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Le comédien Philippe Caubère accusé de viol

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J’avais rencontré Philippe Caubère  à l’issue de l’un de ses one man show. Il avait été superbe et flamboyant sur scène mais, dans sa loge, il ressemblait à un vieillard terne et grisâtre, ce qui m’avait frappée. L’homme avait tout partagé de lui-même avec son public,autant dans le contenu de son texte que physiquement. Je m’étais dit alors que « voilà un mec bien ». Aujourd’hui, je constate une fois de plus que toute l’humanité d’un mâle peut se désintégrer sur l’ordre de son phallus, ce à quoi la société toute entière l’encourage comme elle encourage le commerce du corps des femmes, ce que Caubère avait entériné en se vantant de recourir aux services de prostituées et en défendant le client. Comme par hasard, les hommes et les femmes qui défendent le « droit à la prostitution » sont les mêmes qui crient à la délation quand les victimes de harcèlement sexuel et de viol prennent la parole. Tout se tien et j’imagine que le journal « Causeur » spécialiste de la gynophobie, va encore monter au créneau pour défendre Caubère et ses semblables.
Je vous livre cet article édifiant et complet sur le témoignage de Solveig Halloin, victime de Philippe Caubère.
La Connectrice
18/04/2018 12:23 CEST | Actualisé il y a 1 heure

Affaire Philippe Caubère: Solveig Halloin, la plaignante qui accuse le comédien de viol, témoigne de l’emprise qu’il avait sur elle [VIDÉO EXCLUSIVE]

Philippe Caubère ne nie pas la relation sexuelle mais récuse les accusations de viol.

 Par Annabel Benhaiem  https://www.huffingtonpost.fr/2018/04/18/affaire-philippe-caubere-la-plaignante-qui-accuse-philippe-caubere-de-viol-temoigne-de-lemprise-quavait-le-comedien-sur-elle-video-exclusive_a_23410576/

JUSTICE – Une plainte pour viol a été déposée fin mars contre le comédien et metteur en scène Philippe Caubère. Le parquet de Béziers a été le premier saisi dans cette affaire car les faits reprochés se sont déroulés dans un hôtel de la ville héraultaise en mars 2010. Il a toutefois choisi de transférer la plainte au parquet de Paris, où une partie des faits se sont déroulés.

 

La plaignante, qui a accepté de s’entretenir avec Le HuffPost dans une vidéo à voir ci-dessous, a décidé de porter l’affaire en justice huit ans après les faits reprochés. Elle le fait en son nom propre, Solveig Halloin, considérant que « les victimes présumées doivent bénéficier d’une présomption de sincérité ».

 

Elle précise: « J’ai attendu huit ans qu’une femme, victime de Philippe Caubère, ait le courage de parler, me promettant que si l’une d’elles déposait plainte, je le ferai à mon tour. En vain. Le temps de ma ‘reconstruction’ étant passé, je dépose plainte contre Philippe Caubère du chef de viol. »

 

Caubère, géant de la scène théâtrale française

Philippe Caubère est une personnalité du monde du théâtre qui officie sur les scènes les plus en vue depuis les années 1970. Sa dernière pièce, « Adieu Ferdinand« , est nommée aux Molières 2018 dans la catégorie « théâtre public ». Avant cela, elle a tourné dans toute la France en 2017, suscitant des critiques dithyrambiques.

 

À la fois acteur, auteur et metteur en scène, ancien du Théâtre du soleil, sous l’égide d’Ariane Mnouchkine, Philippe Caubère est une icône du monde de la culture, qui s’est fait connaître pour la truculence de ses textes et de sa mise en scène qui renouent avec la trivialité du corps.

Philippe Caubère s’est aussi illustré à plusieurs reprises lors des débats sur la pénalisation des clients de prostituées, en signant une tribune dans Libérationen avril 2011, intitulée « Moi, Philippe Caubère, acteur, féministe, marié et client de prostituées« . Deux ans plus tard, il signait « le manifeste des 343 salauds », dans la même veine.

« Comme un père artistique »

Auprès du HuffPost, Solveig Halloin décrit « l’emprise » qu’elle estime avoir subie pendant plusieurs semaines début 2010. « J’étais dramaturge à l’époque et Caubère était comme un père artistique pour moi. J’avais trente-cinq ans, lui la soixantaine. J’ai toujours admiré ses pièces, ses mises en scène, si proches de ce à quoi j’aspirais dans le théâtre ».

Rencontré dans un théâtre toulousain, le comédien ne lâche plus Solveig Halloin d’une semelle. « Il enchaîne les textos mièvres et romantiques, continue la plaignante, qui se transforment très vite en messages intrusifs puis salaces, il m’appelle sans cesse. Il me demande de tout lire de lui, de tout regarder de sa production. Je ne vivais plus qu’à travers Caubère. »

Elle raconte avoir reçu un SMS qui la fait plonger un peu plus: « Un jour, il m’écrit qu’il est devant la tombe de son père et qu’il pense à moi. En plus d’être privilégiée de le connaître et d’échanger avec lui, j’avais le sentiment de devoir aussi le protéger. »

« Il commence à me frapper… »

En mars 2010, elle se retrouve dans sa chambre d’hôtel à Béziers. Elle raconte une scène qui l’a traumatisée.

