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Archives de Tag: déterminisme biologique

Les préjugés sexistes remontent à la surface de Google, Uber et bien d’autres

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La profession de foi d’un ingénieur de chez Google fait scandale. L’auteur y déclare que Les aptitudes naturelles des hommes les conduisent à devenir programmateurs en informatique, alors que les femmes sont, selon l’auteur, plus enclines « aux sentiments et l’esthétique plutôt que vers les idées », ce qui fait qu’elles optent pour des carrières « dans le social ou l’artistique ».

http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/les-ecrits-sexistes-d-un-ingenieur-de-google-font-le-tour-du-web-1231679.html#?xtor=EREC-14-[N-BFM Business Quoti]-20170807

Ce préjugé n’étonnera pas grand monde car non seulement il s’exprime urbi et orbi mais il influence les comportements des femmes et des hommes. En Europe, il resurgit avec la stigmatisation des femmes musulmanes obligées, persuadées ou convaincues de se voiler, s’enchiffonner ou se burkiniser. Le corollaire de la dissimulation du corps des femmes est l’augmentation du harcèlement sexuel, des violences conjugales et des viols.

Mon article précédent sur l’indulgence accordée depuis 6 ans au violeur d’Anna est une expression parmi de nombreuses autres des préjugés sexistes qui débouchent automatiquement sur le mépris et l’exploitation des femmes. Une autre expression est la tolérance vis-à-vis du recours aux mères porteuses qui sera forcément légalisé, une brèche ayant été ouverte par la reconnaissance à l’état civil des enfants nés de mère porteuse.

Il n’est donc pas étonnant que les femmes se heurtent à un plafond de verre dans leurs études, leur vie professionnelle et leur vie politique. Pour cette dernière nous avons encore eu droit à l’Assemblée nationale à des béguètements de chèvre après des gloussements de poule, des sifflets pour une robe, sans oublier l’indulgence indigne pour des harceleurs comme DSK ou Baupin. n’oublions pas l’ami de nos politiques, patron du journal Le Monde, le sieur Bergé fier d’avoir affirmé que louer son utérus équivalait à louer ses bras !

Féministe depuis 1969, j’ai cru quelques années que tout le monde avait compris l’injustice faite aux femmes du fait de leurs caractéristiques biologiques. Poussés par nos revendications, quelques femmes et hommes politiques se sont saisis de la question pour légiférer en faveur de l’égalité des sexes mais ces lois ne sont pas appliquées (salaire égal pour travail égal, choix réel dans les formations )ou sont menacées de restrictions (IVG). Les partis politiques préfèrent payer des amendes plutôt que respecter la parité. Les femmes qui se sont présentées aux élections présidentielles ont été rejetées, les entreprises du CAC 40 sont majoritairement dirigées par des hommes et les femmes sont tellement quantité négligeable que les promesses d’égalité ne sont pas tenues : pas de femme première ministre ni de véritable ministère pour les droits de s femmes malgré les promesses du président Macron.

Malgré cette situation de sexisme ordinaire beaucoup de femmes enivrées par la consommation, le mondialisme, la Star Academy, la possibilité chirurgicale de se faire refaire pour ressembler à Barbie, l’addiction au conformisme de la mode (il faut les voir trébucher avec leurs talons de 10 cm qui leur torturent les pieds) et le reste s’écrient « moi féministe ? ça jamais !  Les bécasses oublient que, sans les féministes elles ne pourraient rien faire sans l’autorisation du père, du frère ou du mari, qu’elles n’auraient ni le droit de vote ni le droit d’ouvrir un compte en banque, qu’elles n’auraient accès ni à la contraception ni à l’avortement, que leurs violeurs incestueux ou pédophiles ou autres ne seraient jamais jugés ni condamnés, que le viol et les violences conjugales n’existeraient pas pour la société, qu’elles seraient enfermées dans des écoles de filles et dirigées exclusivement vers des métiers de filles, qu’elles n’auraient pas de crèches pour leurs mômes, qu’elles seraient interdites de travail la nuit, qu’elles devraient demander une autorisation préfectorale pour porter un pantalon, qu’elles recevraient un salaire de femme inférieur à celui des hommes, qu’elles seraient interdites de divorce, qu’elles accoucheraient dans la douleur et j’en passe.

