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Archives de Tag: embryon

Avortement: pas une obligation, un droit et une loi 2/2

Simone de Beauvoir , à l’occasion du procès de Bobigny ( « Les femmes s’entêtent » 1973) écrira

« Enfants délaissés, enfants martyrs, enfants abandonnés à l’Assistance Publique : la plupart des délinquants, beaucoup de criminels ont pris la vie par ce triste départ ; ce sont ces déshérités qui se pendent dans nos prisons ; souvent ils finissent leur vie dans des hôpitaux psychiatriques » .

Quand commence la vie?

On ne peut pas répondre à cette question sans distinguer la vie biologique de la vie sociale et, plus précisément de la vie humaine.

Une amibe est vivante, un moucheron est vivant, un spermatozoïde ou un gamète mâle est vivant, un ovule ou un gamète femelle est vivant. Dans certaines sociétés indiennes, on filtre sa respiration pour ne pas tuer des moucherons. Dans d’autres on proscrit la masturbation pour ne pas détruire la semence de vie. Dans de nombreuses sociétés, les femmes sont impures au moment des règles puisqu’elles perdent un ovule à cette époque de leur cycle de reproduction.

Du point de vue de la stricte biologie, toute graine fécondée porte en germe son programme de vie. Une noix deviendra noyer, un ovule de chatte deviendra chaton et un ovule de femme deviendra enfant. Pour aboutir, ce processus nécessite d’être accompagné du soutien, du support et de la contribution de son environnement sous peine d’échouer, soit d’avorter.

On ne peut donc pas dissocier le potentiel de vie du développement de cette même vie avec tout ce qu’il implique de contributions environnementales.

Beaucoup de religions considèrent que la vie humaine commence dès la fécondation et s’opposent à l’avortement au nom du respect de la vie. Dans le même temps, certaines d’entre elles sont favorables à la peine de mort, justifie la vengeance et légitime les guerres.

Il y aurait donc d’un côté une vie embryonnaire sacrée et une vie humaine respectable selon certaines conditions définies par des religions, des croyances, des convictions qui sont par définition discutables, relatives, culturelles, idéologiques et politiques.

Les 27 états qui composent la communauté européenne ont choisi de légaliser l’avortement, à l’exception de 5 d’entre eu: Andorra, Malta, San Marino (interdiction totale), Irlande (admis en cas de danger de mort), Monaco, Liechtenstein, Pologne (indication médicale restreinte). Ces pays catholiques sont très liés au Vatican et appliquent strictement les recommandations papales.

