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Archives de Tag: excision

L’excision. Le dernier documentaire de Mireille Darc ce soir sur France2

Le sur 

L’excision : le plaisir interdit, le dernier combat de Mireille Darc

Par  Blaise de Chabalier Publié le 
FRANCE 2/ 22H55 – Dans ce documentaire, la comédienne décédée offre une écoute inédite aux victimes.

«J’ai voulu aller à la rencontre de ces femmes, dire leur douleur, laisser la souffrance et la violence s’exprimer.» L’excision: le plaisir interdit , documentaire inédit et poignant, le dernier réalisé par Mireille Darc, décédée le 28 août dernier, évoque une violence inouïe faite aux femmes. De sa voix douce mais déterminée, elle dit vouloir «comprendre, et puis dire non. Non à cette pratique qui met en danger la vie des femmes. Non à cette pratique, parce qu’aujourd’hui une petite fille est excisée toutes les quatre minutes dans le monde.»

Les chiffres donnent le tournis: deux cents millions de femmes sont mutilées à travers la planète. En France, elles sont soixante mille à avoir été excisées, parfois dans l’Hexagone, même si cette pratique est un crime en droit français. Le plus souvent, c’est à l’occasion de vacances dans leur pays d’origine (Égypte, Soudan, Éthiopie, Somalie, Mali, Guinée), que ces fillettes, parfois même des adolescentes, sont «coupées». Au nom d’une tradition barbare qui n’a en réalité rien à voir avec la religion. Une tradition qui correspond à une volonté masculine de contrôle des femmes. «C’est toute la société qui demande aux mères de préparer leurs filles aux critères du mariage. Or l’excision est un critère important puisque les hommes refusent de se marier avec une femme non mutilée, jugée impure», dit Serena, une Égyptienne vivant en France. Elle est la seule de sa famille, depuis dix générations, à ne pas avoir subi l’ablation du clitoris. «Mon père s’y est opposé», glisse-t-elle.

Halimata, Fanta, Sérénade ou encore Diaryata, toutes témoignent de leur traumatisme. Mondialement reconnu, le docteur Foldès, chirurgien français sait «réparer» ces femmes et leur offre une lueur d’espoir.

Programme

http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/l-excision-le-plaisir-interdit-le-dernier-combat-de-mireille-darc_bc274a50-d428-11e7-8428-569ae9712d9b/

Vous avez besoin d’aide ?

  • L’institut en santé génésique est devenu Women Safe pour poursuivre son travail parrainé par Florence Foresti

Communiqué de presse :

http://www.datapressepremium.com/rmdiff/2010143/CPWomenSafeInstitut1.pdf

  • Missions, engagement et contact pour Women Safe

http://www.women-safe.org/association/connaitre-women-safe-institut-sante-genesique.html

Women Safe est un centre opérationnel pilote de prise en charge des femmes victimes de violences, unique par son mode opérationnel global.

Les modalités d’accueil assurent la confidentialité, la gratuité, l’égalité d’accès et de traitement pour toutes les victimes.

Éveiller les consciences et prendre en charge les victimes

Habituellement, les violences faites aux femmes sont traitées de façon spécifique et trop ciblée.

Plus inquiétant : les professionnels ne travaillent pas de concert, les services sociaux sont généralement distincts des réponses juridiques, et la médecine est absente.

Women-Safe propose une approche radicalement différente qui repose sur des principes essentiels :

  • Un seul lieu de prise en charge, réunissant médecine et justice, basé dans l’enceinte d’un centre hospitalier ;
  • Une organisation pluridisciplinaire (infirmières, psychologues, médecins, juristes, avocats), représente l’ensemble des actions psycho-sociales, juridiques et médicales, de l’accueil à la prise en charge de la femme victime de violences, jusqu’à la résolution de la situation ;
  • Une prise en charge de tous les types de violences (physiques, sexuelles, psychologiques, économiques, rituelles…), quelle qu’en soit l’origine ;
  • Women Safe a protocolisé avec les Urgences Adultes du centre hospitalier de proximité et le dispositif de prise en charge chirurgicale, ainsi qu’avec le Parquet et le Barreau de Versailles ;
  • La formation et l’information de l’ensemble des professionnels de santé, du social, de la justice, des élus,  des institutions et de la société civile, à la prise en charge des femmes victimes, quel que soit le type de violences : de la prévention et du dépistage au traitement et au suivi.

Revue de presse

Contact Women Safe

Women Safe numéro d'urgence pour les femmes victimes de violences : 01 39 10 85 35. 20 rue Armagis 78110 Saint-Germain-en-Laye Vous rendre à l'institut...

Standard Women Safe : 01 39 10 85 35

Violences femmes info : 3919 

 

Excision minimaliste « pour respecter la tradition culturelle » !

     Dans un avis contentieux rendu sur demande de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), le Conseil d’Etat vient apporter une nouvelle pierre dans le jardin du contentieux de l’asile touchant les fillettes menacées d’excision et de leurs parents. Refusant l’extension de l’unité de famille, principe général de droit applicable aux réfugiés, aux parents des jeunes filles pourtant protégées au titre de l’article 1A2 de la Convention de Genève, la Haute juridiction administrative va transférer la question du séjour des parents pourtant en charge de leur enfant mineure vers le droit commun des étrangers. Cette timidité jurisprudentielle illustre la méfiance du juge vis-à-vis de cette catégorie de réfugiées dont le risque de persécution trouve son motif dans l’appartenance à un certain groupe social en vertu d’arrêts de principe rendus par le Conseil d’Etat en décembre 2012 et qui concernent essentiellement des fillettes nées en France.

Excisions « minimalistes » : polémique aux Etats-Unis autour de la prise de position de deux gynécologues de Cleveland

23.02.2016
Deux gynécologues américains viennent de relancer de manière inattendue la polémique sur les excisions. Dans un récent article, les Drs Kavita Shah Arora et Allan J. Jacobs soutiennent que des excisions « minimalistes » permettant de respecter les traditions culturelles sans mettre en danger la santé des femmes, devraient être tolérées. « Nous ne disons pas que les interventions sur les organes génitaux de la femmes sont souhaitables, mais plutôt que certaines interventions devraient être tolérées par des sociétés libérales », écrivent les deux auteurs dans une revue spécialisée, le Journal of Medical Ethics.

