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Archives de Tag: Jeanne d’Arc

8 mars 2015. Quand les femmes devaient se travestir en homme pour vivre libres

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La discrimination des femmes est universelle et intemporelle. Les femmes ont toujours été soumises à la loi des hommes qui visait à les cantonner à la reproduction, leur service et leur  plaisir. Certaines, à toutes les époques de l’Histoire ont tenté d’échapper à leur condition subalterne en se travestissant en homme car, jusqu’au XXème siècle en Occident, il n’y avait pas d’autre alternative que tenir un rôle de femme ou tenir un rôle d’homme. Les attributions des unes et des autres étaient extrêmement précises et y déroger constituait un acte contre nature qui était sanctionné par les lois et les religions. En conséquence, le costume des hommes codifiait la virilité en s’inspirant des arts de la chasse et de la guerre tandis que celui des femmes était codifié pour limiter leurs mouvements afin qu’elles incarnent l’idéal féminin de grâce, de douceur, de maternité et de soumission.

La philosophe Hélène Soumet a rassemblé 23 portraits de ces femmes qui ont pris le risque de se travestir en homme pour vivre aussi libres qu’un homme de leur condition et, surtout pour pouvoir réaliser leur passion. Guerroyer, chasser, courir, peindre, sculpter, explorer, voyager, soigner ou philosopher sont quelques-unes des activités que nos ancêtres mystiques, guerrières, savantes, aventurières ou artistes ne purent mener que sous un habit d’homme.

Hélène Soumet précise que si le déguisement est un jeu temporaire, comme le Carnaval, le travestissement obéit à une nécessité vitale visant à changer de rôle définitivement ou pour le temps d’une « mission ». La plupart commençaient d’ailleurs par se couper les cheveux, un acte sacrilège pour les religions. Rappelons ici que les femmes commencèrent à se couper les cheveux seulement vers 1920 à l’époque où le vêtement féminin s’allège et les corsets disparaissent, des transformations radicales provoquées par la première guerre mondiale qui avait envoyé les femmes faire le travail des hommes soit parce qu’ils étaient sur le front, soit parce qu’il y avaient disparu et que la main d’oeuvre masculine manquait. Cette transformation de la condition des femmes est agréablement reconstituée dans le feuilleton  » Downton Abbey« .

Aimable et Zappy Max Elle S’était Fait Couper Les Cheveux

En regardant les portraits de ces femmes on pense qu’elles sont bien viriles et c’était bien là leur but : passer pour un homme. Il ne s’agissait pas de se masculiniser mais de se travestir de manière à croire qu’on était vraiment un homme, ce qui n’empêchait pas d’avoir éventuellement des enfants et de reprendre ses oripeaux de femme une fois la mission terminée.

En quelques coups de plume bien acérée sur 3 ou 4 pages, Hélène Soumet dresse des portraits qui nous racontent l’essentiel et nous donne envie d’en connaître davantage sur ces femmes étonnantes que leur condition d’infériorisation et de dépendance n’a pas empêchées d’accomplir des prouesses. L’auteur a choisi 23 portraits choisis parmi les 128 femmes travesties qu’elle a répertoriées à travers les âges. L’ouvrage, de type encyclopédique est facile et agréable à lire, l’auteure étant habituée des œuvres pédagogiques.

La Connectrice

NB Pour voir davantage d’images des « Travesties de l’Histoire » on se reportera à l’article de la revue féministe Sisyphe http://sisyphe.org/spip.php?article5066

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Catalina de Erauso (vers 1581-vers 1645). A 15 ans, elle s’enfuit du couvent où elle avait été placée  par son père à l’âge de 4 ans : »Je sortis dans la rue que je n’avais jamais vue de ma vie ». p. 61 Archives de l’auteure.

 

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 Nadedja Dourova combattit contre Napoléon avec les armées du Tzar qui, lorsque son sexe fut découvert, la couvrit d’honneurs malgré la réprobation de sa cour. p.97. Archives de l’auteure.

