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Archives de Tag: harcèlement sexuel

#balancetonporc#moiaussi. Des héroïnes pour le magazine Time

Le magazine Time vient de nommer « personnalité de l’année » 6 femmes, les « briseuses de silence » qui ont eu le courage de dénoncer les agressions sexuelles dont elles avaient été victimes. Si 5 d’entre elles posent sur la couverture à visage découvert, on ne voit de la 6ème que le coude car elle a souhaité préserver son anonymat par crainte de représailles. Cette dernière est une jeune employée d’un hôpital du Texas.

Chaque année depuis 1927, les rédacteurs du magazine TIME élisent la Personne de l’année en reconnaissance de celle ou du groupe qui ont le plus influencé l’information pendant l’année, pour le meilleur ou pour le pire. Il ne s’agit donc pas d’un jugement de valeur (l’année dernière Trump avait été élu) mais d’un constat quantitatif. Autrement dit, #me too, #moi aussi et #balance ton porc ont fait le buzz. Il n’en demeure pas moins que cette publication reste un hommage pour toutes les femmes qui se sont élevées nominalement ou anonymement contre le harcèlement sexuel. Qu’on se le dise !

Photo composite by Billy & Hells for TIME. Swift photographed Nov. 16 in Los Angeles; Pascual, Iwu, Judd, Fowler and Anonymous photographed Nov. 19 in San Francisco.

http://time.com/5052362/time-person-of-the-year-2017-arm-cover/?xid=homepage

5 victimes de harcèlement et agression sexuelles posent à visage découvert sur la couverture du Time : les actrices Taylor Swift et Ashley Judd, l’ex ingénieur Uber  Susan Fowler, la lobbyiste Adama Iwu et Isabel Pascual, une cueilleuse de fraises immigrée mexicaines dont le nom a été changé pour protéger son identité.

Cette jeune victime a raconté au Time qu’elle conservait le souvenir douloureux des détails de son agression et qu’elle ne pouvait pas s’empêcher de se demander si elle aurait pu se protéger, que s’était-il passé, pourquoi n’avait-elle pas réagi, avait-elle fait quelque chose , avait-elle dit quelque chose, avait-elle eu un comportement qui avait pu faire penser à son agresseur qu’elle était consentante ?

La femme anonyme a souhaité être mentionnée afin d’encourager toutes les femmes victimes de harcèlement et agression sexuelles à s’exprimer même si elles doivent se protéger et protéger leur famille en gardant l’anonymat.

Dans le même temps, en France des personnalités s’acharnent contre ces ignobles délatrices, ces fanatiques féministes, ces castratrices menaçantes. Une fois de plus nos zélites prouvent que la France est bien la patrie des Droits de l’Homme (du mâle). En ces temps de djihadisme civilisationnel, le mépris des musulmans pour la femme conforte les machos qui n’attendaient que ce soutien pour sortir de l’ombre.

Pour en savoir plus

https://twitter.com/hashtag/metoo

http://www.boursorama.com/actualites/le-mouvement-metoo-personnalite-de-l-annee-2017-pour-time-933fe54fc177dc40df836f71c06d558e

 

 

 

Harcèlement sexuel. Ignorance, bêtise, mauvaise foi, parlent de « criminalisation de la galanterie » !

Mon sang n’a fait qu’un tour lorsque j’ai entendu ce matin sur une station de radio quelconque une femme qualifier de « criminalisation de la galanterie »  le magnifique mouvement de #dénoncetonporc et #moiaussi. Oui, magnifique mouvement car il permet à toute femme de se soulager du poids de l’humiliation, de la souffrance et de la peur conséquentes du harcèlement et des violences sexuelles qu’elles ont subies.

Personne n’a songé à criminaliser la galanterie tant qu’on ne confond pas harcèlement sexuel avec la galanterie qui n’est pas même de la drague mais un ensemble d’égards habituellement dévolus aux femmes par les hommes.