Plutôt que de parler de mutilation génitale, ils préconisent d’utiliser le terme d' »altération génitale » pour décrire les différents procédés d’excision et les risques qui leur sont associés. Pour les deux spécialistes de Cleveland (États-Unis), deux types d’excisions pourraient être tolérées : celles qui n’ont aucun effet durable sur l’apparence ou le fonctionnement des organes génitaux ou celles qui modifient « légèrement » leur apparence, sans avoir d’effet durable sur la capacité de reproduction ou sur l’épanouissement sexuel des femmes. Toutes les excisions aboutissant à perturber la sexualité et le déroulement de la grossesse ou de l’accouchement doivent en revanche être interdits, selon eux.

Leur prise de position a suscité d’ores et déjà de très vives réactions. Ainsi du Pr Ruth Mackin du College de médecine Albert Einstein de New York, pour lequel « une tradition culturelle destinée à contrôler les femmes, même dans sa forme la moins nocive, doit être abandonnée ». Même réticences exprimées par Brian D. Earp qui redoute que l’autorisation d’excisions « minimalistes » aboutisse à un « fiasco », en multipliant les problèmes légaux, réglementaires, médicaux et sexuels.  Et, alors que les deux gynécologues de Cleveland comparent ces interventions « minimalistes » sur les femmes à la circoncision masculine qui est légale dans le monde occidental, ce chercheur américain en bioéthique préconise d’ailleurs une « attitude moins tolérante » face à la circoncision, soulignant que les enfants des deux sexes « ne doivent pas avoir leurs organes sexuels endommagés ou retirés avant qu’ils ne soient en âge de comprendre et de donner leur accord à ce type d’intervention ».

(avec AFP)

– See more at: http://www.legeneraliste.fr/actualites/article/2016/02/23/excisions-minimalistes-polemique-aux-etats-unis-autour-de-la-prise-de-position-de-deux-gynecologues-de-cleveland_289381?ecmp=NL_infodujour_20160223&nlToken=R5c1kcVn_rk9AoFqgx8E_njQVTHcLjmtKFRQ33QS2kFYRYnIJSjiJ282nePMtCNoSv_MHiwSQlQgAgA%3D#utm_source=gene&utm_medium=newsletter&utm_term=&utm_content=20160223&utm_campaign=NL_infodujour

Excision. Le jeudi 4 février 2016 colloque « comprendre et agir »

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Institut en Santé Génésique

Centre International de prise en charge des violences faites aux femmes

20 rue Armagis – 78100 St Germain en Laye

01.39.10.85.35. / 06.15.70.92.39.   

www.institutensantegenesique.org

Facebook : www.facebook.com/InstitutenSanteGenesique

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Sources images http://www.excisionparlonsen.org/   https://fr.wikipedia.org/wiki/Excision

On excise à tout âge, les femmes et les jeunes filles enlevées par Boko Haram au Nigeria seraient excisées.

Malgré l’adoption de la loi La pratique de l’excision demeure répandue dans certaines régions

http://www.dakaractu.com/Malgre-l-adoption-de-la-loi-La-pratique-de-l-excision-demeure-repandue-dans-certaines-regions_a62247.html

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A l’occasion de la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations sexuelles féminines,

 

Vous êtes invitée à la rencontredébat « Excision : comprendre et agir » organisée par la Direction Départementale de la Cohésion

Sociale des Yvelines, la Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l’Egalité d’IledeFrance et leurs partenaires.

« Excision : comprendre et agir »

Programme

Le jeudi 4 février 2016 de 8h30 à 13h dans la salle du conseil de la mairie de Saint-GermainEnLaye

(16 rue de Pontoise 78 100 SaintGermainenLaye)

8h30 -9h00

9h00 -9h15

9h15 -10h45

 

 

 

 

 

 

 

10h45 -11h15

 

11h15 -13h00

 

 

 

 

Accueil et inscriptions

Mot d’accueil officiel

Que sont les mutilations sexuelles féminines ?

Vidéo- témoignage

Définition, par le Docteur Pierre FOLDES, co-fondateur de l’Institut en santé génésique et chirurgien.

Etat des lieux, prévalence et causes, par Isabelle GILLETTE-FAYE, Sociologue, Vice-Présidente d’Excision, parlons-en ! et Directrice de la Fédération Nationale GAMS.

Expertise de la France en matière de lutte et questions juridiques, par Maitre Linda WEIL-CURIEL, avocate au barreau de Paris et animatrice à la CAMS.

Échanges avec la salle

 

Pause-café

 

Comment agir ?

Vidéo- témoignage

Protection Maternelle et Infantile (PMI) des Yvelines

Nana CAMARA, Formatrice et Conseillère technique, Fédération Nationale GAMS et Marie VIGNIER-MENDY, infirmière scolaire, Les Mureaux.

Pierre FOLDES et Frédérique MARTZ, fondateurs de l’Institut en Santé Génésique.

Marion SCHAEFER, Déléguée Générale d’Excision, parlons-en !

Échanges avec la salle, vidéo- témoignage et clôture

.

Evénement modéré par Moïra SAUVAGE, Présidente d’Excision, parlons-en !

  PREFET DES YVELINES    

 

 

Violences contre les femmes. Colloque de l’Institut en santé génésique le 13 novembre 2015 avec Dr Pierre Foldès, Florence Foresti, Pr Roger Henrion, Me Luc Fremiot, Pr Jean-Paul Escande …

L’Institut en santé génésique fondé par Le Dr Pierre Foldès et Frédérique Martz sous le marrainage de Florence Foresti, organise son premier colloque sur les violences contre les femmes.

Le colloque tiendra place à Boulogne Billancourt

 HP Arcs de Seine
20, Quai du Point du Jour
92 100 Boulogne Billancourt

L’institut en santé génésique (ISG) siège à l’hôpital de Saint-Germain-en-Laye à côté de la clinique où le Dr Pierre Foldès répare les femmes victimes de l’excision, cette violence sexiste qui mutile pour la vie des millions de femmes dans le monde dans le seul et unique but de les soumettre en inscrivant la domination masculine dans leur corps.

L’Institut en santé génésique (ISG), intervient auprès des professionnels de santé pour les former à la détection de violences et prendre le relais de la pris en charge psychologique et sociale au sein d’une équipe pluridisciplinaire (médecins, psychologues, assistantes sociales …), sous la coordination de la directrice de l’ISG Frédérique Martz.

