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Archives de Tag: prédateurs sexuels

Des hommes solidaires de #metoo. Bravo !

La parole des femmes du mouvement #balancetonporc #metoo #moiaussi ne sera vraiement entendue que si des hommes la soutiennent et la relaient contre la Réaction de ces hommes qui usent de tous les arguments pour l’étouffer.

Ce n’est qu’ensemble qu’hommes et femmes changeront les relations femmes/hommes et le mouvement actuel nous en donne l’occasion.

Zeromacho s’est déjà distingué par ses prises de position contre l’oppression, l’exploitation, la réification et le mépris des femmes. Il s’est distingué contre vents et marées machistes contre la prostitution et en faveur de la pénalisation des clients de prostituées. Aujourd’hui, il monte au créneau pour exprimer sa solidarité avec les femmes qui dénoncent le harcèlement sexuel, preuves à l’appui.

Messieurs, au lieu de pleurnicher sur la délation, la haine de l’homme blanc, la menace contre vos prérogatives machistes, une pseudo menace contre le plaisir de séduire et de courtiser, rejoignez Zero macho ou créez votre groupe de soutien aux victimes du harcèlement sexuel, exprimez vôtre compréhension de ce problème de société intemporel mais toujours machiste, ne restez pas dans vôtre coin à ressasser vos craintes totalement injustifiées si vous n’êtes pas un porc ou si vous avez été un porc et le regrettez. Prenez position contre les porcs, dites vôtre désapprobation, intervenez lorsque vous êtes témoin, vous n’en serez que plus virils 😉 Nous serons admiratrices et ne vous en aimerons que davantage.

La Connectrice

Nous, hommes solidaires de #MeToo…

https://zeromacho.wordpress.com/2018/01/30/nous-hommes-solidaires-de-metoo/comment-page-1/#comment-1319

English text below
Nous, hommes solidaires de #MeToo…
Ni haine des hommes ni puritanisme,
#MeToo est une chance de libérer la sexualité !

Des millions de femmes courageuses et solidaires ont lancé, porté et relayé dans des dizaines de pays le mouvement #MeToo. Un tournant historique ? Plus encore : une mutation dans les relations entre femmes et hommes !

Nous nous sentons interpellés par cette libération de la parole des femmes, par cette révolte mondiale contre les violences sexuelles et sexistes, par cette dénonciation justifiée des privilèges et abus masculins, dans un  monde machiste, c’est-à-dire inégalitaire, injuste et violent envers les femmes et les filles.

Les hommes qui insultent, harcèlent, agressent, prostituent ou violent des femmes ont bénéficié trop longtemps de l’impunité et d’une large tolérance sociale.

Nous aussi, nous disons « ÇA SUFFIT ! »
Nous, hommes, nous désolidarisons des hommes qui commettent des violences sexuelles et sexistes. Nous déclarons notre solidarité avec les femmes victimes, et soutenons le mouvement #MeToo.

À ceux et celles qui se réclament de la « liberté sexuelle » pour discréditer ou traiter avec condescendance les personnes engagées contre les violences sexuelles et sexistes, nous disons que la sexualité est la rencontre de deux désirs, en vue d’un plaisir partagé.

Les mêmes qui, hier, au nom d’un prétendu « libertinage », défendaient le droit des hommes prostitueurs à imposer par l’argent un acte sexuel, semblent confondre harcèlement, drague, agressions et séduction.

Nous affirmons que la sexualité se libère si la société agit contre les violences physiques, psychologiques ou économiques. Nous élevons nos enfants dans le respect de l’autre et de sa liberté.

Le moment est historique : c’est aussi aux hommes de réagir. Soutiendront-ils par leur silence les prédateurs sexuels ? Prendront-ils la parole à leur tour pour dire qu’ils sont des alliés des femmes, qu’ils sont solidaires des victimes et non des agresseurs ?

Dans les dénonciations des femmes qui disent #MeToo, nous ne percevons ni « haine des hommes » ni puritanisme. Nous voyons là au contraire une occasion pour tous les hommes de marcher aux côtés des femmes plutôt que de leur marcher dessus.

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Au Québec, un autre texte d’hommes a été lancé par Richard Poulin le 26 janvier 2018 : voir
http://plus.lapresse.ca/screens/acc5b714-c052-40c0-8f21-31d9251e32ce__7C___0.html

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On October 19 2017, just days after the movement began, Zeromacho publicly stated our support for the women who dared to say #MeToo (see https://zeromacho.wordpress.com/2017/10/19/action-n-58-solidaires-des-victimes-19-octobre-2017/)
Now more and more men are choosing to declare that they are on the women’s side, particularly through the https://tinyurl.com/hommes-solidaires-metoo manifesto, which we invite you to sign on line and to share. Zeromacho is with them.

As men, we declare our support for #MeToo: expressing neither hatred of men nor puritanism, #MeToo is a chance for true sexual freedom!

Millions of brave, united women have built the #MeToo movement, spreading it to dozens of countries. A historic turning point? More than that: a mutation in female-male relations!
We feel concerned and inspired by this freeing up of women’s voices, this global uprising against sexual and sexist violence, this wholly justified condemnation of male privilege and abuse in a macho world – i.e. one that is unequal, unjust and violent towards women and girls.
Men who insult, harass, aggress, prostitute and rape women have benefitted from impunity and social acceptance for far too long.
We too say “TIME’S UP!”
As men, we disassociate ourselves from men who commit sexual and sexist violence.
We declare our solidarity with women victims, and our support of the #MeToo movement.

