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Buttes-Chaumont. Gestion écologique désastreuse.

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Le clocheton de la mairie du XIXème à travers les arbres du parc avant le crépuscule

Le parc des Buttes-Chaumont est labellisé parc écologique. Étrange quand on constate la misère écologique de ce parc.

Certes, les jardiniers tondent les pelouses, les mettent au repos l’hiver, n’utilisent pas de pesticides, entretiennent les corbeilles de fleurs, nettoient les sous-bois et arrachent les mauvaises herbes mais cela ne suffit pas à préserver l’équilibre de la nature dans le parc. Ces soins ne tiennent pas compte de l’équilibre nécessaire à la flore autant qu’à la faune dont les insectes et les oiseaux aquatiques. Les herbes folles arrachées, les insectes pollinisateurs et les petits oiseaux disparaissent. Les oiseaux aquatiques et les petits rongeurs ne peuvent plus nicher dans les herbes touffues. L’absence d’algues nettoyeuses nuit au monde aquatique.

Foulque macroule dans son nid au lac daumesnil cernée par des détritus humains. Photo Jacline

Usagère et riveraine du parc, j’observe le déséquilibre écologique qui y règne au détriment de la vie.

Chaque  printemps, ma chienne broutait des graminées aux feuilles plates, genre blé en herbe. Elles on disparu cette année.

Habituellement,  le printemps voyait naviguer sur le lac plusieurs portées de canetons. Cette année, une seule canette était suivie d’une nichée de 9 petits. Hier soir, vers 19 h la canette traversait l’allée près du pont des suicidés sous l’œil attentif de trois mâles. L’un deux s’acharnait sur elle brutalement en lui pinçant la tête mais elle s’obstinait à poursuivre son chemin vers les plantes touffues qui bordent le lit du ruisseau qui sort de la grande grotte. Je m’en étonnais car je pensais que la saison des amours était passée. Alors que la canette progressait péniblement, toujours suivie de sa marmaille, une corneille fonça sur le groupe et se saisit d’un caneton. Elle s’écarta du lieu de son larcin et je criais pensant qu’elle allait lâcher le BB mais elle repris son vol le serrant dans son bec crochu de corvidé. Je compris alors que le canard qui agressait la canette voulait la dissuader de circuler à couvert. Une fois la maman canard dissimulée dans sa cachette, les trois mâles restèrent sur place comme s’ils montaient la garde.

De bas en Haut :mardi soir, les 9 canetons avant le drame, la femelle est sous le mâle qui s’acharne sur elle. La nichée s’est réfugiée sous les roseaux et les trois mâles montent la garde.Mercredi,  Les huit canetons survivants naviguent sans leur mère.

Je n’avais jamais vu de canette circuler à découvert avec sa portée. J’en déduis qu’elle n’avait pas trouvé de logis au bord du lac ou dans l’île où ont disparu toutes les herbes sauvages depuis le sévère nettoyage de l’hiver. Ce ménage drastique a mis en évidence l’ouverture du rocher qui permet de voir d’un côté de l’île comme de l’autre  bord offrant une belle perspective. Les arbustes morts ont été ramassée, les flancs du rocher débarrassés des plantes grimpantes qui nuisent à leur solidité et les arbustes et arbres qui le méritent ont été mis en valeur. Le nettoyage de l’île était nécessaire mais fallait-il le réaliser au détriment de la faune autochtone ? Le résultat est, qu’en ce début du mois de mai, il n’y a pas plus d’une quarantaine de canards, de poules d’eau (deux couples) et d’oies.

Des populations pléthoriques de prédateurs 

La prolifération des corneilles est une calamité pour les nids et les œufs. Elles dévorent tout sur leur territoire, y compris les nouveaux nés, ce dont j’ai été témoin hier. Elles retournent les poubelles et répandent partout des ordures. Normalement, La corneille nettoie la nature en la débarrassant des cadavres mais en surnombre elle devient prédatrice et détruit les reproductions.

D’énormes carpes seraient en surnombre dans le lac où elles dévorent les crustacés et tous les petits nutriments dont se nourrissent canards et autres oiseaux. Elles ont été introduite pour le plaisir des pêcheurs qui les remettent à l’eau ce qui ne régule pas leur population.