Ayant personnellement rencontré le Dr Foldès et Frédérique Martz sur leur lieu d’exercice à Saint-Germain-en-Laye j’ai pu apprécié leur qualités humaines, leurs compétences, leur générosité, leur sincérité, leur dévouement et leur ouverture d’esprit. Ce premier colloque devrait relancer la nécessaire lutte contre les violences faites aux femmes fondée sur une discrimination intemporelle et universelle à laquelle nous sommes trop habitués pour prendre les mesures nécessaires à son abolition.

La Connectrice

http://www.institutensantegenesique.org/

NUMERO D’APPEL DE L’ISG : 01.39.10.85.35.

20 rue Armagis, 78100 Saint-Germain-en-Laye

Au coeur des violences : Quand les femmes mènent le débat ! PARIS 13 novembre 2015

https://www.facebook.com/InstitutenSanteGenesique

Programme du colloque du 13 novembre 2015

inscriptions ici avant le 1er novembre

Comment venir ?
HP Arcs de Seine
20, Quai du Point du Jour
92 100 Boulogne Billancourt
Transports en commun :
> Métro ligne 9 : Porte de Saint-Cloud 7 mn à pied
> RER ligne C : Station Issy Val de Seine
> Tram Val de Seine T2 : Station Issy Val de Seine
> Bus : Paris 22, 62, 72, PC – Banlieue : 39, 72, 126, 175, 189, 289, 323 et réseau urbain de Boulogne
> Station de vélib’ : en pied d’immeuble
> En voiture :
• A 150m du Boulevard périphérique pour rejoindre rapidement les autoraoutes et aéroports
Liaison rapide avec la Défense et les Quartiers d’Affaires de Paris par la Voie Express Georges Pompidou
• Parking à proximité : parking Point du Jour
Place Abel Gance 92 100 Boulogne-Billancourt

Informations :
contact@isg78.org ou 01 39 10 85 35
Inscription :


• par retour du bulletin d’inscription avant le 1er novembre 2015, accompagné du règlement à l’adresse suivante :
Institut en Santé Génésique / Colloque 2015
20 rue Armagis – 78100 Saint Germain en Laye
• ou sur place en fonction des places disponibles,
(règlement de l’inscription uniquement par chèque bancaire)

Reconstruction du clitoris. Comment ça se passe. Rencontre avec le Dr. Pierre Foldès et Frédérique Martz

Publié le

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Le mobilier et la décoration de ce lieu de rencontre provient de dons en soutien à l’action de l‘Institut en santé génésique.

Les femmes se réunissent dans le coin salon du bureau de Frédérique Martz, directrice de l’Institut en santé génésique fondé avec le Dr Pierre Foldès pour donner la parole à toutes les femmes victimes de violences et, en particulier celles qui ont été excisées et qui entreprennent ou non une démarche de reconstruction du clitoris et de tout ce qu’il y a autour, c’est à dire une femme.

J’ai eu l’honneur et la chance d’être reçue par le docteur Pierre Foldès et sa collaboratrice Frédérique Martz.

Pendant des années, Pierre Foldès a travaillé seul. Une rencontre avec Frédérique Martz, ancienne cadre d’industrie, a permis de fonder l’Institut en santé génésique qui a pour objectif d’informer et soutenir les femmes victimes de violences, de les écouter et, surtout de leur donner la parole seules ou en groupe. L’excision et sa réparation constituent l’une des activités de l’Institut de santé génésique.

Le docteur Foldès répare l’excision dans sa clinique de Saint-germain-en laye tandis que Frédérique Martz et ses collaboratrices bénévoles accompagnent les femmes dans leur reconstruction physique et psychologique. L’institut est installé dans l’hôpital à deux pas de la clinique, ce qui permet au chirurgien et à sa collaboratrice de s’entretenir de chaque cas afin d’entourer la patiente du mieux possible comme lui rendre visite à son réveil après l’opération.

140 millions de femmes excisées dans le monde dont 120 millions atteintes de fistules vésico-vaginales (FVV) aussi appelée fistule obstétricale) qui se forment au moment de l’accouchement et sont la conséquence directe de l’excision car la rigidité des tissus mal cicatrisés empêche la sortie normale du bébé. Nous ne nous en rendons pas compte lorsque nous sommes « normales’ mais la mobilité et la souplesse des chairs qui recouvrent le pubis, l’entrée du vagin et le périnée sont indispensables pour avoir des rapports sexuels sans douleur et pour expulser le bébé sans l’abimer et sans déchirer tout ce qui se trouve entre notre entre-jambes. L’excision entraine des cicatrices qui rigidifient les tissus, avec des adhérences qui empêchent leur mobilité naturelle et un déplacement du clitoris restant vers le haut du pubis. Reconstruire le clitoris, c’est aussi redonner à la vulve, au pubis et au périnée leur souplesse et leur mobilité d’origine.

Pierre Foldès a reconstruit 3 000 femmes et en a reçu 15 000.Le choix de la reconstruction du clitoris n’est pas toujours facile à cause de la pression sociale et chaque femme a besoin de temps pour faire ce choix. Beaucoup le font en cachette de leur famille et celles qui sont découvertes risquent le rejet et pire encore, une nouvelle excision éventuellement beaucoup plus profonde et cruelle quand elle est faite à l’hôpital par un chirurgien. Un chirurgien londonien s’est spécialisé dans l’ablation totale du clitoris après sa reconstruction. En effet, lors d’une excision traditionnelle les racines du clitoris ne sont pas coupées ce qui permet une reconstruction satisfaisante.

L’anatomie du clitoris

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A gauche, le clitoris au repos. En violet l’entrée du vagin et en jaune l’urètre. A droite, le clitoris pendant la pénétration : lorsque le vagin est élargi les racines et l’extrémité du clitoris (le gland) grossissent et durcissent à l’image du pénis. Source images http://controverses.sciences-po.fr/archive/pointg/index.php/making-of/images/ 

Lors d’une pénétration pénienne, c’est le clitoris qui est stimulé, à travers le vagin (l’uretère, lui, n’est pas très vasculaire).

Le clitoris est complètement étiré, écarté. En plus ça gonfle tout ça, car il y a des phénomènes vaso-moteurs d’excitation, donc ça peut doubler de volume, ce qui fait qu’un bon paquet est appliqué sur la verge.

Le point G est une zone agréable parce que le clitoris est stimulé en interne. Odile Buisson, gynécologue http://controverses.sciences-po.fr/archive/pointg/index.php/making-of/videos/index.html

Le clitoris est un organe méconnu. Il mesure environ 11 cm, ses racines entourant l’entrée du vagin.