To all those – male and female – who call for “sexual freedom” in order to discredit or condescend towards the people fighting sexual and sexist violence, we say that sexuality is the meeting of two desires in anticipation of shared pleasure.
The same people who, in the name of so-called “libertinage” recently defended the right for prostituting men to impose sexual acts for money, now seem to confuse harassment with flirting, aggression with seduction.
We declare that sexuality is free when society fights against physical, psychological and economic violence. We raise our children to respect others and their freedom.
This is a historic moment: men need to take action too. Will they support sexual predators with their silence? Will they speak out in turn to say that they are these women’s allies, that their solidarity goes to the victims, and not to the aggressors?
We see neither puritanism nor “man-hating” in the denunciations of the women who say #MeToo. On the contrary, we see a chance for all men to walk alongside women instead of walking all over them.
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The manifesto of men who support #MeToo, signed by 30 men, including the founders of Zeromacho, was published in lemonde.fr (on line as of January 30, 2018; in the physical newspaper of January 31, 2018.)
The beginning of the text can be found here:
http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2018/01/30/des-hommes-solidaires-de-metoo_5248937_3232.html
The complete text, including the names of those who have signed it, is here: https://tinyurl.com/hommes-solidaires-metoo
We invite you to sign it on line and to share it.

#Balancetonporc. Le système judiciaire maltraite les victimes de harcèlement sexuel.

big-connaitre-un-violeur
http://www.madmoizelle.com/temoignage-violeur-victime-721451
Dans mon article précédent je donnais quelques exemples de harceleurs relaxés malgré des témoignages accablants sur leur comportement de prédateurs sexuels. Souvent, il avait fallu plusieurs témoignages concordants pour que le parquet ouvre une enquête mais les juges avaient choisi l’honneur du prévenu au détriment de celui de la victime.
Dans l’article ci-dessous, la juriste Catherine Le Margueresse cite des cas concrets de maltraitance des victimes de harcèlement sexuel en s’appuyant sur 15 années d’expérience au sein de l’Association Européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail (AFVT)
Juriste, Catherine Le Margueresse analyse les cas en fonction de l’application des lois existantes et du raisonnement des magistrats.
Le premier constat de cette spécialiste des violences faites aux femmes est que les magistrats -qui sont souvent des magistrates- sont insuffisamment formées à la réalité et aux conséquences de ces violences pour appliquer la loi .  violence, contrainte, menace ou surprise » dont la caractérisation est exigée par le code pénal pour qualifier les agressions sexuelles et les viols
Catherine Le Margueresse confirme ce que nous, féministes, disons depuis des décades sans que rien ne change :
  • 1 seule femme sur 10 dépose plainte pour viol

Ici la police joue un rôle déterminant par l’incompétence de ses agents sur l’acceuil et l’écoute des femmes victimes (une policière d’un commissariat m’a confirmé qu’elle n’avait pas suivi de formation dédiée). Au commissariat ou à la gendarmerie, la victime est traitée comme une coupable et subit des insinuations insupportables : comment étiez-vous habillée, minijupe, décolleté profond ? depuis quand le connaissez-vous ?, Que faisiez-vous seule dehors en pleine nuit ? Vous a-t-il menacée, frappée ? Avez-vous résisté  ? Avez-vous appelé à l’aide ? etc.

Traitement du viol par la Police et la Justice

  • La police et la gendarmerie sont les premiers interlocuteurs de la victimes puis ceux qui méneront l’enquête. S’ils maltritent la victime et filtrent sa plainte avec leurs propres préugés sexistes, le juge recevra un dossier orienté qui pésera dans ses décisions de correctionnaliser le viol et prononcer un non lieu.

 

  • 1 seul viol sur 10  sera renvoyé devant la cour d’assises
  • La majorité des viols qui passent en justice sont correctionnalisés, soit jugés expéditivement entre un vol de portable et agriculteur était poursuivi pour avoir placé ses vaches dans un enclos trop petit (vu par CLM au tribunal correctionnel de Dieppe)
  • 2% des violeurs sont condamnés, 98% d’entre-eux sont dans des situations d’impunité et peuvent récidiver et encourager d’autres hommes à violer puisque dans les faits ils ne risquent rien.

Pourquoi les victimes restent silencieuses ?

  • Une femme violée est forcément coupable, telle est l’opinion populaire, le préjugé des policiers et des magistrats
  • une femme violée est brisée incapable de réagir
  • Le violeur menace sa victime de mort
  • Le violeur peut légalement nier les faits en accusant sa victime de dénonciation calomnieuse

Ce délit prévu par l’article 226-10 al. 2 du code pénal disposait “La fausseté du fait dénoncé résulte nécessairement de la décision, devenue définitive, d’acquittement, de relaxe ou de non-lieu déclarant que la réalité du fait n’est pas établie ou que celui-ci n’est pas imputable à la personne dénoncée.”

Dans le contexte de la parole libérée des femmes sexuellement agressées grâce à la campagne #Balancetonporc, Catherine Le Magueresse conclue : “Le silence ne profite qu’à l’agresseur”, le dévoilement des violences permet d’entamer une reconstruction et déposer plainte en s’entourant du maximum de précautions et du maximum de solidarités peut y contribuer.

Que les personnes, hommes surtout mais femmes aussi, qui s’insurgent contre la campagne #Balancetonporc prennent le temps de méditer sur cette phrase « le silence ne profite qu’à l’agresseur » et j’ajoute « et à ses inspirateurs et imitateurs ».

La Connectrice #moiaussi

mo8m1

…On le connaît nous Jean-Bidule, c’est un mec sympa. Et puis cette personne qui se dit victime, on sait pas qui c’est. Jean-Bidule dit que c’est *un-e ex-e qui lui en veut*, *salope qui assume pas*, *personne perturbée*, *insérer ici toute justification habituelle de la part de ces raclures*, alors on le croit, notre bon vieux Jean-Bidule.

