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Archives de Tag: émancipation des femmes

Humour. Formation des députés …au XIXème siècle

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Albert Robida était un caricaturiste visionnaire qui a imaginé en dessins et en textes ce que serait notre vie au XXème siècle en s’inspirant des découvertes et des progrès de son époque : émancipation des femmes, électricité et téléphone pour toutes et tous, banalisation des dirigeables en omnibus publics, etc.

On peut lire et regarder sur Internet l’une de ses œuvres http://www.robida.info/

Burkini et féminisme

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DÉBATS Burkini : non, ce n’est pas un faux problème !

Certain-e-s y compris se revendiquant du féminisme, s’indignent que cet été la question du burkini ait occupé l’actualité et même mobilisé le premier ministre. La France avec ses arrêtés d’interdiction serait la risée de nos voisins européens tout autant que des Américains et des Canadiens, habitués aux accommodements déraisonnables.

Il y a quelque 3,5 millions de chômeurs et tout ce qu’on trouve à faire c’est de s’écharper à propos d’un morceau de tissu porté par quelques femmes sur les plages ?

Ceux qui tiennent ces propos se refusent à reconnaître que le port du burkini, comme le voile sous quelle que forme que ce soit, s’inscrit dans une stratégie consistant à banaliser l’injonction politico-religieuse faite aux femmes de se rendre « invisibles » dans l’espace public, tout en arborant un symbole qui marque leur différence avec la citoyenne lambda.

Il suffit de jeter un regard en arrière pour constater que les promoteurs de cette stratégie ont petit à petit avancé leurs pions, et que la classe politique, médiatique, et intellectuelle a le plus souvent réagi sur le ton de la tolérance compassionnelle, sans oser analyser ouvertement la signification d’un symbole de ségrégation sexuelle contraire aux valeurs de la République.

En 1989, éclatait l’affaire des voilées du Lycée de Creil. Il existait à l’époque un bulletin d’information « Paris Féministe » qui se saisira du sujet dans son numéro de novembre-décembre 1989 avec pour titre « Calamity Hidjeb ». Tout un programme ! En introduction des nombreux textes écrits par les féministes, mais non repris par les médias. Le slogan était clair et clairvoyant « Ne tchador pas, tu vas te réveiller bâillonnée ». Parmi ces textes le nôtre n’a pas pris une ride : « Le voile pose une condition à la liberté de circuler des femmes. L’accepter au nom de la liberté religieuse c’est comme amputer une autre liberté fondamentale, celle des femmes ». et nous ajoutions «  Il est clair que si le port du voile était toléré, cela constituerait un désaveu à l’égard des jeunes filles et des familles qui osent contester cet aspect de la tradition ».

Plus de dix ans de polémiques autour de la bataille sur le voile à l’école, avec finalement un remarquable discours de Chirac du 17 décembre 2003 :« La République s’opposera à tout ce qui sépare, tout ce qui retranche, tout ce qui exclut ! La règle, c’est la mixité parce qu’elle rassemble, parce qu’elle met tous les individus sur un pied d’égalité, parce qu’elle se refuse à distinguer selon le sexe, l’origine, la couleur, la religion »). Et enfin la loi de 2004.

Une fois ce front apaisé, viendront les autres provocations : à l’hôpital, sur les terrains de sport, à l’université, dans les entreprises, les crèches, les mères accompagnatrices, le voile intégral…et aujourd’hui le burkini, pour tenter d’imposer dans l’espace partagé des signes de différenciation et de revendication ‘identitaire’.

Les textes féministes de 1989 étaient marqués par la révolte des Iraniennes qui dès 1979 avaient manifesté contre l’obligation qui leur avait été faite par le régime de Khomeiny de porter le tchador. Depuis, il y a eu la décennie noire en Algérie, les talibans en Afghanistan, le terrorisme islamiste d’Al Qaeda et de Daesh avec toujours les mêmes images de femmes voilées de la tête aux pieds, alors que ce n’était pas le cas cinquante ans plus tôt.

Secondaire ce combat ? Ce qui touche aux femmes doit-il demeurer en marge de la grande Histoire ? Nous sommes pourtant au cœur même de l’histoire, car ce que les fanatiques n’acceptent pas c’est l’émancipation des femmes.

Cessons d’être dans la victimisation et de nous apitoyer sur celles qui trahissent.

Le Conseil d’État a jugé que les arrêtés municipaux d’interdiction, qui emportent l’assentiment populaire, ne sont pas juridiquement fondés et qu’il faut démontrer le trouble à l’ordre public. C’est oublier que l’ordre public ne saurait se réduire à la question de la sécurité publique et qu’il implique le respect des valeurs communes de la République, parmi lesquelles l’égalité femmes hommes.

Le Conseil d’Etat est passé à côté de l’essentiel : la provocation symbolique à la violence sexiste et une remise en cause de l’esprit de la laïcité.

Françoise Morvan, présidente de la Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes

Annie Sugier, présidente de la Ligue du Droit International des Femmes

Linda Weil-Curiel, secrétaire générale de la Ligue du Droit International des Femmes

Le voile en débat contradictoire chez les féministes. Non à l’abrogation de la loi de 2004 sur le voile

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Le texte ci-dessous écrit en réponse à une pétition-tribune du journal Le Monde demandant l’abrogation de la loi de 2004 contre le voile, a été refusé par le journal Le Monde. Faites-le circuler. Merci.

J’adhère complètement à la réponse d’Anne Zélensky, féministe historique lucide, éclairée, sincère et libre qui sait parfaitement adapter ses convictions féministes aux évolutions sociétales de notre époque, en particulier l’islamisation qui représente un danger pour la liberté des femmes. Le voile est l’étendard visible et provocateur de la discrimination des femmes selon la charia. Bravo Anne pour la lucidité bienveillante de ton observation constante de la condition des femmes.

La Connectrice

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Le féminisme n’est pas un fleuve tranquille

Anne Zelensky, présidente de la Ligue du Droit des femmes, cofondée en 1974 avec Simone de Beauvoir.
30 mars 2015