Au moment de l’excision, l’exciseuse coupe la partie visible du clitoris, c’est à dire le gland. Pendant la cicatrisation, laquelle peut durer longtemps, surtout s’il y a infection et si la victime se livre à des activités physiques, un amas cicatriciel assez volumineux se forme à l’endroit de la coupure et le clitoris remonte et va se loger sous le pubis. La cicatrisation va figer la vulve et la coller à l’os du pubis alors qu’elle est normalement mobile pour donner de l’aisance aux mouvements et pour permettre la sortie du bébé lors de l’accouchement.

C’est le manque de mobilité de la vulve qui rend les accouchements difficiles avec pour conséquence une fistule vésico-vaginale, c’est à dire une communication invalidante entre la vessie et le vagin.

Lorsque l’excision est suivie d’une infibulation, c’est à dire la fermeture du vagin en laissant un minuscule espace pour l’évacuation des menstrues, les conséquences sont encore plus graves car le mari ouvre au couteau le sexe de sa femme quand il le désire provoquant chaque fois de nouvelles blessures suivies de nouvelles cicatrisations qui aggravent la rigidité de la vulve.

La consultation

La consultation du docteur Foldès ne ressemble pas à une consultation gynécologique. La table d’examen est simple, sans étriers, la patiente enlève seulement le bas et le médecin lui demande de rapprocher ses chevilles, un mouvement qui fait remonter la vulve et lui permet en une dizaine de secondes et secondé par une puissante lumière dirigée vers le sexe, de faire son diagnostic. Puis le chirurgien prend, en face à face, le temps d’expliquer à la patiente l’état de sa mutilation et comment il entend la réparer.

Certaines patientes sont surprises par la rapidité du diagnostic car elles ignorent que Foldès a examiné des milliers de femmes et qu’il en a reconstruit des milliers. Elle ignorent également que Pierre Foldès fut un brillant étudiant en médecine, qu’il a opéré des victimes de guerre, qu’il est également chercheur et développeur. Non seulement il a mis au point la méthode de reconstruction du clitoris mais il a développé les outils comme, par exemple, un fil spécial se résorbant plus lentement que les fils chirurgicaux habituels et un échographe dédié qui permet une vision très précise de l’organe.

Certaines patientes trouvent que le chirurgien est peu amène. Elles oublient qu’elles sont arrivées avec deux heures de retard (l’heure « africaine ») ce qui bouleverse l’organisation du service et que le chirurgien travaille 90h/semaine 7 jours/7.

Dans ces conditions, on peut comprendre que parfois, le chirurgien réserve son énergie à la chirurgie plutôt qu’à la communication. Et c’est d’ailleurs là qu’intervient Frédérique Martz et son institut en santé génésique. Ce complément de soins a été voulu par le Docteur Foldès qui, on le comprend aisément ne peut être à la fois au four et au moulin mais ne laisse pas pour autant tomber les femmes avec leurs questions.

Le suivi psychologique de la patiente, y compris les échanges avec ses semblables fait partie intégrante du processus de réparation et les femmes qui s’y dérobent risquent de s’inquiéter inutilement. On peut toutefois comprendre que certaines ne trouvent ni l’opportunité ni le temps de se rendre à Saint-Germain-en laye. Reste le téléphone …01 39 10 85 35

L’opération

Lorsque la femme a mûri sa décision et arrêté son choix, elle prend rendez-vous pour l’opération qui se fait en ambulatoire. Elle rentre à la clinique le matin et ressort le soir. Il est conseillé de se faire accompagner car même si l’anesthésie est légère, elle est générale. Le Dr Foldès a observé que lorsque la patiente écoutait de la musique africaine de son pays, elle était plus détendue et l’anesthésie nécessitait moins de produit pour l’endormir. En conséquence le réveil était plus facile.

La patiente rentre à la clinique le matin et en sort en début de soirée. L’intervention prend une quarantaine de minute. La patiente est ensuite conduite dans une chambre pour récupérer de l’anesthésie.

Dans la plupart des cas, le clitoris est entier sous la peau mais déformé par la mutilation. Le chirurgien va chercher l’extrémité blessée du clitoris sous le pubis et nettoie la masse cicatricielle (l’équivalent d’une croûte sur un genou bien écorché) et remet le clitoris à sa place, juste au dessus de l’urêtre. En même temps, il dégage les adhérences qui annulent la mobilité de la vulve et répare les éventuelles déchirures de la vulve et du périnée. Il peut être nécessaire aussi de réparer les petites et grandes lèvres, surtout dans le cas de l’infibulation quand la vulve a été cousue.

Le Dr Foldès m’a montré une vidéo dans laquelle j’ai vu une vulve complètement fermée par la peau qui avait repoussé après l’infibulation. Le bistouri incisait la peau lisse et noire laissant apparaître les muqueuses rosées des lèvres et de la vulve. Il a insisté sur le fait que même après l’excision et l’infibulation, tout est là pour permettre la reconstruction. Bien entendu, le chirurgien doit parfaitement connaître l’anatomie de la femme pour réussir l’opération, ce qui est assez rare car réparer les femmes excisées ne rapporte pas d’argent, la plupart étant sans moyens financiers.

Les suites opératoires

Une opération chirurgicale n’est jamais anodine. Outre l’anesthésie, les chairs entamées et recousues doivent cicatriser et les organes concernés doivent reprendre leur place.

Nous avons vu qu’après l’excision l’extrémité restante du clitoris était remontée sous le pubis et avait formé une cicatrice assez volumineuse. Une fois l’amas cicatriciel ôté et le clitoris descendu à sa place, il reste la cavité qu’il avait creusée en se rétractant sous l’agression du couteau de l’exciseuse, un trou qui va progressivement se résorber jusqu’à disparaître. Les femmes qui n’ont pas eu de consultation psychologique avant l’opération et qui ne respectent pas la consultation post-opératoire s’affolent par manque d’information sur le « trou », les écoulements, les fils et le processus de guérison.