C’est qu’elles sont horribles ces victimes, qui s’inventent des agressions. Elles se rendent pas compte qu’elles vont détruire la vie de Jean-Bidule. Bon, il ira jamais en prison, vu que 3% des viols se finissent au pénal faute de preuves et que c’est pas pour du vrai qu’il a violé donc pas de preuves. Il aura sûrement aucune répercussion non plus sur sa vie sociale, vu que nous on est là pour le soutenir, à la vie à la mort avec les violeurs ! Euh pardon, avec les copains ! Quant à son travail, bon ça fera peut être désordre, mais c’est pas sûr, suffit que son patron soit conciliant, on va pas se laisser bouffer par les mythomanes…

https://lechodessorcieres.net/jean-bidule-nest-pas-un-violeur/

Catherine Le Magueresse : « Le silence des victimes s’explique par la maltraitance du système judiciaire sur les plaignantes »

Catherine Le Magueresse aime à rappeler son parcours de simple juriste à juriste féministe. Après avoir travaillé 15 années à l’Association Européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail (AVFT) dont 9 comme présidente, elle concentre maintenant son travail sur la critique féministe du droit pénal et la façon dont il prend ou pas en compte les violences faites aux femmes. La campagne #balancetonporc met à jour l’omerta qui entourait les harcèlements et agressions sexuelles subies par les femmes dans tous les instants de leur vie et en particulier professionnelle. Comment cet état d’impunité a-t-il été possible ? Catherine Le Magueresse, nous rappelle les disqualifications pénales des femmes dans la caractérisation des violences dont elles sont victimes ce qui permet l’impunité des harceleurs dans de nombreux cas.

Où en est l’application du droit concernant les cas de violences et harcèlements ?

En France, nous sommes dans un système de droit écrit, les magistrat·e·s appliquent le droit, elles/ils ne peuvent l’inventer. Elles/ils apprécient la « violence, contrainte, menace ou surprise » dont la caractérisation est exigée par le code pénal pour qualifier les agressions sexuelles et les viols,  alors qu’elle/ils ne sont pas sérieusement formé·e·s aux questions de violences faites aux femmes. Les violences sexuelles occupent une après midi au plus de leur cursus de formation à l’Ecole Nationale de la Magistrature. Ne prenant pas le temps de déconstruire leurs préjugés et de se former sur la réalité des violences sexuelles, leurs appréciations de ce que sont des violences, menaces, contraintes et surprises sont le plus souvent sexistes.

Prenons l’exemple de madame B.  En situation de très grande précarité économique,  elle ne peut pas se permettre de perdre son travail. Son employeur conscient de sa vulnérabilité la viole à trois reprises. Devant la juge d’instruction, il allègue le consentement. Avec succès, puisque la magistrate jugera inexistante la contrainte économique ayant conduit Mme B à subir les viols avant de pouvoir les dénoncer sur les conseils de son médecin.  Pas contrainte car elle était ‘libre’ de partir. Rappelons que « céder n’est pas consentir » (1).  La juge d’instruction a en outre considéré que l’élément de surprise n’était pas non plus présent puisqu’elle avait été violée trois fois. Or, à tout le moins pour le premier viol, il aurait pu être retenu.   Voilà un exemple marquant d’une situation de disqualification judiciaire de l’expérience des femmes. J’estime que c’était une erreur d’appréciation juridique qui s’explique en partie par des préjugés sexistes sur la façon dont une femme est supposée réagir lorsqu’elle est agressée.

1 seule femme sur 10 dépose plainte pour viol. Et il n’y aura qu’1 viol sur 10 qui sera renvoyé devant la cour d’assises. En conséquence, il n’y a que 2% des violeurs qui sont condamnés, 98% d’entre-eux sont dans des situations d’impunité.

Les plaintes qui arrivent en cours d’assises concernent, en général, des cas de viols caricaturaux. Ce sont ceux qui correspondent le mieux à nos stéréotypes : le viol par un inconnu, dans la rue, accompagné d’une extrême violence ou sur une victime inconsciente. La victime est en outre insoupçonnable: elle ne portait pas une jupe courte, elle n’était pas dans la rue tard le soir etc.

Il est par ailleurs notable que parmi les condamnations prononcées en cour d’assises les étrangers et les pauvres sont surreprésentés.

Nous sommes loin d’une reconnaissance judiciaire des violences sexuelles à l’encontre des femmes ; une reconnaissance qui serait à la hauteur du nombre de viols et de la gravité des violences dénoncées.

La majorité des viols qui passent en justice sont correctionnalisés. Ils ne pas sont jugés en cour d’assises mais devant le tribunal correctionnel. Une affaire qui prend 2 ou 3 jours en cour d’assises va être traitée en 1 ou 2 h devant un tribunal correctionnel surchargé, entre une affaire de portable et une affaire de droit pénal agricole comme j’ai pu en être témoin à Dieppe, où une plainte  pour inceste était jugée après une affaire où un agriculteur était poursuivi pour avoir placé ses vaches dans un enclos trop petit. Évidemment lors de ces audiences, la victime n’a pas le temps de s’exprimer. Les conséquences des viols ne sont pas abordées. Le mot viol lui-même n’est pas prononcé. On passe à côté de ce que la femme a vécu et de ce qu’elle voulait dénoncer en déposant plainte. C’est un non procès pour viol. L’agresseur n’est pas mis face à ses responsabilités et à la gravité de ses actes.

Quelles sont les stratégies employées pour empêcher les femmes de garder le silence ?

Ces stratégies commencent avant l’agression. L’agresseur va s’assurer que les victimes ne parlent pas, soit en les isolant, en sapant tellement leur confiance en elles que leur parole ne vaudra rien, soit en les menaçant de représailles légales si elles parlent. C’est très efficace parce que le droit donne des outils aux agresseurs pour s’assurer du silence des victimes. Je pense par exemple à la dénonciation calomnieuse qui est un délit en droit pénal et qui permet à un agresseur qui n’a pas été condamné de déposer plainte pour dénonciation calomnieuse.

contre celle qui a dénoncé un viol, une agression sexuelle, un harcèlement sexuel.

L’agresseur va menacer la victime en disant « si tu portes plainte contre moi, je porte plainte aussi contre toi pour dénonciation calomnieuse ». Les femmes craignent légitimement ces procédures: il suffit d’aller sur internet pour voir qu’il y a des condamnations de femmes victimes de violences sexuelles pour dénonciation calomnieuse.

Qu’est ce que la dénonciation calomnieuse implique pour les femmes victimes de violences ?

