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Comité consultatif national d’éthique : ces hommes qui gèrent le ventre des femmes avec la PMA et la GPA

Publié le

Ce soir, dans l’émission « Mots croisés », Najat Vallaud-Belkacen annonce que le Comité consultatif national d’éthique a été missionné par le Président de la République pour se réunir en septembre prochain afin de préparer un avis sur la PMA et la GPA.

On nous avait bien dit officiellement que la loi autorisant le mariage entre personnes de même sexe ne concernerait pas la PMA et, encore moins la GPA. Mais de leur côté, des militants homosexuels comme Pierre Berger ou Caroline Mécary avaient affirmé que la PMA et la GPA étaient la suite logique du « mariage pour tous » et que des procréations artificielles étaient l’objectif réel de la loi Taubira. Au cours d’un documentaire, d’autres  militants homosexuels rappelaient sans vergogne que lorsqu’ils réclamaient le PACS, ils visaient le mariage homosexuel. Tout est donc en marche pour le « meilleur des mondes » au détriment des enfants et des femmes.

Une fois de plus, des hommes vont décider du sort du ventre des femmes, ce qu’ils ont toujours fait à travers les âges en leur imposant un contrôle permanent sur leur sexualité, leurs enfants,  leur instruction, leur choix de vie, leur travail et leur liberté en général.

La composition du CCNE est édifiante : un président, 3 présidents d’honneur, 5 représentants  des principales familles philosophiques et spirituelles, 11 hommes « qualifiés sur l’éthique » (contre 8 femmes), 10 hommes appartenant au secteur de la recherche (pour 4 femmes). Soit au total 30 hommes et 12 femmes !

Pour une consultation « éthique » qui va se pencher sur le corps des femmes, leur santé physique et psychique, leur aptitude à enfanter, leur disponibilité à abandonner leur bébé à la naissance et le montant de la vente de leurs ovocytes et de la location de leur utérus, des risques inhérents à toute grossesse, de l’incidence de la prise d’hormones à haute dose pour favoriser les grossesses artificielles, c’est une majorité d’hommes qui n’ont jamais expérimenté une grossesse et qui ,grâce à ce privilège, ont pu faire une belle carrière à laquelle ils doivent l’honneur d’être éligibles à se pencher sur l’éthique, 30 mâles vont décider du sort des femelles. Comme quoi, la libération des femmes, l’égalité et la parité sont des chimères et il est beaucoup plus difficile de faire valoir et respecter les droits des femmes que ceux des homosexuels. L’égalité des droits, c’est encore et toujours pour les hommes.

Campagne contre l’avortement en 2009. Le fœtus est plus important que la femme. Les hommes décident pour son ventre et tout ce qu’il y a autour.

Membres du Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé http://www.ccne-ethique.fr/upload/composition-2012.pdf

Président : Jean Claude Ameisen
Présidents d’honneur : Jean-Pierre Changeux, Didier Sicard, Alain Grimfeld
—————————————————————————————-
Personnalités désignées par le Président de la République et appartenant aux principales
familles philosophiques et spirituelles
Michaël Azoulay
Ali Benmakhlouf
André Glucksmann
Xavier Lacroix
Louis Schweitzer
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Personnalités qualifiées choisies en raison de leur compétence et de leur intérêt pour les
problèmes d’éthique.
Régis Aubry
Christiane Basset
François Beaufils
Joëlle Belaisch-Allart
Sylvie Cazalot
Bernard Cazeau
André Comte-Sponville
Alain Cordier
Alain Claeys
Anne-Marie Dickelé
Frédérique Dreifuss-Netter
Claire Legras

Lucien Neuwirth
Philippe Rouvillois
Michel Roux
Dominique Stoppa-Lyonnet
Dominique Thouvenin
Michel Van-Praët
Bertrand Weil
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Personnalités appartenant au secteur de la recherche
Yves Agid
Marie-Germaine Bousser
Margaret Buckingham
Roger-Pol Droit
Pierre-Henri Duée
Patrick Gaudray
Jean-Pierre Kahane
Claude Matuchansky
Francis Puech
Alice René
Claude Sureau
Claudine Tiercelin
Didier Truchet
Jean-Louis Vildé

Avortement: les anti se mobilisent aux USA

Les Républicains, sous la houlette de Christopher Smith, demandent que des restrictions supplémentaires soient apportées à l’encadrement de l’avortement, notamment sur la définition de « viol ».

