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De la douceur dans ce monde de brutes : Maria Pages Compania de Séville

Publié le

giraint

Source image http://www.mariapages.com/

Maria Pages boude-t-elle la France ou la France la boude-t-elle ? Je n’ai trouvé aucune trace récente dans notre presse nationale de cette danseuse et chorégraphe de flamenco qui suscite l’engouement du public en Chine, au Japon, en Inde, au Liban, au Canada et partout où elle se produit avec sa troupe de danseuses, de danseurs, de chanteuses et de musiciens. Partie de Séville, elle parcourt le monde pour danser et jouer un flamenco qui transcende ses propres codes chorégraphiques pour les traduire en un langage universel, celui de l’âme.

En ce qui me concerne, j’ai toujours trouvé le flamenco aride et rébarbatif parce que je suis ignorante de ses codes et que je ne vois que de la répétition et de la sévérité dans son expression chorégraphique et musicale. Imaginez-donc mon ravissement lorsque je suis tombée par hasard sur une représentation, fort bien filmée par ailleurs, de la Maria Pages compania.

Grâce à la misère de nos « grandes chaînes », j’ai zappé ce soir désespérément jusqu’au canal 225 où mon regard et mes oreilles ont été fascinés par des mouvements, des lumières et des sons inhabituels pour moi puisque je suis plutôt réfractaire au flamenco. Je suis donc littéralement « tombée » sur le spectacle « Utopia ». Imaginez une scène vide et noire où des spots colorés viennent chercher progressivement ou soudainement des musiciens, des chanteuses, des danseurs et des danseuses. Chorégraphies de groupe alternent avec les solos de la sculpturale Maria Pages qui délie de grands bras blancs souples et majestueux dessinant dans l’obscurité de gracieuses mais fermes arabesques. Étonnante Maria, mélange de feu et de griffes, d’éclat et de retenue.

Chorégraphie et lumières nous transportent la nuit dans un camps de gitans réunis autour d’un feu qui dore et dessine les silhouettes qui surgissent de l’obscurité pour se transformer en personnages qui dansent ensemble à la fois unis et séparés. Répartis côté cour et côté jardin, deux guitariste, , un violoncelliste, un percussionniste jouent rien que pour nous en soulignant les danses tour à tour joyeuses, endiablées et austères. Parfois joyeuse et légère, la musique prend des accents brésiliens avec des paroles du poète portugais José Saramago. Les mouvements d’ensemble font régulièrement place au numéro de l’imposante Maria Pages avec l’autorité naturelle que lui confèrent des hanches et une poitrine généreuses retenues par une solide musculature. Son solo en justaucorps noir, longue tresse de cheveux noirs et chaussures à talons noires est particulièrement surprenant,  masculine dans la force des mouvements mais féminine dans le dessin des seins et des hanches tels qu’on ne les voit jamais dans les ballets classiques. éclectique, j’apprécie autant le ballet romantique « Giselle » que le flamenco de Maria Pages, deux mondes et deux beautés pour le bonheur de l’âme.

Merci à TVSud pour cette découverte somptueuse.

Voir Maria Pages et sa troupe

Renommée dans le monde entier pour sa façon unique d’aborder le flamenco – elle a été parmi les premiers à y voir un art vivant en constante évolution – la célèbre danseuse de Séville (Espagne) présente Autorretrato, un autoportrait flamboyant créé à New York à la demande de Mikhaïl Barychnikov. Elle est accompagnée sur scène par six musiciens (deux guitares, un violoncelle, des percussions et deux voix) et huit danseurs. La pièce est ponctuée par la voix du regretté poète portugais José Saramago (Prix Nobel de littérature), ajoutant une coloration lyrique éclatante. Pour rester dans une veine poétique, ajoutons que Mariá Pagés possède un panache évident, livrant un flamenco parfaitement poli et éminemment personnel.

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