Avant la réforme de 2010, obtenue grâce à dix années de campagne de l’AVFT, les femmes dont la plainte n’avaient pas abouti à une condamnation de l’agresseur étaient quasi automatiquement condamnées. Voici comment: Une femme dépose plainte contre son agresseur pour harcèlement, agression ou viol. On a vu que les taux de condamnations étaient très, très faibles. Il n’y a donc pas de condamnation. L’agresseur se retourne contre la victime et dépose plainte en dénonciation calomnieuse.

Ce délit prévu par l’article 226-10 al. 2 du code pénal disposait “La fausseté du fait dénoncé résulte nécessairement de la décision, devenue définitive, d’acquittement, de relaxe ou de non-lieu déclarant que la réalité du fait n’est pas établie ou que celui-ci n’est pas imputable à la personne dénoncée.”

Prenons l’exemple de madame C. dont la plainte pour viol à l’encontre de son supérieur hiérarchique s’est conclue par un non-lieu pour charges insuffisantes. Cela ne veut pas dire que la/le juge d’instruction considère que la victime a menti mais qu’elle trouve qu’il n’y a pas assez de preuves pour condamner, pour envoyer monsieur devant une cour d’assises

Son agresseur se retourne contre elle et dépose plainte en dénonciation calomnieuse. Lors de l’audience, hallucinante, au cours de laquelle Mme C n’a pas eu la parole, nous avons su dès les dix premières minutes qu’elle serait condamnée. Cette automaticité résulte de l’article précité. Le viol est jugé faux. Or, s’agissant d’un ‘acte’ commis sur sa personne, Mme C ne pouvait pas méconnaître sa fausseté. Elle est donc condamnée pour dénonciation calomnieuse. En première instance. En appel. Devant la cour de cassation.

Mais cette femme qui se retrouve du mauvais côté, qui n’est plus victime, qui est poursuivie devrait alors  bénéficier de la présomption d’innocence comme toute personne inculpée. Or, Il n’y a pas ici de présomption d’innocence puisqu’elle est condamnée automatiquement.

C’est sur ce fondement que nous  avons décidé de saisir la Cour européenne des droits de l’homme.

Quelle a été la décision de la Cour européenne des droits de l’homme à la suite du recours déposé par madame C accompagnée par l’AVFT ?

A la suite de ce recours, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la France pour violation de l’article 6.2 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme, sur la présomption d’innocence. Cette procédure ainsi que  le revirement de la Cour de cassation ont conduit la France à changer son code pénal sur ce sujet.

Maintenant, il y a une automaticité qui est un peu moindre mais il n’en demeure pas moins que ces condamnations et le risque d’être poursuivies planent au-dessus de la tête des victimes. Quand une victime appelle une permanence d’une association qui lutte contre les violences faites aux femmes, il n’est pas rare que ces risques là soient évoqués.

Je précise que Mme C avait été condamnée à trois mois de prison avec sursis et à 15 000 € de dommages et intérêts soit à peu près ce qu’un violeur devrait verser à sa victime. On se pose la question du silence des femmes, je crois qu’une des réponses est que ces menaces de dénonciation calomnieuse ou de diffamation sont réelles et redoutées par les victimes. La diffamation consiste à  dénoncer publiquement des faits qui portent atteinte à l’honneur de la personne. Par exemple, Denis Beaupin a déposé plainte à la fois en diffamation et en dénonciation calomnieuse contre ses victimes.

A chaque fois qu’un agresseur dépose plainte en dénonciation calomnieuse ou en diffamation et que l’affaire est médiatisée, les autres victimes qui n’ont pas encore déposé plainte entendent très bien le message, à savoir,  les agresseurs ont des outils pour les poursuivre et ainsi se positionner comme des victimes. Les femmes peuvent alors passer du mauvais côté de la barre, être condamnée, et devoir verser de l’argent aux agresseurs. Dans le cas de Mme C, certains mois elle se demandait si elle payait la cantine de sa fille ou si elle payait  l’homme qui l’avait violée lequel continuait ainsi de l’agresser.

Le silence des victimes s’explique aussi par la maltraitance du système judiciaire sur les plaignantes, par la durée et le coût des procédures, sans parler du coût humain qui est dramatiquement lourd.

Est-ce que le droit est un outil à la disposition des victimes ou pas ? Il faut être accompagnée. Idéalement par un réseau de personnes compétentes : association, avocat·e·s, psychologues. Et il faut être prêtes à se battre. Pour autant, même si c’est difficile à dire, le fait qu’un agresseur ait eu à répondre de ses actes devant un tribunal même s’il n’est pas condamné est déjà une victoire pour la victime car c’est la fin de son impunité puisqu’il a été identifié comme agresseur et il a dû répondre socialement de ses actes.

 

Propos recueillis par Brigitte Marti 50-50 magazine

1 Nicole-Claude Mathieu Nicole-Claude Mathieu (1937-2014) est une anthropologue, militante féministe, française, connue pour ses travaux sur le genre. Elle fut maîtresse de conférence à l’EHESS, membre du laboratoire d’Anthropologie sociale à Paris, et co-fondatrice de Questions féministes.

#balancetonporc. Le troupeau de cochons grossit chaque jour. Mise à jour quotidienne

 

I guess women like Pig-headed men.

Fantasme masculin. https://imgur.com/gallery/4oOYk

Depuis le lancement de la campagne de libération des femmes victimes de harcèlement sexuel, les victimes sont de plus en plus nombreuses à dire #moiaussi ou #metoo. Complémentairement, le troupeau de gros cochons libidineux qui ont abusé de leur position dominante, grossit également. Pour l’instant, personne n’a parlé de chantage mais logiquement, cela ne devrait tarder car lorsqu’un décideur vous fait comprendre que si vous ne couchez pas avec lui vous n’aurez pas le job, comment ça s’appelle ? chantage.

On pourrait d’ailleurs lancer une campagne #balancetonmaîtrechanteur à l’adresse de celles qui n’ont pas couché et en conséquence  ont perdu le job, celles qui n’ont pas eu le job et celles qui ont été persécutées jusqu’à ce qu’elle démissionnent.