Ce processus est expliqué en détails dans ce document de Frédérique Martz, collaboratrice du docteur Foldès https://laconnectrice.wordpress.com/2015/05/06/excision-la-reconstruction-du-clitoris-ce-quil-faut-savoir/

Les chairs ayant été coupées, elle sécrètent un liquide constitué de lymphe et de sang, une réaction à la chirurgie (commune à toutes les opérations chirurgicales), un écoulement plus ou moins abondant pendant plusieurs jours. Parfois ces écoulements dégagent une odeur forte mais c’est normal. Il suffit de se laver plus souvent pour éliminer l’écoulement et son odeur spécifique.

Le « trou » et les « écoulements » appartiennent au processus de cicatrisation et vont aller en s’amenuisant au fil du temps.

Aucune femme ne ressemblant aux autres, certaines peuvent avoir de fortes douleurs, d’autres pas. Le temps de cicatrisation est aussi variable d’une femme à l’autre et il est conseillé d’être prudente en ne se comparant pas aux autres femmes même si elles ont reçu le même diagnostic émanant du même chirurgien avec la même intervention. Se comparer aux autres femmes risque de vous saper le moral. Respectez votre propre rythme de guérison physique et mentale. Sachez aussi que pour compléter votre guérison vous devez pouvoir parler avec des spécialistes, comme celles de l’Institut en santé génésique, qui vous guideront dans votre convalescence et répondront aux questions qui vous viennent à l’esprit, notamment sur la reprise d’une vie sexuelle épanouie.

Le coût financier

En Afrique, des ONG comme « Clitoraid » (cette organisation fondée par les Raéliens est une secte dont les objectifs sont douteux), MSF ou MDM opèrent les femmes gratuitement. En France, le Dr Foldès s’est battu pour que la réparation de l’excision soit remboursée par la sécurité sociale mais beaucoup de femmes d’origine africaines ne disposent que de la CMU ou de l’AME (Aide médicale d’Etat pour les résidents sans papiers). Pour sa part, l’Etat rechigne à rembourser la réparation de l’excision aux acteurs de la santé.

Pour ma part, je pense que les états qui autorisent l’excision ou qui ne font pas appliquer les lois contre l’excision devraient payer pour sa réparation et les dégâts qu’elle cause aux enfants (c’est une violence intolérable), aux femmes et aux bébés qui pâtissent d’accouchements rendus difficiles et dangereux du fait de cette mutilation. Ces pays irresponsables devraient également assumer le coût social et humain de l’excision comme en Éthiopie où les femmes rendues incontinentes parce que victimes de fistules obstétricales sont répudiées par leur mari et bannies de la société parce qu’elles « sentent mauvais » comme le montre cette vidéo

Maintenant, si vous disposez de quelques moyens, je vous invite à faire un don à l’Institut en santé génésique qui fait un travail remarquable en collaboration avec le militantisme concret et actif du Dr Foldès. http://www.institutensantegenesique.org/#!nous-soutenir/c1ewc

La Connectrice

Pour en savoir plus

Vulve non mutiléeNymphectomie partielle supérieure

Excision . La reconstruction du clitoris. Ce qu’il faut savoir.

Publié le
Après que vous ayez pris conscience d’avoir été excisée et avoir constaté que vous étiez mutilée, après des années d’hésitation et de réflexion, vous avez décidé de vous faire reconstruire.
Maintenant, vous venez de subir une reconstruction du clitoris avec la réparation de l’excision qui a pu aussi abîmer votre urètre , vos grandes et petites lèvres génitales et votre périnée.
Chaque femme est un cas particulier pour laquelle votre chirurgien a choisi la meilleure solution et vous a expliqué comment il allait réparer votre mutilation. Il vous a sans doute été proposé de rencontrer des infirmières et des psychologues pour répondre à toutes les questions que vous vous posez avant l’opération. Après l’opération, vous vous posez encore d’autres questions.
Frédérique Martz, directrice de l’Institut de santé génésique travaille en collaboration avec le Dr Pierre Foldès qui est l’inventeur de la technique de réparation du clitoris et continue à la transmettre à d’autres médecins, en particulier en Afrique où il séjourne régulièrement.
Frédérique Martz a rédigé le document qui suit afin de conseiller et guider les femmes qui ont entrepris une reconstruction.
Toutefois, la lecture de ce document ne vous dispense pas de vous rendre à la consultation post opératoire, trois semaines après l’intervention.
En cas de doute, il vous est vivement conseillé de consulter votre chirurgien ou ses collaboratrices.
La Connectrice
Environ 3000 femmes ont déjà choisi la chirurgie pour faire réparer leur excision. Leur expérience et leur suivi ont permis d’évaluer les bénéfices potentiels de cette intervention.
 
LE CHOIX DE LA CHIRURGIE
La chirurgie est incluse dans un parcours de prise en charge psychologique pré/ et post opératoire, qui est proposé au sein de L’Institut en santé génésique. C’est un moment privilégié et qui se veut rassurant, le recueil des émotions est essentiel. L’Institut en Santé Génésique permet également de maintenir un lien jusqu’au premier RV post-opératoire à 3 semaines, période souvent très anxiogène du fait des différentes manifestations post-opératoires.
 
La consultation post opératoire à 3 semaines est indispensable: si ce rv n’est pas respecté, il a pour conséquence une situation de stress et d’incertitude quant à la « réussite » de la chirurgie: la consultation du chirurgien en post opératoire permet de rassurer, et de franchir les premières étapes  du parcours de reconstruction globale. Elle est suivie immédiatement d’un rv avec une psychologue pour poursuivre la prise en charge de l’impact psychologique de l’excision.

La femme attend de la chirurgie une réponse immédiate.  mais…
 
…IL N’Y A PAS DE CHIRURGIE SANS DOULEUR et MANIFESTATIONS POST OPERATOIRES
 il est, nécessaire lors des premières consultations, et lorsque la chirurgie est choisie, que la femme intègre et accepte les conséquences normales que sont les douleurs post-opératoires. C’est une chirurgie, avec des étapes inflammatoires, qui surprennent souvent, : les sutures, les douleurs, les écoulements et saignements. Tant que la cicatrisation cutanée n’a pas démarré, la région reste sensible et des jours de repos sont conseillés.
– L’impatience fait partie  d’un processus de revendication d’être immédiate une « nouvelle femme », une émotion qu’il faut modérer pour ne pas ressentir des moments de déception. Il faut savoir être patiente, parce que l’évolution n’en sera que plus positive et évidente.
Les soins ne doivent pas être négligés, car ils contribuent à une meilleure cicatrisation, également plus rapide. Ils doivent être plus fréquents que d’habitude, s’il y a une situation d’inconfort (odeurs dues aux écoulements…). Les témoignages recueillis à l’Institut en Santé Génésique, de plus de 130 femmes par an, évoquent biensûr les inconforts décrits par de nombreuses femmes, mais toutes disent s’être imposées une hygiène plus fréquente pendant la période de cicatrisation.
Les différentes étapes de la cicatrisation sont décrites dans le document qui est remis par le Dr Foldes, lors de l’entretien, avant le départ de l’Hopital / la Clinique.
Les soins apportés en post opératoire sont aussi douloureux psychologiquement, parce que les femmes sont surprises par l’évolution : premier contact douloureux lors des soins, changement de couleur, modification de la taille du clitoris tout au long de la cicatrisation, « nouveau sexe » dont il faut s’approprier l’esthétique… .

