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Tutelles. Le MJPM affirme que la nonagénère n’a besoin de rien. Les preuves en photos

Marie est rentrée de l’hôpital le 28, sans argent (le MJPM (mandataire judiciaire à la protection des majeurs) soutenant qu’elle n’en avait pas besoin, sans provisions, sans soins.

Marie est rentrée amaigrie, la nourriture de l’hôpital ne l’avait pas comblée et elle n’avait pas de quoi acheter des compléments car Marie est gourmande et mange de bon appétit en se frottant le ventre de plaisir quand le met lui plait.

Depuis le 28, je la nourris à mes frais alors qu’elle a des revenus largement suffisants (bonne retraite, économies, loyer de 48) pour disposer de l’argent nécessaire pour ses besoins quotidiens de nourriture, d’hygiène et de petits plaisirs comme le restaurant ou l’apéro.. Le MJPM qui a sans doute le don de double vue, prétend qu’elle a des provisions.

Ce matin, je suis montée lui apporter un petit déjeuner. Voici les photos que j’ai prises.

01-IMG_1530Marie en train de déjeuner avec appétit. Je lui ai apporté de la brioche tiède, des cerises, des crèmes au café qu’elle aime. Le tout à mes frais. J’ai du rapprocher sa chaise de la table.

14-IMG_1545 Marie se régale avec sa deuxième crème au café. Elle a enlevé son dentier, ce qu’elle fait régulièrement et peine à le remettre, le nettoyer, l’essuyer et mettre la colle pour qu’il tienne. Quand je suis là, je l’aide.

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Les reliefs du dîner de Marie après le passage des infirmiers qui refusaient de venir la prendre chez moi. Le MJPM m’a menacée de venir avec la police si je ne la ramenais pas chez elle ! Elle habite au 6ème et moi au 5ème du même immeuble. Je n’avais pas pris la communication en direct parce que j’étais en train de lui laver les fesses après un accident. Quand je l’ai dit à l’assistante MJPM elle m’a réponsu : ça ne m’interesse pas.

Conclusion de ce rapport de force contre productif pour Marie : le MJPM la laisse mourir de faim, les infirmiers ne se soucient pas de sa santé. Quand Marie est chez moi, elle mange à sa faim avec appetit et plaisir.

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D’après le MJPM Marie a des provisions. Je vous laisse en juger devant ces photos de son frigo et de son placard

10-IMG_1541Depuis des semaines, j’ai signalé au MJPM qu’il fallait s’occuper du linge de Marie. Le linge sale s’accumule dans le lave-linge …

Marie a des revenus très suffisants pour régler une note de teinturier ou une femme de ménage mais le MJPM refuse de lui accorder un budget à cette fin.

12-IMG_154311-IMG_154213-IMG_1544Depuis le mois de mars j’ai signalé au MJPM et à l’infirmière qu’il était nécessaire de couper les ongles de Marie. Je lui coupe les ongles des mains mais je n’ai pas osé m’occuper de ses pieds …

04-IMG_1535Marie n’a pas dormi dans son lit. J’ignore où elle a passé la nuit. Une chance qu’elle ne soit pas tombée car elle peine à s’asseoir, s’allonger ou se relever.

J’ajoute que c’est moi qui avais fait son lit avant qu’elle ne revienne de l’hôpital, le MJPM n’ayant rien organisé pour son retour.

02-IMG_1531 Message de l’infirmière à l’attention de Marie. Elle n’a même pas réactivé son alarme !

03-IMG_1532Marie ne téléphone plus, elle s’embrouille dans les chiffres, bloque son appareil, le laisse se décharger hors de la borne. Comment une infirmière peut-elle croire que la nonagénère appellera si elle se sent mal ?

On jugera de la pertinence des conseils laissés à Marie …

Pour le MJPM, la Fondation Maison des champs, l’auxiliaire d’ATD quart monde, je suis indésirable, je suis une voleuse, et persona non grata pour toute leur clique. Je suis pourtant la seule personne proche géographiquement (elle au 6ème, moi au 5ème) et affectivement, suffisamment disponible pour veiller sur elle et l’assister concrètement. Hier j’avais littéralement les mains dans le caca quand ces personnes me harcelaient et me menaçaient au téléphone.