Il y a harcèlement lorsqu’il y a répétition, insistance, manipulation, contact physique ou rapprochement physique menaçant, insultes en cas de refus, interpellation agressive et vulgaire (Tu me suces ? joli petit Q, superbes nichons, etc.) Je le répète, ça n’a rien à voir avec la galanterie, le flirt ou les compliments. Celles et ceux qui ne le savent pas sont de mauvaise foi ou idiots.

Le problème est que nous sommes des proies depuis des millénaires et que nous ne prêtons plus attention au harcèlement sexuel parce que nous avons élaboré des stratégies pour ne pas en être victime et que les parents et la société ont intégré ce danger fatal, normal et ordinaire. Fais attention ma fille, ne fréquente pas n’importe qui, ne suis jamais un homme que tu ne connais pas, ne sors pas seule, etc. Mais aussi porte une ceinture de chasteté, couvre ton corps d’un voile ou d’une burqa, sors accompagnée d’un homme qu’il ait 5, 15 ou 20 ans, etc.Bref, la chasse à la femme est une fatalité, on n’y peut rien, c’est la vie.

La Grande leçon du mouvement #balancetonporc est que le harcèlement n’est pas une fatalité, que ce n’est pas inhérent à la condition humaine et que femmes et hommes peuvent s’unir pour l’abolir comme ils l’ont fait pour l’esclavage.

Galanterie, courtoisie sont des formes de relations humaines respectueuses et agréables dont nous ne souhaitons pas nous passer. La vie serait bien triste si nous ne pouvions pas nous séduire, flirter, honorer nos charmes, flatter notre coquetterie, nous taquiner malicieusement et jouer délicieusement avec autrui. Tant que ces relations s’en tiennent aux belles et gentilles phrases personnalisées il n’y a que du plaisir à relationner.

Lorsque j’avais 20 ans je supportais mal galanterie et courtoisie masculines car elles me ramenaient à ma féminitude, ma condition de femme inférieure nécessitant d’autant plus d’égards que j’étais censée être fragile et dépendante. Sans doute aussi parce que je soupçonnais chaque homme galant de ne penser qu’à mes fesses et de le dissimuler derrière des manières hypocrites. C’était une autre époque où j’étais tellement harcelée que n’étais incapable de faire la différence entre la pure gentillesse et la perversité manipulatrice.

Mon frère, grande gueule machiste clamait alors : la galanterie n’existe plus depuis que les femmes fument et ont le droit de vote ! Affirmation qui ne faisait que confirmer mon scepticisme sur la sincérité des bonne manières masculines.

Soyons vigilantes, ne laissons pas mourir le mouvement de révolte contre le harcèlement sexuels en nous laissant influencer par les tentatives de culpabilisation qui viennent des hommes mais aussi de femmes qui les protègent de crainte qu’ils ne les abandonnent.

La Connectrice

Disparition. Jean d’Ormesson, séducteur ou harceleur ?

L’écrivain Jean d’Ormesson vient de partir à l’age vénérable de 92 ans. Ancien directeur du journal Le Figaro, académicien à 48 ans, érudit et spirituel, il fait l’objet des éloges de ses confrères. Les entendre sans vraiment les écouter suscite chez moi quelques réactions et réveille des propos entendus ça et là, par sa bouche et celle d’autrui.

Ormesson avait le sens de la formule et je m’en suis approprié une : Je ne sais presque rien sur presque tout. Dans son cas, c’était fort modeste et dans le mien, c’est une réalité qui m’est souvent reprochée.

Ormesson, d’après ses hagiographes n’avait pas de mère puisqu’il n’est présenté que comme « fils d’ambassadeur ».

Alors bien sûr il est le prototype élégant de l’homme qui aimait les femmes, ce qui laisse supposer qu’il n’en aimait aucune, cumulant aventures en même temps ou à la suite, un comportement qui aujourd’hui encore suscite l’admiration sans nuances de femmes et d’hommes conditionnés par la culture du mâle qui, pour démontrer sa puissance -financière, sexuelle et politique- doit s’agrémenter d’un harem.

