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Archives de Tag: génocide

Netanyahou : Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs, le grand mufti de Jerusalem l’y a incité. Scandale dans la communauté juive …

Avertissement

Cet article a été publié pour la première fois sur Riposte laïque où il a suscité de nombreux commentaire, souvent extrêmement agressifs, en particulier de chrétiens qui me reprochent d’avoir qualifié Hitler de « dictateur chrétien », j’aurais du écrire « de culture chrétienne » mais il ne s’agissait pas de séparer les bons chrétiens des mauvais comme on me le reproche, ce n’était pas l’objectif de l’article. Je replaçais les événements dans leur contexte historique, quand l’Allemagne et ses voisins étaient très majoritairement catholiques, protestants et orthodoxes et qu’ils s’entendaient pour persécuter les juifs.

De leur côté les représentants de la gauche israélienne n’ont pas de propos assez durs pour qualifier le rappel que fait Natanyahou de faits historiques. Ils ne m’ont pas convaincue, je persiste et signe.

La Connectrice

Rencontre entre Hitler  et Haj Amin al-Husseini, grand mufti de Jérusalem en 1941 en Allemagne

Source photo https://fr.wikipedia.org/wiki/Mohammed_Amin_al-Husseini

Scandale dans la communauté juive ! Le premier ministre israélien vient de déclarer dans son discours du 20/10/2015 au 37ème congrés sioniste que Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs. Ce disant, il ne fait que rapporter une opinion/information qui circule depuis longtemps.

Netanyahou dit s’appuyer sur les révélations du procès de Nuremberg qui accusa le grand mufti pour crimes de guerre: Au cours d’une rencontre avec le grand mufti de Jérusalem, le dictateur allemand aurait avoué qu’il voulait expulser les Juifs. Haj Amin al-Husseini aurait répondu « Si vous les expulsez, ils viendront tous ici ». Alors que devrais-je en faire ? rétorqua Hitler. « Brûlez-les » répondit Haj Amin al-Husseini. 

 De violentes réactions ont aussitôt jailli.  « Netanyahou a viré fou« , peut-on lire sur le site Extimités. Le chef de l’opposition israélienne, Yitzhak Herzog (Union sioniste) a réagi vivement en affirmant que Netanyahou faisait le jeu des négationnistes. Herzog a exigé que Netanyahou revienne sur sa déclaration, la qualifiant de « distorsion dangereuse de l’histoire ».

  • Le même jour, la chaîne 124news tentait de faire le point sur la polémique : L’historienne en chef du mémorial Yad Vashem pour la mémoire de la Shoah, à Jérusalem, a estimé que les propos de M. Netanyahu n’étaient pas « historiquement exacts ». « Ce n’est pas le mufti, même s’il avait des positions antijuives très extrêmes, qui a donné à Hitler l’idée d’exterminer les juifs », a déclaré Dina Porat à l’AFP.

« Cette idée est bien antérieure à leur rencontre de novembre 1941. Dans un discours au Reichstag le 30 janvier 1939, Hitler évoque déjà ‘une extermination de la race juive' », a-t-elle dit.

L’affirmation selon laquelle Husseini a été l’initiateur de l’extermination des Juifs d’Europe est avancée par un certain nombre d’historiens, mais a toutefois été rejetée par les plus grands spécialistes de la Shoah.

Cette théorie a récemment été développée dans un livre de Barry Rubin et Wolfgang G. Schwanitz, Nazis, islamistes, et la fabrication du Moyen-Orient moderne.

Les auteurs mettent en avant un lien direct entre le soutien du Mufti à Hitler et la politique de l’Organisation de libération palestinienne (OLP) sous Yasser Arafat.

Mais même ces deux chercheurs n’affirment pas que le dialogue décrit par Netanyahou a existé. Ils expliquent cependant qu’Hitler est arrivé à la conclusion d’exterminer les Juifs par sa volonté de soutenir Husseini, qui était opposé au transfert des Juifs en Palestine.

