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Archives de Tag: liberté de circulation

Marche contre les violences sexuelles et sexistes le 24 novembre

 

Nous nous appelons Laura, Leïla, Geneviève, Pauline, Myé, Madeline, Fatima, Marion, Lorna, Gisèle.

Le 24 novembre, nous marcherons pour en finir avec les violences sexistes et sexuelles.

Nous sommes des millions de femmes et d’enfants à avoir subi et à subir encore des violences sexistes et sexuelles qui nous pourrissent la vie.

Nous sommes des millions à avoir vu ces violences abîmer nos amies, nos soeurs, nos amoureuses, nos mères, nos enfants ou nos collègues.

Dans l’espace public, au travail, à la maison, nous exigeons de vivre en liberté, sans injures, ni menaces, sans sifflements ni harcèlement, sans persécution ni agressions, sans viols, sans blessures, sans exploitation de nos corps, sans mutilations, sans meurtres.

Aucune d’entre nous ne doit cumuler les violences car elle cumule les discriminations. Nous exigeons que les enfants soient protégés de ces violences.

Nous voulons montrer notre force, notre nombre et notre détermination.

Nous voulons affirmer haut et fort notre solidarité avec les victimes.

Nous voulons en finir avec l’impunité des agresseurs.

Nous exigeons des mesures ambitieuses et des moyens financiers suffisants pour que l’action publique mette la lutte contre les violences en top des priorités : éducation dès le plus jeune âge, formation obligatoire des professionnel.le.s, application de l’ordonnance de protection, augmentation des moyens pour accueillir les femmes victimes…

Nous allons marcher pour montrer notre nombre, notre force et notre détermination. Victimes de violences, nous ne sommes pas seules. Nous ne serons plus jamais seules.

Après #MeToo, devenons #NousToutes.

RDV le 24 novembre.

Pour nous aider à financer cette marche historique (tous les dons sont les bienvenus) : https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/le-24-novembre-marchons-contre-les-violences-sexistes-et-sexuelles

* * * *

Je m’appelle Pauline et le 24 novembre, je marcherai. Parce que j’ai été victime d’une agression sexuelle avec tentative de viol, et aujourd’hui avec #NousToutes je deviens une battante.

Je m’appelle Marion et le 24 novembre, je marcherai. Parce que je refuse de voir ma fille grandir dans une société inégalitaire.

Je m’appelle Laura et le 24 novembre, je marcherai. Parce que descendre dans la rue et occuper l’espace public a encore aujourd’hui le pouvoir de provoquer un changement radical dans notre société.

Je m’appelle Malvina et le 24 novembre, je marcherai. Parce que lutter contre les violences m’a toujours tenu à cœur et aujourd’hui je veux que #NousToutes disions STOP.

> Vous voulez ajouter votre témoignages ? Cliquez ici : https://formdivers.typeform.com/to/Hybn8T

L’Europe des 27 remporte le prix Nobel de la Paix 2012 u

Le prix Nobel de la Paix décerné à l’Union européenne

Le Prix Nobel de la Paix vient d’être attribué à l’Union européenne. Le comité Nobel a choisi cette année de distinguer les idéaux de l’intégration européenne, qui ont permis, depuis le traité de Rome de 1957, de conserver la paix sur un continent autrefois coutumier des guerres [Le Monde]. « L’Union européenne a « contribué pendant plus de six décennies à promouvoir la paix et la réconciliation, la démocratie et les droits de l’homme en Europe », a annoncé le comité Nobel selon les sources de Reuters. Cependant, « le choix du comité Nobel peut surprendre en raison des difficultés économiques actuelles de l’UE, secouée par la crise des dettes dans la zone euro » commente Le Monde. Le prix sera officiellement remis le 10 décembre à Oslo.

Je suis triste de constater qu’à part Jacques Barrot qui en pleurait d’émotion face aux caméras, nos personnalités politiques ne se sont pas précipités pour célébrer l’attribution du prix Nobel de la Paix à l’Europe politique et économique. L’Elysée a attendu midi pour faire sa déclaration officielle.

Les dépêches de Reuters et de l’AFP mettent en avant la crise, les drames vécus par l’Europe du Sud, notamment en Grèce, en Espagne et au Portugal. Cohn-Bendit maudit l’Europe sociale.

Pourtant, tout est dit dans la déclaration du comité Nobel : L’Union européenne a permis de construire une paix durable entre des pays qui autrefois se faisaient régulièrement la guerre et dont les nationaux se haïssaient au prix souvent de drames personnels déchirants.

Tous les Européens qui profitent aujourd’hui de la liberté de circulation dans les pays européens ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont de pouvoir voyager, étudier, travailler, commercer et consommer sans limites, ou si peu. Nulle part ailleurs dans le monde des nations voisines n’offrent à leurs citoyens de telles opportunités. Peut-être y sommes nous trop habitués pour apprécier notre chance.

Sur le plan symbolique, la suppression des frontières est le rêve de toutes celles et ceux qui se vivent citoyennes et citoyens du monde.