Ne seront plus considérés comme viols les rapports forcés sans violences physique. S’il en résulte une grossesse, la victime ne pourrait plus choisir d’avorter, si elle le souhaite.

Si la victime a été droguée, si elle a été violée par son petit ami, si elle n’a pas été blessée, elle ne sera pas considérée comme violée.

Déjà l’a dernier, les Républicains ont obtenu que l’argent des contribuables ne soit pas dévolu aux centres de planification familiale comme à tout ce qui touche à l’avortement. Les assurances médicales en tiennent compte.

http://www.nytimes.com/2011/01/30/opinion/30sun1.html

Les anti avortement français, ceux qui ont manifesté le dimanche 23 janvier à Paris, reprennent les mêmes arguments. Comme les Républicains américains, ils demandent la suppression des subventions dévolues au planning familial et l’abrogation de la loi Veil autorisant l’IVG.

Lire mes articles précédents:

https://laconnectrice.wordpress.com/2011/01/28/avortement-pas-une-obligation-un-droit-et-une-loi-12/

https://laconnectrice.wordpress.com/2011/01/28/avortement-pas-une-obligation-un-droit-et-une-loi-22/

Avortement: pas une obligation, un droit et une loi 2/2

Simone de Beauvoir , à l’occasion du procès de Bobigny ( « Les femmes s’entêtent » 1973) écrira

« Enfants délaissés, enfants martyrs, enfants abandonnés à l’Assistance Publique : la plupart des délinquants, beaucoup de criminels ont pris la vie par ce triste départ ; ce sont ces déshérités qui se pendent dans nos prisons ; souvent ils finissent leur vie dans des hôpitaux psychiatriques » .

Quand commence la vie?

On ne peut pas répondre à cette question sans distinguer la vie biologique de la vie sociale et, plus précisément de la vie humaine.

Une amibe est vivante, un moucheron est vivant, un spermatozoïde ou un gamète mâle est vivant, un ovule ou un gamète femelle est vivant. Dans certaines sociétés indiennes, on filtre sa respiration pour ne pas tuer des moucherons. Dans d’autres on proscrit la masturbation pour ne pas détruire la semence de vie. Dans de nombreuses sociétés, les femmes sont impures au moment des règles puisqu’elles perdent un ovule à cette époque de leur cycle de reproduction.

Du point de vue de la stricte biologie, toute graine fécondée porte en germe son programme de vie. Une noix deviendra noyer, un ovule de chatte deviendra chaton et un ovule de femme deviendra enfant. Pour aboutir, ce processus nécessite d’être accompagné du soutien, du support et de la contribution de son environnement sous peine d’échouer, soit d’avorter.

On ne peut donc pas dissocier le potentiel de vie du développement de cette même vie avec tout ce qu’il implique de contributions environnementales.

Beaucoup de religions considèrent que la vie humaine commence dès la fécondation et s’opposent à l’avortement au nom du respect de la vie. Dans le même temps, certaines d’entre elles sont favorables à la peine de mort, justifie la vengeance et légitime les guerres.

Il y aurait donc d’un côté une vie embryonnaire sacrée et une vie humaine respectable selon certaines conditions définies par des religions, des croyances, des convictions qui sont par définition discutables, relatives, culturelles, idéologiques et politiques.

Les 27 états qui composent la communauté européenne ont choisi de légaliser l’avortement, à l’exception de 5 d’entre eu: Andorra, Malta, San Marino (interdiction totale), Irlande (admis en cas de danger de mort), Monaco, Liechtenstein, Pologne (indication médicale restreinte). Ces pays catholiques sont très liés au Vatican et appliquent strictement les recommandations papales.

