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Archives de Tag: égalité femmes hommes

Burkini et féminisme

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DÉBATS Burkini : non, ce n’est pas un faux problème !

Certain-e-s y compris se revendiquant du féminisme, s’indignent que cet été la question du burkini ait occupé l’actualité et même mobilisé le premier ministre. La France avec ses arrêtés d’interdiction serait la risée de nos voisins européens tout autant que des Américains et des Canadiens, habitués aux accommodements déraisonnables.

Il y a quelque 3,5 millions de chômeurs et tout ce qu’on trouve à faire c’est de s’écharper à propos d’un morceau de tissu porté par quelques femmes sur les plages ?

Ceux qui tiennent ces propos se refusent à reconnaître que le port du burkini, comme le voile sous quelle que forme que ce soit, s’inscrit dans une stratégie consistant à banaliser l’injonction politico-religieuse faite aux femmes de se rendre « invisibles » dans l’espace public, tout en arborant un symbole qui marque leur différence avec la citoyenne lambda.

Il suffit de jeter un regard en arrière pour constater que les promoteurs de cette stratégie ont petit à petit avancé leurs pions, et que la classe politique, médiatique, et intellectuelle a le plus souvent réagi sur le ton de la tolérance compassionnelle, sans oser analyser ouvertement la signification d’un symbole de ségrégation sexuelle contraire aux valeurs de la République.

En 1989, éclatait l’affaire des voilées du Lycée de Creil. Il existait à l’époque un bulletin d’information « Paris Féministe » qui se saisira du sujet dans son numéro de novembre-décembre 1989 avec pour titre « Calamity Hidjeb ». Tout un programme ! En introduction des nombreux textes écrits par les féministes, mais non repris par les médias. Le slogan était clair et clairvoyant « Ne tchador pas, tu vas te réveiller bâillonnée ». Parmi ces textes le nôtre n’a pas pris une ride : « Le voile pose une condition à la liberté de circuler des femmes. L’accepter au nom de la liberté religieuse c’est comme amputer une autre liberté fondamentale, celle des femmes ». et nous ajoutions «  Il est clair que si le port du voile était toléré, cela constituerait un désaveu à l’égard des jeunes filles et des familles qui osent contester cet aspect de la tradition ».

Plus de dix ans de polémiques autour de la bataille sur le voile à l’école, avec finalement un remarquable discours de Chirac du 17 décembre 2003 :« La République s’opposera à tout ce qui sépare, tout ce qui retranche, tout ce qui exclut ! La règle, c’est la mixité parce qu’elle rassemble, parce qu’elle met tous les individus sur un pied d’égalité, parce qu’elle se refuse à distinguer selon le sexe, l’origine, la couleur, la religion »). Et enfin la loi de 2004.

Une fois ce front apaisé, viendront les autres provocations : à l’hôpital, sur les terrains de sport, à l’université, dans les entreprises, les crèches, les mères accompagnatrices, le voile intégral…et aujourd’hui le burkini, pour tenter d’imposer dans l’espace partagé des signes de différenciation et de revendication ‘identitaire’.

Les textes féministes de 1989 étaient marqués par la révolte des Iraniennes qui dès 1979 avaient manifesté contre l’obligation qui leur avait été faite par le régime de Khomeiny de porter le tchador. Depuis, il y a eu la décennie noire en Algérie, les talibans en Afghanistan, le terrorisme islamiste d’Al Qaeda et de Daesh avec toujours les mêmes images de femmes voilées de la tête aux pieds, alors que ce n’était pas le cas cinquante ans plus tôt.

Secondaire ce combat ? Ce qui touche aux femmes doit-il demeurer en marge de la grande Histoire ? Nous sommes pourtant au cœur même de l’histoire, car ce que les fanatiques n’acceptent pas c’est l’émancipation des femmes.

Cessons d’être dans la victimisation et de nous apitoyer sur celles qui trahissent.

Le Conseil d’État a jugé que les arrêtés municipaux d’interdiction, qui emportent l’assentiment populaire, ne sont pas juridiquement fondés et qu’il faut démontrer le trouble à l’ordre public. C’est oublier que l’ordre public ne saurait se réduire à la question de la sécurité publique et qu’il implique le respect des valeurs communes de la République, parmi lesquelles l’égalité femmes hommes.

Le Conseil d’Etat est passé à côté de l’essentiel : la provocation symbolique à la violence sexiste et une remise en cause de l’esprit de la laïcité.

Françoise Morvan, présidente de la Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes

Annie Sugier, présidente de la Ligue du Droit International des Femmes

Linda Weil-Curiel, secrétaire générale de la Ligue du Droit International des Femmes

Condition féminine. La France dégringole à la 60ème place pour la parité

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La parité, c’est la répartition égale des femmes et des hommes dans la représentation politique. Elle a fait l’objet d’une loi qui prévoit des sanctions financières pour les partis qui ne la respectent pas. Les partis préfèrent payer des amendes plutôt que laisser les femmes occuper leur juste place dans les affaires de la Nation.

L’égalité réelle entre femmes et hommes en politique n’est qu’un aspect du sexisme, cette discrimination qui laisse la part congrue aux femmes quelles que soient leurs compétences, leurs expériences, leurs qualifications, leurs qualités personnelles en matière d’innovation, de créativité et de courage.

Je ne dis pas que les femmes sont plus douées que les hommes  mais je constate qu’à talent égal, les hommes se liguent pour installer des plafonds de verre qui bloquent les carrières des femmes.

