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Archives de Tag: harcèlement sexuel

Messieurs, vous désapprouvez les porcs ? Dites-le haut et fort !

La réaction contre le mouvement #balancetonporc a été rapide et violente. Et ce n’est pas fini car le dernier défenseur en date des hommes outragés est Donald Trump qui supporte mal de voir  accuser de violences conjugales plusieurs de ses proches.

Des hommes ont été nombreux à entrer en indignation et des femmes les ont suivis comme celles du magazine Causeur ou les signataires de la tribune dite Deneuve. Il me semble que si ces personnes avaient été de bonne foi, elles auraient reconnu que, oui, la plupart des femmes avaient été ou sont victimes de harcèlement sexuel, qu’ils ont été témoins de ces violences et de leurs conséquences néfastes et que la plupart du temps, résignés par « la banalité du mal » ils n’étaient pas intervenus et que souvent, dans les vestiaires, les réunions ou même en famille, ils avaient bien rigolé des râteaux de leurs copains ou de leurs actes sordides. Ils riaient tout aussi bien des « pétasses » qu’ils avaient « eues » à l’usure, c’est-à-dire par harcèlement sexuel.

Il me semble, messieurs, que si vous refusiez le harcèlement et toutes les violences sexuelles, vous pourriez, vous devriez le dire. Vous vous comportez actuellement comme si vous étiez coupables et ne pensiez qu’à défendre vôtre peau par le déni, l’inversion, les accusations de tous ordres et le mépris. Ou alors, vous vous retranchez dans une culpabilité stérile, la trouille imbécile de devoir renoncer à vos prérogatives culturellement naturelles ou la peur ridicule de perdre vôtre virilité. Ce faisant, vous perdez une chance formidable de contribuer à l’amélioration des relations femmes/hommes pour vous-mêmes et surtout pour les générations à venir, celles de vos enfants et petits-enfants.

Toutes ces personnes bien pensantes ne se sont pas penchées sur les causes du mouvement mais sur ses possibles conséquences pour les hommes mis en cause globalement ou ceux, rares qui seraient salis à vie par des rumeurs. Que la vie d’une femme soit gâchée par du harcèlement sexuel, un viol ou des menaces de viol, le massacre de sa crédibilité ou des violences psychologiques, ce n’est pas un problème. Mais qu’on ose prétendre qu’un homme respectable sous tous rapports ait commis une grave offense contre une ou plusieurs femmes, cela leur est insupportable. Hé bien moi, ce qui m’est insupportable, c’est le refus de prendre au sérieux un problème de santé publique qui touche presque toutes les femmes indépendamment de leur âge, de leur position sociale, de leur statut marital, de leur apparence physique, de leur situation économique ou de leur statut professionnel.

On a l’impressions qu’il serait gravement plus grave pour une femme de susciter le désir chez un homme que pour un homme « d’avoir des pulsions » et de n’y pouvoir résister.

Depuis quelques années, j’avais constaté que la condition des femmes régressait et la Réaction au mouvement #balancetonporc le confirme en ce qu’elle révèle un machisme décomplexé. Est-ce une bonne chose ? Va-t-on assister à un réveil des consciences ? Je ne peux me prononcer car de nombreux facteurs se liguent contre l’égalité entre femmes et hommes, en particulier la violence de modèles venus d’ailleurs qui renforcent la tentation machiste. Un autre facteur est l’importance du chômage qui incite les femmes à rester à la maison, en particulier celles, nombreuses,  qui ne trouvent que des offres à temps partiel pour un salaire minable qui serait grévé par des frais de nourrice et de transport.

Arguments récurrents utilisés contre le mouvement de libération de la parole

Délation, c’est le qualificatif qui revient le plus souvent

Une victime qui dénonce son agresseur, est-ce de la délation ? Déposer plainte, c’est de la délation ? Dénoncer l’auteur d’un crime ou d’un délit, c’est de la délation ? Prévenir d’un danger, est-ce de la délation ? Prévenir les autres automobilistes qu’un radar les attend au tournant, délation ?

Quelle est la différence entre délation et dénonciation ? Délation a des relents de la dernière guerre quand des collabos de nazis dénonçaient les résistants, les juifs, les paysans qui tuaient un cochon ou se procuraient du beurre au marché noir pour pouvoir nourrir leur famille. Délation, c’est associé à trahison, intelligence avec l’ennemi, collaboration, nazis, Gestapo et vengeance.

Accuser la parole des victimes de délation, c’est entreprendre de les culpabiliser pour mieux les museler.

Tribunal non autorisé

Dénoncer un violeur, ce serait le condamner. Par contre dénoncer les emplois fictifs de la famille Fillon ce serait respectable et on a eu le droit de condamner le candidat et de le couler en politique avant même que le tribunal ne se soit prononcé. Pourquoi deux poids deux mesures ?

Elles n’avaient qu’à porter plainte au moment des faits

Faut-il être ignorant pour prononcer une telle stupidité ! C’est ne oas savoir grand chose de a complexité de la psychologie humaine. C’est ignorer qu’une femme violée a peur de mourir, qu’elle craint pour sa famille et ses amis, que sur le moment elle est anéantie et plongée en état de sidération. C’est ignorer les mécanismes d’auto censure de la mémoire traumatique. C’est ignorer la perte de dignité, la honte, l’humiliation, la culpabilité d’avoir peut-être « fait quelque chose » pour subir l’horreur, l’anéantissement de l’estime de soi, le refus conscient ou inconscient de donner de revivre l’agression en la mettant en mots, la crainte de ne pas être crue et traitée comme une coupable, l’appréhension de ne pas être prise au sérieux et de s’entendre dire par la police « comment étiez-vous habillée ? », « encore une histoire de Q qui a mal tourné ? », que faisiez-vous dehors à 3 h du matin ? »,etc.