Il y a 12 ans en 2003, dans ces mêmes colonnes, nous publiions avec Anne Vigerie un texte qui a fait date. « Laicardes, puisque féministes ». Nous y analysions la menace que représentait pour nos libertés le voile, ce symbole de la soumission des femmes, nous y affirmions notre solidarité avec les millions de femmes qui de par le monde sont obligées, elles, de le porter . Nous concluions en demandant le vote d’une loi interdisant à l’école le port des signes religieux. Cette loi a été votée en 2004. Aujourd’hui, certaines féministes en demandent l’abrogation. Au nom de la « tranquillité » des femmes voilées à qui il faudrait laisser le temps de se retourner et de faire en toute conscience leur choix. « Laissons les filles tranquilles ! Laissons-les réfléchir et discuter ensemble des voies et moyens de leur propre libération » ( Le Monde 24 mars 2015 ) Le problème est que nous sommes en France, pays des droits de l’Homme, qui inclut l’égalité des sexes, qu’on n’abroge pas une loi d’intérêt général pour satisfaire la tranquillité d’esprit d’une minorité de la population et que nous ne sommes pas seules sur terre. A t on réfléchi au signe que ces féministes envoient au reste du monde ? Par quelle aberration en vient on, quand on est féministe, à demander dans un pays laïc, l’abrogation d’une loi qui consolide la laicité, garantit les libertés de chacun/e et encourage l’émancipation des femmes hors des carcans religieux ? Mais parle t on du même féminisme ? Une clarification du terme s’impose. Par définition le féminisme est intranquille. Il ne s’accommode guère de l’ordre des choses. Depuis quelques siècles, il s’ingénie à le bousculer pour mieux octroyer aux femmes les mêmes droits qu’aux hommes. On peut certes préférer que les choses avancent toutes seules. Ca prend du temps ! Ainsi le BIT ( Bureau International du Travail) avait calculé que si on ne donnait pas de coups de pouce à l’égalité au travail entre hommes et femmes, il faudrait bien quelques 400 ans pour y parvenir. Le féminisme est l’ensemble des coups de pouce donnés au cours de l’Histoire pour en accélérer le rythme. Comment se fait il alors que les mêmes féministes qui se sont engagées dans des combats de libération pour elles mêmes et leurs consoeurs, prônent étrangement, quand il s’agit de femmes musulmanes, celles qui se voilent, un attentisme contradictoire ? L’air de dire « ne leur en demandons pas trop quand même ». N’y aurait il pas par la dessous comme un relent paternaliste qui choque sous la plume de dames qui pourfendent le racisme et le colonialisme ? Les beaux principes se heurtent là, comme toujours à la réalité. La notre, pétrie de contradictions : pour être pourfendeuses du racisme, on n’en est pas moins fille de ce vilain occident colonialiste. Celle du monde, où le voile et autres burquas, ne sont pas signes de libération. Mais ce malheureux mot de liberté est dévoyé sous le travestissement pervers de la « servitude volontaire ». Voyez ce qu’en pensent les femmes de Africa 93 La Courneuve, association qui œuvre en pleine cité, pour l’émancipation des femmes.
« Pourquoi elle – Christine Delphy – n‘a pas dit ça au moment des luttes pour la contraception , pour la criminalisation du viol ; Il aurait fallu laisser les femmes se débrouiller seules. C est insupportable ces propos , nous les arabes ou immigrées on ne mérite pas que le féminisme s ‘interesse à notre situation . On peut se faire exciser , violer , tabasser tant pis pour nous , personne ne doit nous soutenir »
Oui, pourquoi ce deux poids, deux mesures ? Par quelle gymnastique intellectuelle, des féministes peuvent elles choisir de défendre la cause d’une minorité de voilées, plutôt que de se soucier du sort de millions de leurs consoeurs et de l’avancée de notre propre cause ici et maintenant ? Tiennent elles compte du tort que cause symboliquement à notre fragile démarche de libération ici, ce signe objectif de relégation des femmes ? Entendent elles la colère et la déception de ces milliers de femmes fuyant le monde musulman pour chercher en France cette liberté qui leur est déniée là bas ? Elles souffrent de la complaisance de ces féministes françaises pour le voile. Elles attendaient du pays des droits de l’Homme qu’il défende aussi la dignité des femmes. Il faut citer ici, entre autres, cette « Lettre ouverte à nos amies féministes » que nous ont envoyé en 2009 des “Féministes Laïques Algériennes et Iraniennes” ( contact : feministelaiquepointbarre@yahoo. J’en cite un extrait :
« Ce message, certes chargé de colère, s’adresse à certaines de nos camarades féministes engagées dans les luttes antiracistes, altermondialistes, traversées par une certaine culpabilité coloniale et postcoloniale. Militantes et/ou chercheuses, porteuses des valeurs féministes, nous n’arrivons pas à concevoir, à comprendre ni à accepter votre engagement aux côtés de celles qui se nomment « féministes musulmanes et/ou voilées », au dépend des féministes laïques ».
Ce texte pointe la différence d’approche entre féministes, dont les choix s’opposent. Il nous pose problème de notre responsabilité. Nous avons la chance, nous les femmes occidentales d’avoir accédé à une certaine liberté, conquise de haute lutte. Nous n’avons pas décidé d’être un modèle pour des millions de femmes et d’hommes de par le monde. Nous sommes, que nous le vouions ou non, un modèle pour ces aspirants à la démocratie. Le féminisme en est partie prenante. Nous n’avons pas en avoir honte. Il ne s’agit pas d’affirmer une quelconque supériorité ni d’imposer notre mode de pensée et d’être. Mais d’être conscientes et fières d’être tombées du bon côté du mur et d’en faire profiter les autres. Fille d’émigrés russes, je me félicite d’être devenue française et je n’aurais peut être pas accédé aux mêmes privilèges dans le pays d’origine de mes parents. A quoi sert de se vautrer dans le reniement de soi et une culpabilité contreproductive ?
.La recherche de liberté est du côté de ces femmes et hommes qui s’exilent chez nous pour tenter de la vivre enfin, pas du côté d’une poignée de filles voilées, qui risquent de comprendre en effet un peu tard qu’elles se sont fourvoyées. Cessons de les désespérer, ces femmes et ces hommes, qui cherchaient chez nous ce dont ils étaient cruellement privés chez eux. Cessons de leur offrir le lamentable spectacle de nos contorsions intellectuelles sans rapport avec la réalité. Ils rêvent à cette même laïcité émancipatrice que d’aucunes veulent amputer. Par quel retournement aberrant de sens en arrive t on a imputer à la laïcité, courant émancipateur, une victimisation des « filles voilées », alors qu’en fait elles sont victimes des interdits des religions qui les infériorisent ?
La loi de 2004, n’oblige personne à opter pour ou contre le voile, elle se contente dans le cadre très précis de l’école, d’exiger qu’on n’y affiche pas de signes religieux. Elle est l’affirmation d’une identité bien spécifique et le soutien minimum et vital apporte ici à la lutte des femmes en rupture avec un système d’asservissement objectif. Le progrès de notre espèce est incompatible avec l’immobilisme des traditions et des religions. Le féminisme est un mouvement qui déplace les lignes figées des idéologies de la soumission. Nous nous situons dans cette lignée et revendiquons le droit à l’intranquillité de la révolte. Pour toutes.

Anne Zelensky.,
présidente de la Ligue du Droit des femmes, cofondée en 1974 avec Simone de Beauvoir.
30 mars 2015

8 mars 2015. Quand les femmes devaient se travestir en homme pour vivre libres

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La discrimination des femmes est universelle et intemporelle. Les femmes ont toujours été soumises à la loi des hommes qui visait à les cantonner à la reproduction, leur service et leur  plaisir. Certaines, à toutes les époques de l’Histoire ont tenté d’échapper à leur condition subalterne en se travestissant en homme car, jusqu’au XXème siècle en Occident, il n’y avait pas d’autre alternative que tenir un rôle de femme ou tenir un rôle d’homme. Les attributions des unes et des autres étaient extrêmement précises et y déroger constituait un acte contre nature qui était sanctionné par les lois et les religions. En conséquence, le costume des hommes codifiait la virilité en s’inspirant des arts de la chasse et de la guerre tandis que celui des femmes était codifié pour limiter leurs mouvements afin qu’elles incarnent l’idéal féminin de grâce, de douceur, de maternité et de soumission.

La philosophe Hélène Soumet a rassemblé 23 portraits de ces femmes qui ont pris le risque de se travestir en homme pour vivre aussi libres qu’un homme de leur condition et, surtout pour pouvoir réaliser leur passion. Guerroyer, chasser, courir, peindre, sculpter, explorer, voyager, soigner ou philosopher sont quelques-unes des activités que nos ancêtres mystiques, guerrières, savantes, aventurières ou artistes ne purent mener que sous un habit d’homme.

Hélène Soumet précise que si le déguisement est un jeu temporaire, comme le Carnaval, le travestissement obéit à une nécessité vitale visant à changer de rôle définitivement ou pour le temps d’une « mission ». La plupart commençaient d’ailleurs par se couper les cheveux, un acte sacrilège pour les religions. Rappelons ici que les femmes commencèrent à se couper les cheveux seulement vers 1920 à l’époque où le vêtement féminin s’allège et les corsets disparaissent, des transformations radicales provoquées par la première guerre mondiale qui avait envoyé les femmes faire le travail des hommes soit parce qu’ils étaient sur le front, soit parce qu’il y avaient disparu et que la main d’oeuvre masculine manquait. Cette transformation de la condition des femmes est agréablement reconstituée dans le feuilleton  » Downton Abbey« .

Aimable et Zappy Max Elle S’était Fait Couper Les Cheveux

En regardant les portraits de ces femmes on pense qu’elles sont bien viriles et c’était bien là leur but : passer pour un homme. Il ne s’agissait pas de se masculiniser mais de se travestir de manière à croire qu’on était vraiment un homme, ce qui n’empêchait pas d’avoir éventuellement des enfants et de reprendre ses oripeaux de femme une fois la mission terminée.

En quelques coups de plume bien acérée sur 3 ou 4 pages, Hélène Soumet dresse des portraits qui nous racontent l’essentiel et nous donne envie d’en connaître davantage sur ces femmes étonnantes que leur condition d’infériorisation et de dépendance n’a pas empêchées d’accomplir des prouesses. L’auteur a choisi 23 portraits choisis parmi les 128 femmes travesties qu’elle a répertoriées à travers les âges. L’ouvrage, de type encyclopédique est facile et agréable à lire, l’auteure étant habituée des œuvres pédagogiques.

