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Archives de Tag: dopamine

Femmes et dysfonctionnements sexuels

Publié le
 
Le site québécois « Passeport santé » est ma principale référence pour la santé en général, y compris la diététique et l’information sur les traitements et les maladies ainsi que la biologie. Le site est très éclectique, traite de toutes les formes de médecine et ne pousse pas à la consommation de traitements, y compris la chirurgie. De plus, ce site offre une garantie de sérieux grâce à la présence de médecins contributeurs.
 
Comme je voulais en savoir plus sur la dopamine, un neurotransmetteur du plaisir, j’ai fait une recherche et hje suis tombée sur cet article « La disfonction sexuelle chez les femmes : un sujet tabou. J’ai tellement lu de bêtises sur la question que j’ai lu l’article avec intérêt. Je vous le livre donc avec mes commentaires au fil de sa lecture.
http://blogue.passeportsante.net/johanneblais/2009/12/
 
 
 

Blogue de Dre Johanne Blais

Archives – décembre 2009

14 décembre 2009

La dysfonction sexuelle chez les femmes: un sujet tabou

Depuis plusieurs années, on parle beaucoup de la dysfonction sexuelle chez l’homme et on a vu arriver plusieurs produits pour redonner de la vigueur sexuelle à nos hommes. On voit d’ailleurs de nombreuses publicités, parfois très cocasses, concernant la dysfonction érectile.

Je reçois tous les jours dans mes spams de la pub pour le viagra et surtout pour agrandir le pénis « enlarge your penis »…Je reçois également des propositions de rencontres « chaudes », pour hommes toujours. Rien pour améliorer la sexualité des femmes.

Du côté des femmes, le sujet de la dysfonction sexuelle est rarement abordé parce qu’il est mal compris et donc plus ou moins bien traité. Selon la Dre Nathalie Gamache, gynécologue à Ottawa, « il existe une composante génétique dans l’intérêt pour la sexualité à savoir qu’environ 25 % des femmes accordent beaucoup d’importance à leur sexualité, 50 % y accordent une importance modérée et 35 % préféreraient lire le journal en prenant du thé ».

Je doute que ce soit « génétique ». Dans toutes les sociétés, les hommes sont encouragés à exercer et pratiquer la sexualité quand les femmes sont incitées à réserver leur virginité à leur seul époux. Elles sont surveillées, épiées, enfermées, controlées pour ne pas succomber à leur désir sexuel. Dans de nombreuses sociétés, elles sont excisées pour supprimer leur désir sexuel au profit de la famille, faire des enfants, s’occuper de la maison, s’occuper des parents âgés y compris les beaux-parents et nourrir tout le monde, y compris en travaillant dans les champs. Un infirmier sénégalais m’a dit  » on sait que les femmes sont portées sur le sexe, alors on leur enlève le clitoris et après, c’est fini, elles ne pensent plus qu’à la maison et leur mari ». Autentique! Rappelons qu’en Egypte, plus de 80% des femmes, musulmanes et chrétiennes, sont excisées.

Saviez-vous que près de 1 femme ménopausée sur 2 signale une baisse de désir sexuel? Cette baisse du désir peut être attribuable à de multiples facteurs biologiques, physiques, psychologiques, culturels, avec en plus probablement une composante génétique, tel que mentionné précédemment.

La diminution du désir sexuel, c’est-à-dire le déclenchement du désir, ce chatouillis particulier qui se manifeste au niveau du sexe mais aussi à la pointe des seins, au sommet du crâne, dans la poitrine ou dans n’importe quelle autre partie du crops, est une réalité chez les femmes mais aussi chez les hommes. L’excitation sexuelle peut survenir dans de nombreuses circonstances qui n’ont pas toujours pour objet une autre personne. Une émotion esthétique peut aussi déclencher une excitation de même que l’alcool et certaines drogues provoquent une excitation sexuelle, une envie de « baiser » en soi. Une amie m’a raconté qu’alors qu’elle se trouvait faire des recherches à la British Library de Londres, un lieu historique magnifique, elle fut envahie par une excitation extrême au point qu’elle s’enferma dans les toilettes pour se masturber.

Dans l’intérêt de sa vie sociale, qui implique des relations respectueuses et harmonieuses avec autrui, l’individu apprend à contrôler sa sexualité soit en se masturbant, soit en la sublimant dans le sport, la création artistique ou toutes sortes d’autres activités.