Le pire étant que ces bécasses fières de « ne pas être féministes » ne veulent pas savoir que la lutte pour l’égalité des droits est loin d’être gagnée et qu’actuellement nous subissons une régression honteuse de notre condition grâce à leur déni.

Féministe historique ayant connu l’enthousiasme et le bonheur de contribuer à améliorer notre condition, je suis consternée par la passivité, l’inconscience et l’ignorance des jeunes femmes actuelles

La Connectrice

 

Morale Catholique et genre à l’EN : on discute encore du sexe des anges

http://www.liberation.fr/societe/01012356982-orientation-sexuelle-80-deputes-ump-reclament-le-retrait-de-manuels-scolaires

80 députés UMP ont demandé mardi au ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, le retrait de manuels scolaires qui expliquent «l’identité sexuelle» des individus autant par le contexte socio-culturel que par leur sexe biologique.

Ces parlementaires, conduits par Richard Maillé, député des Bouches-du-Rhône, font ainsi écho aux critiques exprimées sur le même sujet au printemps par la direction de l’enseignement catholique.

Dans une lettre au ministre, ils estiment que ces manuels de SVT (Sciences et vie de la terre) de classe de première font référence à «la théorie du genre sexuel».

«Selon cette théorie, les personnes ne sont plus définies comme hommes et femmes mais comme pratiquants de certaines formes de sexualités: homosexuels, hétérosexuels, bisexuels, transsexuels», écrivent-ils. Il s’agit selon eux d’une «théorie philosophique et sociologique qui n’est pas scientifique, qui affirme que l’identité sexuelle est une construction culturelle».

Les études de genre dérangent l’église catholique

De quoi s’agit-il ? Il s’agit de prendre en compte les développements de la psychologie, de la psychiatrie, de la neurologie de la biologie, de la philosophie et de la sociologie et d’éclairer les enfants sur la part relative du déterminisme biologique dans la construction de la personnalité individuelle.

On ne parle jamais du lobby catholique qui est pourtant en France le seul groupe de pression organisé, puissant avec des ramifications dans toutes les sphères des pouvoirs politiques et économiques, médiatiques (Bayard  et le Monde, par ex.) et culturelle. Le lobby catholique romain est présent partout sous des formes ouvertes connues de toutes et tous mais aussi sous des formes occultes comme l’Opus Dei ou l’Ordre de Malte. La ruse du lobby catholique consiste à détourner l’attention sur d’autres lobbies mais surtout sur le lobby juif, beaucoup moins puissant mais dont la crainte et la haine qu’il inspire repose sur des thèmes bibliques ancestraux partagés consciemment ou inconsciemment par les catholiques, pratiquants ou non : « le peuple élu », « le peuple déïcide », « les Juifs ont tué le petit Jésus ». Et ce n’est pas la discrète et très récente déclaration du Pape sur le rejet de la qualification de « peuple déïcide » qui changera quoi que ce soit à des traditions et des convictions qui font partie intégrante de la construction du catholicisme.

Voilà donc 80 députés, majoritairement des hommes, parce que la majorité des députés sont des hommes et parce que les hommes ont le pouvoir de dicter la morale et de l’imposer d’autant plus qu’ils la transgressent allégrement, 80 députés qui protestent contre l’introduction du « genre » dans les manuels scolaires.

Comme il est actuellement politiquement correct de vilipender » lesféministes » dans un contexte de retour de bâton des avancées en faveur de l’émancipation des femmes et de la relative jeunesse de l’acquisition de leurs droits civiques (étalés sur une soixantaine d’années), on n’hésite pas à faire d’une pierre deux coups en accusant les féministes américaines d’être à l’initiative des « gender studies ». Les méchantes féministes et le méchant loup impérialiste américain sont ainsi mis dans le même sac pour être jetés aux orties sans autre réflexion.