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Jane Dieulafoy, archéologue. Archives de l’auteure

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Anne Bonny. Sur cette image caricaturale  la féminité de la pirate est clairement exhibée par sa chevelure et ses seins pour exciter les hommes. Archives de l’auteure.

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Billy Tipton. Archives de l’auteure.

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James Barry, chirurgien. Archives de l’auteure

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Jeanne d’Arc. Archives de l’auteure

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Pour en savoir plus

 Hélène Soumet

Source photo http://sisyphe.org/spip.php?article5066

Professeure de philosophie, auteure d’ouvrages d’histoire de la philosophie pour le grand public, de livres scolaires et de cahiers de culture générale. Elle a décidé d’écrire un livre sur les femmes lorsqu’un éditeur a, sans son avis, supprimé tous les textes sur les femmes philosophes.

  • Hélène Soumet. Les travesties de l’Histoire. Editions First, Paris mai 2014 , 255 pages. 19,95 €
  • Les ouvrages d’Hélène Soumet

www.helene-soumet.fr

http://www.amazon.fr/H%C3%A9l%C3%A8ne-Soumet/e/B004Z2TUF0

  • La critique des « travesties de l’Histoire » sur la revue féministe Sisyphe

…Actuellement au Moyen-Orient, une femme travestie en homme pour assister à un match de football a été transférée à la police terroriste, tout comme celle qui s’était travestie pour conduire. En 2012 au Soudan, une journaliste a été fouettée et une jeune fille lapidée pour avoir porté un pantalon. En Afghanistan, des fillettes sont travesties pour étudier ou pour travailler afin de nourrir une famille qui n’a pas de fils.

En Europe, où sexisme et discriminations perdurent, les femmes se travestissent pour protester contre les violences ou les injustices. Des femmes politiques influentes se travestissent pour montrer que les choses seraient différentes si elles étaient des hommes. Ainsi à chaque époque, dans chaque civilisation, le travestissement révèle le niveau d’inégalité et les discriminations dont les femmes sont victimes…

http://sisyphe.org/spip.php?article5066

  •  L’ordonnance qui interdisait aux femmes de porter le pantalon n’a été abolie qu’en 2013

« L’ordonnance du préfet de police Dubois n°22 du 16 brumaire an IX (7 novembre 1800), intitulée ‘ordonnance concernant le travestissement des femmes’ est incompatible avec les principes d’égalité entre les femmes et les hommes qui sont inscrits dans la Constitution et les engagements européens de la France (…) De cette incompatibilité découle l’abrogation implicite de l’ordonnance du 7 novembre qui est donc dépourvue de tout effet juridique et ne constitue qu’une pièce d’archives, conservée comme telle par la Préfecture de police de Paris“, écrit le ministère au Journal Officiel. »

https://laconnectrice.wordpress.com/2013/02/04/les-femmes-ont-le-droit-de-porter-le-pantalon-en-france/

  • La peintre animalière Rosa Bonheur devait demander deux fois par an au préfet l’autorisation de porter le pantalon « pour raison de santé »

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https://laconnectrice.wordpress.com/2011/06/13/une-nouvelle-vie-pour-rosa-bonheur-peintre-des-animaux/

Les femmes ont le droit de porter le pantalon … en France

« L’ordonnance du préfet de police Dubois n°22 du 16 brumaire an IX (7 novembre 1800), intitulée ‘ordonnance concernant le travestissement des femmes’ est incompatible avec les principes d’égalité entre les femmes et les hommes qui sont inscrits dans la Constitution et les engagements européens de la France (…) De cette incompatibilité découle l’abrogation implicite de l’ordonnance du 7 novembre qui est donc dépourvue de tout effet juridique et ne constitue qu’une pièce d’archives, conservée comme telle par la Préfecture de police de Paris“, écrit le ministère au Journal Officiel. »

L’abrogation de cette loi avait été demandée à plusieurs reprises mais sans effet. Heureusement, elle n’était plus appliquée mais son abrogation toute symbolique qu’elle fut, était nécessaire surtout quand on pense que dans certains pays, comme le Soudan et la plupart des pays musulmans, les femmes peuvent être emprisonnées ou fouettées si elles osent porter un pantalon.