Canard colvert et Carpe - Buttes Chaumont_15 mai 2017

Carpe et colverts. Les carpes ont été introduites dans le lac pour le plaisir des pêcheurs. Photo Jacline

Odeurs nauséabondes

Le lac est toujours aussi sale et glauque, encore plus du fait de la construction d’un circuit hydraulique fermé réalisé à grand frais avec nos impôts. Problème, ce circuit filtre les bactéries nécessaires à l’assainissement naturel de l’eau. J’ai vu des jardiniers verser de gros sacs de bactéries pour compenser mais cela n’a pas été efficace. Fautes de bactéries et d’algues nettoyeuses, le lac et les cascades dégagent régulièrement des odeurs nauséabondes. Parfois, les cascades sont mises à sec afin que les jardiniers en nettoient le fond au jet d’eau mais l’effet est de courte durée et, comme l’été dernier, celui-ci  promet d’être puant.

L’eau du lac est glauque et décourage les oiseaux aquatiques qui y trouvent peu de nourriture, celle qui reste étant dévorée par d’énormes carpes

Le lac est pratiquement déserté,  on voit un couple de canards indiens, de l’autre côté du rôcher, un nid de foulques a été abandonné

Un couple de colverts cherchent les restes laissés par les carpes

A la puanteur des eaux s’ajoute celle des urines et excréments de poneys qui sont jetés dans les buissons et rendent certains bancs impraticables. Il existe pourtant des solutions dont celle en vigueur au parc du Luxembourg où les poneys sont stationnés sur une dalle de béton avec un dégagement vers les égouts et un point d’eau dédié.

Bien que des poubelles, des containers et des toilettes soient mis à la disposition des usagers du parc, certains d’entre eux se débarrassent de leur déchets pestilentiels dans les buissons où ils se cachent aussi pour crotter. Un bonheur pour les parents dont les enfants jouent à cache-cache dans ce semblant de nature.

A gauche ce héron cendré a perdu ses deux compagnons. A droite deux poussins de galinule ont échappé aux corneilles. Photos Jacline

Vacarme insupportable

Paradoxalement et bien que le bruit cause d’importants dégâts chez les humains (hypertension, maladies cardiaques, pathologies neurologiques et psychiatriques, etc.) comme parmi la faune et la flore, les écologistes n’encouragent pas la lutte contre le bruit, à commencer par les engins d’entretien de ce parc labellisé écologique. Les pelouses sont tondues à l’aide de petits tracteurs extrêmement bruyants qui tournent pendant des heures dès potron-minet. A l’automne, nous avons droit aux souffleuses motorisées car, aujourd’hui on ne ratisse ni ne balaye les feuilles mortes.

Autrefois, les oiseaux se nichaient dans les structures de kiosques à musique mais non seulement le parc a perdu son joli kiosque à musique mais il a été doté d’une sorte de tente réservée aux concerts électroniques rythmés par de puissantes basses qui font vibrer les fenêtres à cent lieues à la ronde. Alors imaginez l’effet dévastateur que ces vibrations causent aux petits oiseaux qui choisissent de quitter ce monde de tumulte pour des horizons plus calmes. Conséquence, Paris a perdu ses moineaux, ses rossignols, ses bergeronnettes, ses mésanges, ses pinsons pour laisser la place aux merles, aux pigeons et aux corneilles qui étaient pratiquement inexistantes il y a moins de dix ans.

Les bruits du parc s’ajoutent à ceux de la rue et de la mairie : circulation automobile, motos et scooter trafiqués pour vibrer sous les fesses du conducteur, mariages maghrébins au son de tambours, trompettes, vibration de grosses cylindrées, youyou, klaxons, hurlements d’ivrognes sortant des restaus et ginguettes du parc dans la nuit, etc.

Dans ce parc il y des passereaux, mais la question que l’ on peut se poser, quel est le taux de réussite des reproductions au milieu de l’ activité humaine ? dérangement, pollution sonore ; la pollution lumineuse tue les insectes vitaux pour le nourrissage des oisillons.

La direction des espaces verts tient des discours sur l’ écologie et la biodiversité qui sont en contradiction avec les réalités. Les parcs et jardins sont d’ une propreté mal placée (hormis les détritus humains) pas d’ herbe folle, de plante indigène, de graminée ce qui entraîne la disparition du moineau domestique  qui comptait au moins 200 individus aux Buttes-Chaumont dans les années 90. Tous les parcs et espaces verts de Paris sont désertés par les moineaux pour les mêmes raisons.

Puisque Nicolas Hulot vient d’être nommé ministre dans le gouvernement Phillipe, nous pourrons lui soumettre la désastreuse gestion écologique du parc des Buttes-Chaumont.

La Connectrice

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