« Il me demande immédiatement de me déshabiller, ce que je ne fais pas. Je reste assise au bord du lit. Philippe Caubère me déshabille donc. Il est en érection. Il commence à me frapper, à m’étrangler, et à me frapper à nouveau. […] À cet instant, mon esprit disjoncte, sortant de mon corps pour l’observer par le haut. […] Malgré mes efforts, je n’ai plus de souvenirs de la suite des événements, puis que je me retrouve dans un parc, et enfin dans un train. Rentrée à Toulouse, je vis recluse, traumatisée. »

Après cela, Solveig Halloin explique au HuffPost avoir voulu tout arrêter.

« Mais Philippe Caubère ne l’accepte pas, explique-t-elle, et me menace en m’indiquant qu’il a beaucoup d’argent et qu’il a les moyens de me faire tuer, tout en m’accusant par SMS de ‘vouloir sa mort’. Là, j’ai totalement perdu pied, et j’ai été victime de dépression pendant plusieurs années, je ne pouvais plus fonctionner. J’ai dû cesser de travailler, et j’ai perdu la garde de l’un de mes enfants, qui demeure aujourd’hui avec son père. Ma vie est brisée et je ne vis plus, depuis, que dans le combat contre les violences, qu’elles soient faites aux femmes, aux enfants ou aux animaux. »

Militante et activiste

Solveig Halloin est aujourd’hui une militante féministe et animaliste connue sur Toulouse pour son activisme, ses sièges devant les abattoirs ou bien ses manifestations contre le voile islamique. Récemment, elle a fait entendre sa voix à l’Assemblée nationale lors d’un happening coup de poing au sujet des états généraux de l’alimentation. Florence, l’une ses amies militantes, n’hésite pas à la qualifier d' »Olympe de Gouges » du 21e siècle. Elle se souvient que l’un des premiers soirs suivant leur rencontre en 2012, Solveig avait tout dit de ce qui lui était arrivé.

« Elle en parle facilement, elle dit qu’il ne faut pas se taire face à ces violences, elle dépasse doucement la question de la honte et considère ces agressions comme des marqueurs politiques du patriarcat, donc de la condition réservée aux femmes et de l’estime que les hommes leur portent. »

Après cette nuit douloureuse de mars 2010, et des heures passées recroquevillée dans son couloir, Solveig a recours à un psychanalyste, Jean-Charles Bouchoux, spécialisé dans la prise en charge des victimes de pervers narcissiques. Il confirme au HuffPost qu’elle l’a bien appelé à cette époque et qu’il a tenté de la sortir de cet état végétatif. Quelques semaines après les faits décrits, Solveig assure avoir trouvé de l’aide auprès de l’Apiaf, une association d’accueil et d’écoute des femmes victimes de violences. L’association n’a pas donné suite à nos demandes d’entretien.

« Je ne nie pas la relation sexuelle, mais jamais il n’y a eu viol »

Contacté par Le HuffPost, Philippe Caubère reconnaît la relation sexuelle mais nie catégoriquement qu’il y ait eu viol. « C’est une histoire digne de Tariq Ramadan. Accuser de viol, c’est très grave, c’est un crime » résume le comédien. « Ces accusations sont insensées, renchérit Véronique Coquet, sa compagne et productrice. Nous sommes un couple très libre et nous l’assumons. Mais jamais je ne partagerais la vie d’un violeur. »

« J’ai appris la plainte par un journaliste qui m’a contacté détaille Philippe Caubère. En fouillant dans mes mails j’ai effectivement trouvé trace de cette relation en 2010. Mais jamais il n’y a eu les violences qu’elle peut décrire. Il m’est arrivé d’avoir des relations assez hard, même si je ne suis pas du tout dans le trip SM, mais sûrement pas avec elle. C’est une relation non seulement consentie mais aussi désirée et que je qualifierais de « fleur bleue ». »

Philippe Caubère ajoute: « Je serais totalement incapable de commettre ces actes de violence dont elle m’accuse. Je serais même incapable d’avoir une érection dans ces conditions. Ce qui me fait bander, c’est la tendresse ».

Concernant « l’emprise » qu’il aurait eu sur Solveig Halloin, Philippe Caubère ne dément pas mais tient à nuancer: « Bien sûr qu’il y a emprise dès lors qu’on est dans une relation amoureuse. Mais il y avait également emprise de son côté. »

Philippe Caubère concède avoir retrouvé un mail datant d’un an après les faits, dans lequel la plaignante disait qu’elle était venue le voir lors d’un colloque. Il lui avait alors répondu: « Tu peux venir, je te violerai pas ». « C’était vraiment sur le ton de la boutade, pour lui dire que je ne lui sauterai pas dessus et que je n’attendais pas que cette rencontre débouche sur une relation sexuelle » justifie le comédien.

La question de l’emprise

Pour les deux avocats de Solveig Halloin, Maîtres Jacques Gauthier-Gaujoux et Jonas Haddad, « il s’agit d’une nouvelle affaire qui s’inscrit dans le contexte global de la prise en compte de la parole des femmes. Elle montre qu’aucun secteur n’est épargné par ces violences psychiques ou physiques faites aux femmes. Nous sommes bien en présence d’une situation où une personne abuse de son pouvoir, de son autorité morale acquise dans le monde du spectacle. »

« Son autorité morale ». Ou bien son emprise. Juridiquement, « la notion d’emprise est entendue comme une contrainte morale ou une violence psychologique qui est constitutive de faits de viol », rappelle l’avocate Carine Durrieu-Diebolt. C’est cette notion d’emprise qui sera au cœur du procès, s’il a lieu.