Culotte ou pantalon ? Traditionnellement, la culotte est large, le pantalon plus étroit et moulant. Alors que la culotte a pu être portée par les femmes et définitivement rangée au rayon des sous-vêtements au point de devenir « petite », le pantalon a toujours été l’apanage des hommes, un privilège qu’ils ont toujours défendu en empêchant , par toutes sortes de ruses, les femmes de le porter. Curieusement, au sens figuré, une femme autoritaire ne porte pas le pantalon mais la culotte. Encore heureux, imaginez là cul nu donner des ordres, ça ne passerait pas …

Notre société ne craint pas les paradoxes, alors que les femmes françaises, dans leur ensemble, portent indifféremment la jupe ou le pantalon selon les circonstances, certaines nouvellement converties à l’islam ou militantes djihadistes, revendiquent le port de voiles, foulards, robes et amas de chiffons qui entravent les mouvements du corps et les gestes du quotidien, ce pour quoi précisément le pantalon a été adopté. La pantalon n’est pas forcément confortable mais tout le monde convient de ce qu’il est pratique pour monter sur les escabeaux dans les bibliothèques ou les boutiques, pour monter à cheval ou à bicyclette, pour courir ou faire sa gym dans l’herbe, pour causer à la tribune, pour cueillir des fraises ou grimper aux arbres, pour peindre des fresques ou les restaurer, pour bouger librement sans tirer sur sa jupe afin d’éviter de montrer une culotte que la jupe est destinée à montrer. Le pantalon libère le mouvement et c’est bien pour cela qu’hommes et femmes le portent.

Mitterrand avait aboli la peine de mort, Hollande aura aboli l’interdiction faite aux femmes de porter le pantalon. Grâce à Hollande aussi, les Maliennes pourront porter le pantalon puisqu’il a chassé les fous de Dieu qui voulaient imposer la charia au Mali. Quelle cohérence féministe, monsieur le Président ...

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Permission de travestissement. Autorisation préfectorale de porter le pantalon pour « raisons médicales ». A renouveler tous les trimestres. On peut voir ce document dans l’atelier de Rosa, au château de By, près de Fontainebleau.

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Rosa Bonheur dans son atelier, en pantalon

En cette date historique qui voit -enfin- l’abrogation de l’interdiction pour les femmes de porter le pantalon, écoutez cette émission sur France culture http://www.franceculture.fr/emission-concordance-des-temps-la-femme-et-le-pantalon-conquete-d-une-liberte-2010-09-11.html Invitée par Jean-Noël Jeanneney à l’occasion de la sortie de son livre, l’historienne Christine Bard nous raconte l’histoire politique du pantalon.

Une Histoire politique du pantalon, Christine Bard

Voir les femmes en pantalon est devenu courant, ce ne fut pas toujours le cas. Pouvoir porter ce vêtement a été une longue conquête : l’ordonnance du 16 brumaire an IX (7 novembre 1800) de la Préfecture de Paris, interdisant aux femmes le « port des habits de l’autre sexe » a longtemps été le principal obstacle, avec la conception du pantalon, comme le symbole de la masculinité et du pouvoir. Après la Révolution française, l’Ancien Régime a donc perduré pour les femmes tant sur le plan vestimentaire que social et politique. En compagnie de l’historienne, Christine Bard, Jean-Jeanneney revient sur la lutte des femmes pour acquérir le droit de se vêtir librement et de pouvoir porter aussi bien le pantalon que la jupe. Avec la professeure d’histoire à l’université d’Angers  Christine BARD. Elle est notamment l’auteur des Filles de Marianne (Fayard, 1985), desGarçonnes (Flammarion, 1998) deCe que soulève la jupe (Autrement, 2010) et elle vient de publier Une histoire politique du pantalon (Seuil, août 2010).