Législations sur l’IVG en Europe
Ind.méd. = indications médicales = avortement admis pour raisons médicales / Ind.soc. = admis pour raisons sociales / ind.eug. = admis pour malformation du foetus / ind.jur. = admis pour raisons juridiques (viol, inceste)
Modèles de « régimes du délai » (c.à.d. la décision appartient à la femme)
PAYS RAISONS, INDICATIONS POUR L’IVG DURÉE DU
DÉLAI
ENTRETIEN DE CONSEIL OBLIGATOIRE ? DÉLAI DE RÉFLEXION PRISE EN CHARGE DES COÛTS APRÈS LE
DÉLAI
PARTICIPATION DU PARTENAIRE ?
BELGIQUE Situation de
détresse définie
par la femme elle-même
14 sem. depuis les dernières règles Oui: par le médecin traitant qui peut faire appel à un centre d’information 5 jours Caisse-maladie partiellement Ind. méd. + eug.  2 médecins décident Aucune disposition
DANEMARK Requête de
la femme
12 sem. depuis les dernières règles Non: Informations par le médecin traitant Non Caisse-maladie Ind. socio-méd. + eug.  et jur. Un centre de consultation décide Aucune disposition
ALLEMAGNE Requête de
la femme
14 sem. depuis les dernières règles Oui: par un centre agréé ET le médecin traitant 3 jours Caisse-maladie seulement pour les femmes démunies Ind. socio-méd.  2 médecins décident D’accord avec la femme, le partenaire peut être invité à participer à l’entretien
FRANCE Situation de
détresse définie
par la femme elle-même
14 sem. depuis les dernières règles Oui: par le médecin traitant. OFFRE d’un entretien supplémentaire (obligatoire pour les mineures) 1 semaine Caisse-maladie Ind. méd. + eug.  2 médecins décident Aucune disposition
ITALIE « Ind.
médico-soc. », mais
c’est la femme elle-même qui la définit
90 jours (le début du délai n’est pas défini) Oui: Par un centre OU le médecin traitant 7 jours Caisse-maladie Ind. méd. + eug.  2 médecins décident Aucune disposition
PAYS-BAS Situation de
détresse définie
par la femme elle-même
24 sem. depuis les dernières règles Oui: par le médecin traitant 5 jours (excepté les IVG dans les 6 premières semaines) Caisse-maladie . Aucune disposition
NORVÈGE Requête de
la femme
12 sem. (le début du délai n’est pas défini) Non:
Informations par le médecin traitant
Non Caisse-maladie Ind. socio-méd.+ eug. 2 médecins décident Aucune disposition
AUTRICHE Requête de
la femme
4 mois depuis les dernières règles Oui: par le médecin traitant Non Caisse-maladie seulement en cas d’ind. méd. Ind. med.+eug., le médecin traitant décide Aucune disposition
PORTUGAL Requête de
la femme
10 sem. depuis les dernières règles Oui: par un 2ème médecin lors de la confirmation de la durée de la grossesse 3 jours ? Ind. méd. et viol jusqu’à 12 sem., ensuite ind. méd. et eug. strictes Aucune disposition
ESPAGNE
(dès 5.7.2010)
Requête de
la femme
14 sem. depuis les dernières règles Oui: par le médecin traitant 3 jours Caisse-maladie (?) Ind. méd., 2 médecins décident. Au delà de 22 sem. maladie très grave du foetus Aucune disposition
SUÈDE Requête de
la femme
18 sem. depuis les dernières règles Non.
OFFRE obligatoire d’un entretien
Non Caisse-maladie Après 18 semaines: « raisons particulières ». Une commission sociale décide Aucune disposition
SUISSE Situation de
détresse définie
par la femme elle-même
12 sem. depuis les dernières règles Oui. par le médecin traitant Non Caisse-maladie Ind. méd. et détresse psychologique grave Aucune disposition
PAYS D’EUROPE CENTRALE, DE L’EST ET DES BALKANS
(sans la Pologne)
Requête de
la femme
En règle générale, 12 sem. depuis les dernières règles Dans certains pays: oui Non Le plus souvent, la femme paye elle-même Ind. méd.-soc. et eugénique Aucune disposition
Modèles des indications (la décision est prise par des tiers)
ANGLETERRE Ind. médico-soc. Décision par 2 médecins 24 semaines depuis les dernières règles Non Non Caisse-maladie Danger pour la vie de la femme enceinte Aucune disposition
FINLANDE Ind. méd., soc.+eug. Décision en règle générale par 2 médecins 16 semaines Non Non Caisse-maladie Après 16 sem.,
ind. méd. uniquement
Le partenaire peut être entendu si cela peut être « utile »
IRLANDE Ind. vitale (danger de mort uniquement)
ISLANDE Ind.méd. + soc. larges. Décision par 2 médecins ou un travailleur social 12 semaines pour l’ind. sociale Conseils sur la contraception Non Caisse-maladie Aucune disposition
POLOGNE Ind. méd. très étroite, viol, malformation du foetus Aucun (12 sem. en cas de viol) Non Non ? Aucune disposition
ESPAGNE
(jusqu’au 5.7.2010)
Ind. méd. (aussi psycologique). Décision par 2 médecins,
interprétation libérale
Aucun (22 sem. en cas de malformation foetale, 12 en cas de viol) Non Non Caisse-maladie seulement dans les hôpitaux publics Aucune disposition
Sources: Eser/Koch « Schwangerschaftsabbruch im int. Vergleich », 1988.
Textes des lois nationales