La Connectrice

NB Pour voir davantage d’images des « Travesties de l’Histoire » on se reportera à l’article de la revue féministe Sisyphe http://sisyphe.org/spip.php?article5066

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Catalina de Erauso (vers 1581-vers 1645). A 15 ans, elle s’enfuit du couvent où elle avait été placée  par son père à l’âge de 4 ans : »Je sortis dans la rue que je n’avais jamais vue de ma vie ». p. 61 Archives de l’auteure.

 

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 Nadedja Dourova combattit contre Napoléon avec les armées du Tzar qui, lorsque son sexe fut découvert, la couvrit d’honneurs malgré la réprobation de sa cour. p.97. Archives de l’auteure.

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Jane Dieulafoy, archéologue. Archives de l’auteure

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Anne Bonny. Sur cette image caricaturale  la féminité de la pirate est clairement exhibée par sa chevelure et ses seins pour exciter les hommes. Archives de l’auteure.

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Billy Tipton. Archives de l’auteure.

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James Barry, chirurgien. Archives de l’auteure

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Jeanne d’Arc. Archives de l’auteure

 JPEG - 47.6 koMulan en Chine IV-Ve s. archives de l’auteure

Pour en savoir plus

 Hélène Soumet

Source photo http://sisyphe.org/spip.php?article5066

Professeure de philosophie, auteure d’ouvrages d’histoire de la philosophie pour le grand public, de livres scolaires et de cahiers de culture générale. Elle a décidé d’écrire un livre sur les femmes lorsqu’un éditeur a, sans son avis, supprimé tous les textes sur les femmes philosophes.

  • Hélène Soumet. Les travesties de l’Histoire. Editions First, Paris mai 2014 , 255 pages. 19,95 €
  • Les ouvrages d’Hélène Soumet

www.helene-soumet.fr

http://www.amazon.fr/H%C3%A9l%C3%A8ne-Soumet/e/B004Z2TUF0

  • La critique des « travesties de l’Histoire » sur la revue féministe Sisyphe

…Actuellement au Moyen-Orient, une femme travestie en homme pour assister à un match de football a été transférée à la police terroriste, tout comme celle qui s’était travestie pour conduire. En 2012 au Soudan, une journaliste a été fouettée et une jeune fille lapidée pour avoir porté un pantalon. En Afghanistan, des fillettes sont travesties pour étudier ou pour travailler afin de nourrir une famille qui n’a pas de fils.

En Europe, où sexisme et discriminations perdurent, les femmes se travestissent pour protester contre les violences ou les injustices. Des femmes politiques influentes se travestissent pour montrer que les choses seraient différentes si elles étaient des hommes. Ainsi à chaque époque, dans chaque civilisation, le travestissement révèle le niveau d’inégalité et les discriminations dont les femmes sont victimes…

http://sisyphe.org/spip.php?article5066

  •  L’ordonnance qui interdisait aux femmes de porter le pantalon n’a été abolie qu’en 2013

« L’ordonnance du préfet de police Dubois n°22 du 16 brumaire an IX (7 novembre 1800), intitulée ‘ordonnance concernant le travestissement des femmes’ est incompatible avec les principes d’égalité entre les femmes et les hommes qui sont inscrits dans la Constitution et les engagements européens de la France (…) De cette incompatibilité découle l’abrogation implicite de l’ordonnance du 7 novembre qui est donc dépourvue de tout effet juridique et ne constitue qu’une pièce d’archives, conservée comme telle par la Préfecture de police de Paris“, écrit le ministère au Journal Officiel. »

https://laconnectrice.wordpress.com/2013/02/04/les-femmes-ont-le-droit-de-porter-le-pantalon-en-france/

  • La peintre animalière Rosa Bonheur devait demander deux fois par an au préfet l’autorisation de porter le pantalon « pour raison de santé »

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https://laconnectrice.wordpress.com/2011/06/13/une-nouvelle-vie-pour-rosa-bonheur-peintre-des-animaux/

Signez la pétition pour la crèche laïque Baby-loup

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http://www.change.org/fr/pétitions/crèche-baby-loup-appel-à-toutes-les-consciences-républicaines

Les voilées sont une insulte pour les Françaises qui ont laborieusement conquis sur des dizaines d’années le droit de se promener en cheveux sans être prises pour des femmes de « mauvaise vie » et être harcelées par des hommes malades de ne savoir contrôler leur sexualité pathologique.

Comme par hasard, avec le retour du voile, nous assistons à une recrudescence de harcèlements sexuels et de viols. C’est ce que montre le film de Sofie Peters « femmes de la rue ».

Aux femmes voilées qui osent prétendre que je ne respecte pas leur droit de s’habiller comme elles le choisissent, je réponds qu’elles ne respectent ni mon histoire, ni mes coutumes ni ma personne car en se différenciant de moi par une soit-disante pudeur, elles me livrent à la convoitise de leurs hommes frustrés et encouragés à ne respecter que les femmes de leur religion.

Les femmes voilées incitent leurs hommes à harceler les non voilées et, de plus, affichent leur refus de s’insérer dans la société française en adoptant ses coutumes, sa culture et son histoire. Elles osent ensuite se plaindre de discriminations qu’elles ont suscitées.

La liberté de culte prévue par la loi de 1905 n’implique pas que chaque religion impose son culte aux autres. Nous avons réussi à réduire l’influence des curés, ce n’est pas pour subir celle des imams et leur charia.

Les femmes voilées ne veulent ni savoir ni comprendre qu’elles se dévalorisent en exposant leur signe de soumission et que les Françaises et les Français l’associent à l’analphabétisme, l’illettrisme, la polygamie, les violences conjugales, l’absence de liberté, la négation des droits, l’obligation de procréer des hordes d’enfants qu’elles seront incapables d’éduquer et qui finiront dans la misère ou les prisons, les mariages forcés, l’excision, la séquestration et toutes sortes de choses dont nous ne voulons pas en France.

http://www.change.org/fr/pétitions/crèche-baby-loup-appel-à-toutes-les-consciences-républicaines

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Crèche Baby-Loup : Appel à toutes les consciences républicaines !

Adressée à : Assemblée nationale et Sénat

Crèche Baby-Loup : Appel à toutes les consciences républicaines !

http://www.change.org/fr/pétitions/crèche-baby-loup-appel-à-toutes-les-consciences-républicaines

 Le moment est grave, nous sommes dans une heure de vérité où la laïcité en France doit absolument être consolidée et réaffirmée, faute de quoi elle subira un recul dramatique.

Rappelons les faits. En conformité avec son règlement intérieur établi sur le principe de « neutralité philosophique, politique et confessionnelle », la crèche Baby Loup de Chanteloup les Vignes a licencié en 2008 l’une de ses employées, au motif qu’elle manifestait ostensiblement son appartenance religieuse par le port d’un voile dit islamique. Le Conseil des prudhommes de Mantes la Jolie en 2010, et la Cour d’appel de Versailles en 2011 ont approuvé ce licenciement.

 

En ce 19 mars 2013, la Cour de cassation a invalidé ces jugements et lui nie ce droit en affirmant que  » (…) s’agissant d’une crèche privée, (elle) ne peut dès lors, en dépit de sa mission d’intérêt général, être considérée comme une personne privée gérant un service public  » à laquelle le principe de laïcité devrait s’appliquer.

Il ne nous appartient pas comme à tout citoyen respectueux de l’Etat de droit, de commenter l’arrêt de la Cour, mais nous constatons qu’une crèche qui accomplit depuis 22 ans un travail de terrain extraordinaire, seule en France ouverte 24h sur 24 et 7 jours sur 7, ne peut appliquer la laïcité dans son règlement intérieur pour faire vivre en harmonie enfants et parents de 54 nationalités qui se côtoient entre ses murs. Cela, notre droit le lui interdit aujourd’hui.

 Dans un État laïque, il serait ainsi permis de créer une crèche privée religieuse, mais pas une crèche laïque ? Impérative pour la puissance publique, la laïcité serait interdite aux citoyens et aux structures privées ? Parce qu’ils sont précisément d’entre nous tous, les êtres les moins pourvus de défense et les plus malléables, les enfants ont droit à la neutralité, garante de leur libre arbitre en formation.

 Notre loi doit impérativement être modifiée. Il n’est pas acceptable qu’un organisme dont l’utilité publique n’est plus à démontrer et dont les personnels ont manifesté un dévouement exemplaire à l’intérêt général, soit contraint de céder à des exigences personnelles. Il est inadmissible que ces professionnels soient mis dans l’impossibilité d’exercer une mission de service public dans le respect de la laïcité.