Interview de l’auteure sur France culture http://www.franceculture.fr/emission-concordance-des-temps-la-femme-et-le-pantalon-conquete-d-une-liberte-2010-09-11.html

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  • Abrogation de l’interdiction du port du pantalon pour les femmes au sénat en 2012

14 ème législature

Question écrite n° 00692 de M. Alain Houpert (Côte-d’Or – UMP)

publiée dans le JO Sénat du 12/07/2012 – page 1534

M. Alain Houpert attire l’attention de Mme la ministre des droits des femmes, porte-parole du Gouvernement, sur les dispositions, toujours en vigueur, de la loi du 17 novembre 1800 interdisant aux femmes de porter le pantalon. En effet, cette loi – la loi du 26 brumaire an IX – précise que « Toute femme désirant s’habiller en homme doit se présenter à la Préfecture de police pour en obtenir l’autorisation ». Cette interdiction a été partiellement levée par deux circulaires de 1892 et 1909 autorisant le port féminin du pantalon « si la femme tient par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d’un cheval ». Si elles ne sont plus appliquées aujourd’hui, leur portée symbolique peut heurter nos sensibilités modernes, c’est pourquoi il lui demande si elle envisage de les abroger.

Réponse du Ministère des droits des femmes

publiée dans le JO Sénat du 31/01/2013 – page 339

La loi du 7 novembre 1800 évoquée dans la question est l’ordonnance du préfet de police Dubois n° 22 du 16 brumaire an IX (7 novembre 1800), intitulée « Ordonnance concernant le travestissement des femmes ». Pour mémoire, cette ordonnance visait avant tout à limiter l’accès des femmes à certaines fonctions ou métiers en les empêchant de se parer à l’image des hommes. Cette ordonnance est incompatible avec les principes d’égalité entre les femmes et les hommes qui sont inscrits dans la Constitution et les engagements européens de la France, notamment le Préambule de la Constitution de 1946, l’article 1er de la Constitution et la Convention européenne des droits de l’homme. De cette incompatibilité découle l’abrogation implicite de l’ordonnance du 7 novembre qui est donc dépourvue de tout effet juridique et ne constitue qu’une pièce d’archives conservée comme telle par la Préfecture de police de Paris.

  • Habit de femme ou habit d’homme, contrainte vestimentaire au XIXème siècle et avant

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Jeanne d’ArcCaricature_George_Sand_1848

Célèbre caricature de George Sand, 1848

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La débardeuse, vue par Paul Gavarni

Jusqu’au xixe siècle inclus, en dehors de la période du Carnaval une femme à Paris n’a pas le droit de s’habiller en homme. Pour pouvoir porter un pantalon en dehors de cette période elle doit bénéficier d’une autorisation d’un commissaire de police, délivrée sur la foi d’une ordonnance médicale attestant qu’elle en a besoin pour raisons médicales.

Durant très longtemps les formes féminines sont très largement dissimulées par les vêtements. Ainsi les fesses, cuisses, jambes et mollets sont en temps normal complètement cachés par la robe et trois épaisseurs de jupons. Seule la cheville apparaît parfois au regard et est considérée comme érotique.

Un débardeur ou une débardeuse est une femme ou jeune fille vêtue d’un débardeur ou pantalon, de préférence particulièrement moulant. Ce personnage est ressenti comme très érotique.

Une aquarelle d’Eugène Lami montre une scène de Carnaval20 et confronte à gauche une femme et sa fille en tenue courante avec à droite une débardeuse montée à l’arrière d’une calèche. Une autre débardeuse est à cheval, de trois quarts dos et porte des vêtements masculins extrêmement moulants. Cette peinture permet de mesurer la distance astronomique séparant le vêtement féminin ordinaire de la tenue de débardeur.

Le débardeur c’est aussi une attitude et un comportement de la femme ou jeune fille ainsi costumée. Qu’ils soient réels ou attribués, on peut voir à ce propos les caricatures de Cham.

Le dessinateur Paul Gavarni s’est fait une spécialité de la représentation des débardeurs. On peut en voir un sculpté en bas-relief sur le socle du monument élevé à sa mémoire place Saint-Georges à Paris.