Elles sont puritaines, adeptes de l’ordre moral

Le plaisir du sexe n’a rien à voir avec l’agression sexuelle parce que celle ci n’est pas du sexe, encore moins de l’amour, c’est un acte de domination. C’est toute la différence entre l’acte sexuel consenti et la contrainte sexuelle. Vous le savez très bien mesdames et messieurs mais vous faites semblant de l’ignorer pour servir vos arguments contre la parole des victimes de harcèlement sexuel.

Et puis après tout, si nous avons envie d’être puritaines et de fuir cette représentation pornographique de la sexualité qui nous est imposée, c’est notre droit. Ce droit n’est pas plus méprisable que la liberté que prennent certains à partouzer, accumuler les liaisons, vivre leur polygamie sans états d’âme, s’acoquiner à 70 ans avec des gamines de 20 ans, quitter leur épouse pour un époux, vouloir reproduire à tout prix dans leur vie les scenarii du porno, payer pour sexer, etc.

On ne met pas un innocent au pilori, sa vie est fichue

Et la vie fichue de millions de femmes victimes du harcèlement sexuel, ça a moins d’importance que prendre le risque de se tromper ? Il y a toujours eu, malheureusement, des erreurs judiciaires et il appartient à la Justice de faire son travail. Il est toujours possible de reconnaître une erreur et de la réparer. Par contre il est impossible de guérir d’un traumatisme sexuel.

Un homme s’est suicidé (pour combien de femmes violentées ?)

L’accusation d’agression sexuelle peut pousser un homme au suicide. Peut-être mais combien de femmes se sont suicidées après avoir été violées et traitées comme des coupables quand elles étaient victimes ? Combien de femmes agressées ont sombré dans les drogues, l’alcool, la prostitution, la conduite d’échec, l’impossibilité d’avoir des relations équilibrées avec les hommes, les phobies, etc ? Toutes réactions équivalentes à un suicide lent.

On n’a plus le droit de séduire

Séduire, se ducere, amener vers soi, n’est pas forcément passer à l’acte. Pour Kirkegaard, le séducteur est précisément un homme qui ne passe jamais à l’acte. Il conquiert mais ne consomme pas. Ce n’est pas forcément bien car ce peut être un élément pervers de manipulation à fins de domination. Il convient de s’en méfier et de ne pas tomber dans le panneau.

La séduction désintéressée est une forme d’embellissement des relations humaines, une manière de rendre plus agréables les interactions sociales. On séduit avec le regard, le sourire, les modulations de la voix, l’attitude corporelle et, surtout les paroles. On ne séduit pas avec les mains et encore moins avec le pénis.

Les hommes qui prétendent que les « néoféministes » voudraient abolir la séduction sont de mauvaise foi et tentent, eux réellement, de manipuler les femmes indignées par le harcèlement sexuel.

Elles l’ont cherché, elles n’ont qu’à s’habiller correctement…

L’éducation d’un enfant comprend le contrôle de ses pulsions. Laisse-t-on un bambin chiper les bonbons exposés à son niveau à la caisse ? Les femmes attrapent-elles la braguette bien gonflée d’un homme ? Le reproche de l’accoutrement d’une femme contient en lui-même la justification d’une possible agression, elle dénote une mentalité de prédateur, de chasseur de femme qui n’attend qu’une occasion pour attaquer sa proie.

Parodie de justice pour les femmes violées. Le cas d’Anna Circé

J’ai déjà démontré que la Justice, donc notre société, était indulgente pour les violeurs et méprisante pour les victimes.

Anna Circé, violée en 2011, s’est battue pendant 6 ans pour obtenir justice, ce qui comprend la mesure d’éloignement de son violeur, ce qui n’a pas été respecté : sous contrôle judiciaire le violeur venait travailler dans l’immeuble de la victime !

La lutte d’Anna lui a porté préjudice puisque le tribunal lui a reproché d’avoir mené campagne publique pour demander justice. Son sentiment est que la décision d’acquittement de son violeur a été motivée par son combat. Au cours du procès, il a été  lourdement et à répétition reproché à Anna d’avoir menti lors de son premier témoignage. Les juges n’ont pas tenu compte de l’état de choc de la victimes interrogée par trois gendarmes qui l’ont pressée de questions dénuées de tout sens de psychologie élémentaire. Je peux personnellement comprendre le témoignage d’Anna sur cette odieuse inquisition car un jour ayant été frappée par un homme je me suis rendue immédiatement en larmes au commissariat où j’ai été interrogée debout dans le hall par différentes fonctionnaires qui se succédaient à tour de rôle et me traitaient comme une coupable. Je suis repartie en sanglotant sans déposer plainte puisqu’on refusait de m’entendre. Ces réalités sont insoutenables et permettent de comprendre pourquoi la plupart des victimes de viol et de harcèlement sexuel  ne portent pas plainte.

Le paradoxe est qu’aujourd’hui, lorsque des femmes dénoncent les violences sexuelles dont elles ont été et sont victimes, il leur est reproché de ne pas avoir déposé plainte au moment des faits !

Ces personnes , trop nombreuses, sont soit stupides, soit ignorantes, soit de mauvaise foi et aveuglées par des positions idéologiques destructrices de neurones.

Le témoignage d’Anna dans la vidéo ci-dessus fait mal car non seulement la jeune femme transpire de souffrance mais son récit est une accumulation de toutes les injustices que les victimes de violences sexuelles subissent.