Du coup, l’accusation « promotion canapé » prend un autre aspect. Tu couches, c’est une promotion canapé ; tu couches pas, tu es virée. Pour la femme c’est à tous les coups tu perds.

Eric Salvail est homosexuel et est accusé de harceler les hommes.

  • Gérard Depardieu rejoint la liste des porcs mais ce n’est pas une nouveauté sauf que ce témoignage d’une québécoise est précis :

 la productrice Catherine Beauchamp, qui allègue avoir été harcelé sexuellement par l’acteur français Gérard Depardieu.

«Un jour, sur la terrasse d’un hôtel du Centre-ville de MTL, Depardieu, alors que je suis allée saluer le réalisateur avec qui il était à la table, m’a dit que je le faisais bander …. il m’a mentionné qu’il me baiserait bien dans une chambre d’hôtel, sur le dos, parce qu’il avait très mal et que c’était sa seule façon de baiser […]», a-t-elle écrit sur son compte Facebook.

  • Pierre Joxe aurait agressé sexuellement Ariane Fornia, fille d’Eric Besson

Elle a publié ce jeudi un long billet sur son blog intitulé « #Moiaussi : pour que la honte change de camp », où elle évoque trois agressions sexuelles qu’elle a subies dans sa vie. Et la dernière concerne un « ancien ministre de Mitterrand, membre de plusieurs gouvernements, qui a occupé des fonctions régaliennes, qui est une grande figure de gauche, décoré de l’Ordre national du mérite et de plusieurs autres Ordres européens ».« Il commence à remonter ma jupe »Cet homme, qui l’aurait agressée il y a huit ans à Paris, au cours d’une représentation à l’Opéra Bastille où ils étaient assis côte à côte, serait Pierre Joxe, 75 ans à l’époque, 83 ans aujourd’hui, a  révélé la jeune femme à l’Express.

http://www.20minutes.fr/societe/2154619-20171019-fille-eric-besson-accuse-pierre-joxe-ancien-ministre-mitterand-agression-sexuelle

  • Tariq Ramadan 
Henda Ayari

13 hours ago

J’ai été victime de quelque chose de très grave il y a plusieurs années, je n’ai jamais voulu donner son nom, car j’ai reçu des menaces de sa part si jamais je le balançais, j’ai eu peur,je lui ai consacré un chapitre entier de mon livre, beaucoup de gens m’ont contacté pour avoir mon témoignage car ils l’avaient deviné, je le confirme aujourd’hui, le fameux Zoubeyr, c’est bien Tariq Ramadan.

Cette plainte a été déposée auprès du parquet de Rouen, dont relève le domicile de la plaignante, pour « des faits criminels de viol, agressions sexuelles, violences volontaires, harcèlement, intimidation », selon un document consulté par l’AFP.

http://www.20minutes.fr/societe/2155371-20171020-balancetonporc-ecrivaine-militante-feministe-henda-ayari-depose-plainte-contre-tariq-ramadan-viol

  • Christophe Arend

Christophe Arend, le député (LREM) de Moselle, est visé par une plainte de son ancienne assistante parlementaire pour « harcèlement sexuel » et « agression sexuelle ». Selon franceinfo qui a recueilli le témoignage de la jeune femme, Marie*, âgée de 29 ans, accuse notamment Christophe Arend de lui avoir « pincé les deux seins » et d’avoir « tout fait pour (la) faire craquer » en multipliant « les remarques sexistes » et les gestes déplacés. « Dès qu’il arrive par-derrière, je me protège systématiquement les seins » « Il passe et essaie de dégrafer mon soutien-gorge, de me toucher les seins. Moi, j’ai compris. Dès qu’il arrive par-derrière, je sais qu’il va essayer donc je me protège systématiquement les seins », a-t-elle confié à la radio. « Une fois, il arrive et m’enfonce un doigt dans la bouche en mimant une fellation », a-t-elle ajouté.

http://www.20minutes.fr/societe/2155363-20171020-moselle-depute-lrem-christophe-arend-vise-plainte-ex-assistante-parlementaire-agression-sexuelle

 

La chasse à la femme se poursuit avec l’approbation de la société du sommet aux bas-fonds

 

Les faits divers regorgent d’agressions sexuelles, de viols et de tentatives de meurtre commis par des hommes de 14 à 95 ans sur des fillettes, des jeunes filles, des femmes et des mamies. Chaque jour apporte ses cas de chasse à la femme. La plupart des sanctions sont ridicules et certainement pas dissuasives et encore faut il que les prédateurs ne soient pas relaxés. Les victimes, elles sont meurtries à vie et gardent des séquelles physiques, parfois très graves, et des séquelles psychologiques qui pèsent sur leur avenir.

Qu’ils soient névrosés, psychotiques, alcoolisés, drogués, pauvres et malheureux, les prédateurs sont toujours assez lucides pour chasser la femme, la femelle, la fille ou la fillette. S’ils étaient réellement privés de discernement, ils s’attaqueraient à des arbres, des hommes, des boucs, des ombres,des murs ou des moulins à vent. Mais non, même le plus délirant saura reconnaître et partir à l’assaut de la femme.

Malheureusement notre société accepte comme une fatalité naturelle et biologique que l’homme soit un chasseur de femmes, pis elle l’y encourage par la culture du viol et une tolérance fatale pour les femmes.

Notre société ne connaît que l’indulgence sous forme de relaxe et de sanctions symboliques donc inefficaces ou la prison qui est trop souvent une école du crime. Si la Justice voulait mettre un terme à l’abomination de cette chasse à la femme elle inventerait des solutions réellement dissuasives comme le bannissement, de véritables travaux d’intérêt public ou des assignations dans des lieux de souffrance comme les services d’urgences puant le sang et la merde. On le sait, les hommes sont très sensibles…

Vous trouverez ci-dessous une liste non exhaustive de méfaits de prédateurs sexuels récents ou jugés récemment. Bonne lecture !