Les débardeuses n’étaient pas que parisiennes et propres au seul xixe siècleJulien Gracq en parle dans La forme d’une ville, où on les voit apparaitre dans le cadre du Carnaval de Nantes en 1923 : « Ces silhouettes insolentes, puissamment vulgaires, de débardeuses du plaisir, qui pour un jour envahissaient les rues et se substituaient presque entièrement au peuple gris et noir des femmes encore long-vêtues des premières années vingt, sont restées pour moi le premier appel sexuel vraiment troublant, un appel auquel je ne savais donner encore aucun nom. »

Extrait d’une description du fameux bal masqué de l’Opéra, par Théophile Gautier21 :

« Un torrent de pierrots et de débardeuses tournent autour d’un ilôt de masques stagnant au milieu de la salle, ébranlant le plancher comme une charge de cavalerie. Gare à ceux qui tombent. … Comme nous rentrions chez nous, nous vîmes descendre d’un estaminet une bande de quarante pierrots tous costumés de même, qui se rendaient au bal de l’Opéra, précédés d’une bannière où étaient écrits ces mots : Que la vie est amère! »

Il ne faut pas confondre ce débardeur avec un autre débardeur, célèbre maillot sans manches, plus tard baptisé familièrement en France « marcel », dont l’invention est attribuée auxForts des Halles de Paris au milieu du xixe siècle.http://fr.wikipedia.org/wiki/Personnages_typiques_du_Carnaval_de_Paris

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Calamity Jane

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L’écrivaine Colette

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Jeanne Baret, première femme à faire le tour du monde

Compagne du botaniste Philibert Commerson, elle se fait passer pour son valet, sous le nom de Jean Baré pour l’accompagner dans l’expédition dirigée par Bougainville en 1766, à une époque où il est hors de question d’embarquer une femme1.

Leur supercherie est découverte à Tahiti en 1768, mais Bougainville les laisse continuer le voyage jusqu’à l’Île de France, l’actuelle île Maurice, où il les débarque. Commerson y meurt en 1773.

Désormais seule et sans ressources, Jeanne ouvre un cabaret à Saint-Louis et rencontre un officier de marine français, originaire du Périgord, Jean Dubernat, qu’elle épouse le 17 mai 1774 dans la cathédrale de Saint-Louis. Le couple rentre en France, bouclant ainsi le tour du monde. Jeanne ramène les récoltes botaniques de Commerson destinées au Jardin du roi, soit 30 caisses contenant quelque 5 000 espèces, dont 3 000 sont décrites comme nouvelles. Elle reçoit sa part de l’héritage de Commerson et le roi Louis XVI, qui reconnait ses mérites comme aide-botaniste, la félicite pour sa bonne conduite, la désigne comme « femme extraordinaire » et lui verse une rente.

Elle meurt en 18072. Elle est enterrée au cimetière de l’église de Saint-Aulaye, située sur la commune de Saint-Antoine-de-Breuilh en Dordogne. Elle a eu un fils né à Paris en 1764 et mort en bas âge.

Bougainville la cite dans son récit de voyage3, et Diderot dans son supplément au voyage4.

Son histoire est romancée dans La Bougainvillée, de Fanny Deschamps (1982). http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne_Barret

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Jeanne Dieulafoy, archéologue, cheveux courts et costume masculin pour travailler au Moyen-Orient  musulman en toute sécurité et dans le plus grand confort possible. A cette époque, fin du XIXème siècle, le costume était encore codifié, chaque groupe social avait ses couleurs et son costume. Les femmes n’avaient pas d’autre choix que de porter le costume féminin par excellence , la robe ou le costume masculin à trois pièces (pantalon, gilet et veste). C’est pourquoi les femmes de cette époque ont une allure très masculine et je les soupçonne de l’avoir accentuée en se coupant les cheveux (une vraie femme se devait d’avoir de longs cheveux) par provocation.