Le comportement de Jean d’Ormesson me rappelle celui d’Anatole France car tous deux étaient des coureurs, des queutards finis mais ils se servaient de l’âme de leurs conquêtes pour nourrir leur production littéraire avec la justesse de l’enquête de terrain… J’ignore si Ormesson a désespéré quelques femmes jusqu’au suicide comme Anatole France connu pour avoir laissé quelques cadavres après son passage, au sens propre et figuré. Jean d’Ormesson s’est malgré tout distingué pour sa défense de l’avortement (parce que ça lui était utile, par souci de provocation, pour se rapprocher de la belle Simone Veil ?) et sa reconnaissance de la charge mentale des femmes.

D’après une personne de ma connaissance ayant travaillé des années durant au Figaro, Ormesson exerçait son droit de cuissage sur toutes les jeunes femmes qui postulaient au journal. Cette personne avait trouvé le bel homme « indécent ». S’en trouvera-il l’une d’entre elle pour briser le tabou et raconter comment le comte d’Ormesson l’a harcelée, séduite et abandonnée ?

La Connectrice

Harcèlement sexuel. L’humoriste américain Louis C.K. reconnaît les faits

http://www.europe1.fr/international/abus-sexuels-lhumoriste-americain-louis-ck-reconnait-les-faits-3489212

Cinq femmes ont accusé Louis C.K. de les avoir sexuellement agressées et d’avoir eu des comportements déplacés à leur encontre.

Chose rare et respectable à souligner, l’homme ne s’est pas défaussé et a admis les faits mentionnés. Il a présenté ses excuses.

Amende honorable spontanée ou calculée ? Netflix rompt avec lui. Louis C.K. a publié son communiqué d’aveux alors que l’avant-première de son prochain film, I love you Daddy a été annulée vendredi. Netflix a également annulé un événement avec C.K., et la chaîne FX Networks, filiale de la 21st Century Fox a également coupé les liens avec le comique.

J’estime que si ses victimes ont accepté ses excuses parce qu’elles le croient sincère, le show business ne devrait pas le sanctionner.

D’après les commentaires des lectrices et lecteurs du NYT, le comportement de Louis CK n’aurait rien à voir avec celui de Weinstein ou Kevin Stacy parce qu’il aurait demandé leur consentement aux femmes qu’il aurait harcelées. D’ailleurs une lectrice qui se dit féministe alerte sur le manque de nuances pour ces cas différents selon elle. Elle déplore la soif de vengeance, d’humiliation et de stigmatisation des gens qui domine dans notre société alors qu’elle ferait mieux de comprendre les questions sous-jacentes au harcèlement sexuel, mettre de l’ordre dans la société et la soigner ainsi que modifier le comportement masculin en général.

Je suis plutôt d’accord avec ce commentaire et je répète que, sans la coopération des hommes, il est impossible de transformer les relations femmes/hommes vers plus d’égalité et de respect. Dans le cas de Louis CK, une meilleure lecture des faits laisse apparaître une volonté de changement, attestée par des témoins, qui mérite le respect.

LC

Seth

Phoenix 2 days ago

…He asked these ladies for permission, and appears to have « misread » the situation. He thought about it for years and even contacted the women on his own to apologize later. Over the past decade he has spoken our strongly in favor of women’s rights and against misogyny. Why do we want to attack someone on the same side who has shown remorse and even apologized for his prior actions, and appears to have bettered himself since? There is something very wrong in our society where there seems to be an ever-growing hunger for vengeance, humiliation, and locking people up rather than trying to figure out the underlying issues, fix and heal our society and modify men’s behavior in general.

Pour en savoir plus

 

Agression sexuelle sur mineur. Le sénat s’émeut

S’étant émue, comme l’opinion publique, de l’indulgence de la Justice vis-à-vis de l’adulte de 28 ans ayant violé (c’est la réalité, pas les attendus du jugement), une fillette de 11 ans, les sénatrices et sénateurs ont déposé deux propositions visant à protéger les mineurs victimes d’agressions sexuelles : en abaissant l’âge de la majorité sexuelle et en augmentant le délai de prescription des crimes sexuels.