Il y a problème quand l’individu ne sait pas contrôler ses élans sexuels et qu’il les impose sous la contrainte violente ou psychologique à d’autres personnes. Malheureusement, beaucoup d’hommes sont encouragés par la société à exercer leur sexualité à tous prix, sans tenir compte du désir des partenaires. Trop d’hommes pensent qu’ils sont régis par leur hormone mâle, la testostérone, qu’elle est irrépréssible, incontrolable, que c’est une fatalité et que leurs besoins sexuels doivent être satisfaits. C’est actuellement le coeur du débat sur la pénalisation du client des prostitués, en France.

 

Ainsi, on sait que l’oestrogène et la progestérone libèrent des neurotransmetteurs (ocytocine et dopamine) qui entrent en jeu dans le désir et la réponse au désir chez les femmes. Mais il faut aussi se rappeler qu’il y a des différences biologiques dans la réponse sexuelle chez la femme et chez l’homme, dont on doit tenir compte.

Les neurobiologistes disent qu’il y a très peu de différences entre le cerveau de la femme et celui de l’homme anatomiquement parlant. La différence est induite par une quantité de testostérone, hormone mâle, plus importante chez l’homme mais surtout par la dopamine, neurotransmetteur du plaisir et indicateur de la satisfaction. Or le stress chez l’enfant peut engendrer un déséquilibre de l’action de la dopamine qui va laisser des cicatrices dans le cerveau. C’est, entre autres, l’une des causes de l’addiction aux drogues. L’influence de l’acquis prédomine sur l’inné, à la fois biologiquement, psychologiquement et sociologiquement. Les différences éducatives attribuées aux petites filles d’une part et aux petits garçons d’autre part, sont plus déterminantes dans leur comportement futur que leurs différences sexuelles.

.http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/lateteaucarre/index.php?id=103352

Des douleurs durant les relations sexuelles, des problèmes liés aux voies urinaires, de l’anorgasmie, peu ou pas de préliminaires peuvent engendrer des problèmes de dysfonctionnement sexuel. À cela peut s’ajouter une mauvaise perception de l’image de soi, un niveau de stress trop élevé au travail ou à la maison, un manque de sommeil, certains médicaments, ou encore un manque de communication dans le couple, etc. Tous ces éléments doivent être pris en compte.

Quand les hommes lancent aux femmes qu’elles sont des « mal baisées », ils oublient trop souvent qu’ils en sont responsables. Le comportement du partenaire pendant l’acte sexuel est déterminant pour la qualité des relations et l’épanouissement de la sexualité de l’un comme de l’autre. Malheureusement, de part leur conditionnement, les hommes confondent souvent éjaculation avec plaisir, pénétration avec amour alors que, le plus souvent, la femme s’implique totalement dans l’acte sexuel, coeur, âme et toutes parties du corps confondues, même sans contrat de mariage ou d’engagement durable.

Trop de femmes ont été forcées, contraintes, violées, malmenées, maltraitées pour pouvoir s’abandonner sans réticence et en toute confiance à leurs ébats.

Conditionnés pour être des coqs de basse-cour, « Rentrez vos poules, je sors mon coq », disait une mère à ses voisines en parlant de son fils et de leurs filles..les hommes sont aussi des victimes car ils passent à côté de toutes sortes de plaisir et de jouissances profondes en se focalisant sur le protocole social bandaison-pénétration-éjaculation. Ils auraient tout à gagner en posant leur épée et en se servant de leurs mains nues et de tous leurs sens pour communiquer avec les femmes.

Et cette fameuse testostérone que les hommes ont en beaucoup plus grande quantité que les femmes, est-ce que cela pourrait jouer un rôle? Les avis sont partagés. Certains spécialistes affirment que la testostérone déclenche le désir sexuel aussi bien chez les femmes que chez les hommes. Ainsi, une faible dose de testostérone aiderait certaines femmes.

D’autres experts suggèrent que tout traitement expérimental par la testostérone devrait être fait par des cliniciens expérimentés et n’est pas recommandé pour toutes les femmes ayant un trouble du désir sexuel. Spécifions qu’il n’existe actuellement au Québec et au Canada aucune préparation de testostérone destinée spécifiquement aux femmes.

Mais avant tout, mesdames, si vous ressentez un problème de dysfonction sexuelle et que cela diminue votre qualité de vie (source de détresse, anxiété…), discutez-en avec votre partenaire et parlez-en aussi à votre médecin de famille. Il n’y a pas d’âge pour avoir une santé sexuelle satisfaisante.

Références

Dewailly Marine, Dodin Sylvie. Baisse du désir sexuel – la ménopause a le dos large! Le médecin du Québec, volume 44, numéro 12, décembre 2009, pp 59-64.

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