La Connectrice

  • Une jeune infirmière enceinte de 8 mois battue à mort et violée par un schizophrène que les psychiatres refusaient d’interner…parce que capable de discernement sans doute ? Oui, il a su discerner une belle jeune femme enceinte d’un moulin à vent ou d’un gorille !

Cédric B, est sans domicile fixe et il vient d’avouer l’avoir violée, tuée et ligotée aux services de police après avoir été confondu par son ADN. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’homme âgé de 39 ans était considéré comme un agitateur. Schizophrène sous traitement, il a été mis en examen pour « homicide volontaire et viol aggravés » en raison de la grossesse de la victime. ..

Mélodie a été retrouvée par son compagnon ligotée et les yeux bandés dans l’appartement qu’elle occupait dans la propriété de sa mère (absente au moment des faits). « La victime était enceinte de huit mois. Son ami l’a retrouvée avec le visage tuméfié, les pieds et les poings liés, les yeux bandés. Il y avait des traces de sang sur place. Il semblerait que la jeune femme soit décédée des suites de coups qui lui ont été portés », avait indiqué une source proche du dossier à LCI

Demeure cependant la question du mobile. Pour l’heure, la théorie du cambriolage qui aurait mal tourné reste la piste privilégiée. L’homme risque la prison à perpétuité. En août 2017, il avait déjà été condamné à trois mois de prison avec sursis et une obligation de soins psychiatriques pour des faits de vols et dégradations. Ce mercredi 19 septembre, Claude Olive, maire d’Anglet, indiquait dans les colonnes de Sud-Ouest, que le suspect « menaçait régulièrement des passants ». Il avait pourtant tenté à plusieurs reprises de le faire interner. En vain. L’élu a finalement estimé que « l’on aurait peut-être pu l’enfermer si chacun avait pris ses responsabilités. J’avais pris les miennes ».

http://www.planet.fr/societe-femme-enceinte-violee-et-tuee-le-suspect-avoue-tout.1433406.29336.html

  • Chauffeur de bus scolaire, il harcelait les lycéennes et la Justice lui permet de continuer.

Ce chauffeur de bus scolaire qui harcelait sexuellement les adolescentes qu’il était chargé de transporter. Il a reçu les encouragements de la société avec une petite peine de 6 mois avec sursis et 800 € de dommages et intérêts pour le préjudice moral subi par la victime. La France est généreuse et indulgente avec les prédateurs sexuels. Profitez-en Messieurs, ne vous gênez pas !

http://www.lindependant.fr/2017/09/27/p-o-le-chauffeur-de-bus-scolaire-volait-des-baisers-aux-mineures,3055513.php

  • La Canadienne, fille de policier, pensait que la police française était digne de confiance, mal lui en a pris. Au prétexte de lui montrer le célèbre 36 quai des orfèvres, ils l’ont violée. L’affaire traîne depuis trois ans et tant pis pour la victime dite présumée

http://www.20minutes.fr/societe/2141143-20170928-soupcons-viol-quai-orfevres-cour-appel-renvoie-deux-policiers-devant-assises

La cour d’appel de Paris a ordonné jeudi le renvoi devant la cour d’assises  des deux policiers mis en examen dans l’enquête sur le  viol présumé d’une touriste canadienne dans les locaux du 36, quai des Orfèvres à Paris en 2014, a-t-on appris auprès de leurs avocats.

En juillet 2016, les juges d’instruction avaient prononcé un non-lieu général, mais le parquet de Paris et la jeune femme avaient fait appel. 

La cour d’appel a demandé que les fonctionnaires de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI), âgés de 39 et 48 ans, soient jugés pour «viols en réunion», ont précisé les avocats.

Le 22 avril 2014, dans un pub irlandais en face du 36, des policiers s’étaient liés avec la jeune femme, alors âgée de 34 ans. En pleine nuit, les fonctionnaires, qui n’étaient pas en service, lui avaient fait visiter les locaux. Elle en était ressortie en larmes un peu plus tard, extrêmement choquée. Elle avait porté plainte pour viol. Deux hommes de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) avaient été mis en examen pour viol en réunion et placés sous contrôle judiciaire. L’un d’eux avait reconnu une relation.

  • Pour rigoler, Laurent Baffie soulève la jupe de Nolwenn Leroy pendant le show Salut les Terriens. Les téléspectateurs s’indignent et le CSA monte au créneau ce que Ardisson qualifie de censure digne de la France de 1942…

http://www.20minutes.fr/television/2138887-20170925-video-salut-terriens-csa-ouvre-instruction-apres-geste-baffie-nolwenn-leroy

« Faut du cul, faut du cul. » Mais surtout du malaise, du gros malaise. Alors que Nolwenn Leroy répondait aux questions de Thierry Ardisson sur le plateau de Salut les Terriens , Laurent Baffie s’est permis de remonter la jupe de la chanteuse. Une séquence pas drôle du tout aux yeux de certains téléspectateurs, qui n’ont pas manqué de faire part de leur mécontentement sur les réseaux sociaux. Et de dénoncer un geste déplacé et une agression sexuelle.

Histoire de rigoler, Laurent Baffie soulève la jupe de  Nolwenn Leroy au cours de l’émission Salut les Terriens chez Ardisson. Dommage que la chanteuse n’ait pas ouvert sa braguette. Tout le monde aurait-il autant rigolé ?

Devant le tollé soulevé par le geste de Baffie, Nolwenn Leroy a pris sa défense en prédisant qu’ils étaient amis depuis dix ans et que c’était juste pour rire, qu’elle n’en avait pas été offusquée. Oui, Chez eux entre amis, ils font ce qu’ils veulent mais sur un plateau ils donnent l’exemple et, à l’heure où la société encourage viol et agressions sexuelles, renvoie les femmes aux placards de la cuisine et vénère les criminels sexuels, cet exemple est redoutable et c’est pour cela qu’il doit être sanctionné et que le CSA doit veiller avec rigueur à l’image des femmes (et des hommes, Baffie ne sort pas grandi de ce rôle) à l’écran.