J’éprouve une grande peine pour Anna et pour toutes les victimes de harcèlement et de violences sexuelles qui sont culpabilisées, méprisées, traumatisées, profondément détruites et impuissantes face à la terrible injustice de cette société conditionnée par la culture du viol parce qu’elle méprise profondément les femmes. Comme le dit Anna dans la vidéo, le violeur a été acquitté mais elle a été condamnée à vie.

Un espoir toutefois, le mouvement #balancetonporc donne de la force à la libération de la parole des femmes sur les violences sexuelles qu’elles ont subies et subissent encore aujourd’hui. Pour l’instant les hommes font corps contre ce mouvement qui remet leurs habitudes en question, qu’ils soient coupables, complices ou résignés. Ils serait temps que ces messieurs se réveillent et comprennent que les relations femmes/hommes ne s’apaiseront que lorsqu’ils seront solidaires de la souffrance des femmes victimes de violences sexuelles.

La Connectrice

Contre les frotteurs du métro, campagne à partir du 6 mars 2018

 

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http://short-edition.com/fr/oeuvre/strips/le-frotteur?all-comments=1

La pétition contre les frotteurs du métro lancée par la jeune Alice Millou a recueilli  près de 55 000 signatures, preuve s’il en était besoin, que ce type d’agression est un véritable problème de sécurité publique. Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France a su entendre Alice Millou et les signataires de sa pétition. Une campagne contre les frotteurs (terme élégant pour désigner les hommes qui se masturbent contre les femmes dans le métro en profitant de l’affluence) démarrera donc le 6 mars prochain dans le sillage des manifestations autour du 8 mars, journée internationale des droits DES femmeS. Des affiches seront apposées dans le métro à titre provisoire jusqu’à ce que la RATP se décide à inclure l’avertissement dans son règlement au même titre que l’obligation de posséder un titre de transport valide. Le combat contre ce fléau restera valide tant que des mesures pérennes et efficaces ne seront pas prises. Gardons l’œil ouvert sur cette question.

La Connectrice

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https://www.lexpress.fr/actualite/politique/valerie-pecresse-a-deja-gifle-un-frotteur-dans-le-metro_1976497.html

Réponse de Valérie Pécresse et déclaration de la victoire

Alice MILLOU

Francia

6 DE FEB. DE 2018 — Chers signataires, 

Ces quatre derniers mois ont été riches en émotions, en rencontre et en changements pour moi. La présidente de la région Île-de-France, madame Valérie Pécresse, que j’ai moi même rencontrée il y a quelques semaines maintenant, à répondu à cette pétition et à annoncé la date de lancement de la campagne contre les frotteurs. Lors de notre rencontre, nous avions longuement échangé sur le problème et plusieurs solutions et idées avaient vu le jour. Madame Pécresse était à l’écoute, et même si ont m’a dit que la décision d’une campagne avait été prise bien avant ma pétition, je pense qu’elle y a largement contribué, et j’en suis fière. Je suis fière pour moi et pour mes 58 K signataires et des poussières. C’est grâce à vous que nous avons pu nous faire entendre. 

Nous sommes toutes deux heureuse de vous annoncer cette campagne pour le 6 Mars. Le 5, il y aura une conférence de presse devant des journalistes et je vais pouvoir prendre la parole.

La pétition à changé ma vie d’une certaine manière, j’ai vécu des moments très intéressants, et je me suis libérée moi même des blessures que les frotteurs m’avaient infligés indirectement en profitant de ma faiblesse. J’en sors plus forte et plus sereine. 

J’ai été contente de participer à une petite échelle à cette libération de la parole de la femme, même si je n’ai absolument pas fait exprès d’arriver avec ma pétition en même temps que les scandales Weinstein… je suppose qu’un karma intergalactique nous a tous et toutes relié.e.s entre nous pour changer les choses. 

Cette campagne est un aboutissement, sans nul doute, mais ce n’est pas la fin du combat. En effet, le but ultime est d’obtenir l’installation immuable et définitive d’affichages anti frotteurs et d’affichages qui pourront permettre à chaque victime de savoir que des dispositifs sont mis en place pour leur protection et pour leur sécurité. Ces affichages immuables seront dans les rames, dans les gares, dans les esprits de chacun et chacune. 

Personne ne mérite d’être laissé au dépourvu face à un frotteur. 
Il faut également garder à l’esprit que cette campagne et cette pétition soulèvent d’autres problématiques importantes, tel que le temps de sauvegarde des images des caméras qui filment le réseau RATP. Une victime peut porter plainte six ans après les faits mais les caméras n’enregistrent que 48h d’images. Il faut couvrir toujours plus d’espace et sauvegarder toujours plus de temps d’image et cela à un coût phénoménal. 

Les lumineuses idées de Madame Pécresse vont contribuer à un réseau plus sûr, à un vision des transports en communs parisiens moins angoissante. 

Merci à vous d’avoir cru en moi, d’avoir cru à mon combat, d’avoir cru qu’on pouvait faire évoluer les choses, qu’on pouvait faire bouger les choses et qu’on pouvait casser les codes. Merci d’avoir cru qu’on pouvait créer un monde meilleur en se rassemblant pour crier. Merci à tout les signataires, et aux autres qui ont pris le temps pour lire ma lettre, mais également à tout les journalistes et les gens de la presse qui ont contribué au rayonnement de cette pétition.
Un immense merci à Aminata Dembele, qui s’est occupé de cette pétition avec moi avec une patience remarquable. 
Et bien sur merci à Madame Pécresse qui m’a tendu une main et qui à pris le temps de m’écouter.