  • L’historien Elie Barnavi condamnait avec véhémence les propos de Benjamin NetanyahouComment rendre compte d’une telle prostitution de la Shoah ? Quel est le cheminement d’une pensée capable d’y aboutir ? C’est simple, hélas ! Dans la camisole de force politique où il se débat, « Bibi » fait feu de tout bois. Hier, pour prévenir l’accord nucléaire avec Téhéran, les Iraniens étaient accusés d’être les nouveaux nazis. Aujourd’hui, dans les affres des attaques au couteau qui mettent à mal le mythe de l’unité de Jérusalem, c’est le tour des Palestiniens d’endosser l’uniforme S.S., celui de Mahmoud Abbas de prendre la place du Grand Mufti.
  • Wikipedia s’est empressé de commenter son article de référence sur Husseini ce même jour  (on admirera sa réactivité …) : Instrumentalisation politique 

En octobre 2015, en s’adressant au congrès sioniste à Jérusalem le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou soutient que « Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs à l’époque, il voulait seulement les expulser », mais que c’est le Mufti qui l’aurait persuadé de les exterminer car il ne voulait pas les voir arriver en Palestine53. Cette prise de position entraîne immédiatement de vives critiques. Du côté israélien le chef de l’opposition travaillisteIsaac Herzog déclare sur sa page Facebook « il s’agit d’une distorsion historique dangereuse. Je demande à Netanyahu de corriger directement ses déclarations qui minimisent l’Holocauste, le nazisme et… le rôle d’Hitler dans la terrible catastrophe de notre peuple tant au sein de la société israélienne54 ». Du côté palestinien, Saeb Erekat déclare que c’est « un jour triste que celui où le chef du gouvernement israélien en vient à tellement haïr ses voisins qu’il est prêt à absoudre le pire criminel de guerre de l’histoire, Adolf Hitler, du meurtre de six millions de juifs au cours de la Shoah. M. Netanyahu devrait cesser d’utiliser cette tragédie humaine pour essayer de faire avancer son agenda politique55 ».

  • Si l’on en croit l’article ci-dessous paru dans Makor Rishon le 25/04/2014, Netanyahou n’est pas le premier membre de la communauté juive à faire le rapprochement entre l’extermination des Juifs et la contribution criminelle du Mufti Hadj Amin El Husseini, fondateur du « Mouvement national arabe »:

Paru dans Makor Rishon le 25/04b/2014
Par Yossi Dagan, Traduit par Mejir Ben-Hayoun

Dès la montée d’Hitler au pouvoir en 1933, le Mufti Hadj Amin El Husseini, fondateur du « Mouvement national arabe », s’est rendu chez le nouveau Consul d’Allemagne à Jérusalem. Lors de cette visite de « courtoisie », le Mufti a été la première personnalité à féliciter le Consul, et à l’informer que les musulmans de la Terre d’Israël et d’en dehors se félicitaient du nouveau pouvoir nazi et espéraient que ce type de régime fasciste et antidémocratique ferait tâche d’huile dans d’autres pays. Le Mufti et son escorte exprimèrent leur admiration envers l’Allemagne pour sa politique anti juive. Comme ils avaient compris qu’Adolf Hitler cherchait à se débarrasser des Juifs de son pays, ils lui demandèrent de tout faire afin d’empêcher toute possibilité d’émigration de Juifs allemands vers Eretz Israël. Cette rencontre fut le début d’une grande amitié nazie-arabe.

Mais on a commencé qu’au milieu de cette histoire. En 1933, les nazis étaient préoccupés à trouver solution au « problème juif » alors que le Mufti avait déjà de l’ancienneté dans ce domaine. Il avait incité les émeutes en 1920 qui avaient couté la vie à plusieurs Juifs. Il développa ces capacités lors des massacres de 1929 avec 133 juifs assassinés sauvagement. Par la suite, Husseini fut l’instigateur de la Grande Révolte arabe (1936-1939) qui couta la vie à 400 juifs dont une partie venait d’Allemagne. En 1936, Husseini fonda un mouvement arabe scout, les « éclaireurs nazis ».