Selon la psychiatre Muriel Salmona, spécialiste de ces questions, « l’emprise entraîne un phénomène de dissociation chez les victimes ». C’est-à-dire qu’elles « voient leurs émotions anesthésiées lors d’une agression ». Elles sortent d’elles-mêmes, en quelque sorte, pour être en capacité de supporter la charge de violence qui s’abat sur elles. Il s’agit d’un « mécanisme psychotraumatique dont l’objectif inconscient est de se protéger des émotions trop fortes et trop violentes qui surviennent lors d’une attaque ».

Le consentement n’a aucune valeur juridique

La psychiatre milite pour que soient prises en compte les notions de sidération et de dissociation. « Plus de 70% des adultes qui subissent un viol ont de la sidération », précise-t-elle. « Ils ne peuvent pas crier, ni dire non. C’est la stratégie de l’agresseur en amont qui conduit à cet état d’apathie. La méconnaissance de ces mécanismes conduit à de nombreux classements sans suite, de déqualifications ou d’acquittements aux assises », déplore Muriel Salmona.

De plus, la qualification d’emprise permet de ne pas s’attarder sur la notion de consentement, qui n’a aucune valeur juridique, comme le précise Maître Carine Durrieu-Diebolt, « elle n’existe pas dans les textes de loi et si on veut se positionner sérieusement lors d’un procès, les avocats ont tout intérêt à éviter de s’en servir. »

En attendant la tenue d’un éventuel procès, Solveig Halloin en appelle aux témoignages. Elle en est persuadée: « Philippe Caubère a surement fait d’autres victimes. Je les enjoins à se manifester. Elles peuvent écrire à l’adresse suivante: victimescaubere@protonmail.com. Je veillerai à ce que leurs mots soient lus et entendus. »

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Messieurs, vous désapprouvez les porcs ? Dites-le haut et fort !

La réaction contre le mouvement #balancetonporc a été rapide et violente. Et ce n’est pas fini car le dernier défenseur en date des hommes outragés est Donald Trump qui supporte mal de voir  accuser de violences conjugales plusieurs de ses proches.

Des hommes ont été nombreux à entrer en indignation et des femmes les ont suivis comme celles du magazine Causeur ou les signataires de la tribune dite Deneuve. Il me semble que si ces personnes avaient été de bonne foi, elles auraient reconnu que, oui, la plupart des femmes avaient été ou sont victimes de harcèlement sexuel, qu’ils ont été témoins de ces violences et de leurs conséquences néfastes et que la plupart du temps, résignés par « la banalité du mal » ils n’étaient pas intervenus et que souvent, dans les vestiaires, les réunions ou même en famille, ils avaient bien rigolé des râteaux de leurs copains ou de leurs actes sordides. Ils riaient tout aussi bien des « pétasses » qu’ils avaient « eues » à l’usure, c’est-à-dire par harcèlement sexuel.

Il me semble, messieurs, que si vous refusiez le harcèlement et toutes les violences sexuelles, vous pourriez, vous devriez le dire. Vous vous comportez actuellement comme si vous étiez coupables et ne pensiez qu’à défendre vôtre peau par le déni, l’inversion, les accusations de tous ordres et le mépris. Ou alors, vous vous retranchez dans une culpabilité stérile, la trouille imbécile de devoir renoncer à vos prérogatives culturellement naturelles ou la peur ridicule de perdre vôtre virilité. Ce faisant, vous perdez une chance formidable de contribuer à l’amélioration des relations femmes/hommes pour vous-mêmes et surtout pour les générations à venir, celles de vos enfants et petits-enfants.

Toutes ces personnes bien pensantes ne se sont pas penchées sur les causes du mouvement mais sur ses possibles conséquences pour les hommes mis en cause globalement ou ceux, rares qui seraient salis à vie par des rumeurs. Que la vie d’une femme soit gâchée par du harcèlement sexuel, un viol ou des menaces de viol, le massacre de sa crédibilité ou des violences psychologiques, ce n’est pas un problème. Mais qu’on ose prétendre qu’un homme respectable sous tous rapports ait commis une grave offense contre une ou plusieurs femmes, cela leur est insupportable. Hé bien moi, ce qui m’est insupportable, c’est le refus de prendre au sérieux un problème de santé publique qui touche presque toutes les femmes indépendamment de leur âge, de leur position sociale, de leur statut marital, de leur apparence physique, de leur situation économique ou de leur statut professionnel.

On a l’impressions qu’il serait gravement plus grave pour une femme de susciter le désir chez un homme que pour un homme « d’avoir des pulsions » et de n’y pouvoir résister.

Depuis quelques années, j’avais constaté que la condition des femmes régressait et la Réaction au mouvement #balancetonporc le confirme en ce qu’elle révèle un machisme décomplexé. Est-ce une bonne chose ? Va-t-on assister à un réveil des consciences ? Je ne peux me prononcer car de nombreux facteurs se liguent contre l’égalité entre femmes et hommes, en particulier la violence de modèles venus d’ailleurs qui renforcent la tentation machiste. Un autre facteur est l’importance du chômage qui incite les femmes à rester à la maison, en particulier celles, nombreuses,  qui ne trouvent que des offres à temps partiel pour un salaire minable qui serait grévé par des frais de nourrice et de transport.

Arguments récurrents utilisés contre le mouvement de libération de la parole

Délation, c’est le qualificatif qui revient le plus souvent

Une victime qui dénonce son agresseur, est-ce de la délation ? Déposer plainte, c’est de la délation ? Dénoncer l’auteur d’un crime ou d’un délit, c’est de la délation ? Prévenir d’un danger, est-ce de la délation ? Prévenir les autres automobilistes qu’un radar les attend au tournant, délation ?