Merci d’avoir cru qu’avec des paroles ont peut changer des actes.

alice

Image associée

http://www.fdesouche.com/708483-frotteurs-du-metro-surrepresentation-de-personnes-dorigine-maghrebine-moyen-orientale-ou-pakistanaise

 

Dans le métro parisien, avec la brigade chargée de débusquer les « frotteurs »
 – http://www.lemonde.fr

http://www.filpac-cgt.fr/lhumeur-de-rust-archives/

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https://www.suavelos.eu/droit-dimportuner-neo-reac-montrent-davantage-dempathie-frotteurs-metro-femmes-blanches-agressees/

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http://golem13.fr/the-personal-space-dress/

http://impressionsdulibanetdumonde.blogspot.fr/2018/01/quand-catherine-deneuve-et-ses-amies.html

Refuser la connivence et la léthargie masculines

Messieurs, au lieu de critiquer les femmes du mouvement #balancetonporc qui dénoncent le harcèlement dont elles sont victimes parce que ça remet en cause vôtre comportement et surtout celui de vos camarades que vous n’avez pas le courage de remettre en place, inspirez-vous des auteurs de cette tribune qui refusent la non assistance à personne en danger dans les cas de harcèlement dont ils sont témoins.

Comprenez bien, messieurs, que femmes et hommes doivent s’unir pour mettre fin (peut-être dans 1 000 ans ?) à des relations morbides, injustes et destructrices.

LC

https://scenesdelavisquotidien.com/2017/11/21/refuser-la-connivence-et-la-lethargie-masculines/

Refuser la connivence et la léthargie masculines

Nous vivons dans un système qui banalise et protège les violences masculines. Les hommes, quelle que soit leur particularité, ont appris à les exercer, à s’en servir et à bénéficier du rapport qu’elles génèrent. Allons-nous continuer à agir ainsi ?

Nous savons que les « blagues » sexistes nous permettent de poser nos marques et d’évaluer la résistance présente. Nous savons nous dédouaner, nous trouver des allié-es, des circonstances atténuantes, etc. Et nous savons très bien reconnaître les dépassements des limites en nous ou chez les autres hommes : les regards que nous imposons, la répétition de « propositions sexuelles » (vraiment pas insistantes), la mauvaise foi sur les intentions réelles, cette facilité avec laquelle nous imposons notre toucher lubrique (la cuisse ou la main qui se rapproche d’autrui lentement si discrètement), le marchandage pour obtenir du sexe, de l’attention ou de l’intimité, etc. 

Qu’importe que certains hommes n’utilisent pas les poings ou le feu, nous savons aussi rabaisser, pister dans la rue, ou simplement ignorer les femmes. Et c’est en connaissance de cause que les hommes agissent ainsi : pour garder ou asseoir le pouvoir, glorifier son ego, lire son journal tranquille, ou s’accorder entre potes devant le foot, ou n’importe quel autre concert de virilité. 

Certains d’entre nous voudrions nous penser égalitaristes ou progressistes quand nos propres actes sont des menaces, voire des agressions. Il faut que cela cesse. Il est urgent de mettre notre quotidien en conformité avec nos aspirations d’égalité et de justice et d’utiliser notre pouvoir autrement que pour le consolider.

Certains hommes se plaignent aujourd’hui que leur seule présence est en soi perçue comme une menace par des femmes, et ils saisissent cette idée pour leur adresser un énième nouveau reproche. Mais la responsabilité est plutôt à chercher du côté des hommes : ceux qui agressent des femmes en raison de leur sexe, ou ceux qui restent statiques encore en raison du sexe.

Les questions sur le genre ne sont pas un exercice ludique sur l’identité individuelle. Ce sont des questions qui concernent littéralement la vie de l’ensemble des femmes, et la survie pour un grand nombre d’entre elles. Alors s’il y a une chose à retenir de la révolte en cours, c’est bien de prendre la mesure de nos actes pourris passés, d’en assumer les responsabilités sociales et de nous mettre au travail pour que les violences masculines cessent.

C’est pourquoi, à la suite d’indications féministes1, nous nous engageons sur les différents points suivants. Nous invitons vivement les hommes qui liront ces lignes à en faire de même.

- refuser de parler à la place des femmes

- refuser de participer à la non prise en compte du genre ou à l'exclusion des femmes (conférences, postes de travail, médias)

- refuser de suivre ou protéger les autres hommes dans toutes les manifestations du sexisme quotidien

- refuser explicitement de consommer de la pornographie ou d'avoir recours à la prostitution

- s'impliquer à égalité dans l’ensemble des tâches ménagères et dans la charge mentale qu’elles suscitent. (Il n’est pas question de gouts personnels)

- verser un don conséquent – en regard des inégalités de salaire entre les sexes – aux associations féministes qui luttent contre les violences des hommes et leur impunité : AVFTCollectif féministe contre les viol ,...

illustration tirée du blog « Genre! »

premiers signataires :

benjamin, bernardo, bruno, claude, didier, dominique, erwann, frankie, gilles, gilles, jessy, joackim, martin, patrick, pierre, pierre, richard, serge, sylvain, yeun, zéromacho

***

1 Feminist Current : 11 façons dont les hommes peuvent répondre de manière productive au mouvement #MoiAussi :https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2017/10/29/11-facons-dont-les-hommes-peuvent-repondre-de-maniere-productive-au-mouvement-moiaussi/

Ndella Paye : De la belle théorie à une pratique effective : http://lmsi.net/De-la-belle-theorie-a-une-pratique

Tribune reprise sur Politis :

https://www.politis.fr/articles/2017/11/tribune-refuser-la-connivence-et-la-lethargie-masculines-38035/

Décérébrées contre le féminisme. 100 femmes à importuner …

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Excellente idée de réponse 😉

 

La semaine dernière, Le journal Le Monde publiait une tribune invitant au droit d’importuner en réaction réactionnaire à #balacetonporc et #metoo. Voici la liste des signataires de cette tribune dont vous pourrez lire la teneur en bas de cette liste.