C’est au législateur qu’il revient de remédier à cet état de confusion et de combler ce vide juridique qui, menaçant gravement l’application de la laïcité, principe constitutionnel de notre République, met en péril le vivre ensemble.

Premiers signataires

Elisabeth Badinter, philosophe

Abdennour Bidar, philosophe

Jeannette Bougrab, ancienne ministre

Nadia El Fani, cinéaste

Alain Finkielkraut, philosophe

Elisabeth de Fontenay, philosophe

Caroline Fourest, essayiste

Catherine Kintzler, philosophe

Françoise Laborde, sénatrice de Haute Garonne

Philippe de Lara, philosophe

Jean-Pierre Le Goff, philosophe

Abdelwahab Meddeb, écrivain, universitaire

Henri Pena Ruiz, philosophe

Malika Sorel, essayiste

Paul Thibaud, philosophe

Jacques Toubon, ancien ministre

Jean-Michel Baylet, ancien ministre, Président du parti Radical de Gauche, Sénateur du Tarn et Garonne

Jean Glavany, ancien ministre, député des Hautes Pyrénées

Roger-Gérard Schwartzenberg, ancien ministre, président du groupe RRDP à l’Assemblée nationale, député du Val de Marne

Apartheid des femmes : différence culturelle ou injustice criminelle ?

Je copie colle cet excellent texte de Chantal Crabère auquel j’adhère entièrement http://ripostelaique.com/lapartheid-des-femmes-une-difference-culturelle-a-accepter-ou-une-injustice-a-combattre.html

L’apartheid des femmes : une différence culturelle à accepter ou une injustice à combattre ?

Posted on 2 février 2012 by Chantal Crabère – Article du nº 236

 Il y a quelques années France Inter avait consacré une émission au cas de  jeunes Maliennes qui avaient été excisées en France. J’avais été extrêmement choquée,  ce jour- là, d’entendre une chercheuse (était-elle ethnologue ?) dire : « gardons-nous de juger de l’excision avec nos yeux d’Occidentaux !». Devait-on  porter sur cet acte, profondément violent, « un regard bienveillant »? Les justifications de l’époque étaient les suivantes : l’excision avait été pratiquée pour bien faire, pour permettre, plus tard, une union avec un homme de «  la communauté ». Ne pas éloigner  ces petites filles de leur culture d’origine, somme toute « acceptable», semblait aux yeux de cette « chercheuse » des arguments recevables.

Elle rejoignait là les intellectuels influents qui,  depuis les années 70, nous ont convaincus de l’idéologie du multiculturalisme où « toutes  les cultures  se valent ». L’Occident  ne doit plus se poser en donneur de leçons. Comment jugera-t-on  dans 20 ou 30 ans ce positionnement excessivement expiatoire « des penseurs en décolonisation » ? Comment jugera-t-on ces beaux parleurs qui ont finalement  continué de dicter aux peuples anciennement colonisés un prêt-à-penser ?  En  mettant ces peuples  dans une quasi-obligation « d’abolir toute communauté de conscience entre les hommes … ils les incitent à prononcer…. la déchéance des valeurs universelles »(1). Cette idéologie qui combat l’universalisme au nom de la diversité et de l’égalité des cultures n’est pas sans conséquences.

Si, incontestablement,  les peuples  devaient se réapproprier la part de leur  culture dont ils jugeaient qu’elle avait pu être malmenée voire niée pendant la période coloniale, retourner dans un giron culturel communautaire en voulant effacer délibérément toute référence à l’Occident  a conduit, dans bien des cas, à un repli. Cela a permis le retour et/ou la perpétuation des sociétés patriarcales ou religieuses, la théorie a, d’une certaine manière,  justifié l’archaïsme. La conséquence a été grave pour  l’émancipation des femmes (dont beaucoup s’étaient engagées au côté des hommes au moment des mouvements d’indépendance). On les a priées de retourner accomplir les tâches  auxquelles on les assignait dans « leur culture ».

Alors que la décolonisation aurait dû amener l’émancipation des femmes, on constate aujourd’hui que celle-ci est inachevée. Le combat  est remis en question, voire nié, comme si des forces voulaient en contester le bien-fondé. Les femmes de culture musulmane sont sommées d’inventer un féminisme « islamiquement correct », pas question d’ autonomie en matière de  sexualité par exemple. Il y a eu, en 1979, l’accession au pouvoir des mollahs d’Iran et le triste sort réservé aux femmes. Vinrent les terribles évènements d’Algérie où les intégristes se sont appropriés avec délice ce retour aux sources de leur « culture originelle  qu’ils voulaient essentiellement islamique ». Port du hidjab, femmes assassinées, régression du code de la famille, retour de la polygamie…Mais pourquoi toutes ces précisions ? Toutes les cultures ne se valent-elles pas ?

Aujourd’hui  les pays du Golfe, à coups de pétrodollars généreusement distribués,  programment et financent la lutte contre l’émancipation des femmes, partout dans le monde. Ils trouvent hélas en Occident des élus complaisants. Saïda Douki Dedieu (2) rapporte ces paroles, de 2004, du Grand Mufti d’Arabie Saoudite, terriblement explicites et on ne peut plus réactionnaires : « permettre aux femmes de se mélanger aux hommes  est la source de tous les maux de toutes les catastrophes ».  Elle s’exprime ensuite ainsi :« depuis une dizaine d’années, les observatrices constatent une « régression rampante » des droits des femmes au sein des Nations Unies. Plusieurs signes en témoignent, comme l’élection de l’Arabie Saoudite ( porte- drapeau de l’émancipation des femmes comme chacun sait !) parmi les quarante sept membres du bureau d’ONU des femmes, l’abdication des pays occidentaux face aux offensives religieuses et aux atteintes à la laïcité, ou le rôle le plus de plus en plus prégnant de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), seul groupe d’influence onusien à caractère religieux assumé ». Les voiles et les niqabs saoudiens sont les meilleurs repères pour suivre la progression de cette  » guerre-là »contre l’émancipation  de toutes les femmes. Face à ce danger gravissime les sociétés européennes demeurent inconscientes. Que dire de la Grande Bretagne qui a laissé se créer des tribunaux communautaires où les conflits de couples, comme les conflits familiaux, sont jugés avec les  règles de la charia. Que dire de ce jugement rendu par une juge allemande, prenant en compte la religion pour excuser la violence d’un musulman à l’encontre de sa femme ?  Prendre en compte « la culture de l’autre » se résume, bien souvent, à laisser les femmes prisonnières de pratiques barbares discriminatoires et sexistes. « Aujourd’hui, même en France et en Europe, de façon plus générale, des jeunes filles et des femmes originaires de pays arabes se voient assignées à résidence » écrit Saïda Douki Dedieu.

Depuis un an on parle beaucoup du fameux Printemps arabe. On voit en Egypte, en Tunisie, fleurir hidjabs et niqabs, comme chez nous. Là ou l’intellectuel Tunisien Abdelwahab Meddeb veut nous convaincre que le retour du voile, dans la  Tunisie du Printemps arabe, signifierait plutôt le désir des jeunes filles de voir l’islam respecté (3) (mon oeil !), sa compatriote Saïda Douki Dedieu tire la sonnette d’alarme. S’agissant du voile elle parle d’une escalade tactique trahissant : «  la stratégie finale d’occultation totale des femmes : une fois le « foulard islamique » banalisé à force de se multiplier, on passe au « voile intégral » en attendant la ségrégation complète des sexes qui a commencé dans les piscines, les écoles voire les hôpitaux… et pourquoi pas à terme l’application de la charia pour la communauté musulmane ? ». Elle ajoute, en pointant notre coupable complicité : « Les promoteurs de l’islamisation rampante ont des raisons d’être optimistes quant à l’issue du processus car les démocraties ont la faiblesse de prêter le flanc au «  respect des minorités culturelles » et de manquer singulièrement de vigilance quant aux atteintes à leurs valeurs fondamentalesNous entendons à satiété les mêmes arguments se répéter bien qu’ils aient fait la preuve de leur vanité : le problème  ne concernerait qu’une poignée de femmes…qui quelques années plus tard, fleuriront comme des champignons sous la pluie et imposeront la loi du nombre et du « chaque sexe chez soi ». Dans les pays musulmans, on ne se soucie pas de telles arguties et l’élimination des femmes peut être proprement physique ».