Le Mufti a donc été le fondateur du Mouvement national arabe qui dès son premier jour se caractérisa par sa soif de sang juif. En 1937, Adolf Eichmann se rendit en Eretz Israël, mais n’eut pas le temps de rencontrer le Mufti du fait qu’il fut expulsé 24 heures après par les autorités britanniques. De là, Eichmann se rendit en Egypte où il rencontra les représentants du Mufti. Après l’assassinat du Gouverneur britannique de Galilée, El Husseini s’enfuit d’Eretz Israël pour Berlin. Il fit escale en Iraq où il s’occupa de ce en quoi il excellait, la rébellion contre les Britanniques et les pogroms antijuifs. Il inspira le célèbre « Farhoud » le massacre de Juifs à Bagdad.

Lors des années de guerre 1941-1944, El Husseini a séjourné à Berlin tout près d’Hitler et d’Eichmann. L’officier SS Dieter Wisliceny, l’assassin des enfants du village tchèque de Liditza et lieutenant d’Eichmann témoigna lors de son procès (ndlt : il fut extradé en Tchécoslovaquie où il fut jugé et condamné à mort en 1948) : « Le Mufti a joué un rôle majeur dans la décision du Gouvernement allemand d’exterminer les Juifs d’Europe. Lors de ses rencontres avec Hitler et avec Himmler, il revenait là-dessus sans arrêt, sur la nécessité d’exterminer les Juifs »

Ce témoignage a toute son importance du fait que les nazis ne s’étaient pas préparés à exterminer tous les Juifs dès le début, si ce n’est que de s’en débarrasser en les expulsant. Husseini les a pressés vers la solution de l’extermination totale qui fut décidée de façon définitive lors de la Conférence de Wansee en 1942.

http://www.liguedefensejuive.com/les-arabes-aussi-ont-leur-histoire-de-la-shoah-2014-04-29.html

  • Pourquoi cette affirmation serait-elle choquante ? Nous connaissons la haine ancestrale des Musulmans pour les Juifs réitérée chaque jour dans leurs prières et nous sommes au fait de la collusion malsaine des chrétiens avec les musulmans contre le bouc émissaire juif. Qu’un dictateur chrétien eut pactisé avec un dictateur musulman n’a rien de surprenant. Et qu’Hitler ait voulu ménager ses amitiés avec les musulmans en imaginant avec eux la solution finale afin que les Juifs ne puissent créer un état sur leurs terres ancestrales est une évidence que les historiens honnêtes sont capables de démontrer. Ce n’est pas parce que Husseini n’a pas organisé l »holocauste qu’il n’a pas ecouragé et soutenu Hitler dans son entreprise exterminatrice. Le contexte historique de la Shoah démontre à lui seul les liens historiques entre l’Allemagne nazie et l’antisémitisme musulman du Moyen Orient.
  • Contexte historique de l’alliance Islam/nazis

Insigne de la 13e Insigne de la 13e division de montagne de la Waffen-SS Handschardivision de montagne de la Waffen-SS Handschar. Cimeterre et croix gamée

Hadj Amin al-Husseini passant en revue une unité de la 13e division de montagne de la Waffen-SS Handschar (Silésie, novembre 1943). Il y avait alors au moins trois divisions (20 000 hommes par division) islamo-nazie.

La division Handschar était composée majoritairement de Musulmans bosniaques, en partie recrutés dans les rangs des milices autonomistes musulmanes …Contrairement aux autres divisions de SS, qui n’étaient pas particulièrement religieuses, la division Handschar est encadrée par des imams et des mollahs, et les soldats font régulièrement les prières musulmanes8. Himmler, une fois la troupe formée, s’intéresse de plus près à la religion musulmane, s’enquiert des rites et coutumes de ces soldats. Il déclare même que cette religion, qui promet le paradis aux soldats mourant dans l’honneur au combat, est bonne pour le moral des troupes.

 https://fr.wikipedia.org/wiki/13e_division_de_montagne_de_la_Waffen_SS_Handschar

En 1941, les Frères musulmans qui avaient infiltré toutes les régions du Moyen-Orient, en particulier la Syrie, l’Irak, l’Egypte et la Palestine avaient choisi de faire alliance avec Hitler pour se débarrasser des Britanniques, des Italiens et des Français. De son côté, l’Allemagne s’appuyait entre autres sur les populations musulmanes d’Europe et avait créé des régimenst bosniaques SS