Quelle est la différence entre délation et dénonciation ? Délation a des relents de la dernière guerre quand des collabos de nazis dénonçaient les résistants, les juifs, les paysans qui tuaient un cochon ou se procuraient du beurre au marché noir pour pouvoir nourrir leur famille. Délation, c’est associé à trahison, intelligence avec l’ennemi, collaboration, nazis, Gestapo et vengeance.

Accuser la parole des victimes de délation, c’est entreprendre de les culpabiliser pour mieux les museler.

Tribunal non autorisé

Dénoncer un violeur, ce serait le condamner. Par contre dénoncer les emplois fictifs de la famille Fillon ce serait respectable et on a eu le droit de condamner le candidat et de le couler en politique avant même que le tribunal ne se soit prononcé. Pourquoi deux poids deux mesures ?

Elles n’avaient qu’à porter plainte au moment des faits

Faut-il être ignorant pour prononcer une telle stupidité ! C’est ne oas savoir grand chose de a complexité de la psychologie humaine. C’est ignorer qu’une femme violée a peur de mourir, qu’elle craint pour sa famille et ses amis, que sur le moment elle est anéantie et plongée en état de sidération. C’est ignorer les mécanismes d’auto censure de la mémoire traumatique. C’est ignorer la perte de dignité, la honte, l’humiliation, la culpabilité d’avoir peut-être « fait quelque chose » pour subir l’horreur, l’anéantissement de l’estime de soi, le refus conscient ou inconscient de donner de revivre l’agression en la mettant en mots, la crainte de ne pas être crue et traitée comme une coupable, l’appréhension de ne pas être prise au sérieux et de s’entendre dire par la police « comment étiez-vous habillée ? », « encore une histoire de Q qui a mal tourné ? », que faisiez-vous dehors à 3 h du matin ? »,etc.

Elles sont puritaines, adeptes de l’ordre moral

Le plaisir du sexe n’a rien à voir avec l’agression sexuelle parce que celle ci n’est pas du sexe, encore moins de l’amour, c’est un acte de domination. C’est toute la différence entre l’acte sexuel consenti et la contrainte sexuelle. Vous le savez très bien mesdames et messieurs mais vous faites semblant de l’ignorer pour servir vos arguments contre la parole des victimes de harcèlement sexuel.

Et puis après tout, si nous avons envie d’être puritaines et de fuir cette représentation pornographique de la sexualité qui nous est imposée, c’est notre droit. Ce droit n’est pas plus méprisable que la liberté que prennent certains à partouzer, accumuler les liaisons, vivre leur polygamie sans états d’âme, s’acoquiner à 70 ans avec des gamines de 20 ans, quitter leur épouse pour un époux, vouloir reproduire à tout prix dans leur vie les scenarii du porno, payer pour sexer, etc.

On ne met pas un innocent au pilori, sa vie est fichue

Et la vie fichue de millions de femmes victimes du harcèlement sexuel, ça a moins d’importance que prendre le risque de se tromper ? Il y a toujours eu, malheureusement, des erreurs judiciaires et il appartient à la Justice de faire son travail. Il est toujours possible de reconnaître une erreur et de la réparer. Par contre il est impossible de guérir d’un traumatisme sexuel.

Un homme s’est suicidé (pour combien de femmes violentées ?)

L’accusation d’agression sexuelle peut pousser un homme au suicide. Peut-être mais combien de femmes se sont suicidées après avoir été violées et traitées comme des coupables quand elles étaient victimes ? Combien de femmes agressées ont sombré dans les drogues, l’alcool, la prostitution, la conduite d’échec, l’impossibilité d’avoir des relations équilibrées avec les hommes, les phobies, etc ? Toutes réactions équivalentes à un suicide lent.

On n’a plus le droit de séduire

Séduire, se ducere, amener vers soi, n’est pas forcément passer à l’acte. Pour Kirkegaard, le séducteur est précisément un homme qui ne passe jamais à l’acte. Il conquiert mais ne consomme pas. Ce n’est pas forcément bien car ce peut être un élément pervers de manipulation à fins de domination. Il convient de s’en méfier et de ne pas tomber dans le panneau.

La séduction désintéressée est une forme d’embellissement des relations humaines, une manière de rendre plus agréables les interactions sociales. On séduit avec le regard, le sourire, les modulations de la voix, l’attitude corporelle et, surtout les paroles. On ne séduit pas avec les mains et encore moins avec le pénis.

Les hommes qui prétendent que les « néoféministes » voudraient abolir la séduction sont de mauvaise foi et tentent, eux réellement, de manipuler les femmes indignées par le harcèlement sexuel.

Elles l’ont cherché, elles n’ont qu’à s’habiller correctement…

L’éducation d’un enfant comprend le contrôle de ses pulsions. Laisse-t-on un bambin chiper les bonbons exposés à son niveau à la caisse ? Les femmes attrapent-elles la braguette bien gonflée d’un homme ? Le reproche de l’accoutrement d’une femme contient en lui-même la justification d’une possible agression, elle dénote une mentalité de prédateur, de chasseur de femme qui n’attend qu’une occasion pour attaquer sa proie.

Parodie de justice pour les femmes violées. Le cas d’Anna Circé

J’ai déjà démontré que la Justice, donc notre société, était indulgente pour les violeurs et méprisante pour les victimes.

Anna Circé, violée en 2011, s’est battue pendant 6 ans pour obtenir justice, ce qui comprend la mesure d’éloignement de son violeur, ce qui n’a pas été respecté : sous contrôle judiciaire le violeur venait travailler dans l’immeuble de la victime !