Pourquoi le MJPM tiennent-ils à ignorer le lien fort qui unit Marie et moi, contrairement aux attendus de sa charte ? Pourquoi ces personnes ignorent-elles le document rédigé et signé par Marie me désignant comme sa personne de confiance pour les décisions et interventions médicales, selon la loi ?

A l’instant, le bureau du MJPM m’appelle pour me demander si Marie et chez elle, l’assistante MJPM est sur son palier et ne peut pas descendre d’un étage pour me poser la question ? Je monte ouvrir la porte de Marie.

Pourquoi ce parti pris stupide et méchant ? Ce comportement ne va sûrement pas dans le sens du bien-être de Marie mais sûrement dans celui de la maltraitance à personne vulnérable.

Le rapt

11.02

Tout à fait par hasard, je viens de voir l’assistante MJPM descendre avec des sacs et une valise. Je ne l’aurais pas croisée .que je n’aurais pas été informée de cet enlèvement. Je n’ai pas pu dire au revoir à Marie et inversement.

Nos voisins présents à ce moment sont aussi choqués que moi. « Police politique » dit l’un deux.

Je suis bouleversée …

Tutelles : pourquoi les majeurs protégés se rebiffent

Publié le

Trois psychiatres experts auprès des tribunaux ont jugé que l’état physique et mental de la milliardaire justifiait sa mise sous curatelle renforcée, c’est à dire sa protection physique et matérielle

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/06/14/affaire-bettencourt-les-medecins-preconisent-une-mesure-de-curatelle-renforcee-pour-liliane-bettencourt_1535701_3224.html#ens_id=1510130

Désormais, Liliane Bettencourt rejoint la cohorte des majeurs protégés qui approcherait le million d’individus avec des statuts différents selon le cas : curatelle simple, curatelle renforcée ou tutelle.

On imagine l’humiliation et la contrariété de Madame la milliardaire, une femme habituée à décider, commander et disposer. C’est d’ailleurs cet aspect des choses qui pose le plus de problème aux majeurs protégés, la privation de liberté dans la gestion de leurs avoirs et de la disposition de leurs ressources.

Il est rare en effet que la décision de protection soit prise à la demande de l’intéressé. En général, le juge des tutelles est saisi par une tierce personne qui peut être un voisin, un membre de la famille proche ou éloignée, un médecin, un travailleur social ou tout autre personne inquiète, pour de bonnes ou moins bonnes raisons, de voir le majeur dériver.

Le juge des tutelles prend alors sa décision en se basant sur une expertise psychiatrique puis un entretien avec le majeur.

Le problème est que, souvent, le majeur n’a pas conscience de l’altération de ses facultés mentales et qu’ il navigue entre des moments de lucidité et de confusion. Il reçoit mal la décision de justice qui le soumet au contrôle d’un curateur ou d’un tuteur. C’est pourquoi de nombreux majeurs protégés se rebellent contre des décisions qu’ils jugent arbitraires et que leur relation avec leur mandataire de justice est chaotique. Ils ont parfois des motifs réels de se plaindre mais pas toujours. Tous les mandataires curateurs ou tuteurs ne sont pas des escrocs comme le montrait l’émission récente sur le sujet :

https://laconnectrice.wordpress.com/2011/06/02/tutelles-curatelles-et-protection-juridique-des-majeurs/

Il est normal pour chaque individu de vouloir contrôler sa vie et faire ce qu’il veut, comme il veut, quand il veut. Malheureusement, nous sommes des êtres sociaux, nous appartenons à un environnement social qui ne nous permet pas de faire exactement ce que nous voulons. Dans le cas de Liliane Bettencourt, il faut considérer ses responsabilités familiales, sociales (elle a des employés et des prestataires de services) et économiques (L’Oréal). Si Mme Bettencourt dilapide sa fortune, elle met en danger des milliers de personnes, sans compter le préjudice moral qu’elle cause à sa fille et ses petits enfants. On comprend donc qu’il y a nécessité de contrôler ses décisions, non pas pour l’empêcher de s’offrir des diamants mais pour protéger les intérêts vitaux des nombreuses personnes qui lui sont liées.