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 L’exploratrice du Tibet, Alexandra David-Néel © Centre Culturel Alexandra David Néel

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Amelia Bloomer

Amelia Bloomer (27 mai 1818 – 30 décembre 1894) était une militante du droit des femmes et du mouvement pour la tempérance. Employée des postes, elle édita la revue The Lily, consacrée principalement à la tempérance mais qui ouvrit largement ses colonnes aux militantes du droit des femmes comme Elizabeth Cady Stanton1. Bloomer devint célèbre en raison son combat pour la réforme vestimentaire, en défendant un « ensemble composé d’une jupe courte portée sur un pantalon à la turque »2 qui devait permettre une aisance de mouvement que n’offraient pas les longues robes de l’époque. Ces culottes bouffantes, qui prirent le nom de « bloomers », furent largement décriées et raillées par la société de son temps qui dénonçait leur inconvenance mais trouvèrent leur usage à partir des années 1890-1900, notamment dans la pratique de la bicyclette.http://fr.wikipedia.org/wiki/Amelia_Bloomer

  • Ailleurs dans le monde, le pantalon reste proscrit pour les femmes

images (5)Source photo : http://www.amacod-dijon.fr/articles_actu_nat/100_droit_des_femmes/index.html

A qui appartient Jeanne d’Arc ?

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Nicolas Sarkozy s’est récemment entiché de notre célèbre pucelle, Jeanne D’arc.

http://www.marianne2.fr/sarkofrance/244eme-semaine-de-Sarkofrance-de-la-TVA-sociale-a-Jeanne-d-Arc-Sarkozy-franchit-le-pas_a692.html

On imagine ce qu’a du lui coûter l’effort de lire le discours d’hommage à Jeanne écrit par son nègre. Il a fallu mentalement l’arracher aux griffes du Front national qui, chaque année, le premier mai, processionne en son honneur autour de sa statue dorée en face du jardin des Tuileries, place des Pyramides. Vidéo de la manifestation du 1er mai 1990 quand le FN n’était pas vraiment présentable http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/CAC92015331/defile-jeanne-d-arc-avec-jean-marie-le-pen-pt-du-front-national.fr.html

Le FN n’est pas content, on lui a confisqué son symbole http://www.frontnational.com/2012/01/lopportunisme-electoral-de-sarkozy-porte-atteinte-a-jeanne-darc-et-a-ce-quelle-represente/. Le FN a nriposté en organisant une manifestation ce samedi http://www.leparisien.fr/orleans-45000/le-fn-replique-a-sarkozy-avec-une-jeanne-d-arc-symbole-de-jeunesse-et-de-nationalisme-07-01-2012-1801580.php

Presque toutes les villes de France, au cours du temps, ont rendu un hommage à Jeanne d’Arc, que ce soit à titre religieux ou laïque car, comme on dit, notre Jeanne est une héroïne « plastique », tout le monde, à droite, au centre, à gauche, peut se l’approprier et n’a pas manqué de le faire.

J’avais d’ailleurs publié moi-même sur ce blog un récapitulatif de la représentation de Jeanne à travers les âges.https://laconnectrice.wordpress.com/2008/09/29/segolene-royal-et-jeanne-darc/ et surtout du rôle de Jules Michelet dans son incarnation de la France populaire.

Un site est entièrement consacré à « Sainte-Jeanne » qui présente une cartographie des villes de France qui lui rendent hommage avec des photos des statues, représentations, musées, plaques commémorative, constructions, mentions qui la concernent. http://www.saintejeanne.fr/france/75_paris_229.htm

Une statue de Jeanne par François Rude trône au milieu du Louvre : « Jeanne écoutant ses voix ». On peut se demander ce qu’elle entend aujourd’hui dans le tumulte des travaux de la 8ème section du Musée destinée à « réhabiliter » l’Islam ? Source photo http://www.flickr.com/photos/la_bretagne_a_paris/5155289272/sizes/m/in/photostream/

SEGOLENE ROYAL ET JEANNE D’ARC

Source de la photo : Musée Jeanne D’arc de Rouen. L’évêque Cauchon interrogeant Jeanne par Delaporte XVIIIème siècle. Musée des Bx Arts de Rouen

Ayant entendu plusieurs fois des détracteurs de Ségolène Royal affirmer qu’elle se ‘prenait pour Jeanne d’Arc », je suis retournée aux sources.