La lutte d’Anna lui a porté préjudice puisque le tribunal lui a reproché d’avoir mené campagne publique pour demander justice. Son sentiment est que la décision d’acquittement de son violeur a été motivée par son combat. Au cours du procès, il a été  lourdement et à répétition reproché à Anna d’avoir menti lors de son premier témoignage. Les juges n’ont pas tenu compte de l’état de choc de la victimes interrogée par trois gendarmes qui l’ont pressée de questions dénuées de tout sens de psychologie élémentaire. Je peux personnellement comprendre le témoignage d’Anna sur cette odieuse inquisition car un jour ayant été frappée par un homme je me suis rendue immédiatement en larmes au commissariat où j’ai été interrogée debout dans le hall par différentes fonctionnaires qui se succédaient à tour de rôle et me traitaient comme une coupable. Je suis repartie en sanglotant sans déposer plainte puisqu’on refusait de m’entendre. Ces réalités sont insoutenables et permettent de comprendre pourquoi la plupart des victimes de viol et de harcèlement sexuel  ne portent pas plainte.

Le paradoxe est qu’aujourd’hui, lorsque des femmes dénoncent les violences sexuelles dont elles ont été et sont victimes, il leur est reproché de ne pas avoir déposé plainte au moment des faits !

Ces personnes , trop nombreuses, sont soit stupides, soit ignorantes, soit de mauvaise foi et aveuglées par des positions idéologiques destructrices de neurones.

Le témoignage d’Anna dans la vidéo ci-dessus fait mal car non seulement la jeune femme transpire de souffrance mais son récit est une accumulation de toutes les injustices que les victimes de violences sexuelles subissent.

J’éprouve une grande peine pour Anna et pour toutes les victimes de harcèlement et de violences sexuelles qui sont culpabilisées, méprisées, traumatisées, profondément détruites et impuissantes face à la terrible injustice de cette société conditionnée par la culture du viol parce qu’elle méprise profondément les femmes. Comme le dit Anna dans la vidéo, le violeur a été acquitté mais elle a été condamnée à vie.

Un espoir toutefois, le mouvement #balancetonporc donne de la force à la libération de la parole des femmes sur les violences sexuelles qu’elles ont subies et subissent encore aujourd’hui. Pour l’instant les hommes font corps contre ce mouvement qui remet leurs habitudes en question, qu’ils soient coupables, complices ou résignés. Ils serait temps que ces messieurs se réveillent et comprennent que les relations femmes/hommes ne s’apaiseront que lorsqu’ils seront solidaires de la souffrance des femmes victimes de violences sexuelles.

La Connectrice

Violences contre les femmes. Le négationnisme d’Alain Finkielkraut

J’apprécie beaucoup la parole d’Alain Finkielkraut mais pas du tout en ce qui concerne les violences exercées contre les femmes et, en particulier, le mouvement de libération de la parole avec #balance ton porc et #metoo et #moiaussi.

Sur le sujet de l’oppression des femmes, il hurle avec les loups de Causeur, ce magazine qui s’est fait une spécialité de diaboliser les féministes, de défendre la prostitution et les clients de prostituées, de défendre les harceleurs et violeurs comme Baupin, DSK, Weinstein et Polanski, pour ne citer qu’eux ; ce magazine se bouche les oreilles lorsque des millions de femmes de par le monde dénoncent les harcèlements et viols dont elles on été victime, tentant vicieusement de dénigrer cette parole en les accusant de délation alors qu’en réalité, très peu de nom sont cités. Si dénoncer son bourreau est de la délation (une dénonciation mal intentionnée) alors il faut l’appliquer à toutes les victimes qui déposent plainte pour atteinte à leur personne ou à leurs biens. Je rappelle que dans l’affaire Ilan Halimi, une trentaine de personnes étaient au courant et se sont tues : si elles avaient parlé, Causeur et Finkielkraut les auraient-elles accusées de délation ?

Le magazine Causeur est carrément indécent lorsqu’il se permet de reprocher aux femmes victimes de ne pas avoir porté plainte, de ne pas avoir fait appel au Droit plutôt qu’à Internet. Causeur insulte sa propre intelligence en persistant dans l’ignorance du stress post-traumatique et de la mémoire traumatique.

Accuser les victimes de délation pour éviter de se poser des questions c’est rajouter du malheur à la douleur. La Consolation,  film réalisé d’après le témoignage de Flavie Flament montre avec pertinence les ravages que fait un viol sur le long terme et pour la vie. Il montre très justement que le viol n’est pas qu’une pénétration non consentie, il résulte de toute une préparation de la femme (petite fille, jeune fille…) par la société et son entourage à la naîveté, la soumission, la résignation, la fatalité « la prostitution est le plus vieux métier du monde », au manque de confiance en soi et de l’estime de soi, l’obligation de plaire à tout prix, etc.

Ce jour, il ose pinailler sur les chiffres donnés sur le nombre de femmes tuées par leur conjoint en 2016. Ses arguments sont dignes de ceux des négationnistes qui pinaillent sur l’existence des chambres à gaz, le nombre des victimes et l’utilisation du zyklon B comme arme de destruction massive. Il est triste de constater qu’un homme aussi cultivé, intelligent, humaniste et lucide soit complètement sourd et aveugle lorsqu’il s’agit de gynécide, de misogynie, de machisme et de discrimination sexuelle universelle.