Législations sur l’IVG en Europe
Ind.méd. = indications médicales = avortement admis pour raisons médicales / Ind.soc. = admis pour raisons sociales / ind.eug. = admis pour malformation du foetus / ind.jur. = admis pour raisons juridiques (viol, inceste)
Modèles de « régimes du délai » (c.à.d. la décision appartient à la femme)
PAYS RAISONS, INDICATIONS POUR L’IVG DURÉE DU
DÉLAI
ENTRETIEN DE CONSEIL OBLIGATOIRE ? DÉLAI DE RÉFLEXION PRISE EN CHARGE DES COÛTS APRÈS LE
DÉLAI
PARTICIPATION DU PARTENAIRE ?
BELGIQUE Situation de
détresse définie
par la femme elle-même
14 sem. depuis les dernières règles Oui: par le médecin traitant qui peut faire appel à un centre d’information 5 jours Caisse-maladie partiellement Ind. méd. + eug.  2 médecins décident Aucune disposition
DANEMARK Requête de
la femme
12 sem. depuis les dernières règles Non: Informations par le médecin traitant Non Caisse-maladie Ind. socio-méd. + eug.  et jur. Un centre de consultation décide Aucune disposition
ALLEMAGNE Requête de
la femme
14 sem. depuis les dernières règles Oui: par un centre agréé ET le médecin traitant 3 jours Caisse-maladie seulement pour les femmes démunies Ind. socio-méd.  2 médecins décident D’accord avec la femme, le partenaire peut être invité à participer à l’entretien
FRANCE Situation de
détresse définie
par la femme elle-même
14 sem. depuis les dernières règles Oui: par le médecin traitant. OFFRE d’un entretien supplémentaire (obligatoire pour les mineures) 1 semaine Caisse-maladie Ind. méd. + eug.  2 médecins décident Aucune disposition
ITALIE « Ind.
médico-soc. », mais
c’est la femme elle-même qui la définit
90 jours (le début du délai n’est pas défini) Oui: Par un centre OU le médecin traitant 7 jours Caisse-maladie Ind. méd. + eug.  2 médecins décident Aucune disposition
PAYS-BAS Situation de
détresse définie
par la femme elle-même
24 sem. depuis les dernières règles Oui: par le médecin traitant 5 jours (excepté les IVG dans les 6 premières semaines) Caisse-maladie . Aucune disposition
NORVÈGE Requête de
la femme
12 sem. (le début du délai n’est pas défini) Non:
Informations par le médecin traitant
Non Caisse-maladie Ind. socio-méd.+ eug. 2 médecins décident Aucune disposition
AUTRICHE Requête de
la femme
4 mois depuis les dernières règles Oui: par le médecin traitant Non Caisse-maladie seulement en cas d’ind. méd. Ind. med.+eug., le médecin traitant décide Aucune disposition
PORTUGAL Requête de
la femme
10 sem. depuis les dernières règles Oui: par un 2ème médecin lors de la confirmation de la durée de la grossesse 3 jours ? Ind. méd. et viol jusqu’à 12 sem., ensuite ind. méd. et eug. strictes Aucune disposition
ESPAGNE
(dès 5.7.2010)
Requête de
la femme
14 sem. depuis les dernières règles Oui: par le médecin traitant 3 jours Caisse-maladie (?) Ind. méd., 2 médecins décident. Au delà de 22 sem. maladie très grave du foetus Aucune disposition
SUÈDE Requête de
la femme
18 sem. depuis les dernières règles Non.
OFFRE obligatoire d’un entretien
Non Caisse-maladie Après 18 semaines: « raisons particulières ». Une commission sociale décide Aucune disposition
SUISSE Situation de
détresse définie
par la femme elle-même
12 sem. depuis les dernières règles Oui. par le médecin traitant Non Caisse-maladie Ind. méd. et détresse psychologique grave Aucune disposition
PAYS D’EUROPE CENTRALE, DE L’EST ET DES BALKANS
(sans la Pologne)
Requête de
la femme
En règle générale, 12 sem. depuis les dernières règles Dans certains pays: oui Non Le plus souvent, la femme paye elle-même Ind. méd.-soc. et eugénique Aucune disposition
Modèles des indications (la décision est prise par des tiers)
ANGLETERRE Ind. médico-soc. Décision par 2 médecins 24 semaines depuis les dernières règles Non Non Caisse-maladie Danger pour la vie de la femme enceinte Aucune disposition
FINLANDE Ind. méd., soc.+eug. Décision en règle générale par 2 médecins 16 semaines Non Non Caisse-maladie Après 16 sem.,
ind. méd. uniquement
Le partenaire peut être entendu si cela peut être « utile »
IRLANDE Ind. vitale (danger de mort uniquement)
ISLANDE Ind.méd. + soc. larges. Décision par 2 médecins ou un travailleur social 12 semaines pour l’ind. sociale Conseils sur la contraception Non Caisse-maladie Aucune disposition
POLOGNE Ind. méd. très étroite, viol, malformation du foetus Aucun (12 sem. en cas de viol) Non Non ? Aucune disposition
ESPAGNE
(jusqu’au 5.7.2010)
Ind. méd. (aussi psycologique). Décision par 2 médecins,
interprétation libérale
Aucun (22 sem. en cas de malformation foetale, 12 en cas de viol) Non Non Caisse-maladie seulement dans les hôpitaux publics Aucune disposition
Sources: Eser/Koch « Schwangerschaftsabbruch im int. Vergleich », 1988.
Textes des lois nationales

http://www.svss-uspda.ch/fr/facts/europe.htm

La majorité des pays européens et occidentaux s’est donc ralliée au pragmatisme, à savoir que les femmes avortent depuis la nuit des temps, que’en dehors d’un contexte médical elles mettent leur vie en danger et risquent de devenir définitivement stériles ou de porter atteinte à leur santé. Faut-il en conclure que les femmes occidentales ne respectent pas la vie, qu’elles sont inconscientes et criminelles? C’est ce que pensent les catholiques observants et en particulier ceux qui, derrière l’organisation « En marche pour la vie » organisent chaque année une manifestation pour demander l’abrogation de la loi Veil.

