l’adresse de Nicole Belloubet Garde des Sceaux et soutenons là ainsi que ses actions.

Signez ici  https://www.change.org/p/jesuisanna-mon-violeur-toujours-dehors-et-non-jug%C3%A9-apr%C3%A8s-6-ans-de-proc%C3%A9dure

 

Le dernier message d’Anna qui fait le point sur sa situation et son action

 

Anna CIRCÉ

Francia

1 DE SEPT. DE 2017 — Bonjour à tous,

Je lis encore tous vos commentaires et ça m’aide tellement. J’ai eu beaucoup de retours avec ma vidéo YouTube et je compte bien continuer à enfoncer des portes pour faire entendre la voix des victimes.
Je pense m’être mal exprimée lors de la dernière mise à jour, je disais que je voulais parler en mon nom propre et agir librement, donc ne pas créer une association ou être sous l’égide de l’Etat… Vous avez compris que je voulais agir seule mais ce n’est pas du tout le cas, bien au contraire, par contre je veux agir librement et mener des actions très concrètes et ne pas dépendre de l’Etat. Avec cette pétition, j’ai compris que nous, citoyens, pouvions agir. Alors je préfère avoir le soutien des citoyens que celui de l’Etat. 
De même, je ne vais absolument pas laisser tomber, je vais me battre pour obtenir Justice mais vous n’imaginez pas dans quel état je me suis retrouvée après le rapport du juge d’instruction quand il a rendu sa décision d’envoyer mon agresseur devant les Assises. J’ai passé la nuit suivante à étouffer dans mon sommeil, à pleurer, j’ai envisagé de tout laissé tomber car sincèrement je suis vraiment indignée par la façon dont le juge m’a traitée. 
Encore une fois, je me suis relevée et je suis plus combative que jamais et c’est grâce à vous, mon fils qui me donne la plus belle des raisons de me battre et quelques proches qui sont là dans tous les moments. 
J’ai beaucoup de projets pour lutter contre les violences sexuelles et aider les victimes, j’agis déjà en « sous-marin » depuis presque deux ans, depuis que le syndrome de stress post-traumatique a commencé. Aujourd’hui je voudrais aller plus loin et donner une autre dimension à ce combat. 
J’ai donc décidé de créer un « Tipeee », il s’agit d’une plateforme qui permet de recevoir un soutien de la part des internautes sur du long terme. Vous trouverez tous les détails en cliquant sur le lien.
https://www.tipeee.com/anna-circe

Merci à tous pour votre soutien et surtout pour votre aide dans ce long combat !

Tipeee - Anna Circé
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