En Syrie, alors sous mandat Français, les Allemands envoient des avions et des armes aux représentants du gouvernement de Vichy qui soutiennent les Frères musulmans contre les Britanniques. En 1940 la Syrie est encore française. Fidèle à Vichy, elle est l’objet de tractations entre Darlan et les Allemands qui obtiennent, lors du traité de Paris, en 1941, des bases aériennes : on est au sommet de la collaboration militaire entre la France et l’Allemagne. Les Anglais sont furieux et mènent très vite campagne, soutenus par les forces naissantes des Français libres. La Syrie est une tache dans la mémoire française : la campagne de Syrie (juin-juillet 1941) voit s’affronter Français fidèles à Pétain et FFL 

  • Les événements actuels donnent raison à cette « révélation » de Netanyhu qu’il démontre preuves à l’appui dans son discours au 37ème congrés sioniste du 20/10/2015.

Ces rappels de l’Histoire mettent en évidence la réislamisation des Palestiniens et le caractère évidemment djihadiste de cette troisième intifada.

Qui n’a pas compris que le jihad avance à grands pas dans le monde entier et dans tous les domaines (économie, idéologie, destabilisation des états par l’insurrection permanente, démographie, corruption, migrations musulmanes, etc.) court à sa perte.

Certains analystes pensent que Netanyahou vise le président de l’autorité palestinienne Abbas en évoquant Husseini. Ce pourrait être une manière diplomatique de viser l’Islam conquérant sans le nommer, une discrétion commune des politiques juives qui refusent de faire du conflit israélo-palestinien une guerre de religion.  Pourtant, l’actuelle intifada et la désobéissance arrogante des députés arabes israéliens pour se rendre sur l’esplanade des mosquées le vendredi de grande prière ne peuvent plus dissimuler qu’il s’agit du Jihad.

Les Juifs qui ne risquent pas la décapitation lorsqu’ils se démarquent de la doxa du judaïsme diplomatique feraient bien de réfléchir avant de s’insurger contre la déclaration du premier ministre israélien, comme celui qui a écrit Netanyahou a viré fou.

la Connectrice

NB Qui c’est celle-là qui se permet de juger des réactions juives sur les juifs ? celle-ci est la fille d’un juif polonais sioniste et socialiste survivor ( son témoignage a été recueilli par la Shoah Foundation) et d’une mère protestante qui a passé son enfance dans l’évocation de « l’odeur de hareng » des fours crématoires et a découvert l’art du tatouage sur les bras des rescapés de sa famille paternelle…Difficile de la soupçonner de négationisme ou de soutien sans réserves à Benjamin Netanyahou.

Lire aussi

  • Remarquable article de Véronique Chemla à propos de la diffusion du documentaire La croix gammée et le turban, la tentation nazie du grand mufti  (Turban und Hakenkreuz, Der Großmufti und die Nazis) de Heinrich Billstein. Allemagne, 2009. 53 minutes
    Diffusions les 9, 12 décembre 2009 à 14 h et 15 décembre 2009 à 9 h 55, 11 décembre 2012 à 10 h 35

http://www.veroniquechemla.info/2009/12/la-croix-gammee-et-le-turban-de.html

  • renee soued <alres@sfr.fr>

    À

    Media
     
    Aujourd’hui à 9h54 AM

Pakistan : encore un chrétien assassiné

Publié le

Shahbaz Bhatti, chrétien et ministre des minorités religieuses a été assassiné par des musulmans qui se disent talibans (voir le billet du Monde ci-dessous).

L’assassinat de chrétiens est monnaie courante au Pakistan. Régulièrement, des musulmans tirent sur les pratiquants à l’entrée des églises. D’aucuns, en France et ailleurs voudraient nous persuader que l’Islam est une religion de paix et d’amour, qu’il ne faut pas assimiler quelques fanatiques ignorants ou quelques musulmans islamistes à une majorité pacifique et tolérante.

Pourtant, les faits parlent d’eux mêmes. La grande majorité des pays musulmans est gouvernée par des dictatures militaires ou théocratiques. Les atteintes aux droits de l’Homme et à celui des femmes en particulier sont plus violentes et cruelles que dans les pays chrétiens. L’intolérance aux autres religions et civilisations est insupportable dans les pays musulmans où les chrétiens sont persécutés comme en Irak, en Egypte, au Pakistan, au Yemen, en Algérie, et dans plusieurs pays d’Afrique.