Renforcement de la protection juridique des mineures et mineurs contre les agressions sexuelles N°28 et 53 enregistrées au mois d’octobre 2017

LC

N° 28

SÉNAT

SESSION ORDINAIRE DE 2017-2018

Enregistré à la Présidence du Sénat le 17 octobre 2017

PROPOSITION DE LOI

tendant à renforcer la protection des mineurs contre les agressions sexuelles,

Une décision récente du parquet de Pontoise a suscité une violente polémique en requalifiant « d’atteinte sexuelle sur mineure de quinze ans » une plainte initialement déposée pour viol par une fillette de onze ans contre un agresseur âgé de vingt-huit ans, l’argumentation se fondant sur la passivité de l’enfant et l’absence de violence ou de contrainte lors de la relation sexuelle, pourtant visiblement imposée. Il en résulte évidemment une échelle des peines réduite, le viol étant passible en l’occurrence d’un emprisonnement de vingt années alors que l’atteinte sexuelle sur mineur n’est punie que de 75 000 euros d’amende et cinq ans d’emprisonnement.

Cette décision, vivement critiquée par l’opinion publique, a mis en lumière l’étroitesse juridique de la définition du viol, l’absence de critères de mesure du consentement et la non-prise en compte, par notre droit, des circonstances liées à l’âge de la victime. Un mineur de quinze ans peut être, par définition, âgé de zéro à quinze ans, écart qui n’est pas anodin en matière d’activité sexuelle…

Afin de corriger les approximations de la loi française et de lui conserver une cohérence d’ensemble avec la définition des peines, cette proposition de loi fixe à quinze ans l’âge à partir duquel on peut estimer que le mineur est en mesure d’entretenir volontairement une relation sexuelle avec un adulte dans une situation de consentement éclairé. À l’inverse, au-dessous de cet âge, il ne saurait être question de faire valoir ou présumer d’un quelconque consentement à une relation sexuelle quel qu’en soit le contexte. Il y aurait alors présomption irréfragable de viol

Cette même présomption irréfragable s’appliquerait aux mineurs de plus de quinze ans lorsque l’adulte est une personne ayant sur eux une autorité de droit ou de fait.

Par ailleurs, le code pénal français ne traite pas des relations sexuelles entre mineurs. Or, ces relations sont évidemment une réalité et peuvent provoquer d’immenses dégâts, en particulier sous l’influence des jeux vidéo, de la pornographie et des réseaux sociaux. Il est donc également urgent de clarifier cette situation notamment au regard du fait que, si un enfant sur cinq est victime d’agression sexuelle en Europe1(*), la part des agressions entre mineurs est en augmentation. Il convient donc de pouvoir les condamner, et d’instaurer parallèlement les mesures, avant tout éducatives, appropriées2(*).

Afin d’encadrer les relations sexuelles entre mineurs et limiter les risques de pression d’un partenaire à l’égard de l’autre, il est ici proposé de prévoir qu’en deçà de l’âge de quinze ans, un mineur peut consentir à des activités sexuelles avec un partenaire mineur si celui-ci est de moins de deux ans son aîné et qu’il n’exerce aucune relation d’autorité, de dépendance ou de forme d’exploitation à son endroit.

Enfin, il apparaît nécessaire de rendre obligatoire l’inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV) instauré par l’article 48 du 9 mars 2004 toutes les personnes condamnées à des peines, même inférieures à cinq années d’emprisonnement, dès lors que la victime en était mineure.