 LA REPRISE D’UNE VIE SEXUELLE NE PEUT ETRE IMMEDIATE
L’amélioration de sa vie sexuelle est un des objectifs, mais elle ne peut être immédiate, surtout pas pendant la période de cicatrisation.
Le désir d’avoir des relations sexuelles épanouies, sans douleur, et ressentant du plaisir (orgasme) est légitime, mais il nécessite une implication totale de la femme, tant physique que psychique, et peut-être également l’implication du partenaire s’il y en a un. L’Institut en Santé Génésique reçoit le couple en post opératoire, afin de faire comprendre au partenaire le rôle qu’il peut jouer, et la place que sa partenaire lui donnera, au fur et à mesure de la reprise de leur sexualité de couple. Elle seule décide du moment. Ces différentes étapes seront accompagnées par la psycho-sexologue si nécessaire.
 
L’excitation est déclenchée par des stimulations physiques, psychologiques. lors des soins (massages réguliers qui sont préconisés après la 1er consultation post-opératoire à 3 semaines). On ne peut dissocier les stimulations physiques et psychologiques.
Les traitements cosmétiques et dermatologiques préconisés sont choisis et adaptés pour permettre une meilleure régénérescence des tissus. Le gland réimplanté va s’intégrer dans la vulve à sa position normale et prendra au fur et à mesure sa couleur noire, ou parfois un peu plus claire. Il ne « disparait » pas, mais devient beaucoup moins saillant. Il tend à devenir un gland clitoridien normal de 5 à 15 mm environ, recouvert par une fine peau lisse.
Le clitoris est habituellement cicatrisé vers 6 à 8 semaines,  il est encore insensible. C’est à ce moment que commence la rééducation de la sexualité. Celle-ci est indépendante de la chirurgie et se fait à long terme. Elle consiste en une mobilisation et une stimulation normale de l’organe, comme l’aurait fait (même insconsciemment) la petite fille non excisée. La stimulation du clitoris favorise l’afflux du sang nécessaire à sa bonne cicatrisation.
Pendant cette phase, on apprendra à repérer les modes de stimulation agréable/désagréable : individuellement et/ou avec le partenaire. La stimulation du clitoris peut conduire à un orgasme dont l’intensité et le mode de déclenchement peut changer après l’intervention chirurgicale. Sa durée est très variable, de trois mois à deux ans, et dépend de l’état antérieur et du suivi des recommandations.
Cette prise en charge mécanique de surface est absolument nécessaire à la bonne évolution de la cicatrice et à la mise en place des circuits neurologiques sensoriels.
Toute cette phase s’appuie sur des consultations chirurgicales régulières (à 3 mois, 6 mois, 2 ans) et psychologiques à l’Institut en Santé Génésique (à chaque rv pris auprès de chirurgien, et au mieux 1 fois par mois pendant 6 mois).
 
 Plus généralement, les difficultés sexuelles sont fréquentes chez les femmes:  1 sur 3 non excisée a des difficultés à avoir un orgasme et / ou une excitation sexuelle.
Les causes sont nombres: psychologiques, maladies, certaines prises de médicaments…
Chaque cas peut donc comporter plusieurs causes, qu’il faudra bien analyser afin de répondre le mieux possible à la demande d’une meilleure sexualité.
 
D’un point de vue anatomique, le clitoris est un organe complexe de plus de 11 cm, intégré au périnée féminin. Il est presque entièrement caché. On ne voit que la partie externe du gland.
Seule, une minime protubérance apparait, recouverte par le capuchon (repli de peau) et peu visible. Cette partie est plus saillante en stimulation.
Le clitoris n’a aucune fonction reproductive, mais sa stimulation augmente le plaisir sexuel de la femme et peut lui permettre d’arriver à l’orgasme. Sa stimulation va d’abord accélérer l’excitation sexuelle puis la lubrification. A partir d’un certain seuil de stimulation, l’orgasme peut se produire.
 
En conclusion, la réfection clitoridienne est maintenant une opération standardisée. Son succès dépend essentiellement du suivi post-opératoire à moyen terme et psychologique à plus ou moins long terme, parce que la reconstitution chirurgicale du clitoris ne suffit pas. Un accompagnement et un apprentissage sont nécessaires pour en retrouver sa fonction. 
Frédérique Martz, directrice de l’Institut en Santé Génésique

 

 
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Institut en Santé Génésique
20 rue Armagis – 78100 St Germain en Laye
 
 L’Institut en santé génésique accueille chaque jour des femmes victimes de violences (plus de 290 en 2014), et l’excision est l’une de nos préoccupations, mais pas que.

Une Egyptienne a du se travestir en homme pour nourrir sa famille

Publié le

Pendant quarante-trois ans, une Egyptienne s’habille en homme pour nourrir sa famille

Aujourd’hui âgée de 64 ans, Sisa Abu Daooh continue à cirer des chaussures à Louxor pour nourrir sa fille Houda et ses petits-enfants. Elle vient d’être honorée par les services sociaux de Louxor (The Social Solidarity Directorate of Luxor ). Source photo http://english.alarabiya.net/en/perspective/features/2015/03/17/Egypt-honors-mother-who-dressed-as-man-for-43-years-to-provide-for-family.html

Sisa Abu Daohh à la télévision égyptienne.
Devenue veuve pendant sa grossesse Sisa Abu Daooh , cette femme courageuse s’est travestie en homme pour transgresser les interdits sexistes de sa communauté. « « J’ai préféré travailler dur, porter des briques ou des sacs de ciment, cirer des chaussures, plutôt que mendier dans la rue pour gagner de quoi vivre et faire vivre ma fille et ses enfants, raconte-t-elle aujourd’hui à Al-Arabiya News. Pour me protéger des hommes, de leurs regards méchants et ne pas être stigmatisée à cause des traditions, j’ai décidé d’être un homme… de m’habiller comme eux et de travailler avec eux dans les villages où personne ne me connaissait. »
En 2013, l’Egypte remportait le triste titre de pire pays pour les femmes dans le monde arabe, selon une évaluation de la Fondation Thomson Reuters, derrière l’Irak, l’Arabie saoudite, la Syrie et le Yémen. Outre la discrimination dans le monde du travail et des salaires moindres, la quasi-totalité des Egyptiennes ont été victimes d’un harcèlement sexuel, jugé « endémique » dans un rapport des Nations unies réalisé en avril 2013…

En Égypte, près de 90% des femmes sont excisées malgré l’interdiction officielle.

