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7-11 janvier 2016 Des commémorations malvenues

Il est sans précédent à notre connaissance qu’un État commémore une attaque contre lui-même avant d’avoir vaincu ses agresseurs. En l’occurrence, nous en sommes loin, pour preuve l’attentat à la ceinture d’explosifs contre un commissariat parisien évité de justesse le jour même de l’anniversaire de celui contre l’hebdomadaire satirique.

Imagine-t-on Churchill en juin 1941 dévoilant une plaque à la mémoire des victimes de l’évacuation de Dunkerque, un an plus tôt, alors que son pays doit plus que jamais se mobiliser contre l’agresseur allemand ?…

Source http://www.herodote.net/Charlie_une_commemoration_malvenue-article-1534.php

La débauche actuelle de commémorations est hors de saison alors que le pays vit sous l’état d’urgence et que chacun se demande avec angoisse où aura lieu le prochain attentat. Joseph Savès y voit le symptôme d’une classe politique déliquescente !…

Couverture de Charlie Hebdo (7 janvier 2016), DRPendant la première décade de janvier 2016, la France officielle et médiatique n’a eu d’yeux que pour l’attentat contreCharlie Hebdo, un an plus tôt, le 7 janvier 2015. Le président de la République a dévoilé différentes plaques commémoratives et même octroyé la Légion d’Honneur à une vingtaine de victimes.

Le plus curieux est que personne ne se soit interrogé sur la pertinence de ces manifestations alors que le pays vit sous l’état d’urgence et que chacun se demande quand et où aura lieu le prochain attentat !

Commémorer le passé pour ne pas affronter le présent

Il est sans précédent à notre connaissance qu’un État commémore une attaque contre lui-même avant d’avoir vaincu ses agresseurs. En l’occurrence, nous en sommes loin, pour preuve l’attentat à la ceinture d’explosifs contre un commissariat parisien évité de justesse le jour même de l’anniversaire de celui contre l’hebdomadaire satirique.

Imagine-t-on Churchill en juin 1941 dévoilant une plaque à la mémoire des victimes de l’évacuation de Dunkerque, un an plus tôt, alors que son pays doit plus que jamais se mobiliser contre l’agresseur allemand ?…

L’autre caractère étrange de ces journées est la confusion entre victimes et héros.

Ainsi la Légion d’Honneur a-t-elle récompensé de malheureux quidams qui ont eu la malchance de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment et, plus fort encore, de joyeux anarchistes – les dessinateurs de Charlie – qui ont fait profession de pourfendre les institutions qui, aujourd’hui, les honorent à titre posthume. Les voilà hissés au même niveau que des soldats, des policiers ou des pompiers « morts pour la France » ou « Morts au service de la France » ! Qu’y comprendre ?

Sans doute les historiens du futur verront-ils dans cette folle décade un symptôme de la déliquescence des classes dirigeantes de ce pays. Sans repères, sans vision, sans énergie, elles se jettent dans la politique commémorative et compassionnelle pour éviter d’avoir à réévaluer leurs choix passés à l’aulne du présent.

Le retour de flamme risque d’être très brutal si la France devait dans les prochains mois subir de nouvelles attaques terroristes. Le président et la classe politique dans son ensemble se verraient alors accusés de n’avoir pas préparé les citoyens à affronter le danger et de les avoir moralement désarmés en figeant le souvenir des premières attaques dans le marbre des plaques commémoratives.

Ayant laissé croire que les difficultés étaient derrière nous, ils n’auront plus l’autorité indispensable pour contenir les accès de colère, comme en Corse dans les jours qui ont suivi l’accession des nationalistes au pouvoir.

La machine à assimiler en panne

Citoyens lambda, nous attendons de nos dirigeants qu’ils analysent la situation avec franchise et agissent en conséquence, en-dehors de tout calcul politicien ou électoral.

Que voyons-nous ? Des jeunes gens pour la plupart nés en France (ou en Belgique) rejettent notre société avec ses valeurs (générosité et quasi-absence de préjugé racial ou religieux, que démontre le nombre plus élevé que partout ailleurs de mariages mixtes) et ses exigences (promotion par l’école et le travail).

Ils se consolent de leurs échecs personnels en suivant une doctrine haineuse qui est déjà en passe de détruire le monde musulman arabo-sunnite.

Leurs entreprises assassines sont le fruit amer d’une politique qui cumule depuis trois décennies l’abandon de la France périphérique, ouvrière et populaire, et les lâches accommodements à l’égard des communautarismes issus de l’immigration.

En 1984 très exactement, la gauche au pouvoir lâchait son électorat ouvrier et populaire en s’alignant sur la doctrine économique de la droite libérale. Dans le même temps, elle tentait de se rallier les nouveaux électeurs issus de l’immigration avec lafondation de SOS Racisme.

Depuis lors, elle impose dans la sphère médiatique et jusque dans les rangs de la droite un discours insensé qui stigmatise la France, sa culture et son Histoire, et d’autre part prête aux Français « de race blanche » des pensées racistes et des comportements discriminatoires dont ils sont à dire vrai plus éloignés qu’aucun autre groupe humain !

Si notre analyse est validée, l’issue s’impose d’elle-même : nous réapproprier notre Histoire et notre culture ; valoriser la citoyenneté française plutôt que la brader ; nous dissocier des désordres moyen-orientaux et notamment de la rivalité ethnique entre Arabes, Perses, Kurdes et Turcs, qui ne nous concerne en rien et à laquelle nous ne pouvons rien ; en particulier ne pas nous allier à l’Arabie et au Qatar wahhabites dans leur guerre sauvage contre le Yémen. Un programme à l’exact opposé de celui dans lequel nous sommes aujourd’hui engagés.

Joseph Savès

Publié ou mis à jour le : 2016-01-11 16:22:4

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