Les arguments de Finkielkraut sont les suivants :

Pinaillage : les 126 femmes mortes suite à des violences conjugales ne sont pas toutes mortes sous les coups ; certaines ont été empoisonnées, tuées par arme à feu ou autres ; dire qu’elles sont mortes sous les coups vise à donner des hommes l’image d’un monstre primitif, ce qu’il n’est pas

Pensée binaire : On ne parle pas des 44 hommes tués par leur compagne

Ce mode de pensée est équivalent à celui des islamistes et islamophiles qui, lorsqu’on évoque le terrorisme musulman et le djihad civilisationnel nous renvoient l’histoire des Croisés, celle du colonialisme, de la traite négrière, de notre racisme, etc. La pensée binaire est une rhétorique banale pour noyer le poisson de la question posée et éviter de réfléchir et de se remettre en question.

La position d’Alain Finkielkraut et de ses amis est d’autant plus consternante qu’elle réduit à néant le combat contre le djihadisme civilisationnel qui inclut l’asservissement de la femme, son infériorisation, sa réification et sa privation de droits. Le harcèlement sexuel et le viol ne sont-ils pas l’apanage du mâle musulman ? 60% des détenus dans nos prisons sont musulmans et sur le total des détenus, 40% sont incarcérés pour crimes et délits sexuels …quand ils se sont fait prendre parce que victimes de …délation.

La Connectrice

Acquittement de 7 jeunes violeurs en réunion sur une ado de 14 ans. le Parquet doit faire appel du verdict . Signez la pétition

Publié le

Nouveau au 23/03/2017

Le parquet fait appel. Mais ne lâchons pas l’affaire. L’acquittement général peut être compris comme un test de la » bonne santé » de la culture du viol. Il faut s’attendre à d’autres cas d’indulgence pour les violeurs.

LC

http://www.20minutes.fr/paris/2036631-20170323-viol-collectif-adolescente-antony-parquet-fait-appel-acquittement-general

Le verdict avait profondément choqué. Six jours après l’acquittement général de sept jeunes hommes pour le viol collectif d’une adolescente, le parquet général a décidé de faire appel, indique ce jeudi Le Parisien. La cour d’assises des mineurs des Hauts-de-Seine avait estimé que les suspects âgés de 15 à 17 ans n’avaient pas « imposé par violence, contrainte, menace ou surprise » des rapports sexuels à la victime, âgée de 14 ans au moment des faits. Une pétition pour pousser le parquet à faire appel avait recueilli plus de 33.000 signatures.

Signez ici http://www.mesopinions.com/petition/justice/acquittement-scandaleux-7-jeunes-accuses-viol/29114

Pétition : Acquittement scandaleux de 7 jeunes accusés de viol collectif sur une ado de 14 ans. Mobilisons-nous pour que le Parquet fasse appel du verdict !

Acquittement scandaleux de 7 jeunes accusés de viol collectif sur une ado de 14 ans. Mobilisons-nous pour que le Parquet fasse appel du verdict !

Auteur : Dre Muriel Salmona présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie

Créé le 21/03/2017  

 

À l’attention : du Parquet des Hauts de Seine, des ministres de la Justice, de l’Enfance, des Familles et des Droits des femmes, des député-e-s et sénateur-trice-s

Le verdict scandaleux de la cour d’assise des mineurs des Hauts de Seine rendu le 17 mars 2017, jette une lumière crue sur la réalité catastrophique du traitement judiciaire des viols, et sur le déni et la culture du viol qui sont trop souvent à l’oeuvre au sein de la justice.

 Les sept garçons (mineurs pour 6 d’entre eux) accusés de viol en réunion en 2011 sur une adolescente de 14 ans ont été acquittés. Pourtant deux autres garçons impliqués eux aussi, mais âgés de moins de 16 ans, ont été déclarés coupables de viol en réunion et condamnés à 3 ans de réclusion criminelle avec sursis par le tribunal des enfants.

 Le Parisien du 12 mars relate ains la nuit de cauchemar de septembre 2011 de l’adolescente déjà grandement éprouvée par les viols incestueux qu’elle a subis de son père – celui-ci a d’ailleurs été condamné à huit ans de prison pour viol sur mineur par ascendant – elle ouvre la porte à un jeune homme lui demandant si son père est là, il est au travail, le jeune homme s’en va. Une demi-heure plus tard, nouveau coup de sonnette. Et c’est un groupe de jeunes qui s’engouffre dans l’appartement. Certains se cachent en partie le visage, ils évitent de s’appeler par leurs noms… En quelques instants, l’adolescente est assaillie dans la salle de bains et dans la chambre de ses parents, où elle ne trouve pas d’autre issue que celle de se soumettre à ses agresseurs. Le calvaire a duré environ trois heures.» On apprend qu’un des neuf garçons faisait le guet pendant ce temps là.

 Ce qui est décrit ressemble à s’y méprendre à un viol en réunion prémédité, un crime extrêmement  traumatisant qui entraîne chez la victime une sidération qui la paralyse, un stress extrême et une dissociation traumatique de sauvegarde avec une anesthésie émotionnelle qui la met dans l’incapacité de se défendre et de réagir, à la merci des agresseurs et sous leur emprise.

 Pourtant, la cour d’assise des mineurs des Hauts de Seine a considéré qu’ils n’avaient pas usé de violence, menace, contrainte ou surprise pour la pénétrer à tour de rôle, et qu’ils n’avaient pas eu conscience d’un défaut de consentement de la plaignante, et qu’il n’y avait donc pas eu viol (1).