Pour en savoir plus

  • Hélène Soumet. Les travesties de l’Histoire. Editions First, Paris mai 2014 , 255 pages. 19,95 €
  • Les ouvrages d’Hélène Soumet

www.helene-soumet.fr

http://www.amazon.fr/H%C3%A9l%C3%A8ne-Soumet/e/B004Z2TUF0

  • La discrimination des femmes est universelle et intemporelle. Les femmes ont toujours été soumises à la loi des hommes qui visait à les cantonner à la reproduction, leur service et leur  plaisir. Certaines, à toutes les époques de l’Histoire ont tenté d’échapper à leur condition subalterne en se travestissant en homme car, jusqu’au XXème siècle en Occident, il n’y avait pas d’autre alternative que tenir un rôle de femme ou tenir un rôle d’homme. Les attributions des unes et des autres étaient extrêmement précises et y déroger constituait un acte contre nature qui était sanctionné par les lois et les religions. En conséquence, le costume des hommes codifiait la virilité en s’inspirant des arts de la chasse et de la guerre tandis que celui des femmes était codifié pour limiter leurs mouvements afin qu’elles incarnent l’idéal féminin de grâce, de douceur, de maternité et de soumission…

Excision. En Egypte le tribunal sanctionne le père de la fillette décédée, le médecin et la clinique

Les Égyptiens sont des gens modernes. 97% des femmes sont excisées mais dans des cliniques et par des médecins, contrairement à ce que laisse supposer l’illustration de l’article. Alors que l’article 242 du code pénal égyptien sanctionne (légèrement) les exciseurs depuis 2008, c’est la première fois qu’un tribunal condamne le medecin qui a mutilé la jeune fille et son père qui l’a organisée ainsi que la clinique où a eu lieu le crime. Soheir al-Batea, 13 ans, en était morte.

Comme le précise l’article ci-dessous cette coutume barbare touche aussi bien les jeunes filles musulmanes que les jeunes filles chrétiennes (coptes) et trouve ses fondements dans des racines animistes identiques à celles qu’on retrouve dans toute l’Afrique, des pratiques qui datent d’avant les religions révélées mais qui sont en synchrétisme avec elles.

L’excision pratiquée en Egypte est dite aussi « sunna » ou circoncision féminine ou  Excision à minima ou « circoncision sunna » ou excision de type I selon la classification de l’OMS car c’est une excision circulaire du prépuce clitoridien, analogue à la circoncision masculine. En principe elle ne comprend pas l’ablation du clitoris.

 Ce que dit le Coran

Les Musulmans sont en désaccord sur la question de l’excision qui semble être plutôt une pratique sunnite. Récemment l’Etat islamique et Boko Haram auraient déclaré projeter d’exciser les jeunes filles et femmes chrétiennes qu’ils avaient enlevées.

Les différentes formes d’excision
DÉFINITION ET CLASSIFICATION

L’excision, également appelée Mutilations Génitales Féminines (MGF), recouvre « toutes les interventions incluant l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou autre lésion des organes génitaux féminins pratiquées pour des raisons non médicales » (Définition de l’Organisation Mondiale de la Santé).

Selon les pays, les coutumes et les ethnies, l’excision peut prendre diverses formes. La Déclaration commune OMS/UNICEF/FNUAP a classé les mutilations sexuelles féminines en quatre types :

Type I : ablation partielle ou totale du gland du clitoris et/ou du prépuce (clitoridectomie).

Type II : ablation partielle ou totale du gland du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans ablation des grandes lèvres (excision).

Type III : rétrécissement de l’orifice vaginal avec recouvrement par l’ablation et l’accolement des petites lèvres et/ou des grandes lèvres, avec ou sans excision du clitoris (infibulation)

Type IV : Toutes les autres interventions nocives pratiquées sur les organes génitaux féminins à des fins non thérapeutiques, telles que la ponction, le percement, l’incision, la scarification et la cautérisation.

Source http://www.excisionparlonsen.org/excision/

La Connectrice

Egypte: Le décès de Soheir al-Batea victime d’une mutilation génitale fait réagir la justice égyptienne (INTERVIEWS)

Publication: 27/01/2015 20h52 CET Mis à jour: 27/01/2015 20h52 CET
FGM 

Le 26 janvier, la cour d’appel égyptienne a condamné un médecin à 3 mois de prison ferme sur la base de la loi criminalisant la mutilation génitale. C’est la première fois qu’un tel jugement est prononcé depuis l’entrée en vigueur de cette loi en 2008.

L’opération ayant conduit au décès de la victime, Soheir al-Batea, âgée de 13 ans, l’accusé a également écopé d’une peine de deux ans de prison ferme assortie de travaux forcés et d’une amende.

La cour a en outre ordonné la fermeture de la clinique pour une durée d’un an. Le père de la fillette a écopé quant à lui de trois mois de prison avec sursis.

Ce jugement unique en son genre est le résultat des efforts du juge de la cour d’appel en vue de l’implantation d’une loi souvent remise en question. Cette loi qui avait vu le jour suite à un incident semblable prévoit une sanction pouvant aller jusqu’à deux ans de prison et 715 dollars d’amende.

Ce procès historique qui fournira dans le futur un précédent juridique en la matière est le fruit de la pression exercée par les Nations unies et les associations locales.

En effet, le programme « Mutilations génitales des femmes: accélérer le changement » initié par les Nations unies en collaboration avec les autorités gouvernementales égyptiennes et une coalition d’associations locales pour la lutte contre les mutilations génitales sont à l’origine de cette plainte, symbolisant une longue bataille en faveur de l’abolition des violences faites aux femmes.