  • Marc Sibard, ancien responsable des caves Augé, mentor de jeunes professionnelles du vin, a profité de sa position pour harceler ses collaboratrices pendant des années

http://www.lesinrocks.com/2017/09/26/style/food/sexisme-et-agressions-sexuelles-dans-le-milieu-du-vin-trois-victimes-temoignent-11988294/

Une peine légère pour un responsable viticole qui a harcelé ses collaboratrices pendant des années, leur a pourri leur vie professionnelle et leur a fait perdre confiance en elles : un an de prison avec sursis, assorti d’une mise à l’épreuve de vingt-quatre mois comprenant une obligation de soins pour alcoolisme, ainsi que des dommages et intérêts et une amende, pour harcèlement moral, sexuel et agression sexuelle. Trois des victimes ont eu le courage de témoigner, au tribunal et dans l’enquête des Inrocks, et elles expliquent très bien comment il est facile de déstabiliser une femme et d’abuser d’elle dans un contexte professionnel où elle est par définition en état de sujétion : elle est en attente d’apprendre auprès de son mentor pour apprendre le métier et faire carrière. Il faut lire l’article en entier.

Le vin serait, parait-il, une affaire de vrais mecs. Des décennies de pratiques sexistes – toujours persistantes – en témoignent, que ce soit la fâcheuse tendance qu’ont les serveurs de la plupart des restaurants à tendre la carte des bouteilles aux personnes possédant un pénis, les clichés sur le  »vin féminin » soi-disant léger, par opposition au gros rouge qui tâche virilement correct, ou encore, la manière dont les femmes vigneronnes, sommelières ou autres doivent se battre pour être reconnues et exister dans un milieu où elles représentent pourtant 40% des professionnels. Lors des entretiens menés pour notre enquête sur les femmes et le vin parue cette semaine (Inrocks n°1138), toutes les interviewées nous ont fait part de soucis liés au machisme, et notamment les agissements d’hommes alcoolisés qui se croient tout permis lors de dégustations, dans un milieu où les limites de la grivoiserie et du harcèlement ne sont pas toujours claires pour tout le monde. Ces pratiques dites culturelles, très problématiques, se doublent parfois de comportements encore plus graves, comme l’a montrée une affaire qui a secoué le milieu du vin ces derniers mois.

Le 6 juillet, l’ancien responsable des Caves Augé (Paris 8eMarc Sibard était condamné par la 31e chambre du tribunal d’instance de Paris à un an de prison avec sursis, assorti d’une mise à l’épreuve de vingt-quatre mois comprenant une obligation de soins pour alcoolisme, ainsi que des dommages et intérêts et une amende, pour harcèlement moral, sexuel et agression sexuelle, après les plaintes de trois femmes ayant travaillé auprès de lui alors qu’elles débutaient dans le métier…

  • Les hommes violent et agressent sexuellement mais ce sont les femmes qui doivent changer. 

    Sandrine Rousseau, élue EELV publie « Parler », un ouvrage qui incite les femmes et les hommes à sortir du silence lors de viol, agression sexuelle ou harcèlement. 

http://www.francetvinfo.fr/societe/droits-des-femmes/harcelement-viol-agressions-sexuelles-ce-nest-pas-a-nous-de-changer-de-comportement_2393602.html

Brut.France Télévisions

Mis à jour le 
publié le 

« Ce n’est pas à nous de changer de comportement, on doit pouvoir être libres », annonce Sandrine Rousseau. Celle qui a vu sa plainte contre le député Denis Baupin classée sans suite pour prescription, mène désormais un combat pour libérer la parole. Interrogée par Brut, elle raconte…L’auteure dénonce le « mythe » de l’attitude provocatrice des femmes qui sont agressées sexuellement. « Il n’y a pas de raison qu’une femme en jupe soit agressée et que la tentation soit si grande qu’on n’arrive pas à y résister », dit-elle. .. En France, un viol est déclaré toutes les 40 minutes. Environ une femme violée sur dix porte plainte, une plainte sur dix aboutit à une condamnation. Sandrine Rousseau explique que la « non-parole » et le « non-dépôt de plainte »de toutes ces femmes peuvent être dus à des phrases qu’on entend du type : « Il est puissant. Fais attention à toi. Pourquoi tu ne t’es pas défendue ? »Ces paroles inculqueraient peur et culpabilité aux femmes victimes…

  • La cour d’assises de Douai va juger à partir de ce mercredi un surveillant de collège de 29 ans, pour viol sur mineur et agressions sexuelles entre 2012 et 2015. Il était également éducateur à l’US Ascq.

http://www.lavoixdunord.fr/223925/article/2017-09-26/un-surveillant-de-college-juge-aux-assises-pour-viol-et-agressions-sexuelles

C’est le président du club de football qui a fait le signalement auprès des autorités. «  Il était très proche des jeunes joueurs, mais rien ne laissait supposer de tels agissements, explique-t-il à quelques heures de témoigner à la barre. J’ai commencé à avoir des soupçons quand j’ai décidé de demander un extrait de casier judiciaire à tous les éducateurs. Il faisait partie du comité directeur lorsque je l’ai annoncé et il est devenu tout pâle.  »

Pourtant, le document présenté était vierge de toute condamnation. «  J’ai tout de même décidé d’être attentif à son comportement  », reprend le responsable. Quelque temps après, lors d’une soirée loto organisée par le club de supporters, il surprend l’éducateur en train d’embrasser un enfant sur la bouche. Un jeune garçon qui ne faisait pas partie du club mais était scolarisé au collège Rimbaud voisin. «  J’ai convoqué cet entraîneur le lendemain pour lui dire que je signalais les faits au procureur de la République. Je le suspendais de ses fonctions en attendant la décision de justice.  »

Parents et joueurs n’ont pas compris cette décision, jusqu’à ce que la véritable raison soit révélée, après une convocation au commissariat de police de Lille. Les enseignants du collège Rimbaud ont eux aussi été sidérés en apprenant la nouvelle. «  Il était très apprécié, prévenant. On pensait que les enfants avec lesquels il était très proche étaient en sécurité  », confiait un enseignant à l’époque des faits, qui se sont étalés de 2012 à 2015. Dans l’établissement, une cellule psychologique avait été mise en place après la révélation de l’affaire.