Je trouve choquant que ces femmes qui pour la plupart sont sorties d’affaire et assurent des positions sociales qui les mettent hors d’atteinte (en principe) des harcèlements et sexuels et des violences qui les accompagnent, osent prétendre donner une leçon aux millions de femmes victimes de harcèlement sexuel en instrumentalisant leurs privilèges pour plaire aux machos. Car ne nous y trompons pas, ces signataires prennent une position publique non pas tant pour salir le féminisme que pour maternellement protéger leurs chers machos ,rassurer leur ego et effacer leur paranoïa de la castration.

Depuis quelques années, la campagne contre le féminisme enfle au rythme de l’islamisation des esprits. Le modèle de la charia si néfaste à la condition des femmes gangrène jusqu’à la pensée d’intellectuels aussi intéressants qu’Alain Finkielkraut. Le paradoxe tragique est que des personnes assez lucides pour comprendre les dangers que représente l’islam en France et de France perdent leur intelligence de la situation lorsqu’il s’agit de défendre le privilège du macho et de contrevenir à la loi des hommes patriarcaux. Le pire exemple de cet aveuglement est le magazine Causeur dont la directrice Elisabeth Lévy a signé et défend la tribune des oies remplumées.

Le Connectrice

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A vôtre droite la célèbre « galanterie française ». Source

Les signataires de la tribune, avec mes commentaires sur certaines de ces femmes que j’ai entendues ou lues dans les médias ou bien qui exercent des professions nécessitant éthique et respect :

Alexandra Alévêque (journaliste)

Kathy Alliou (curatrice)

Françoise Arnaud (historienne de l’art)

Celina Barahona (consultante marketing)

Sophie Bastide-Foltz (traductrice littéraire)

Brigitte Sy (réalisatrice et actrice)

Marie-Laure Béraud (auteur-interprète, musicienne)

Vivien Berah (interprète)

Marie-Laure Bernadac (conservateur général honoraire)

Léa Bismuth (critique d’art, curatrice)

Catherine Bizern (productrice et programmatrice indépendante)

Stéphanie Blake (auteur de livres pour enfants)

Linda Blake Pibarot (traductrice)

Sonia Bogdanovsky (chef monteuse cinéma)

Christine Boisson (actrice)

Ariane Bouissou (journaliste)

Odile Buisson (gynécologue-obstétricienne) Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Sophie Cadalen (psychanalyste)Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Farideh Cadot (galeriste)

Cristina Campodonico (responsable de l’action culturelle de la SGDL)

Nickie Caro (normalienne, agrégée de Lettres, ancien professeur de khâgne)

Ingrid Caven (actrice et chanteuse) mise sur son jeu de femme fatale plus que sur ses talents d’actrice et chanteuse, être importunée signifie pour elle la réussite. Quand on a été adulée, épouse de R. W. Fassbinder et de Jean-Jacques Schuhl (Goncourt 2000 pour la biographie de la star) , égérie de Yves Saint-Laurent , on comprend qu’il est difficile de renoncer à son petit capital, surtout en fin de carrière.

Monique Chatenet (conservateur en chef du patrimoine au Centre André Chastel)

Julie du Chemin (écrivain et sexologue) Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Sarah Chiche (écrivain, psychologue clinicienne et psychanalyste) Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Erika Maria Cool-Troch (manager Yak Immo)

Véronique Coquet-Caubère (productrice)

Sabine Dauré (viticultrice)

Catherine Deneuve (actrice) Celle qui fut autrefois la petite fiancée du français moyen a exclusivement bénéficié de la plasticité d’un physique qui plait à tout le monde parce que rien n’en dépasse. Un objet idéal pour les cinéastes et les hommes en général pour fantasmer à leur guise. Je n’ai jamais vu en CD une actrice mais uniquement Catherine Deneuve sous toutes les coutures. N’existant que pas son apparence immuable et consensuelle, le harcèlement sexuel ne peut être que la preuve ultime de son impact sur le macho sans lequel elle n’aurait jamais existé. Signer cette tribune est son ticket de reconnaissance.

Frederique Dolphijn (cinéaste, metteur en scène et romancière)

Christine Domine (professeur)

Nathalie Dray (journaliste)

Corinne Ehrenberg (psychanalyste)Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Méline Engerbeau (entrepreneuse)

Caroline Faillet (netnologue et dirigeante du cabinet Bolero)

Nouhad Fathi (journaliste et blogueuse)

Marguerite Ferry (paysagiste)

Adeline Fleury (écrivain)

Catherine Francblin (critique et historienne d’art)

Gloria Friedmann (artiste plasticienne)

Sophie Gaillard (présentatrice du 6-7h sur Sud Radio) Cette journaliste au tempérament et à l’humour affirmés ne peut perdurer qu’en se soumettant aux goûts de ses chefs parmi lesquels son président Didier Maïsto ( « je ne veux pas de journalisme militant à l’antenne »),  qui voue une grande admiration à Brigitte Lahaie selon ses propres dires. Sophie Gaillard ne doit pas avoir d’autre choix que de signer avec Lahaie si elle veut conserver son poste et gravir les échelons du journalisme. Triste pour elle et les auditeurs de Sud-radio. Sophie Gaillard a commencé à descendre la pente avec Sud radio qui devient de plus en plus racoleuse, médiocre et vulgaire. Je fus une fidèle auditrice jusqu’à la dernière rentrée.