 Donc circulez il n’y a rien à voir ! Ils ont juste profité d’une occasion qu’ils ont eux-même provoquée, d’une «fille facile», sans se poser de question sur l’horreur de ce qu’ils faisaient. Il faut partager à neuf un mépris inconcevable pour l’adolescente, il faut être excité par la transgression, l’humiliation et le rapport de domination, il leur était impossible de ne pas en être conscient. Ce n’est pas parce qu’une personne ne s’oppose pas, que cela autorise autrui à commettre des actes violents, dégradants et portant atteinte à sa dignité.

 De fait, la cour entérine un scénario pédo-pornographique entre une fille de 14 ans et neuf garçons de 15 à 20 ans, et elle le considère comme normal…

 Or, ce qui s’est passé n’est rien d’autre qu’une torture sexuelle, un acte inhumain aux conséquences psychotraumatiques gravissimes. Comment est-il possible qu’il n’ait pas été reconnu comme un crime sexuel aggravé par la cour d’assise ? 

 L’adolescente était déjà en détresse, gravement traumatisée par des viols incestueux commis par son père quand elle avait 12 ans, ce qui explique d’autant plus qu’elle ait pu sembler tolérer l’intolérable. Les neuf jeunes ont donc pu profiter d’un état traumatique et d’une grande vulnérabilité.  Elle présentait, comme tout enfant victime de viol incestueux exposé à son agresseur, une dissociation traumatique de survie l’anesthésiant émotionnellement et physiquement et la mettant dans l’incapacité de se défendre, et une mémoire traumatique lui faisant revivre sans cesse les viols et les mises en scène que son père lui imposait. Comme tout enfant victime de viol, elle ne pouvait se voir que comme bonne qu’à ça, n’ayant aucune valeur, aucun droit… avec comme le rapporte l’article du Parisien un «sentiment de salissure et de dégoût d’elle-même», qui l’ont rendue «vulnérable et fragile», selon l’expert psychologue. Ses agresseurs ont donc rajouté du traumatisme au traumatisme, de l’horreur à l’horreur.

 Ce verdict incompréhensible est pour elle d’une très grande violence, il lui signifie qu’effectivement, elle n’est bonne qu’à  être pénétrée, humiliée, dégradée, salie, et que les neuf garçons avaient le droit de lui faire ça, que ce n’est pas un crime. Que peut-elle penser ? Qu’elle n’a aucune valeur, aucun droit, qu’on ne lui reconnait aucune dignité, qu’ils peuvent recommencer, qu’elle ne sera pas protégée ? Que la sexualité c’est cela, subir l’horreur ?

 Il s’agit d’un verdict inacceptable, qui démontre une complicité avec les agresseurs, qui leur assure une totale impunité, et qui entérine un monde de domination masculine, un monde sexiste où les femmes et les filles sont considérées comme des objets sexuels. Un monde où la sexualité masculine se décline en termes de privilèges, de jeux cruels et de prédation, et celle des femmes en termes d’instrumentalisation, de soumission et d’assimilation à des proies.

  Dans un monde à l’endroit, un monde juste, égalitaire, solidaire et protecteur, un monde respectueux des droits de chaque personne à ne subir aucune atteinte à sa dignité et à son intégrité, un tel verdict est inconcevable  :

  •  cette adolescente de 14 ans aurait été reconnue victime de viol en réunion, et les agresseurs reconnus coupables et condamnés. Elle aurait eu droit à des réparations pour les préjudices subis, et elle aurait été protégée des agresseurs et prise en charge. Les agresseurs auraient été suivis, soignés et surveillés pour qu’ils n’agressent pas à nouveau ;
  • elle n’aurait pas pu être présumée consentante à des actes sexuels commis en réunion par neuf jeunes, une contrainte morale aurait été reconnue, ainsi qu’une vulnérabilité liée à de graves troubles psychotraumatiques dont un état dissociatif avec anesthésie émotionnelle entraînant une incapacité à exprimer sa volonté et un consentement libre et éclairé ; de plus le consentement à des actes de pénétration ne devrait en aucun cas être pris en compte par la loi en dessous de 15 ans. Non seulement un enfant ne saurait avoir la capacité, ni la maturité émotionnelle et affective à consentir à un acte sexuel, et surtout il doit être absolument protégé d’actes qui du fait de son jeune âge portent atteintes à son intégrité physique et psychique, et à son développement affectif ;

Mobilisons-nous  que le parquet fasse appel de cette décision inique !

Mobilisons-nous pour que ces injustices cessent !

Exigeons que justice soit enfin rendue aux victimes de viol  !Exigeons que les agresseurs ne bénéficient plus d’une  tolérance coupable et d’une impunité scandaleuse !

Exigeons des procédures judiciaires justes, respectueuses des droits et protectrices pour les victimes !

Pas de Justice, pas de Paix !

Pour lire le texte complet référencé : http://stopauxviolences.blogspot.fr/2017/03/nouvel-article-de-muriel-salmona.html

La menace de viol conditionne toutes les femmes de la planète

Publié le

A la veille de la journée internationale des femmes, mardi 8 mars 2016, le bilan de la condition des femmes dans un monde dirigé par les hommes, est catastrophique.

Rien ne dit qu’on monde dirigé par les femmes serait meilleur mais il semble que nous, femmes, ne le saurons jamais tant la dictature des hommes est implacable, exprimée en particulier dans les affaires de viol qui depuis un an ont défrayé la chronique malgré l’omerta voulue par la police mâle de dirigeants mâles. Mais il y a pire, le déni lorsque les violeurs sont idéologiquement des victimes privilégiées et choyées par la gauche. J’ai nommé les « migrants ».