Tels sont les objectifs de cette proposition de loi…suite

N° 53

SÉNAT

SESSION ORDINAIRE DE 2017-2018

Enregistré à la Présidence du Sénat le 26 octobre 2017

PROPOSITION DE LOI

pour une meilleure protection des mineur.e.s victimes de viol et des autres agressions sexuelles,

…Malgré la récente extension des délais de prescription prévue par la loi n°2017-42 du 27 février 2017, les mineur.e.s victimes de crimes et délits sexuels ne bénéficient pas d’un caractère dérogatoire au droit commun : le point de départ placé à partir de la majorité « est justifié par le fait que la victime mineure n’a pas la capacité d’agir en justice et doit se faire représenter. Par ailleurs, ce report est d’autant plus justifié pour les crimes sexuels qu’ils sont le plus souvent commis par un.e membre de la famille ou une personne de l’entourage, qui exerce sur la victime une autorité ou une influence »3(*).

Ainsi, le délai en vigueur n’est pas adapté au caractère très souvent tardif de la révélation des violences (l’amnésie traumatique est souvent levée après 40 ans, alors que l’action publique s’éteint après 38 ans pour les victimes mineures).

La spécificité des crimes sexuels sur mineur.e.s justifie la création d’un délai de prescription dérogatoire de 30 ans à compter de la majorité, une évolution cohérente et lisible au regard du droit de la prescription en vigueur, et répondant aux attentes légitimes des victimes4(*)suite

#moiaussi au Parlement européen

  • Le mouvement #balancetonporc a soulevé une vague de prise de conscience de la réalité du harcèlement sexuel dans notre société et ses institutions. Ce soir sur la chaîne Public Sénat le député Edouard Martin et son assistante parlementaire, Jeanne Ponté, exposaient les mesures prises pour protéger les victimes en son sein. On ne peut que se réjouir de cette prise au sérieux de la pandémie.

https://www.publicsenat.fr/emission/europe-hebdo/harcelement-sexuel-et-l-etat-de-droit-en-hongrie-78692

  • Assistante de l’eurodéputé socialiste Édouard Martin, Jeanne Ponté a décidé de prendre la parole pour dénoncer ces faits au sein du Parlement européen. La jeune femme raconte avoir elle-même été victime d’un comportement déplacé de la part d’un député allemand en juillet 2014 alors qu’elle est toute jeune assistante. Choquée par cet événement, elle décide quelques mois plus tard de consigner des gestes, des noms, des dates, dans un petit carnet « pour ne pas s’habituer ». Elle répertorie ainsi tous les actes dont elle a connaissance : « ça va du commentaire sexiste, au harcèlement sexuel, au message reçu au milieu de la nuit par des députées et de manière répétée, à des cas d’agression sexuelle ».

https://www.publicsenat.fr/article/societe/le-carnet-noir-du-harcelement-au-parlement-europeen-79579

  • entretien avec Edouard Martin

http://www.euractiv.fr/section/institutions/interview/edouard-martin-a-strasbourg-les-eurodeputes-se-lachent/

Ici les langues se délient depuis l’affaire Weinstein, et la réalité dépasse ce que je pouvais imaginer. Il y a 751 députés, qui ont souvent 2 attachés parlementaires, qui sont souvent des femmes jeunes. Elles sont intimidées, elles ne savent pas comment réagir. Je ne sais pas si le problème est important, mais je sais qu’il existe, et qu’il y a des victimes…

Vous êtes élus depuis 2014, avez-vous été témoin de scènes de harcèlement depuis 3 ans et demi ?

Je n’ai pas vécu de choses graves, mais j’ai assisté à des remarques déplacées. En revanche, les témoignages montrent que cela va beaucoup plus loin. Certains élus se permettent de plaquer des femmes contre le mur, de les tutoyer, de faire des remarques sur la transparence supposée de leur chemise. Je n’ai jamais entendu la même chose à propos de la chemise d’un homme.

Je pense qu’il faut faire quelque chose parce que les contrats des attachés parlementaires, notamment, sont très précaires. Un parlementaire peut dénoncer le contrat de son assistant(e) pour le simple fait de rupture de confiance. Donc à la moindre dénonciation, les assistants et stagiaires risquent d’être licenciés.

Est-ce que le fait que le Parlement européen « voyage » entre Bruxelles et Strasbourg influence le phénomène ?