Bernadette de Gasquet (médecin et auteur) Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Véronique Gérard-Powell (spécialiste de l’art européen XVe-XVIIIe siècles, Centre André Chastel)

Christine Goémé (femme de radio)

Reine Grave (vidéaste)

Aliette Griz (écrivain et membre du Réseau Kalame)

Cécile Guilbert (écrivain)

Clarisse Hahn (réalisatrice, vidéaste et photographe)

Anne Hautecoeur (éditrice)

Marie Herbreteau (graphiste)

Brigitte Jaques-Wajeman (metteur en scène)

Claudine Junien (généticienne, membre de l’Académie de médecine) Je plains ses patientes si elle en a, et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Brigitte Lahaie (actrice et présentatrice radio) Brigitte Lahaie, ancienne actrice porno a beaucoup de succés auprès de ses auditeurs mâles qui la prennent pour une sexologue émérite. Elle a quitté RMC pour Sud radio où il semble qu’elle ait été suivie par ses fans. Didier Maïsto, le président de Sud radio n’a pas assez de mots pour lui déclarer son admiration, ce qui en dit long sur le personnage qui oeuvre au nivellement par le bas d’un média qui promettait de grimper haut en auditoire de par sa qualité, représentée en particulier par Philippe David et André Bercoff . 

J’ai entendu Lahaie conseiller à une auditrice le nomadisme sexuel pour trouver sa voie sexuelle, les conseils sont toujours donnés à travers le prisme de la sexualité masculine et très récemment elle a affirmé «On peut jouir lors d’un viol, je vous signale». Devant le tollé suscité par cette déclaration, la pauvre aurait fondu en larmes et rectifié son « erreur « : elle avait oublié de dire malheureusement … 

Rachel Laurent (artiste)

Sylvie Le Bihan (écrivain)

Anne-Marie Lesage (retraitée)

Myriam Le Strat (dentiste)

Martine Lerude (psychiatre, psychanalyste) Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Elisabeth Lévy (directrice de la rédaction de Causeur) Elisabeth Lévy est la preuve vivante qu’une femme peut « y arriver » …croit-elle égocentriquement. Elle oublie de mentionner qu’elle est entourée d’une équipe d’hommes connus, reconnus et expérimentés qui lui sont reconnaissants de défendre le dessous de leur ceinture : défense des clients de prostituées, défense de la prostitution, haro sur « lesféministescastratrices », haro sur la supposée « délation » du mouvement #balanceton porc #metoo. Il est tout de même curieux qu’une femme qui semble aussi cultivée et intelligente d’Elisabeth Lévy soit aussi stupide quand il s’agit de prendre position en faveur dune réelle égalité entre femmes et hommes, comme si elle devait rester la démonstration de l’infériorité congénitale des femmes et ainsi afficher que, si elle a réussi c’est qu’elle est une femme exceptionnelle. 

De surcroît Elisabeth Lévy ne manque pas d’incohérence : comment peut-elle se prononcer dans son journal Causeur contre l’islamisation de la France et la charia quand la condition et la sécurité des femmes régresse au fur et à mesure de l’implantation de la loi islamique ? Ces incohérence et confusion intellectuelles sont gravissimes et me laissent désespérer des intellos du pays.

Lévy reproche au mouvement #balance ton porc de s’exprimer au nom de toutes les femmes comme si elles constituaient un parti unique mais elle ne craint pas de mettre toutes les féministes dans le même sac comme si la philosophie féministe était unique. Mauvaise foi ou ignorance ?

Jacqueline Lichtenstein (philosophe) Une philosophe qui n’a pas beaucoup d’esprit critique et de capacité d’analyse

Christine Lombard (créatrice de mode)

Joëlle Losfeld (éditrice)

Vanessa Luciano (chroniqueuse radio, sexothérapeute) Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ? Une pote à Lahaie ?

Mademoiselle A (chanteuse, comédienne et modèle)

Valérie Maës (actrice et vidéaste)

Abeline Majorel (responsable pédagogique et business developer)

Claire Margat (critique d’art, traductrice)

Isabelle Marlier (anthropologue et écrivain)

Isabelle Martin (enseignante)

Christelle Mata (attachée de presse)

Sophie de Menthon (présidente du mouvement ETHIC et membre du CESE) Que Sophie de Menthon donne sa voix à une tribune publiée par Le Monde n’étonnera guère d’une dame qui adore se mettre sous les feux de la rampe, une dame qui elle aussi à réussi parce qu’elle est plus intelligente (pense-t-elle) que les pauvres femmes qui se laissent émouvoir par les prédateurs sexuels. Sophie de Menthon qui habite sans doute dans le 93 et prend RER et métro tous les jours aux heures d’affluence sait de quoi il retourne …

Sophie de Menthon est reconnaissante à son ex époux (elle a divorcé) : Et je me disais, qu’au fond, si mon mari ne m’avait pas un peu harcelée, peut-être que je ne l’aurais pas épousé.« …Ce n’est pas la première fois que Sophie de Menthon s’illustre en combattante du « puritanisme ». En 2015, en plein débat sur le harcèlement de rue, elle considérait que se faire siffler était « plutôt sympa » pour une femme. Cheffe d’entreprise, elle ne semble pas avoir conscience de la responsabilité de ses propos et du mépris pour les autres femmes qu’ils reflètent.