Dans le langage populaire, dire d’une personne, généralement une femme, qu’elle « se prend pour Jeanne d’Arc » est une manière ironique et péjorative de dire qu’elle entend des voix. Autrement dit qu’elle est la seule à se sentir investie d’une mission. Qu’elle prend ses désirs pour les réalités. Qu’elle croie se vouer à une œuvre absolue comme de droit divin. Qu’elle a des hallucinations. Qu’elle est folle. Qu’elle est comme une petite bergère analphabète encore couverte de la boue de sa cambrousse, qui voudrait jouer dans la cour des puissants. A ce propos, il est peu probable que Jeanne ait représenté les bergères de son temps car elle était éduquée, montait à cheval et savait manier l’épée et s’exprimer. Certains historiens pensent qu’elle était la fille naturelle d’un grand seigneur.

Dans le langage politique hâtif, c’est la renvoyer au Front national et à Le Pen qui sont aujourd’hui les seuls à célébrer Johanne en se donnant rendez-vous devant sa statue dorée, rue de Rivoli, chaque année pour compter leurs troupes.

Or, d’après de nombreux historiens, Jeanne d’Arc serait une véritable héroïne qui aurait véritablement « bouté les Anglois hors de France » et aidé Charles VII à retrouver sa mission divine, pas contestée celle-ci par les monarchistes de son temps et ceux d’aujourd’hui. Je veux dire par les Orléanistes puisque les Bourguignons s’étaient alliés aux Anglais pour lui couper la tête.

Le plus intéressant dans l’histoire de Jeanne d’Arc est, comme dans l’affaire Dreyfus, l’enjeu dont elle fut le symbole au cours des âges. Tantôt sainte catholique, tantôt héroîne laïque et républicaine, il fallu attendre les travaux de Jules Michelet, puis de ceux Henri Wallon pour réconcilier les catholiques et les laïques à travers la personne de Jeanne d’Arc.

Finalement, comparer Ségolène Royal à Jeanne d’Arc est une forme de compliment pour celle qui assure vouloir réconcilier tous les français et revaloriser l’esprit de fraternité.

Pour en savoir plus sur le rôle historique de Jeanne d’Arc, voici des extraits d’une conférence de Jean Cluzel :

Source : http://www.asmp.fr – Académie des sciences morales et politiques.

Paris, le 11 octobre 2004, Institut de France, Séance en hommage à Alexandre-Henri Wallon Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Académie des sciences morales et politiques Wallon, Jeanne d’Arc et la République INTERVENTION DE JEAN CLUZEL,Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques

.… Contrairement à ce que l’on pourrait supposer, les zélateurs de la Jeanne laïque étaient,dans la première moitié du XIXe siècle, beaucoup plus nombreux et plus puissants que leurs concurrents catholiques.

Après avoir été ridiculisée par Voltaire, parangon de ces hommes des « Lumières » qui goûtaient si peu les mystères du Moyen Age, Jeanne d’Arc connut une véritable résurrection à l’époque du romantisme. Son grand poète ne fut pas Chateaubriand, trop occupé sans doute à se mesurer à Napoléon. Le mouvement ne vint pas non plus des défenseurs du trône et de l’autel, sous la Restauration ; au contraire, ceux-ci minimisaient l’épopée de Jeanne, accusée d’avoir outrepassé sa mission, et dont la fin tragique paraissait incompatible, à leurs yeux, avec la glorification de la monarchie, du clergé et de la noblesse.

Le grand « inventeur » de la Jeanne laïque et romantique fut Michelet. Avec lui, c’est une Jeanne « de gauche » qui accable la monarchie, le clergé et la noblesse, pour mieux exalter le Peuple.