Contacté par la rédaction du HuffPost Tunisie, l’avocat chargé de l’affaire et représentant du Centre des femmes pour l’orientation et la sensibilisation juridique, Reda Eldanbouki revient sur les débuts et l’évolution de l’affaire.

« L’importance de cette décision trouve son fondement dans le fait que c’est la première fois que l’article 242 du code pénal relatif à la criminalisation de la mutilation génitale est concrètement appliqué en Egypte. C’est surtout la première fois qu’un père est accusé et enfin jugé. Ceci est une réelle évolution dans la lutte contre les violences faites aux femmes »

 
 

L’avocat de la victime ajoute que le recours en appel était dû à la négligence du juge de première instance qui selon lui n’a pas accordé d’intérêt au dossier et qu’il décrit comme étant partial et influencé par les traditions rétrogrades qui l’ont poussé à prendre parti en faveur du médecin.

Pour autant, il existait une contradiction entre la conclusion du rapport du médecin légiste qui avait abouti à une mort causée par une allergie à un produit médical et le rapport du Délégué de la santé qui de son côté avait établi que le décès était le résultat direct de le la circoncision. Cette contradiction a permis au procureur de la République, soumis à la pression de la société civile et de la communauté internationale, de faire appel.

Le jugement favorable à la victime est survenu suite au réexamen du corps, prouvant les dommages subis suite à la mutilation des organes génitaux de la fillette et la nécessité de l’application de la peine appropriée en conséquence.

Magedy ElKhayat, chargé du plaidoyer de la communication de la coalition pour la lutte contre les mutilations génitales déclare à la rédaction:

« L’homicide involontaire n’est pas susceptible de prescription et il était donc de notre devoir de mener la bataille judiciaire jusqu’au bout. Le réel défi réside dans la nécessité de mettre fin aux agissements de ces prétendus médecins car les parents sont bien souvent ignorants, analphabètes ou inconscients. »

 Ce phénomène grave qu’est la circoncision des petites filles se produit en moyenne et selon les chiffres toutes le 15 secondes dans le monde.

En Egypte, l’UNICF a estimé récemment que 27.2 millions de femmes sont excisées c’est-à-dire environ entre 91% et 97% de la population féminine selon les différents organes de Nations Unies.

 
 

fgm

Bien que les chiffres demeurent alarmants, le recours à ce genre de pratiques est de moins en moins populaire. Les statistiques évoquent même une baisse pour compter74% de jeunes filles excisées entre l’âge de 15 à 17 ans surtout dans les régions urbaines.

La pénalisation de cet acte plutôt rituel que religieux a été remise en cause ces dernières années par des mouvements réactionnaire. En ce sens, l’ancienne députée islamiste Azza Al Garf, qui considère comme son parti la circoncision féminine comme étant une chirurgie plastique, avait déclaré:

« L’excision est une décision personnelle propre à chaque femme, en fonction de ses besoins. Si elle en a besoin, elle peut aller voir un médecin. »

 Cet avis n’est évidemment pas pris en compte par l’Organisation mondiale de la santéqui considère le FGM (mutilation génitale féminine) comme une intervention qui altère ou lèse intentionnellement les organes génitaux externes de la femme pour des raisons non médicales.

fgm

Walaa Ismail, jeune médecin et activiste évoque le besoin de lois plus strictes et surtout la nécessité d’exiger un suivi de ces nombreux cas, spécialement dans les régions rurales.

« La plupart des mes patientes ont de sévères problèmes en matière de relations sentimentales ou conjugales. Ceci est dû au trauma psychologique qu’elles ont subit ou à la suppression de leur clitoris. Elles sont inaptes à avoir des orgasmes optimaux et sont souvent répulsées à l’idée même d’avoir des rapports sexuels », a-t-elle déclaré au HuffPost Tunisie.

 PLUS:
Egypte: Les efforts du gouvernement pour exécuter la mutilation …

la pratique de l’excision/mutilation genitale feminine – UNICEF Office …

Polémique sur l’excision en Égypte – Les Observateurs – France 24

En rue ou à la maison, les Égyptiennes restent des proies trop faciles

Le sexe, un tabou qui fait mal aux Egyptien-ne-s

Comment mettre fin aux mutilations génitales féminines ?

 

La Connectrice. Vie du blog en 2013

Publié le

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2013 de ce blog.

Mes commentaires sur ces stats

Je déplore que les potins VIP attirent plus de monde sur mon blog que des articles de fond travaillés et documentés. Toutefois, je me réjouis de constater que des articles anciens sont régulièrement consultés. Je suis heureuse de rendre service à des personnes en difficulté qui recherchent des informations et, éventuellement des conseils et encouragements. Je pense aux majeurs protégés et à leur famille et aux femmes excisées.

Lectrices et lecteurs, sachez que vos encouragements, vos commentaires et vos visites me donnent envie de continuer à écrire des articles pour essayer de comprendre ce monde difficile, chaotique et cruel.

Je vous souhaite une année aussi bonne que possible.

La Connectrice

En voici un extrait :

 Ce blog a été vu 310  000 fois en 2013.

Attractions en 2013

Voici les articles les plus consultés en 2013. Vous pouvez voir tous les détails de l’année concernant ces entrées dans vos Stats.

Certains de vos articles les plus consultés ont été écrits avant 2013. Ils sont restés populaires, vous devriez en écrire d’autres sur ces sujets très appréciés!

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

Excision. Le clip de Latty, tragique et émouvant.

Gérard Penkhoss me signale le clip qu’il a réalisé avec la petite Latty, contre l’excision. Magnifique, émouvant, tragique mais un espoir pour mettre fin à cette coutume barbare, misogyne et inhumaine.

LC

bonjour

j ai écrit un slam contre l excision que j ai fait enregistrer à une jeune artiste Burkinabe de 10 ans qui se nomme Latty.
 
je viens de terminer le clip que j ai tourne de ce titre et l ai mis en ligne sur youtube.
 
je voulais vous demander si vous étiez interessée , soit pour mettre carement le clip sur votre blog ou du moins pour mettre sur votre blog le lien vers youtube de manière à ce que le plus de personnes possible puissent aller le visionner.
 
merci de votre réponse
cordialement
Gérard
 
le lien
 
LATTY contre l’excision: Le Clip http://youtu.be/6etE77Z_m9Q
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