N’est-on pas là au cœur du problème ? Peut-on, même si nous avons besoin de pétrole,  donner droit de cité à des traditions qui enfreignent gravement les Droits de l’Homme ? « De peur de faire violence aux immigrés on se refuse à les protéger contre les méfaits ou les abus éventuels de la tradition dont ils relèvent. Afin d’atténuer la brutalité du déracinement, on les remet pieds et poings liés, à la discrétion de leur communauté, et l’on en arrive à limiter aux hommes d’Occident la sphère d’application des Droits de l’Homme, tout en croyant élargir ces droits, jusqu’à insérer la faculté laissée à chacun de vivre dans sa culture ». Si   Finkielkraut tente courageusement de mettre en lumière cette explication,  l’Occident la met sous le boisseau, par culpabilité et haine de soi !  S’ensuit une tolérance dangereuse pour l’ensemble de notre société.

Refusons  d’entrer dans le piège mortel du « tout se vaut ».  « Le degré de civilisation d’une société se mesure au statut des femmes » (4) . Il vaut mieux être femme en France plutôt que dans les Emirats, et nous  devrions nous inquiéter sérieusement de la pénétration des mœurs saoudiennes dans nos pays. Femmes, portons  avec fierté le combat des féministes !  Notre société n’est pas parfaite, elle a encore beaucoup à faire, mais en matière de droit des femmes elle est en avance, elle a tracé un sillon. Il ne faut pas penser que tout est définitivement acquis et que tout  recul soit impossible. Si, face à l’a priori de l’égalité des cultures, nous renonçons au droit universel de toutes les femmes à l’égalité, alors, outre l’injustice, notre récent édifice, bâti avec tant d’acharnement et de bonne volonté, ne pourra que s’écrouler.

Chantal Crabère 

(1)   La défaite de la pensée de Alain Finkielkraut Editions Folio Essais

(2)   Saïda Douki Dedieu Professeur émérite de psychiatrie de la faculté de Tunis vient de publier : Les femmes et la discrimination. Dépression, Religion, Société. Editions Odile Jacob

(3)   Emission Répliques de France-culture du samedi 28 janvier 2012.

(4) Charles Fourier :  Théoricien socialiste ( 1772/ 1837)