Il est particulièrement consternant de voir les médias, pratiquement tous aux mains des amis de Sarkozy, mettre à la une ce qu’ils qualifient de « querelle familiale ». Il semble pourtant que les inquiétudes de Françoise Myers-Bettencourt, qui, rappelons-le- avait été alerté par l’entourage immédiat de sa mère, soient fondées puisque plusieurs médecins psychiatres ont confirmé l’altération de ses facultés mentales ainsi que les juges qui l’ont rencontrée.

On comprend l’inquiétude de Sarkozy et ses amis si un tiers venait à examiner les comptes de la milliardaire qui semble avoir donné sans compter, au delà de ce que la loi autorise, à l’UMP et pour la campagne de notre cher président. Ses médias ont tout intérêt à décrédibiliser l’action de l’héritière Françoise et détourner l’attention sur un crépage de chignon entre mère et fille.

J’ai personnellement vécu une histoire douloureuse du fait que ma mère ait agi sans discernement dans la liquidation du patrimoine familial. A l’époque, il y a environ 30 ans, personne n’avait songé, par respect pour ses libertés, à demander pour elle une protection judiciaire.

Au cours d’un épisode psychotique et délirant, ma mère a vendu, en cachette, la propriété familiale qui avait vu naître et vivre 4 générations. Non seulement elle a vendu les terres mais surtout la maison qui avait abrité mon enfance et contenait toutes sortes de trésors historiques et personnels. Elle a accompli son forfait à l’insu de toute la famille et s’est enfuie à l’étranger pour dilapider le fruit de la vente. Le notaire avait profité de la situation, sous évalué la valeur de la propriété et s’était bien gardé d’alerter mon père ou les enfants. Normal, me direz-vous, elle était propriétaire. Ce fut d’ailleurs ma première réaction. C’est à elle, c’est son droit, la propriété c’est du vol, etc.

Je ne mesurais pas alors les ravages que la perte de la maison familiale allait me causer. Tout d’abord je fus frustrée de ne plus pouvoir y passer mes vacances et de ne pas pouvoir transmettre ce plaisir à mes propres enfants. Ensuite, je réalisais que je ne possédais pratiquement aucun souvenir de cette demeure dont j’avais toujours respecté les trésors. Je ne m’y étais pas servie. Je constatais aussi que j’avais perdu les objets personnels que j’y conservais pour les utiliser à chaque séjour. Je commençais à regretter la grande cuisine où je faisais des confitures dans un chaudron de cuivre avec les fruits parfumés de la propriété, l’immense cheminée de la salle à manger où je faisais griller des entrecôtes ou des châtaigne sur les sarments de vigne, ma chambre avec son lit bateau dont la fenêtre s’ouvrait sur un palmier où nichaient les oiseaux, la haie touffue de roses parfumées qui longeait le jardin, la treille, la pergola croulant sous les roses pompon, la glycine dont je suçais les calices sucrés, le bassin où nageaient reinettes, salamandres et têtards, les placards, le grenier et les cagibis qui contenaient de vieux numéros de l’Illustration, les chaussures de mariée de ma grand-mère, des titres de propriété remontant au XVIIIème siècle, des livres reliés à la tranche dorée, des 78 tours, des uniformes militaires et tout ce qu’on peut trouver dans une vieille demeure familiale où les gens ne jetaient rien et faisaient du neuf avec du vieux.

A cet inventaire partiel de mon héritage perdu, je dois ajouter l’héritage moral de mon grand-père qui ne cessait de me raconter l’histoire de la maison, de son emplacement sur des vestiges gallo-romains,de ses ancêtres, de l’acquisition progressive des parcelles dont chacune avait un nom propre. C’était aussi mon histoire.

Aujourd’hui, je pense que si ma mère avait été placée sous curatelle ou sous tutelle dès les premiers signes de son manque de discernement et de ses problèmes psychiatriques, la maison familiale n’aurait pas été perdue et mes enfants en jouiraient comme j’avais pu le faire.

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