Rappelons que la Turquie, à majorité musulmane, refuse encore de reconnaître le génocide chrétien arménien et que les quelques chrétiens qui vivent encore en Turquie sont régulièrement harcelés et menacés. Les Turcs vivant en Allemagne pratiquent les crimes d’honneur et les mariages forcés au nom de l’Islam, ce qui permet aux Européens de refuser l’entrée de la Turquie dans l’Europe.

Chaque fois que des musulmans, où que ce soit dans le monde, assassinent ou persécutent des chrétiens, des hindouistes, des bouddhistes, des juifs ou des athées, l’islamophobie augmente. Le Pape a tout de suite réagi à l’assassinat de Shabbaz Batthi mais je n’ai pas connaissance à cette heure de protestations en provenance de l’oumma.

Alors, si on peut se réjouir des révoltes arabo musulmanes contre les dictatures, on est en droit de s’inquiéter de les voir saluées par des imams qui viennent diriger les prières de masse hebdomadaires comme on peut le voir en Egypte ou en Tunisie. Il est difficile d’imaginer qu’une dictature théocratique musulmane ne succédera pas à des dictatures militaires et népotiques.

S’il ne fait pas de doute que les révoltes musulmanes ont été déclenchées par la jeunesse instruite, cosmopolite, idéaliste et tolérante, il est à craindre qu’elle ne fasse pas le poids fasse à des masse maintenues dans l’ignorance et le fanatisme par l’Islam.

LEMONDE.FR avec AFP | 02.03.11 | 08h17  •  Mis à jour le 02.03.11 | 11h26

Des inconnus ont ouvert le feu et tué, mercredi 2 mars, le ministre des minorités religieuses pakistanais, le chrétien Shahbaz Bhatti, à Islamabad. Les talibans pakistanais ont revendiqué l’assassinat du ministre, expliquant leur geste par ses propos jugés blasphématoires. Des hommes armés ont tiré en rafale sur sa voiture dans un quartier huppé de la capitale, a indiqué un officier de police, qui précise que les assaillants, au moins deux hommes à moto, ont pris la fuite. « Il était mort à son arrivée à l’hôpital, on lui a tiré dessus », a déclaré à l’AFP par téléphone le docteurAzmatullah Qureshi, porte-parole de l’un des plus grands hôpitaux d’Islamabad, le Shifah.

Ce meurtre survient en pleine controverse dans ce pays musulman sur des velléités d’amendement d’une loi prévoyant la peine de mort en cas de blasphème et l’assassinat début janvier d’un gouverneur qui avait pris la défense d’une chrétienne condamnée à la peine capitale pour avoir « insulté » le prophète Mahomet. Shabbaz Bhatti, qui était l’un des défenseurs d’un amendement de la loi contre le blasphème et multipliait les déclarations sur les violences et intimidations dont est victime notamment la minorité chrétienne, se disait régulièrement menacé. Le Vatican, par la voix de son porte-parole, le Père Federico Lombardi, a qualifié mercredi d' »acte de violence inqualifiable » l’assassinat du ministre.

Le 4 janvier, en plein jour et devant le salon de thé d’un complexe commercial huppé d’Islamabad, Salman Taseer, le gouverneur du Pendjab, la province la plus peuplée du Pakistan, avait été criblé de balles par un policier du commando d’élite chargé de sa protection. L’assassin, qui avait invoqué le fait que Salman Taseer défendait une chrétienne condamnée à mort après avoir été accusée par des villageoises d’avoir insulté Mahomet et parce qu’il s’était fait l’avocat d’un amendement de la loi contre le blasphème, est devenu un « héros » aux yeux d’une grande partie de la population de la République islamique du Pakistan.

Depuis deux mois, les manifestations de soutien au policier et hostiles à toute modification de la loi se multiplient dans le pays ; et le gouvernement, sous la pression de la rue, répète inlassablement qu’il n’a aucune intention de soutenir l’amendement présenté par certains parlementaires.