Chronologie de l’égalité homme-femme : 200 ans de luttes

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Chronologie générale

  • Deux cents ans pour accéder à l’égalité de droit.
  • Soixante ans de citoyenneté à part entière…Ces dates de l’histoire des droits des femmes vous permettront de mesurer le chemin parcouru, d’en évaluer les avancées, mais aussi de pointer les faiblesses dans des domaines aussi divers que l’éducation, l’égalité professionnelle, la parité politique, la vie personnelle et familiale ou encore les mesures prises pour lutter contre les violences à l’égard des femmes.
  • 1792 : Sous la Convention, la loi du 20 septembre met en place le mariage civil et autorise le divorce par consentement mutuel.
  • 1836 : L’ordonnance du 23 juin organise l’enseignement primaire pour les filles.
  • 1861 : Après avoir bataillé plusieurs années, l’institutrice Julie Daubié est la première femme autorisée à se présenter au baccalauréat, qu’elle obtient en l’ayant préparé seule.
  • 1876 : Hubertine Auclert, journaliste et première suffragette, fonde l’association  » Le droit des femmes  » et se bat pour l’égalité politique.
  • 1900 : La loi du 1er décembre ouvre le barreau aux femmes : Jeanne Chauvin devient la première avocate.
  • 1907 : La loi du 13 juillet accorde aux femmes mariées la libre disposition de leur salaire.
  • 1909 : La loi institue un congé de maternité de huit semaines, sans rupture de contrat de travail mais sans traitement (en 1910, les institutrices obtiennent le maintien du traitement).
  • 1924 : Les programmes de l’enseignement secondaire ainsi que le baccalauréat deviennent identiques pour les filles et les garçons (décret du 25 mars).
  • 1936 : Le 4 juin, Cécile Brunschvicg, Suzanne Lacore et Irène Joliot-Curie sont nommées sous-secrétaires d’État (à l’Éducation nationale, la Protection de l’enfance et la Recherche scientifique) dans le gouvernement de Léon Blum.
    Le 30 juillet, la Chambre des députés se prononce pour la sixième et dernière fois pour le vote des femmes, par 495 voix contre 0. Le gouvernement s’abstient. Le Sénat n’inscrira jamais ce texte à son ordre du jour.
  • 1938 : Suppression de l’incapacité civile : les femmes peuvent s’inscrire à l’université sans l’autorisation de leur mari (loi du 18 février).
  • 1944 : L’ordonnance du 21 avril, signée du général de Gaulle, introduit le suffrage universel en permettant pour la première fois aux femmes de voter et d’être éligibles dans les mêmes conditions que les hommes.
  • 1946 : Pour la première fois une femme accède au perchoir : Madeleine Braun (communiste) est élue vice-présidente de l’Assemblée nationale (2ème Assemblée constituante). Andrée Viénot, sous-secrétaire d’État à la jeunesse et aux sports, est la première femme ministre sous la IVe République
    Le principe de l’égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines est désormais inscrit dans le préambule de la Constitution. L’arrêté du 30 juillet supprime la notion de  » salaire féminin « .
  • 1947 : Dans le gouvernement de Robert Schuman, Germaine Poinso-Chapuis est la première femme nommée ministre (de la Santé publique et de la Population).
  • 1956 : Création le 8 mars de l’association « La Maternité heureuse » dont l’objectif est de défendre l’enfant désiré et de lutter contre l’avortement clandestin. Le Mouvement français pour le planning familial lui succède en 1960 et ouvre en 1961 le premier centre d’accueil du Mouvement français pour le planning familial à Grenoble.
  • 1965 : La loi du 13 juillet modifie le régime légal du mariage du couple se mariant sans contrat : les femmes peuvent gérer leurs biens propres et exercer une activité professionnelle sans le consentement de leur mari.
  • 1967 : Loi Neuwirth du 28 décembre 1967 : la contraception est autorisée. La publicité, interdite par la loi de 1920, n’est toujours pas autorisée en dehors des revues médicales.
  • 1970 : La loi du 4 juin 1970 relative à l’autorité parentale conjointe supprime la notion de « chef de famille » du Code civil. Le congé de maternité est indemnisé à 90 % par l’Assurance maternité au lieu de 50%.
  • 1972 : La loi du 22 décembre 1972 relative à l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes introduit le principe « à travail égal, salaire égal ». Mais en fait les écarts de rémunération et de revenus demeurent. Ouverture aux femmes des concours des grandes écoles. L’École polytechnique devient mixte : huit femmes sont reçues et l’une d’entre elles (Anne Chopinet) sera major de promotion.
  • 1974 : La loi du 4 décembre 1974 instaurera la gratuité et l’anonymat de la contraception dans les centres de planification pour les mineures.
  • 1975 : A l’initiative de l’ONU 1975 est l’année internationale de la femme. La première Conférence mondiale sur les femmes adoptera, en septembre 1975, à Mexico City, le premier programme d’action mondial en faveur de la promotion des femmes.
    La loi dite Veil autorise l’IVG pour une période probatoire de 5 ans.Ouverture du premier refuge pour femmes battues, à Clichy, qui porte le nom de  » Flora Tristan « , l’une des initiatrices du féminisme en France au XIXe siècle.
    La loi du 11 juillet 1975 instaure le divorce par consentement mutuel.
  • 1976 : La mixité devient obligatoire pour tous les établissements d’enseignements primaires et secondaires que par le décret du 28 décembre 1976 de la loi du 15 juin 1975 (dite Loi « René Haby »). Mais le premier lycée mixte avait ouvert ses portes en 1937 (Marcellin Berthelot, à St Maur)
  • 1977 : L’Assemblée générale Nations Unies officialise la Journée Internationale des Femmes (résolution 32/142), une journée pour célébrer les droits des femmes dans le monde entier.
  • 1979 : L’Assemblée générale des Nations Unies adopte la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes que la France ratifiera en 1983.
  • 1980 : La loi du 17 juillet 1980 prolonge le congé de maternité à 16 semaines et interdit le licenciement des femmes enceintes.
    La loi du 23 décembre sur la répression du viol en apporte une définition précise :  » Tout acte de pénétration sexuelle de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte ou surprise est un viol  » (article 222.23 du code pénal).
  • 1982 : L’IVG est remboursée par la Sécurité sociale (loi du 31 décembre).
    Le Conseil constitutionnel censure une loi qui prévoyait un quota de 25 % de femmes dans les listes des élections municipales estimant que le principe d’égalité devant la loi à l’article premier « s’oppose à toute division par catégories des électeurs et des éligibles ».
  • 1983 : La loi du 13 juillet 1983 portant modification du code du travail et du code pénal (loi Roudy) établit l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
  • 1985 : L’article 2 de la loi de finances pour 1983 supprime la notion de chef de famille en matière fiscale et la loi du 23 décembre 1985 établit l’égalité des époux dans les régimes matrimoniaux et l’égalité des parents dans la gestion des biens et des enfants mineurs
  • 1986 : Une circulaire du Premier ministre du 11 mars 1986 vise à la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre.L’Institut national de la langue française établie un guide pour les usagers contenant des recommandations relatives aux formes féminines les mieux adaptées à nos usages.
  • 1987 : La loi du 22 juillet 1987 instaure l’égalité des parents dans l’exercice de l’autorité parentale.
  • 1989 : Les pouvoirs publics affirment leur volonté de lutter contre les violences conjugales : lancement de la première campagne nationale d’information et création des commissions départementales d’action contre les violences faites aux femmes (circulaire du 12 octobre).
  • 1990 : La Cour de cassation reconnaît le viol entre époux (arrêt du 5 septembre).
  • 1992 : La loi du 22 juillet 1992, portant réforme des dispositions du Code Pénal (1994), mentionne expressément que la qualité de conjoint de la victime constitue une circonstance aggravante de l’infraction commise.La loi du 2 novembre définit l’abus d’autorité en matière sexuelle dans les relations de travail (harcèlement sexuel).
  • 1993 : La loi du 8 janvier affirme le principe de l’exercice conjoint de l’autorité parentale à l’égard de tous les enfants, quelle que soit la situation des parents (mariés, concubins, divorcés, séparés).La loi Neiertz du 27 janvier 1993 dépénalise l’auto-avortement et crée le délit d’entrave à l’IVG, suite aux attaques répétées de centres d’IVG par des commandos qui y sont hostiles.
  • 1995 : L’Organisation des Nations Unies organise la quatrième conférence mondiale sur les femmes à Pékin du 4 au 15 septembre 1995.A cette occasion, sont adoptés une Déclaration politique et un Programme d’action qui identifie 12 domaines critiques et définit des objectifs stratégiquesDécret du 18 octobre portant création d’un Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes, placé auprès du Premier ministre ayant pour mission l’identification, l’évaluation et l’analyse des inégalités entre les sexes dans les domaines politique, économique et social, la production et la diffusion de données sur la situation des femmes aux niveaux national et international, l’élaboration de propositions, recommandations et avis tendant à promouvoir la mise en œuvre de la parité entre les femmes et les hommes.
  • 1999 : La révision du 23 juin 1999 (loi constitutionnelle du 8 juillet 1999) relative à l’égalité entre les hommes et les femmes a permis d’introduire à l’article 3 de la Constitution le principe selon lequel la loi « favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives. » L’article 4 de la Constitution précise que les partis politiques « contribuent à la mise en œuvre de ce principe dans les conditions déterminées par la loi ». Cette révision autorise ainsi des réformes législatives qui rendront effective une meilleure représentation des femmes en politique.La loi du 12 juillet 1999 crée des délégations parlementaires aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes à l’Assemblée nationale, au Sénat et au Conseil économique et social.
  • 2000 : Une convention interministérielle est signée le 25 février afin de mettre en œuvre une politique globale d’égalité des chances entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif. Elle réunit les ministères de l’Education nationale, de la Recherche, de l’Agriculture, de la Parité et de l’Emploi, et ceux qui les ont rejoints par l’avenant du 8 mars 2002, les ministères chargés de la Culture, de l’Equipement et de la Justice.Le 6 juin 2000 la première loi dite sur « la parité » est promulguée. Elle contraint les partis politiques à présenter un nombre égal d’hommes et de femmes lors des scrutins de liste et prévoit une retenue sur la dotation financière des partis qui ne respecteront pas le principe de parité lors de la désignation des candidats pour les élections législatives.La loi du 10 juillet 2000 réforme les modes de scrutin des sénatoriales : les départements élisant 3 sénateurs et plus votent désormais par scrutin de liste (soit 2/3 des sénateurs). Le scrutin de liste ne concernait jusque là que les départements élisant cinq sénateurs et plus.La loi du 13 décembre 2000 relative à la contraception d’urgence autorise la délivrance sans ordonnance des contraceptifs d’urgence non susceptibles de présenter un danger pour la santé.
  • 2001 : Loi du 9 mai 2001, dite loi Génisson, sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Cette loi actualise et renforce la loi de 1983 en définissant les axes de sa mise en œuvre.La loi du 4 juillet 2001 relative à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception actualise la loi de 1967 relative à la contraception et celle de 1975 relative à l’avortement : suppression de l’autorisation parentale pour l’accès des mineures à la contraception, allongement du délai légal de recours à l’IVG, aménagement de l’autorisation parentale pour les mineures demandant une IVG, et élargissement du délit d’entrave.La loi du 6 novembre 2001 relative à la lutte contre les discriminations à l’emploi, qui précise notamment le régime juridique de la preuve et la notion de discrimination
  • 2002 : La loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002 aborde, dans ses articles 168 à 180, la lutte contre le harcèlement moral au travail. Introduction dans le Code Pénal d’un délit, passible de trois ans de prison et de 45 000 euros d’amende, à l’encontre de celui qui sollicite, accepte ou obtient, « en échange d’une rémunération ou d’une promesse de rémunération, des relations de nature sexuelle de la part d’un mineur qui se livre à la prostitution. »Le décret du 3 mai 2002, relatif aux modalités de désignation, par l’administration, dans la fonction publique de l’Etat, des membres des jurys et des comités de sélection de ses représentants au sein des organismes consultatifs, prescrit de respecter une proportion minimale d’un tiers de personnes de chaque sexe.
  • 2003 : La loi n° 2003-6 du 3 janvier 2003 portant relance de la négociation collective en matière de licenciements économiques modifie deux articles relatifs au harcèlement sexuel et moral : Art. 4 : déplacement de la charge de la preuve et art. 5 : la médiation suppression dans le cadre du harcèlement sexuelLa loi du 11 avril 2003 réforme les modes de scrutin des élections régionales et européennes. L’alternance stricte entre hommes et femmes est instaurée pour les listes des élections régionales et confirmée pour les élections européennes. La loi introduit des sections départementales sur les listes régionales, et crée des eurorégions pour les européennes.
    La loi du 30 juillet 2003 réforme le mode de scrutin des sénatoriales en réservant l’application de la proportionnelle aux départements élisant 4 sénateurs et plus. Le scrutin uninominal, ne comportant aucune obligation paritaire aux yeux de la loi, concerne désormais la moitié des sièges sénatoriaux.Le décret n° 2003-1280 du 26 décembre 2003 portant application de la loi du 21 août 2003, portant réforme des retraitesmodifie les conditions du bénéfice de la majoration pour enfants. Les femmes assurées sociales se voient désormais attribuer une majoration de leur durée d’assurance d’un trimestre pour toute année durant laquelle elles ont élevé un enfant, dans la limite des huit trimestres par enfant.
  • 2004 : La signature par le patronat et les syndicats de l’accord national interprofessionnel du 1er mars 2004, relatif à la mixité et à l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes se décline en plusieurs points : réduire les inégalités salariales, faciliter l’accès à la formation professionnelle pour les femmes, faire en sorte que la maternité ou la parentalité ne freine pas les évolutions de carrière, mettre fin au déséquilibre entre les hommes et les femmes lors des recrutements.La loi n° 2004-228 du 15 mars 2004 encadre, en application du principe de laïcité, le port des signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics.La loi n° 2004-439 du 26 mai 2004 relative au divorce, (applicable à compter du 1er janvier 2005) simplifie les procédures et précise, dans son article 22, les dispositions relatives à la protection du conjoint victime de violences conjugales.
  • 2006 : La loi n° 2006-340 du 23 mars 2006 relative à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes renforce les moyens et engagement concernant la suppression des écarts de rémunération entre les femmes et les hommes et la conciliation entre l’activité professionnelle et la vie familiale.
    La loi n° 2006-340 du 23 mars 2006 relative à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes proposait notamment la mise en place de quotas pour faciliter l’accès des femmes aux responsabilités. Le Conseil Constitutionnel dans sa décision n°2006-533 DC du 16 mars 2006 a déclaré ces dispositions (articles 21 à 26) non conformes à la Constitution.La loi n° 2006-399 du 4 avril 2006 renforce la prévention et la répression des violences au sein du couple ou commises contre les mineurs en : élargissant le champ d’application de la circonstance aggravante à de nouveaux auteurs (pacsés et « ex »), à de nouvelles infractions (meurtres – viols – agressions sexuelles) ; facilitant l’éloignement de l’auteur de l’infraction du domicile de la victime ; reconnaissant le vol entre époux lorsqu’il démontre une véritable volonté du conjoint violeur d’assujettir sa victime.