Les eurodéputés, souvent, habitent à Bruxelles. Et ils y ont fait venir leur famille, pour certains. Donc le soir, à Bruxelles, ils rentrent chez eux. Mais les semaines à Strasbourg, c’est n’importe quoi. Ils sont à l’hôtel, dans les bars, les restaurants, il y a un espèce de sentiment frivole, ils se permettent des comportements déplacés. Tout d’un coup ils se lâchent.

Il existe un comité consultatif sur le harcèlement au Parlement européen…

Oui, il y a 11 cas de harcèlement moral qui ont été instruits, dont un est toujours en cours. Mais aucun de harcèlement sexuel. Or je sais qu’ici il y a des hommes qui se sont comportés comme des harceleurs, et les victimes n’osent pas témoigner. Elles n’osent pas aller voir le comité en question parce qu’elles ne se sentent pas protégées, elles savent qu’elles seront licenciées sur le champ si elles dénoncent leur eurodéputé par exemple. C’est un comité interne, on ne sait pas où les témoignages terminent, on ne sait même pas quelles sont les sanctions encourues.

Le président Antonio Tajani a promis le 23 octobre de punir les cas de harcèlement sexuel. En même temps, en tant que proche de Silvio Berlusconi, il n’est pas forcément très crédible sur le sujet…

Oui, il a dit que les harceleurs seraient « sévèrement punis ». Mais ça veut dire quoi ? Qu’on leur enlèverait une semaine de salaire comme à l’élu polonais qui a tenu des propos xénophobes, racistes et sexistes en plein Parlement européen ? Il faudrait de vraies sanctions pour que le comité soit pris au sérieux.

Il y a un débat ici, je suis assez isolé : certains pensent que le comité est suffisant. Moi je crois que nous avons besoin d’une structure compétente pour traiter de ce sujet.

Que faudrait-il mettre en place pour limiter les cas de harcèlement ?

La victime a besoin d’écoute avant tout, et ensuite, éventuellement viendra le processus de plainte. Mais toutes les garanties doivent être apportées. Je plaide pour un audit externe. Que l’on puisse choisir un cabinet spécialisé, non pas pour stigmatiser, mais pour évaluer. Ici au Parlement européen, dès qu’on parle de faire venir quelqu’un d’extérieur, c’est impossible. Je crois qu’on a rien à cacher, donc ce serait important de s’entourer de vrais professionnels.

Harcèlement sexuel : Gina Lollobrigida aussi

Gina Lollobrigida, à la veille de ses 90 ans avoue avoir été elle aussi victime de harcèlement sexuel et violée.

A-t-elle vraiment dit qu’elle déplorait le « déballage actuel » ? Si oui, elle se contredit en « déballant » son expérience si non, on peut imaginer que le journaliste le lui a fait dire parce que ça l’arrangeait.

A-t-elle vraiment dit qu’«il faudrait avoir le courage de les dénoncer sur le moment» et développé tout le mal que les agressions lui avaient fait «Les agressions sexuelles, quand il s’agit de plus, cela reste en toi et cela marque ton caractère. C’est quelque chose que tu ne peux pas retirer de toi. Tes actions sont toujours soumises à ce souvenir terrible».

Mais pour elle désigner des coupables aujourd’hui à la vindicte populaire ne lui paraît pourtant pas une solution digne: «Il me semble qu’en parler maintenant est un peu une manière de chercher la publicité.». A-t-elle vraiment parlé de vindicte populaire et accusé es victimes de vouloir se faire de la publicité ?

Je reste sceptique sur les jugements attribués à cette vieille dame de 90 ans alors qu’elle profite de la libération de la parole des victimes pour dire qu’elle aussi en fut une.

 

LC

http://www.lefigaro.fr/cinema/2017/11/10/03002-20171110ARTFIG00107-gina-lollobrigida-victime-elle-aussi-d-agressions-sexuelles-denonce-le-deballage.php

Gina Lollobrigida, victime elle aussi d’agressions sexuelles, dénonce le «déballage»

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