Karine Miermont (écrivain)

Catherine Millet (critique d’art, écrivain) J’avais lu en son temps l’ouvrage autobiographique de Catherine Millet dans lequel elle exprimait sa jouissance d’être prise en tous lieux, par le tout-venant, par tous les trous et les bosses de son corps. Comme image de la liberté sexuelle, on fait mieux car la liberté n’est pas de faire n’importe quoi mais de pouvoir faire sans entraves ce qui est le moins nocif pour soi et autrui. Et puis où est la liberté d’être libre en soi même quand on se soumet aux fantasmes sexuels de l’homme dominant qui réduit sa sexualité à sa bite comme instrument de pouvoir ? De nombreuses études et témoignages nous disent que le principal organe sexuel de la femme est son cerveau, pas celui du mâle.

Anne Morelli (professeure à l’Université libre de Bruxelles)

Anne-Elisabeth Moutet (journaliste)

Latifa Najar (retraitée)

Natacha Nikouline (photographe)

Karine Papillaud (journaliste littéraire)

Julia Palombe (chanteuse, auteur)

Nelly Perotin (retraitée)

Camille Pier (auteure, compositeure et interprète)

Danièle Pierre (photographe)

Sylvie Pierson (secrétaire)

Francesca Piolot (productrice radio)

Barbara Polla (médecin, écrivain, commissaire d’exposition) Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Joana Preiss (actrice, réalisatrice)

Isabelle Prim (réalisatrice et comédienne)

Nicole Priollaud (chargée de la communication de l’Académie nationale de pharmacie)

Catherine Robbe-Grillet (comédienne et écrivain)

Anne Rudisuhli (psychopraticienne) Psychopéripatitienne ? Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Nora Sahara (journaliste et infirmière)

Sylviane Sainclair (retraitée)

Peggy Sastre (auteur, journaliste et traductrice)

Marie Sellier, (auteure, présidente de la SGDL – Société des gens de lettres)

Abnousse Shalmani (écrivain et journaliste)

Joëlle Smets (journaliste et sexologue) Comprend elle quelque chose à la sexualité féminine ou, comme la plupart, la calque telle sur le modèle masculin de bandaison-éjaculation-roupillon ?Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Hélène Soulodre (documentaliste)

Catherine Thieron (auteure et vocaliste)

Catherine Titeux (architecte, Bruxelles)

Trinidad (humoriste, imitatrice, chanteuse)

Gabriela Trujilo (historienne du cinéma et critique)

Christine Van Acker (auteur)

Roxane Varone (chirurgienne) Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Alexandra Varrin (écrivain)

Hélène Vecchiali (psychanalyste et coach) Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Martine Vercruysse (animatrice)

Sonia Verstappen (travailleuse du sexe et anthropologue) Travailleuse du sexe ? combien de musculation des trous par jour ? Un sexe musclé permet-il de soulever les montagnes de la bêtise égocentrique ?

Caroline Vié (journaliste et romancière)

Bérengère Viennot (traductrice et chroniqueuse)

Evelyne Vitkine (consultante en marketing)

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Humour. La galanterie française selon Catherine Deneuve et cie

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A vôtre droite la célèbre « galanterie française ». Source

Agressions sexuelles. Le « biais rétrospectif » donne bonne conscience à l’agresseur

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Le biais rétrospectif consiste en une erreur de jugement cognitif désignant la tendance qu’ont les personnes à surestimer rétrospectivement le fait que les événements auraient pu être anticipés moyennant davantage de prévoyance ou de clairvoyance.

Selon Nassim Nicholas Taleb, le biais rétrospectif est un mécanisme de déni du hasard dans lequel tout événement doit pouvoir se justifier afin d’être le plus prévisible possible, sa fonction étant dès lors de conforter les individus dans leur sentiment de contrôler l’incertitude[1].

Le biais rétrospectif engendre un coût social et économique qui peut être à l’origine de nombreuses erreurs de jugement dans des domaines aussi divers que le comportement individuel, le diagnostic médical, la spéculation boursière, les agressions sexuelles et les erreurs judiciaires par exemple. Ce biais est aujourd’hui intégré dans des cursus ou des pratiques de consultance ou d’audit portant sur l’aide à la décision ou la gestion des risques dans des secteurs tels que l’économie, la politique, la finance ou la santé.​ […] 

Agressions sexuelles

Le biais de rétrospection s’applique à des cas particuliers d’événements. Il peut s’agir d’un accident de voiture, d’un décès, d’un échec sportif, d’une agression…Selon Fischhoff, un individu, face à l’issue d’un événement, a tendance à surestimer la probabilité de son apparition alors qu’il est en général peu courant. Les individus jugent plus probable un fait, et l’estiment plus prédictible, lorsqu’ils en ont connaissance[14].

Les agressions sexuelles sont un cas d’application du principe du biais de rétrospection. L’agression s’explique en effet très communément par divers préjugés : « elle n’aurait pas dû se vêtir de la sorte », « son attitude est provocante », « ses fréquentations sont malsaines», etc. Tous ces préjugés sont le résultat de nos impressions par rapport à l’événement qui s’est produit, dans ce cas l’agression. Ces préjugés émanent de notre besoin à vouloir expliquer l’incident afin de pouvoir le prédire plus aisément dans le futur. Ceci nous conforte dans l’idée que nous pouvons prédire des agressions une fois qu’elles se sont déroulées alors qu’elles appartiennent en réalité au hasard des circonstances. Les différentes explications que nous induisons forment une structure causale stéréotypique de l’agression, un mécanisme simplifié de la réalité. Dès lors, tous les comportements stéréotypiques relatifs à l’agression deviennent des prédicteurs de cette agression[15].