http://enmarchepourlavie.fr/

Force est de constater, au regard des réalités, que le concept de « vie » est différend du concept de « vivant ». C’est tellement vrai qu’au moment de la mise au monde d’un bébé, la première interrogation des parents est « Est-il vivant »? Ensuite vient la question « Est-il normal », ce qui sous-entend « Est-il adapté à la vie sociale? ». Parce que pouvoir vivre, un être humain nécessite un certain équipement organique et un environnement favorable. Un bébé, a fortiori un foetus ou un embryon ne peut absolument pas survivre et vivre sans assistance et c’est là que le désir des parents et l’organisation sociale interviennent.

C’est l’incapacité d’un foetus, d’un embryon, d’un bébé à vivre en autonomie qui sépare les partisans de la légalisation de l’avortement des partisans « de la vie ».

Les sciences sociales dont le développement est relativement récent, nous ont enseigné combien l’environnement humain et naturel étaient importants pour l’être humain. Biologie, sociologie, économie, médecine, psychologie, psychanalyse ont contribué à comprendre et maîtriser l’évolution génétique de l’enfant.

La remarque de Simone de Beauvoir est toujours d’actualité et renforcée par toutes les études en sciences sociales. Le bébé meurt, dépérit, souffre, stagne et s’étiole s’il n’est pas nourrit de soins affectifs, éducatifs et matériels. Un bébé mal soigné deviendra un adulte souffrant, inadapté et peut-être dangereux pour autrui. Les prisons regorgent d’anciens enfants mal soignés. Les SDF sont souvent d’anciens bébés issus de familles nombreuses et pauvres qui ont été abandonnés par leurs parents, placés à la Ddass, parfois physiquement et psychologiquement maltraités dans les familles d’accueil mais aussi par des institutions et des institutionnels qui, les sachant non protégés ont pu abuser d’eux de mille manières.

Le pédopsychiatre René Zazzo a écrit: « la condition d’un bon détachement est un bon attachement. » Autrement dit l’autonomie et la socialisation de l’adulte dépendant de l’attention, de l’amour et des soins qu’il a reçus depuis sa naissance. La plupart des françaises et des français l’ont compris qui planifient les naissances et limitent le nombre d’enfants à celui qu’ils estiment avoir les moyens matériels et psychologiques de soigner.

(article en cours de rédaction)

Avortement: pas une obligation, un droit et une loi 1/2

L’avortement et la loi Veil qui l’autorisent ont fait l’actualité avec la manifestation « en marche pour la vie » qui s’est déroulée à Paris le dimanche 23 janvier et aurait rassemblé, selon les organisateurs, 40 000 personnes.

Cette manifestation était organisée par les catholiques avec le soutien officiel du Pape, de 25 évêques et d’autres personnalités ecclésiastiques et laïcs (ne pas confondre avec « laïques »). Le fanatisme était de mise pour dénoncer l’assassinat de 1 enfant sur 5, le crime organisé des foetus et l’incitation à l’avortement par le planning familial.

Dossier de sensibilisation préparé par les organisateurs de la manifestation contre l’avortement:

http://enmarchepourlavie.fr/sites/default/files/dossierfemmesetavortement.pdf

Voici quelques réactions de personnes opposées aux arguments et démarches des catholiques contre l’avortement :

Le blog de PeggySastre

http://peggysastre.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/01/27/avorter-ne-rend-pas-folle-avoir-un-enfant-si.html

Jocelyne Clarke sur Respublica

http://www.ufal.info/feminisme-et-laicite/ivg-choix-pour-les-femmes/3534

Alice Braitberg  et Myriam Picard sur Riposte laïque: divergences

http://www.ripostelaique.com/Comme-tous-les-ans-des-catholiques.html

http://www.ripostelaique.com/Reponse-a-Alice-Braitberg-et-a-son.html

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