Le journaliste algérien Kamel Daoud qui avait courageusement analysé les viols collectifs de Cologne et d’Europe du Nord fait l’objet de plusieurs diatribes « politiquement correctes » publiées par des journaux autrefois respectés comme « Le Mode » et Libération ». On pourra lire à ce propos l’article de Dominique Jamet  « Le fait colognial ». (sic) qui souligne que pour ces soit-disant universitaires « il ne s’est rien passé à Cologne ».

Le sondage IPSOS effectué à la demande du docteur Muriel Salmona présidente de l’association « Mémoire traumatique », révèle à quel point la culture du viol est enracinée et vivace. Il révèle que l’opinion qu' »une femme violée l’a cherché » est toujours populaire chez les femmes comme chez les hommes; que la conviction qu’on homme ne peut pas refréner ses pulsions sexuelles et qu’un homme a plus de besoins sexuels qu’une femme est toujours ancrée malgré des preuves scientifiques contradictoires; il enfonce le clou sur la banalisation du viol qui fait toujours l’objet de blagues salaces; il rappelle que nombre de femmes violées ne portent pas plainte de crainte d’être traitées avec désinvolture, méprisées, vues comme des coupables « des salopes qui l’ont bien cherché » ; que pour la majorité des gens, il n’y a pas viol s’il n’y a pas de violences physiques visibles et tangibles ; etc.

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Fresque dessinée sur un mur de l’hôpital de Clermont-Ferrand, dans la salle de garde en janvier 2015. On ne connait que trop l’ambiance obscène et sexiste des salles de garde qui héberge ces médecins auxquels nous confions notre santé et notre corps On notera que le personnage violé est Wonder Woman, image mythique de la femme invincible.

Muriel Salmona rappelle qu’un viol est tout acte sexuel imposé quel qu’il soit : pénétration vaginale, anale, orale avec le pénis, les doigts ou un objet, éjaculation sur toute partie du corps de la victime, fellation forcée, contrainte de visionner de la pornographie ou les actes sexuels d’autrui, etc. Les prédateurs sexuels ne manquent pas d’imagination et leur perversité est sans limite comme droguer ou saouler une femme pour abuser d’elle ou donner des bonbons ou menacer de petites filles pour pouvoir s’en servir à leur guise … »sans violence ». Les violeurs profitent sans vergogne de toute situation objective de faiblesse : état de sujétion par position hiérarchique, maladie ou handicap.

90% des victimes de viol sont des femmes et 99% des violeurs sont des hommes.

Ces violeurs se servent de leur pénis, de leurs mains ou d’un phallus (matraque, canon de révolver, bouteille, godmiché, manche à balai, etc.) pour violer aussi les enfants, les hommes et les grands mères sans limite d’âge.

La tolérance à la menace de viol qui plane sur toutes les femmes du monde, sans exception, joue une rôle fondamental dans la soumission des femmes à la dictature masculine et, parfois, à leur complicité.

La terreur du viol est ancrée au plus profond de la psychologie des femmes dès leur plus jeune âge, elle est tellement enfouie au plus profond d’elles-mêmes qu’elles n’en sont même pas conscientes mais adoptent des comportements automatiques et des règles discriminatoires et aliénantes pour s’en protéger, souvent en vain. « T’as pas à te faire remarquer, ma belle, ou sinon gare à tes fesses ».

La Connectrice

Pour en savoir plus

J’ai écrit de nombreux articles sur le sujet du viol. Vous pouvez les retrouver en tapant « viol » dans la fenêtre de recherche de ce blog dans la colonne de droite.

LC

Viols de Cologne nuit de la Saint-sylvestre 2015/16

https://fr.wikipedia.org/wiki/Agressions_sexuelles_du_Nouvel_An_2016_en_Allemagne

Analyse de Kamel Daoud sur les viols de Cologne

http://laconnectrice.net/2016/02/01/viols-de-cologne-analyse-de-kamel-daoud-ecrivain-algerien/

Culture du viol en France. Enquête IPSOS

Publié le
  • Article de Muriel Salmona Pour en finir avec la culture du viol

http://www.memoiretraumatique.org/assets/files/Articles-Dr-MSalmona/2016article-deni-culture-du-viol.pdf

  • Les résultats de l’enquête

http://www.memoiretraumatique.org/assets/files/campagne2016/Resultats-Enquete-Ipsos-pour-Memoire-Traumatique-et-Victimologie-Les-Francais-et-les-representations-sur-le-viol.pdf

  • Le rapport sur l’enquête , analyse des résultats

http://www.memoiretraumatique.org/assets/files/campagne2016/RAPPORT-ENQUETE2016_IPSOS-AMTV.pdf

L’indulgence de la société pour les violeurs se traduit par la récidive , état des lieux en 2014

http://laconnectrice.net/2014/08/22/viol-de-faibles-peines-qui-encouragent-la-recidive/

Tabou universel : le viol des hommes par les hommes

http://laconnectrice.net/2014/06/02/tabou-universel-le-viol-des-hommes-par-les-hommes-comme-arme-de-guerre/

Il n’y a pas d’âge pour être violée

http://laconnectrice.net/2015/09/29/chasse-a-la-femme-il-ny-a-pas-dage-pour-etre-violee-ni-dage-pour-violer-viols-et-jugements-en-2015/

…Il n’y a pas d’âge pour être violée, des bébés de deux mois sont victimes et cette année une septuagénaire et une nonagénaire ont été violées.

De même il n’y a pas d’âge pour violer, ceux qui ont été pris étaient âgés de 17 à 77 ans….

 

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