Il est intéressant de comprendre le raisonnement des différents sujets. Comment peuvent-ils rendre l’agression prévisible ? Pour répondre à cette interrogation, deux courants de pensée s’opposent. Le premier courant est développé par Fischhoff, qui postule une explication purement cognitive impliquant un mécanisme d’altération de la mémoire : la sélection d’informations se fait automatiquement et inconsciemment ; nous intégrerions directement les nouvelles connaissances dans les anciennes connaissances, et ce, sans même nous en rendre compte. Ce processus se déroule en deux niveaux :

L’agression au niveau de la représentation en mémoire :nous ne distinguons plus les anciennes des nouvelles données car les secondes ont été automatiquement intégrées aux premières. Cette altération est souvent due à l’élaboration d’un scénario causal au sein duquel les événements qui rendent bien compte de la fin de l‘agression vont être mieux conservés en mémoire que ceux qui ne s’insèrent pas aisément dans le schéma dudit événement. Par exemple, si l’observateur essaie de plaquer une structure causale selon laquelle la victime a provoqué son agresseur, il pourrait imaginer que la jupe de la victime apparaisse plus courte qu’elle ne l’était. Nous assistons donc à une altération de la mémoire qui va modifier la représentation mémorielle du sujet, dans l’optique de rendre l’agression plus cohérente avec son schéma de pensée[14].

L’agression au niveau de la récupération en mémoire :les traces laissées en mémoire par l’agression étant plus fortement ancrées, les détails qui sont cohérent avec le déroulement de l’agression sont par conséquent plus accessibles. Par exemple : une femme a été violée, il sera plus facile pour le sujet de se rappeler d’éléments qui prédisent cette fin, il oubliera ainsi les détails qui ne s’accordent pas avec le scénario de l’agression (le fait que la fille se situait dans un quartier sécurisé). Le sujet ne garde en mémoire que les détails qui sont plus conformes à la structure causale qu’il a développée. À titre d’exemple : elle possédait un décolleté ‘plongeant’ et une courte jupe. Ces détails s’accordent plus aisément avec la structure causale du sujet qui postulait que la victime était habillée de manière provocante et avait du ‘exciter’ l’agresseur. Nous assistons là à un processus de mémoire sélective[14].

Le second courant s’inscrit dans le courant de la mémoire reconstructive : le biais se produit au moment de la réponse (outcom) lorsque le sujet va reconstruire une prédiction de manière consciente et intentionnelle, sur base de l’agression qui lui a été rapportée. Dans l’hypothèse où rien ne lui avait été rapporté, il n’aurait été en mesure de prédire l’agression. Cependant, le fait de savoir que cette personne a été violée lui permet de réajuster sa prédiction, de donner du sens à l’événement afin de le rendre beaucoup plus évident et prévisible que ce qu’il était initialement. Le sujet va donc reconstruire son opinion. De ce fait, il va réévaluer sa prédiction et la rendre plus cohérente avec l’agression, en construisant une structure causale qui justifie cette dernière[16]. (Pour plus d’information sur le principe de mémoire reconstructive, voir partie Mécanismes)

Selon Pezzo, le biais de rétrospection est le produit d’efforts visant à construire du sens. Quand les individus sont confrontés à une agression sexuelle, un événement surprenant et négatif, ils cherchent à comprendre les causes de sa survenue. Les sujets vont donc restituer et reconstruire des détails de l’incident afin de créer une explication suffisamment concevable pour justifier l’agression. Ceci rendra l’agression prévisible. Si ces deux processus de construction de sens sont couronnés de succès et mettent en évidence un lien entre les causes de l’agression et les résultats de l’agression, un important biais de rétrospection se fera alors ressentir[17]. Néanmoins, Pezzo est parvenu à démontrer que lorsqu’un événement négatif est trop surprenant, les individus ne vont pas tenter de blâmer la victime : il n’y aura donc pas de place pour un quelconque effet de rétrospection[18]. Le biais rétrospectif dépend des attentes stéréotypiques des individus. Une attitude contre-stéréotypique et surprenante pourrait de ce fait bloquer l’effet de rétrospection. À titre d’exemple, selon Marchal, lorsque l’agression est perpétrée par une femme, il n’y a pas d’effet de rétrospection car cela ne correspond pas aux stéréotypes propres à l’agression de rue[19]. On remarque d’ailleurs une influence du genre. En effet, les hommes ont une tendance à blâmer la victime plus fortement que les femmes. Cela s’expliquerait par leur ambivalence face au stéréotype négatif de l’agressivité masculine. Il s’agirait d’un processus de déni du stéréotype. Les femmes, quant à elles, blâment moins la victime de l’agression, surtout lorsqu’il s’agit d’une femme, ce qui démontre un biais pro-endogroupe (Théorie de l’identité sociale) de leur part[20].

Je n’ai qu’une objection à cette analyse pertinente, c’est l’évocation de « déni du hasard » car, de « hasard », il n’y a point. La culture du viol entretient la « possibilité » de violer ou d’être violée, état de sujétion à ce qui serait une loi de la nature (la montée de testostérone chez le mâle, la soumission/passivité/faiblesse/infériorité chez la femelle) et une fatalité sociétale. C’est en vertu de cette constatation que le mouvement #balancetonporc/#metoo/#moiaussi est une étape révolutionnaire sur le chemin de l’émancipation des femmes : l’agression sexuelle n’est pas une fatalité, elle est anormale et hommes et femmes occidentaux peuvent contribuer à son éradication et le tentent comme l’explique Denis MacEoin , dans sa comparaison entre sociétés occidentales et musulmanes vis-à-vis des femmes.

Merci à la lectrice qui m’a transmis cette analyse édifiante. LC

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