Complément d’information sur Agoravox: http://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/pakistan-assassinat-du-ministre-89783

  • votes : 1

    Par Catherine Segurane (xxx.xxx.xxx.232) 2 mars 15:42

    Catherine Segurane

    Plus de détails, via le Los Angeles Times et l’Observatoire de la chrisitanophobie (http://www.christianophobie.fr/)

    Le ministre pakistanais des minorités Shahbaz Bhatti a été abattu mercredi en milieu de matinée devant son domicile à Islamabad. Ce chrétien, le seul du gouvernement, avait pris position contre la loi sur le blasphème. Il avait publiquement défendu la chrétienne Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème en première instance.

    Selon des témoins et la police, trois ou quatre hommes armés dans une voiture blanche Suzuki ont visé la berline noire de Shahbaz Bhatti. Plus de 50 coups de feu ont été tirés pendant plusieurs minutes. Avant de s’enfuir, les hommes armés ont disséminés des brochures sur la chaussée mouillée expliquant que le ministre avait été assassiné à cause de son opposition à la loi sur le blasphème. Des tracts signés par les talibans pakistanais et Al-Qaïda. Le chauffeur de Shahbaz Bhatti a survécu à l’attaque. Il a immédiatement conduit le ministre à l’hôpital de Shifa. Mais Shahbaz Bhatti est mort pendant le trajet.

    Wajid Durrani, inspecteur général de la police à Islamabad, a déclaré que le gouvernement fédéral avait attribué une escouade de gardes du corps pour protéger le ministre, mais qu’aucun garde du corps n’était avec lui au moment de l’attaque.

    Robinson Asghar, un proche de Shahbaz Bhatti a déclaré que le ministre avait maintes fois demandé au gouvernement fédéral une voiture blindée après l’assassinat il y a deux mois du gouverneur du Penjab, Salman Taseer, sans succès. Asghar, dont le bureau se trouve en face de la maison de Bhatti, s’est précipité hors de son immeuble quand il a entendu des tirs. Il a trouvé son ami affalé dans le siège arrière de la voiture, couvert de sang.

    « C’est quelque chose que notre communauté minoritaire jamais mérité », a déclaré Asghar, parlant de« honte pour toute la nation ».

    Le directeur du bureau de presse du Saint-Siège, le Père Federico Lombardi SJ a jugé ce matin qu’il s’agissait d’« un nouvel acte de violence d’une terrible gravité ».

    Ali Dayan Hasan, chercheur de Human Rights Watch, a qualifié le meurtre de Shahbaz Bhatti de « grave revers pour la lutte pour la tolérance, le pluralisme et le respect des droits de l’homme au Pakistan. »

    « Je condamne fermement le meurtre d’un membre du gouvernement qui était bien connu pour sa défense de l’égalité et des droits de l’Homme », a quant à elle déclaré Catherine Ashton, Haute représentante de l’Union Européenne pour les Affaires étrangères dans un communiqué.

    « Je suis également profondément préoccupée par le climat d’intolérance et de violence liée au débat sur les lois controversées sur le blasphème », a-t-elle ajouté.

    Catherine Ashton a demandé aux autorités pakistanaises « de faire tout leur possible » pour assurer la protection des membres du gouvernement et de la société civile qui demandent d’amender la loi contre le blasphème.

    Début décembre, des groupes terroristes avaient lancé une fatwa contre le ministre, le traitant d’« objectif légitime » devant « être tué en tant que complice de blasphème ».

    Le même mois, Shahbaz Bhatti déclarait à l’agence Fides :

    « Les menaces et les tentatives d’intimidation se succèdent. J’en prends toujours connaissance avec préoccupation mais la mission de ma vie est de protéger la liberté religieuse, les droits des minorités, la justice et l’égalitéje continuerai à le faire sans hésitation. »

    RIP.

  • votes : 2

    Par Catherine Segurane (xxx.xxx.xxx.232) 2 mars 15:46

    Catherine Segurane

    Voici aussi un article de Libération sur l’affaire Asia Bibi :

    http://www.liberation.fr/monde/01012309403-asia-bibi-la-conversion-ou-la-mort-au-pakistan

    On y voit que Shahbaz Batti aidait financièrement la famille d’Asia Bibi, dont le mari ne pouvait plus travailler suite aux persécutions.

    Vraiment, si quelqu’un ne méritait pas la mort, c’était bien Shahbaz Bhatti !


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