Simone de Beauvoir : « on ne naît pas femme, on le devient » à l’origine des « gender studies »

Simone de Beauvoir, dans son ouvrage philosophique qui allait bouleverser le monde, a écrit la célèbre phrase : « On ne nait pas femme, on le devient ». « Le deuxième sexe » démontre en deux volumes que le sexe biologique sert de prétexte à construire le genre social. Habiller les filles en rose, leur mettre une robe, leur interdire de crier ou de grimper aux arbres, les orienter vers des carrières subalternes au service des hommes (aide, assistante,conseillère, auxiliaire), tout cela et bien d’autres choses ne sont pas de l’ordre du déterminisme biologique mais de l’ordre de la morale, du social, de l’économique. Ramener une femme à sa fonction de reproductrice n’a rien de naturel car une femme peut à la fois faire des enfants, penser, travailler, aimer, créer, gérer, décider.

Il est écrit dans la bible « Croissez et multipliez » mais il n’est pas dit que l’homme doive se contenter d’inséminer la femme.

Pour ce qui est du déterminisme biologique en général, de tous temps nous avons connu des hommes biologiques qui se sentaient femme et des femmes biologiques qui se sentaient hommes ou qui ne se sentaient pas déterminées par leurs ovaires et leur uterus pour occuper une place sociale.

Transsexualité, trangenre, bisexualité, homosexualité, hermaphrodisme ne datent pas d’aujourd’hui. Ils ont toujours existé mais la puissante église catholique les a bannis, les a considérés comme des monstres, les a discriminés et exclus au motif que ce n’était pas « naturel ».

Grâce aux travaux conjoints et multidisciplinaires des psychologues, des endocrinologues, des neurologues, des sociologues et des philosophes, nos sociétés ont appris lentement mais sûrement que les individus n’étaient pas exclusivement façonnés par leur biologie et que celle-ci n’était pas parfaite, que l’inné ne prédominait pas sur l’acquis. L’être social et psychologique est une construction qui évolue en fonction de son milieu. Nous naissons toutes et tous non finis mais avec des potentiels qui se développeront plus ou moins bien selon leur environnement.

Rappelons qu’un nouveau-né ne peut survivre seul sans l’aide d’adultes ou d’autres humains et que son cerveau et ses fonctions sensorielles ne sont pas terminées. Il faut compter environ trois ans pour que le cerveau d’un nouveau né soit arrivé à maturité, qu’il soit fini. Ce qui signifie qu’un bébé né avec des testicules ou des ovaires (lesquels sont indifférenciés chez le foetus) ne pourra prendre conscience de son sexe qu’à partir de trois ans. Il suffit qu’il se passe certaines choses dans le processus de maturation pour que le sexe ne corresponde pas avec le genre. Car la nature n’est pas parfaite comme le voudraient les religions pour mieux contrôler les humains. Elle est fantaisiste, complexe, imprévisible, surprenante tout simplement parce que la Vie est mouvement, que ce n’est pas un processus figé, monolithique et maîtrisable dans sa totalité.

Afin de pouvoir fonctionner, une société s’organise en fonction de données générales, des normes et des principes. Mais dans une société  respectueused’autrui et de tous ses membres, il est aussi nécessaire de prendre en compte les exceptions et les cas particuliers sous peine d’exclure. Si l’hétérosexualité est la norme dominante parce qu’elle concerne le plus grand nombre de citoyens, on ne peut pas ramener tous les individus à cette norme et les obliger à s’y conformer sous peine de totalitarisme.

L’être humain a ceci de merveilleux qu’il est plastique, il change car sans cette aptitude à changer il ne pourrait pas s’adapter à son environnement permanent ou ponctuel. L’expression ultime de l’intelligence humaine est précisément sa capacité d’adaptation. Vouloir figer le destin de l’être humain dans le créationisme, par exemple est une aberration du totalitarisme religieux. L’évolution est inhérente au vivant.

Transmettre des connaissances aux enfants, ce n’est pas seulement leur ordonner d’apprendre par coeur des règles mathématiques et orthographiques, c’est aussi leur apprendre à organiser leurs connaissances, à réfléchir en développant leur esprit critique pour d’avantage d’ouverture et d’adaptation à leur environnement.

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