Constater qu’en matière de parité la France dégringole de la 36ème place à la 60 ème place est le symptôme de la dégradation générale de la condition des femmes qui s’accompagne d’un discours très agressif contre « lesféministes » en même temps qu’une islamophilie qui ravive et encourage l’éternel discours misogyne et les comportements qu’il soutient.

Pour les féministes éclairées dont je suis, le lien est évident entre tout ce qui, aujourd’hui, stigmatise, exclue et réifie la femme : voiles, burkinis et chiffons musulmans marquant le corps de la femmes ; séparation des petites filles et petits garçons à l’école ; séparation des hommes et des femmes dans les piscines et autres lieux publics ; refus des agents de la RATP de prendre le volant après une femme ; mariages forcés, arrangés, gris ou blancs qui engendrent des violences conjugales; enlèvements, séquestrations, lapidation, vitriolage et brûlage de femmes insoumises aux volontés mâles; taharrush, tournantes, viols; modèle pornographique de la sexualité inculqué aux enfants dès l’âge de onze ans ; Harcèlement sexuel dans la rue et les entreprises ; volonté active et passive de limiter le droit des femmes à l’avortement ; cabale contre la pénalisation du client de prostituée et glorification de la prostitution ; discrimination des filles dans les études ; salaires féminins inférieurs aux salaires masculins ; location de nos ventres; commerce de nos ovocytes; etc.

 Trop de femmes, les jeunes en particulier n’ont pas consciences de tout le chemin que nous avons du parcourir pour obtenir des droits théoriques identiques à ceux des hommes et pour avoir la liberté de faire nos propres choix sans nous soumettre au diktat du père, du frère, du mari, du chef, du patron et du mâle en général. Elles ne se rendent pas plus compte de la fragilité de nos acquis dans ce monde fait par et pour les hommes. Et elles ne sont pas plus conscientes de la régression générale de notre statut et de notre intégrité, en particulier sous l’influence de l’islamisation et de la misogynie du lobby homosexuel.

Mesdames, réveillez-vous !

La Connectrice

Communiqué de presse du 25 août 2016

PARITE au Parlement / La France dégringole de la 36ème place à la 60ème place 

Le HCE appelle les partis politiques à faire confiance aux femmes candidates.

A la veille des universités d’été des partis politiques et alors que se jouent déjà les investitures pour les élections législatives de 2017, le HCE s’inquiète de la rétrogradation de la France dans le classement international de la parité établi par l’Union interparlementaire: notre pays passe de la 36ème place en juin 2012 à la 60ème 4 ans plus tard en terme de part des femmes dans la chambre basse du Parlement. Les autres pays progressent plus vite que la France. Avec 26,2% de femmes à l’Assemblée nationale, la France est loin derrière la tête du classement, le Rwanda avec 63,8% de femmes, et se classe entre l’Irak et le Pérou.

La loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes prévoit, à partir des législatives de 2017, le doublement des retenues financières aux partis politiques en cas de non présentation d’un nombre égal de femmes et d’hommes candidat.e.s. Il faut donc espérer que l’ensemble des partis politiques contribueront, comme l’article 4 de la Constitution le leur demande, à la mise en œuvre effective de la parité. Pour ce faire, le HCE appelle les formations politiques non seulement à présenter au moins 50% de femmes candidates, mais aussi et surtout à veiller à ne pas réserver aux hommes davantage qu’aux femmes les circonscriptions réputées « gagnables ». En l’état actuel du système électoral, seuls cet engagement et ce volontarisme des partis politiques pourront permettre à la France de retrouver son rang aux avant-postes du classement international de la parité au Parlement.

Plus de 70 après le droit de vote des femmes, et plus de 15 ans après la révision constitutionnelle de 1999 ayant permis les lois dites de parité, le partage à égalité du pouvoir progresse mais doit s’étendre et s’accélérer. C’est une exigence démocratique à laquelle travaille le Haut Conseil à l’Egalité, notamment grâce à un important travail de pédagogie autour des règles paritaires, et d’évaluation et d’information autour des chiffres clés de la parité dans tous les secteurs. C’est le sens de la 3ème édition du « Guide de la parité » produit par le HCE. Pour en savoir plus sur la genèse du principe de parité et les préjugés auxquels il peut encore être confronté, pour en savoir plus sur les lois actuelles et l’état des lieux chiffré, consultez et diffusez le « Guide de la Parité 2016 ». A travers cet outil, le HCE rappelle que les femmes ne sont pas uniquement écartées des sphères du pouvoir politique :

– CULTURE : sur les 100 plus grandes entreprises culturelles, 93 sont dirigées par des hommes ; 

– ENSEIGNEMENT SUPERIEUR : les femmes représentent 55,2% des étudiant.e.s mais seulement 15,6 % des président.e.s des universités françaises ;

– SPORT : les femmes représentent 30,4% des licencié.e.s, mais seulement 10,5% des président.e.s de Fédérations sportives ;

– MEDIAS : les femmes représentent 49,6% de l’auditoire des radios, mais seulement 8% des présentateur.rice.s ;

– ECONOMIE : aucune femme n’est PDG d’une des 40 entreprises du CAC 40, seule une exerce des fonctions exécutives (Engie), et deux sont présidentes (Publicis, Sodexo).

Contact : 06 09 14 43 06 – 01 42 75 69 97 – haut-conseil-egalite@pm.gouv. fr

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