« Le mouvement romantique, a écrit Georges Goyau, aimait d’une passion quelquefois brumeuse les apparitions historiques où s’incarnait l’âme des peuples, les personnalités où des consciences collectives se résumaient et s’exprimaient : il fut séduit par Jeanne et l’on vit éclore, en 1841, l’hymne de Michelet5 ». Cet « hymne » se trouve dans son Histoire de France, où Jules Michelet assène la phrase bien connue : « Oui, selon la Religion, selon la Patrie, Jeanne Arc (sic) fut une sainte. » Il ne nie pas le double sens de l’histoire de la Pucelle, et voit en elle comme la conclusion de l’aventure spirituelle du Moyen Age. Mais il ajoute, en forme de recommandation : « Quelle légende plus belle que cette incontestable histoire ? Mais il faut bien se garder d’en faire une légende. » Pour Michelet, il ne faut pas s’attacher au merveilleux des récits sur Jeanne d’Arc. Du reste, à propos de ses visions, il ajoute : « Qui n’en avait au Moyen Age ? ». Michelet ramène Jeanne sur terre : elle a bien existé, figure humaine, très humaine et vulnérable ; figure populaire surtout ; la Jeanne de Michelet est fille du Peuple et non fille du Ciel. Il conclut : « La Vierge secourable des batailles que les chevaliers appelaient, attendaient d’en haut, elle fut ici-bas… » Et c’était une « simple fille des campagnes, du pauvre peuple de France… Car il y eut un peuple, il y eut une France. Cette dernière figure du passé fut aussi la première du temps qui commençait. En elle apparurent à la fois la Vierge… et déjà la Patrie ». Ainsi Michelet confond Jeanne et son identité populaire, pour mieux l’élever sur les autels de la Patrie et du Peuple. Pour lui, l’histoire de Jeanne est comme une charnière de l’Histoire de France : voici la dernière figure du passé et la première des temps modernes ; voici l’Incarnation du Peuple ; voici une femme qui, nonobstant sa virginité, donne naissance à la Patrie ; et jusque dans la mort effroyable de cette martyre trahie par les siens, Michelet laisse apercevoir, en filigrane de son portrait de Jeanne, une figure christique. « Le sauveur de la France devait être une femme, résume-t-il. La France était femme elle-même ».

5 Cité dans Michel Winock, « Jeanne d’Arc », in Pierre Nora (dir), Les lieux de mémoire, tome III, Les France,

Paris, 1992, p. 682.

… »

Vivre à Paris : Curiosités (1) Le Bar tabac des Templiers

Publié le

Mise à jour le 16 juin 2012

Le bar des templiers n’existe plus, une pizzeria occupe la place …

Le bar tabac des Templiers se trouve 35 rue de Rivoli, non loin de l’Hôtel de Ville. C’est un vrai café et un vrai bureau de tabac sauf qu’on peut aussi y acheter des cravates couvertes de fleurs de lys, accrochées derrière le bar.

Comme le bar des Templiers est aussi un centre de jeu, il est surtout fréquenté par des hommes, une majorité de travailleurs immigrés qui forment un essaim autour des machines et des écrans du PMU.

Ces travailleurs portent-ils attention à l’étrange décor qui les entoure ?

Les murs du boui-boui sont couverts de portraits royaux, de représentations de Jeanne d’Arc, de scènes religieuses, du portrait du Pape, de celui de Cadoudal, de coeurs vendéens, d’armes royales, de croix avec ou sans Christ, de croix de Malte, de photos d’un jeune homme de notre époque qui doit être l’héritier de la couronne de France, de l’adresse du site Internet des templiers et de vitrines remplies d’un capharnaüm de statues de Jeanne d’Arc, de chopes et de vases décorés de fleurs de lys ou de croix, de figurines catholiques et de toutes sortes d’objets hétéroclites et poussiéreux qui mélangent christianisme et monarchie.

Les murs du fond sont entièrement recouverts de belles peintures sous verre avec une� dominante de bleu royal, comme dans les enluminures médiévales. Ils représentent l’Adoration des rois mages, l’arrivée à Jérusalem ou d’autres scènes de la vie de Jésus. Les reflets du verre empêchent de bien distinguer les images mais elles sont là.

Ici les clients ne demandent pas « un petit noir » mais « un café royal ».

Les patrons sont avenants et sympathiques. Ils travaillent en famille et leurs enfants donnent de temps en temps un coup de main. Quelque chose du style Le Pen qui vient sûrement se désaltérer avec une « bière Jeanne d’Arc » au bar des Templiers� chaque année pour l’anniversaire de sa sainte patronne, le 1er mai.

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