    La convention interministérielle du 25 février 2000 est renouvelée le 29 juin 2006. Elle réunit les ministères de l’Emploi, de l’Education nationale, de la Justice, de l’Equipement, de l’Agriculture, de la Culture, de la Parité et de la Recherche

  • 2007 : La loi du 31 janvier 2007 impose une alternance stricte femmes-hommes dans la composition des listes électorales municipales (de 3500 habitants et plus) et introduit une obligation de parité dans les exécutifs régionaux et municipaux (de 3500 habitantes et plus). Elle augmente la pénalité financière encourue par les partis qui ne respectent pas la parité des investitures lors des élections législatives (75% de l’écart à la moyenne) et contraint les candidat-e-s aux élections cantonales à se présenter au côté d’un/e suppléant-e de l’autre sexe
  • 2008 : La loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 modifie l’article 1er de la Constitution, désormais ainsi rédigé :
    « La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales ».La loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d’adaptation au droit communautaire dans le domaine de lalutte contre les discriminations achève la transposition complète des textes européens en matière d’égalité de traitement (les directives 2006/54, 2004/113, 2002/73, 2000/78 et 2000/43). Elle définit les notions de discrimination directe et indirecte, assimile les faits de harcèlement moral et sexuel aux discriminations et renforce la protection des victimes.
  • 2009La Convention CEDEF/CEDAW a été adoptée 30 ans plus tôt le 18 décembre 1979.
  • 2010Pékin + 15 : La 54ème session de la Commission de la Condition de la Femme (CCF/CSW), du 1er au 13 mars 2010, sera consacrée au suivi de la mise en œuvre des objectifs stratégiques du Programme d’action de Pékin, 15 ans après son adoption.
  • Sources : Sites de l’Observatoire de la parité, du Service des droits des femmes et de l’Assemblée nationale.

Education

  • 1836 : L’ordonnance du 23 juin organise l’enseignement primaire pour les filles.
  • 1861 : Après avoir bataillé plusieurs années, l’institutrice Julie Daubié est la première femme autorisée à se présenter au baccalauréat, qu’elle obtient en l’ayant préparé seule.
  • 1924 : Les programmes de l’enseignement secondaire ainsi que le baccalauréat deviennent identiques pour les filles et les garçons (décret du 25 mars).
  • 1972 : Ouverture aux femmes des concours des grandes écoles. L’École polytechnique devient mixte : huit femmes sont reçues et l’une d’entre elles (Anne Chopinet) sera major de promotion.
  • 1976 : La mixité devient obligatoire pour tous les établissements d’enseignements primaires et secondaires que par le décret du 28 décembre 1976 de la loi du 15 juin 1975 (dite Loi « René Haby »). Mais le premier lycée mixte avait ouvert ses portes en 1937 (Marcellin Berthelot, à St Maur)
  • 2000 : Une convention interministérielle est signée le 25 février afin de mettre en œuvre une politique globale d’égalité des chances entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif. Elle réunit les ministères de l’Education nationale, de la Recherche, de l’Agriculture, de la Parité et de l’Emploi, et ceux qui les ont rejoints par l’avenant du 8 mars 2002, les ministères chargés de la Culture, de l’Equipement et de la Justice.
  • 2006 : La convention interministérielle du 25 février 2000 est renouvelée le 29 juin 2006. Elle réunit les ministères de l’Emploi, de l’Education nationale, de la Justice, de l’Equipement, de l’Agriculture, de la Culture, de la Parité et de la Recherche.

Egalité professionnelle

  • 1900 : La loi du 1er décembre ouvre le barreau aux femmes : Jeanne Chauvin devient la première avocate.
  • 1972 : La loi du 22 décembre de 1972 relative à l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes introduit le principe « à travail égal, salaire égal ». Mais en fait les écarts de rémunération et de revenus demeurent.
  • 1983 : La loi du 13 juillet 1983 portant modification du code du travail et du code pénal (loi Roudy) établit l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
  • 2001 : Loi du 9 mai 2001, dite loi Génisson, sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Cette loi actualise et renforce la loi de 1983 en définissant les axes de sa mise en œuvre.
    La loi du 6 novembre 2001 relative à la lutte contre les discriminations à l’emploi, qui précise notamment le régime juridique de la preuve et la notion de discrimination
  • 2003 : Le décret n° 2003-1280 du 26 décembre 2003 portant application de la loi du 21 août 2003, portant réforme des retraites modifie les conditions du bénéfice de la majoration pour enfants. Les femmes assurées sociales se voient désormais attribuer une majoration de leur durée d’assurance d’un trimestre pour toute année durant laquelle elles ont élevé un enfant, dans la limite des huit trimestres par enfant.
  • 2004 : La signature par le patronat et les syndicats de l’accord national interprofessionnel du 1er mars 2004, relatif à la mixité et à l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes se décline en plusieurs points : réduire les inégalités salariales, faciliter l’accès à la formation professionnelle pour les femmes, faire en sorte que la maternité ou la parentalité ne freine pas les évolutions de carrière, mettre fin au déséquilibre entre les hommes et les femmes lors des recrutements.
  • 2006 : La loi n° 2006-340 du 23 mars 2006 relative à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes renforce les moyens et engagement concernant la suppression des écarts de rémunération entre les femmes et les hommes et la conciliation entre l’activité professionnelle et la vie familiale.
    La loi n° 2006-340 du 23 mars 2006 relative à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes proposait notamment la mise en place de quotas pour faciliter l’accès des femmes aux responsabilités. Le Conseil Constitutionnel dans sa décision n°2006-533 DC du 16 mars 2006 a déclaré ces dispositions (articles 21 à 26) non conformes à la Constitution.
  • 2008 : La loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 modifie l’article 1er de la Constitution, désormais ainsi rédigé :
    « La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales ».