http://www.svss-uspda.ch/fr/facts/europe.htm

La majorité des pays européens et occidentaux s’est donc ralliée au pragmatisme, à savoir que les femmes avortent depuis la nuit des temps, que’en dehors d’un contexte médical elles mettent leur vie en danger et risquent de devenir définitivement stériles ou de porter atteinte à leur santé. Faut-il en conclure que les femmes occidentales ne respectent pas la vie, qu’elles sont inconscientes et criminelles? C’est ce que pensent les catholiques observants et en particulier ceux qui, derrière l’organisation « En marche pour la vie » organisent chaque année une manifestation pour demander l’abrogation de la loi Veil.

http://enmarchepourlavie.fr/

Force est de constater, au regard des réalités, que le concept de « vie » est différend du concept de « vivant ». C’est tellement vrai qu’au moment de la mise au monde d’un bébé, la première interrogation des parents est « Est-il vivant »? Ensuite vient la question « Est-il normal », ce qui sous-entend « Est-il adapté à la vie sociale? ». Parce que pouvoir vivre, un être humain nécessite un certain équipement organique et un environnement favorable. Un bébé, a fortiori un foetus ou un embryon ne peut absolument pas survivre et vivre sans assistance et c’est là que le désir des parents et l’organisation sociale interviennent.

C’est l’incapacité d’un foetus, d’un embryon, d’un bébé à vivre en autonomie qui sépare les partisans de la légalisation de l’avortement des partisans « de la vie ».

Les sciences sociales dont le développement est relativement récent, nous ont enseigné combien l’environnement humain et naturel étaient importants pour l’être humain. Biologie, sociologie, économie, médecine, psychologie, psychanalyse ont contribué à comprendre et maîtriser l’évolution génétique de l’enfant.

La remarque de Simone de Beauvoir est toujours d’actualité et renforcée par toutes les études en sciences sociales. Le bébé meurt, dépérit, souffre, stagne et s’étiole s’il n’est pas nourrit de soins affectifs, éducatifs et matériels. Un bébé mal soigné deviendra un adulte souffrant, inadapté et peut-être dangereux pour autrui. Les prisons regorgent d’anciens enfants mal soignés. Les SDF sont souvent d’anciens bébés issus de familles nombreuses et pauvres qui ont été abandonnés par leurs parents, placés à la Ddass, parfois physiquement et psychologiquement maltraités dans les familles d’accueil mais aussi par des institutions et des institutionnels qui, les sachant non protégés ont pu abuser d’eux de mille manières.

Le pédopsychiatre René Zazzo a écrit: « la condition d’un bon détachement est un bon attachement. » Autrement dit l’autonomie et la socialisation de l’adulte dépendant de l’attention, de l’amour et des soins qu’il a reçus depuis sa naissance. La plupart des françaises et des français l’ont compris qui planifient les naissances et limitent le nombre d’enfants à celui qu’ils estiment avoir les moyens matériels et psychologiques de soigner.

(article en cours de rédaction)

QUAND LES FEMMES RICHES LOUERONT LEUR VENTRE AUX FEMMES PAUVRES

Publié le

A l’occasion de la discussion sur les lois de bioéthique, nos parlementaires, mâles pour la plupart, ont largement débattu de la procréation pour autrui, autrement dit de la location d’utérus ou de ce qu’on appelle sans rougir les « mères porteuses ». Dans le même temps, la philosophe Sylviane Agacinski publie un ouvrage dans lequel elle dénonce cette pratique qu’elle juge inacceptable. Et je partage son avis.