Voilà pour le verre à moitié plein.

Pour le verre à moitié vide, beaucoup de choses laissent à désirer mais peut-on en attribuer la faute à l’Union européenne ? Avant d’entrer dans l’Europe, la Grèce, le Portugal, l’Espagne étaient des dictatures qui poussaient leurs populations à l’exil pour raisons politiques et économique. La France actuelle est le résultat du brassage des populations européennes fuyant leur pays d’origine.

Les paysans français vivaient dans une misère noire, avec la PAC ils sont devenus agriculteurs, ils ont pu agrandir leur exploitation, développer des élevages, moderniser leurs installations, s’équiper grâce aux emprunts qui leur ont été alloués. Les campagnes françaises d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec celles d’avant l’Europe tant sur la qualité des exploitations que l’habitat. Combien de jeunes ont pu se mettre à leur compte grâce à l’Europe ?

Bien sûr, il y a un prix à payer pour les aides européennes comme l’endettement, les quotas, les règlements  les normes et autres certifications, les contrôles et toutes les contreparties demandées par des plans qui, par définition, sont restrictifs. On ne peut passer aussi sous silence les injustices qui font que les plus gros propriétaires reçoivent les plus grosses subventions mais ça ne change pas de l’adage traditionnel qui dit qu’on ne prête qu’aux riches. L’union européenne et sa PAC n’en sont pas responsables, l’éternelle lutte du pot de terre contre le pot de fer est intemporelle.

Je laisse le soin aux spécialistes de critiquer les programmes de l’Union européenne mais je ne peux que me réjouir des progrès qu’elle a pu accomplir notamment dans le domaine de l’égalité entre hommes et femmes, de la protection et de l’éducation des jeunes filles, des luttes contre les discriminations

Oui, la création de l’Union européenne  constitue un progrès majeur pour les pays européens et il est heureux que les héritiers de Nobel lui aient décerné le prix de la Paix.

L’union européenne a encore beaucoup de progrès à faire mais elle constitue de fait une victoire de l’humanité en faveur de l’amitié concrète entre les peuples.

Echec de l’intégration : flâneries sous surveillance

Publié le

Ah, comme il faisait beau aujourd’hui le long du canal de l’Ourcq. Hommes et femmes offraient leur peau au soleil déjà chaud mais pas encore brûlant. Torse nu, des hommes se doraient la pilule sur le quai, au plus près de l’eau verdâtre. Des femmes entortillées de chiffons de la tête aux pieds semblaient réjouies tandis que l’homme qui les accompagnait profitait lui aussi des caresses du soleil sur sa peau.

Nous avons pris place à la cafétéria du MK2 pour bavarder et profiter de la lumière et de ses reflets sur le canal. Un grand noir se tenait à l’entrée de la cafétéria. Etonnée, je lui demandai s’il montait la garde et comme il aquiescait, je m’interrogeai à haute voix « Il y a vraiment des gens qui cherchent des histoires ici? ». Il me répondit « Oui, hélas! ».

Mon amie et moi étions sidérées. Depuis des années que nous habitons dans le quartier, nous n’avions jamais pensé qu’un jour nous devrions prendre un pot sous surveillance. Dans quel monde vivons nous pour que prendre un verre au soleil implique des risques pour notre sécurité?

Que la cafétéria du cinéma de Marin Karmitz nécessite une surveillance ne manquera pas de faire sourire quand on sait que ce charmant monsieur fut un maoïste convaincu et dévoué à « La cause du peuple ». Il a d’ailleurs réalisé entre autres le film « Camarades » qui relate une grève d’usine.

J’ai eu l’occasion de rencontrer Marin Karmitz à une mondanité du Nouvel Obs peu de temps après qu’il eu créé sa première salle au bord du canal. Je lui avais demandé s’il avait eu des difficultés pour trouver un emplacement dans l’arrondissement et il m’avait répondu que le maire RPR de l’époque, Bulté, avait été des plus aimables et l’avait gentiment accompagné dans sa recherche. Puis je lui fis remarquer que tout près, place de Stalingrad, il y avait un important traffic de drogue, qu’un peu plus loin, places des Fêtes, c’était kif-kif et qu’il y avait une certaine délinquance dans la multitude de logements sociaux qui cernaient le canal et ses environs. Je lui demandais s’il n’avait pas rencontré de problèmes et il me répondit que son équipe intégrait « les jeunes du quartier » et que son cinéma, les spectateurs et ses employés les cotoyaient en bonne intelligence.

C’est pourquoi je fus très surprise ce samedi de constater que l’intégration des « jeunes du quartier » pronée et souhaité par l’ancien maoïste, avait fait long feu au point d’embaucher un gardien pour protéger les clients et la bonne marche du commerce.

Le MK2 n’est d’ailleurs pas le seul à embaucher des plantons de sécurité. De nos jours, pratiquement tous les magasins et les super marchés, la mairie et les banques, sont équipés de vigiles.

Personnellement, je suis choquée, non par la méthode mais par ce qu’elle révèle de menaces contre ma liberté de mouvement.

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