Parité politique

  • 1936 : Le 4 juin, Cécile Brunschvicg, Suzanne Lacore et Irène Joliot-Curie sont nommées sous-secrétaires d’État (à l’Éducation nationale, la Protection de l’enfance et la Recherche scientifique) dans le gouvernement de Léon Blum.
    Le 30 juillet, la Chambre des députés se prononce pour la sixième et dernière fois pour le vote des femmes, par 495 voix contre 0. Le gouvernement s’abstient. Le Sénat n’inscrira jamais ce texte à son ordre du jour.
  • 1944 : L’ordonnance du 21 avril, signée du général de Gaulle, introduit le suffrage universel en permettant pour la première fois aux femmes de voter et d’être éligibles dans les mêmes conditions que les hommes.
  • 1946 : Pour la première fois une femme accède au perchoir : Madeleine Braun (communiste) est élue vice-présidente de l’Assemblée nationale (2ème Assemblée constituante). Andrée Viénot, sous-secrétaire d’État à la jeunesse et aux sports, est la première femme ministre sous la IVe République.
  • 1947 : Dans le gouvernement de Robert Schuman, Germaine Poinso-Chapuis est la première femme nommée ministre (de la Santé publique et de la Population).
  • 1982 : Le Conseil constitutionnel censure une loi qui prévoyait un quota de 25 % de femmes dans les listes des élections municipales estimant que le principe d’égalité devant la loi à l’article premier « s’oppose à toute division par catégories des électeurs et des éligibles ».
  • 1999 : La révision du 23 juin 1999 (loi constitutionnelle du 8 juillet 1999) relative à l’égalité entre les hommes et les femmes a permis d’introduire à l’article 3 de la Constitution le principe selon lequel la loi « favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives. » L’article 4 de la Constitution précise que les partis politiques « contribuent à la mise en œuvre de ce principe dans les conditions déterminées par la loi ». Cette révision autorise ainsi des réformes législatives qui rendront effective une meilleure représentation des femmes en politique.
  • 2000 : Le 6 juin 2000 la première loi dite sur « la parité » est promulguée. Elle contraint les partis politiques à présenter un nombre égal d’hommes et de femmes lors des scrutins de liste et prévoit une retenue sur la dotation financière des partis qui ne respecteront pas le principe de parité lors de la désignation des candidats pour les élections législatives.La loi du 10 juillet 2000 réforme les modes de scrutin des sénatoriales : les départements élisant 3 sénateurs et plus votent désormais par scrutin de liste (soit 2/3 des sénateurs). Le scrutin de liste ne concernait jusque là que les départements élisant cinq sénateurs et plus.
  • 2003 : La loi du 11 avril 2003 réforme les modes de scrutin des élections régionales et européennes. L’alternance stricte entre hommes et femmes est instaurée pour les listes des élections régionales et confirmée pour les élections européennes. La loi introduit des sections départementales sur les listes régionales, et crée des eurorégions pour les européennes.
    La loi du 30 juillet 2003 réforme le mode de scrutin des sénatoriales en réservant l’application de la proportionnelle aux départements élisant 4 sénateurs et plus. Le scrutin uninominal, ne comportant aucune obligation paritaire aux yeux de la loi, concerne désormais la moitié des sièges sénatoriaux.
  • 2007 : La loi du 31 janvier 2007 impose une alternance stricte femmes-hommes dans la composition des listes électorales municipales (de 3500 habitants et plus) et introduit une obligation de parité dans les exécutifs régionaux et municipaux (de 3500 habitantes et plus). Elle augmente la pénalité financière encourue par les partis qui ne respectent pas la parité des investitures lors des élections législatives (75% de l’écart à la moyenne) et contraint les candidat-e-s aux élections cantonales à se présenter au côté d’un/e suppléant-e de l’autre sexe

Vie personnelle et familiale

  • 1792 : Sous la Convention, la loi du 20 septembre met en place le mariage civil et autorise le divorce par consentement mutuel.
  • 1909 : La loi institue un congé de maternité de huit semaines, sans rupture de contrat de travail mais sans traitement (en 1910, les institutrices obtiennent le maintien du traitement).
  • 1956 : Création le 8 mars de l’association « La Maternité heureuse » dont l’objectif est de défendre l’enfant désiré et de lutter contre l’avortement clandestin. Le Mouvement français pour le planning familial lui succède en 1960 et ouvre en 1961 le premier centre d’accueil du Mouvement français pour le planning familial à Grenoble.
  • 1965 : La loi du 13 juillet modifie le régime légal du mariage du couple se mariant sans contrat : les femmes peuvent gérer leurs biens propres et exercer une activité professionnelle sans le consentement de leur mari.
  • 1967 : Loi Neuwirth du 28 décembre : la contraception est autorisée. La publicité, interdite par la loi de 1920, n’est toujours pas autorisée en dehors des revues médicales.
  • 1970 : La loi du 4 juin 1970 relative à l’autorité parentale conjointe supprime la notion de « chef de famille » du Code civil. Le congé de maternité est indemnisé à 90 % par l’Assurance maternité au lieu de 50%.
  • 1974 : La loi du 4 décembre 1974 instaurera la gratuité et l’anonymat de la contraception dans les centres de planification pour les mineures.
  • 1975 : La loi dite Veil autorise l’IVG pour une période probatoire de 5 ans. La loi du 11 juillet 1975 instaure le divorce par consentement mutuel.
  • 1980 : La loi du 17 juillet 1980 prolonge le congé de maternité à 16 semaines et interdit le licenciement des femmes enceintes.
  • 1982 : L’IVG est remboursée par la Sécurité sociale (loi du 31 décembre).
  • 1985 : L’article 2 de la loi de finances pour 1983 supprime la notion de chef de famille en matière fiscale et la loi du 23 décembre 1985 établit l’égalité des époux dans les régimes matrimoniaux et l’égalité des parents dans la gestion des biens et des enfants mineurs
  • 1987 : La loi du 22 juillet 1987 instaure l’égalité des parents dans l’exercice de l’autorité parentale.
  • 1993 : La loi du 8 janvier affirme le principe de l’exercice conjoint de l’autorité parentale à l’égard de tous les enfants, quelle que soit la situation des parents (mariés, concubins, divorcés, séparés).La loi Neiertz du 27 janvier 1993 dépénalise l’auto-avortement et crée le délit d’entrave à l’IVG, suite aux attaques répétées de centres d’IVG par des commandos qui y sont hostiles.
  • 2000 : La loi du 13 décembre 2000 relative à la contraception d’urgence autorise la délivrance sans ordonnance des contraceptifs d’urgence non susceptibles de présenter un danger pour la santé.
  • 2001 : La loi du 4 juillet 2001 relative à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception actualise la loi de 1967 relative à la contraception et celle de 1975 relative à l’avortement : suppression de l’autorisation parentale pour l’accès des mineures à la contraception, allongement du délai légal de recours à l’IVG, aménagement de l’autorisation parentale pour les mineures demandant une IVG, et élargissement du délit d’entrave.
  • 2004 : La loi n° 2004-228 du 15 mars 2004 encadre, en application du principe de laïcité, le port des signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics.La loi n°2004-439 du 26 mai 2004 relative au divorce, (applicable à compter du 1er janvier 2005) simplifie les procédures et précise, dans son article 22, les dispositions relatives à la protection du conjoint victime de violences conjugales.

Violences à l’égard des femmes

  • 1975 : Ouverture du premier refuge pour femmes battues, à Clichy, qui porte le nom de  » Flora Tristan « , l’une des initiatrices du féminisme en France au XIXe siècle.
  • 1980 : La loi du 23 décembre sur la répression du viol en apporte une définition précise :  » Tout acte de pénétration sexuelle de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte ou surprise est un viol  » (article 222.23 du code pénal).
  • 1989 : Les pouvoirs publics affirment leur volonté de lutter contre les violences conjugales : lancement de la première campagne nationale d’information et création des commissions départementales d’action contre les violences faites aux femmes (circulaire du 12 octobre).
  • 1990 : La Cour de cassation reconnaît le viol entre époux (arrêt du 5 septembre).
  • 1992 : La loi du 22 juillet 1992, portant réforme des dispositions du Code Pénal (1994), mentionne expressément que la qualité de conjoint de la victime constitue une circonstance aggravante de l’infraction commise.La loi du 2 novembre définit l’abus d’autorité en matière sexuelle dans les relations de travail (harcèlement sexuel).
  • 2002 : La loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002 aborde, dans ses articles 168 à 180, la lutte contre le harcèlement moral au travail. Introduction dans le Code Pénal d’un délit, passible de trois ans de prison et de 45 000 euros d’amende, à l’encontre de celui qui sollicite, accepte ou obtient, « en échange d’une rémunération ou d’une promesse de rémunération, des relations de nature sexuelle de la part d’un mineur qui se livre à la prostitution. »
  • 2003 : La loi n° 2003-6 du 3 janvier 2003 portant relance de la négociation collective en matière de licenciements économiques modifie deux articles relatifs au harcèlement sexuel et moral : Art. 4 : déplacement de la charge de la preuve et art. 5 : la médiation suppression dans le cadre du harcèlement sexuel
  • 2006 : La loi n° 2006-399 du 4 avril 2006 renforce la prévention et la répression des violences au sein du couple ou commises contre les mineurs en : élargissant le champ d’application de la circonstance aggravante à de nouveaux auteurs (pacsés et « ex »), à de nouvelles infractions (meurtres – viols – agressions sexuelles) ; facilitant l’éloignement de l’auteur de l’infraction du domicile de la victime ; reconnaissant le vol entre époux lorsqu’il démontre une véritable volonté du conjoint violeur d’assujettir sa victime.

Source : http://www.observatoire-parite.gouv.fr/portail/chronologies_egalite.htm

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