D’un côté, on a des couples qui, ne pouvant avoir des enfants naturellement mais souhaitant perpétuer leurs gènes et de l’autre on a des femmes dans la gêne qui se résignent à louer leur utérus et, forcément tout ce qu’il y a autour par la même occasion.
Dans une interview à radio BFM ce samedi 25 avril, Sylviane Agacinski expliquait qu’il y avait une convergence entre la technique médicale et la marchandisation du corps et que sans éthique, on pouvait se dire que, puisque la médecine peut le faire, alors quel mal y aurait-il à faire porter son enfant par une femme désireuse de « rendre service ».
Il est vrai que les femmes ont une grande familiarité avec la location d’une partie de leur corps, le vagin en particulier. Ne dit-on pas que la prostitution est le plus vieux métier du monde ? Avec la procréation pour autrui, on monte d’un niveau dans l’appareil génital féminin en passant du vagin à l’utérus.
Louer son vagin n’est pas chose facile pour une femme car, autour d’un vagin, il y a un corps et une tête, un coeur et une âme. Dans la majorité des cas, les femmes louent leur vagin parce qu’elles sont dans la misère et que, souvent elles y sont forcées. Cette activité n’est pas sans risques : esclavage, maladies, menaces physiques et détresse psychologique jugulée tant bien que mal par l’usage de drogues. Ce ne sont pas quelques call-girls épanouies qui feront oublier la souffrance dans laquelle sont vissées la majorité des prostituées.
Louer son utérus est humiliant dans ce qu’il ramène la femme à sa fonction innée de reproductrice, de « bonne qu’à faire des gosses ». C’est éprouvant physiquement car, pour se préparer à acueuillir un embryon, il faut prendre des hormones qui peuvent avoir de désagréables effets secondaires.
Pendant une grossesse, la physiologie du corps se transforme : des hormones se libèrent, la quantité de sang habituelle s’accroît considérablement et provoque souvent des varices, les seins gonflent et deviennent douloureux, le ventre grossit et la peau se tend, les risques de fausse couche développent des angoisses, certaines femmes ont d’importantes nausées, on encourt des risques d’éclampsie et de phlébite et j’en passe. De plus, une femme qui porte l’enfant d’une autre doit se soumettre à des règles d’hygiène de vie très contraignantes.
Pendant la grossesse, la porteuse sent le foetus bouger, elle vit en symbiose avec lui, elle communique, elle s’attache, de même que l’embryon va s’attacher à elle. Ils vivent l’un avec l’autre dans la plus grande intimité qui soit et en permanence.
L’accouchement comporte des risques même si la mortalité périnatale est faible en France. Il n’y a pas de risque zéro. Et puis l’accouchement est rarement une partie de plaisir car si l’anesthésie péridurale permet à la parturiente de ne pas souffrir, elle a toutes les chances de subir une épisiotomie pour faciliter la sortie du bébé. Cette incision de la vulve nécessite des points de suture et peut parfois mettre du temps à se cicatriser avec des douleurs conséquentes. De plus, si la délivrance nécessite une césarienne, il faut prévoir des douleurs et des cicatrices.
Après une naissance, presque toutes les mères éprouvent le « baby blues » et se sentent vides. Comment en effet passer d’une présence constante à l’intérieur de soi à un vide. Prendre son bébé dans ses bras, sentir son odeur, sa chaleur, lui parler et le caliner permettent de dépasser le baby blues mais quand on se sépare immédiatement du bébé, comment fait-on pour combler le vide physique et moral ?
Au cours d’un documentaire sur les mères porteuses en Inde, pratique courante et non réglementée là-bas, une femme disait qu’elle croirait à l’inocuité de cette pratique le jour où des femmes riches porteraient les enfants des femmes pauvres. On ne peut pas croire en effet que des femmes puissent librement choisir de louer leur ventre sans contrainte. D’ailleurs on sait bien que, chez les pauvres, le corps se vend bien, sous toutes ses formes et même mort. On peut acheter des reins, des poumons et des ovocytes. Et tout cela grâce aux progrés de la médecine. Nous vivons une époque vraiment formidable !
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