  • Une ado de 13 ans violée de jour en pleine rue à Beauvais, le suspect interpellé et placé en garde à vue

http://www.20minutes.fr/lille/2140927-20170928-beauvais-ado-13-ans-violee-plein-jour-pleine-rue

Les faits remontent au 9 septembre. La jeune fille se trouvait dans une rue du quartier Saint-Jean lorsqu’elle a été abordée par un inconnu à pieds. Celui-ci la force à le suivre dans un endroit reculé avant de la contraindre à des relations sexuelles. Il a pris la fuite, abandonnant sa victime en état de choc.

L’adolescente a tout de même eu la force d’aller déposer une plainte au commissariat plus tard dans la journée. L’enquête a démarré avec un élément précieux : le signalement précis de l’agresseur présumé fourni par la victime. Selon nos confrères, les policiers ont aussi eu recours à la vidéosurveillance. L’ADN a parlé

Tous ces éléments leur ont permis d’identifier un individu, habitant dans le quartier. L’homme, âgé de 27 ans, a été interpellé, mardi. Des analyses ADN ont aussi été effectuées. Le suspect a été mis en examen pour viol sur mineur de 15 ans et placé en détention provisoire.

  • Attention aux hommes, mari, fils, frères qui habitent avec la nounou de vos enfants

Ce mari de 69 ans a agressé des dizaines de petits enfants et n’a écopé que de trois ans de prison dont deux avec sursis …

Le cas n’est pas rare et je connais personnellement un homme qui, enfant, fut violé à répétition par le fils de sa nourrice, un ado.

http://www.20minutes.fr/nantes/2140115-20170927-sarthe-mari-nounou-agressait-sexuellement-enfants

Un homme de 69 ans était jugé, mardi par le tribunal correctionnel du Mans, pour plusieurs agressions sexuelles d’enfants âgés entre 3 et 9 ans. Au moins neuf victimes ont été identifiées, pour des faits qui ont eu lieu entre 1994 et 2013, rapporte le journal Ouest-France. Le prévenu, finalement dénoncé par un petit garçon en 2013, a évoqué mardi des « câlins », pour « jouer ou taquiner » et se dit au centre d’un complot des parents. Les petites victimes (dont deux font partie de ses propres petits-enfants) ont pourtant toutes décrit les mêmes gestes, à savoir des attouchements au niveau de la poitrine, des fesses ou du pubis. Le sexagénaire, qui a tout de même reconnu qu’il ne se sentait « pas normal », a écopé d’une peine de trois ans de prison dont deux avec sursis. Il sera inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.

  • Il n’y a pas d’âge pour violer. Un homme de 95 ans  a été mis en examen mercredi pour agression sexuelle sur deux fillettes et placé en détention, pour garantir notamment sa sécurité comme l’a révélé le Dauphine libéré.

Les faits se seraient déroulés dans le quartier populaire de Montfleuri à Bourgoin-Jallieu, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Lyon…Une enquête a été ouverte après le dépôt d’une plainte par les parents d’une fillette de moins de 10 ans. A la fin de la garde à vue, une seconde plainte pour une autre fillette a également été déposée. Le nonagénaire, sans antécédent judiciaire, « habite le quartier et y vit en famille ». Il a été « mis en examen le 9 août pour des faits correctionnels d’agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans. Le monsieur nie tout », a précisé à l’AFP le parquet. Si « la rumeur dans le quartier dit qu’il proposait des bonbons aux enfants », « la fillette n’en parle pas et le modus operandi n’est pas précisé », a ajouté la même source. En revanche, la fillette dit qu’elle « a été emmenée à l’écart et qu’il lui a touché le corps ».

http://www.20minutes.fr/lyon/2117503-20170816-isere-homme-95-ans-soupconne-agressions-sexuelles-deux-fillettes

  • Deux hommes de 24 ans forcent deux jeunes marseillaises de 21 et 22 ans à se prostituer. Si vous avez vu le film de Coline Serreau Chaos, vous avez une idée de la violence physique et mentale subie par les femmes contraintes à la prostitution.

 Deux hommes de 24 ans ont été interpellés dimanche à Saint-Genis-Laval, au sud de Lyon, dans le cadre d’une enquête pour «proxénétisme aggravé».

Les deux rhodaniens sont soupçonnés d’avoir contraint deux jeunes femmes de 21 ans et 22 ans, originaires de Marseille, à se prostituer. Elles ont porté plainte récemment contre les proxénètes présumés en expliquant aux policiers s’être enfuies de l’appartement lyonnais où elles exerçaient ces derniers temps, en laissant derrière elles leurs affaires personnelles.

Les deux jeunes femmes auraient décidé de fuir après avoir été menacées par l’un des deux hommes mis en cause, au moment où elles avaient indiqué vouloir rentrer à Marseille, précise ce mercredi la police Lyonnaise.

Les deux proxénètes présumés ont nié les faits. Ils doivent être présentés ce 27 septembre au parquet de Lyon, ajoute la direction départementale de la sécurité publique du Rhône.

http://www.20minutes.fr/lyon/2140175-20170927-lyon-deux-hommes-accuses-avoir-force-jeunes-marseillaises-prostituer

  • Le chauffeur de taxi harcèle une adolescente de 13 ans malvoyante. Il est relaxé car les faits ne seraient pas constitués. Ils ont été pourtant suffisamment constitués pour que le harceleur, déjà condamné pour agression sexuelle, soit présenté au tribunal.

Un homme de 47 ans a été relaxé, ce mercredi, devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Poursuivi pour corruption de mineur et non pour agression sexuelle, il a finalement été relaxé car ces faits n’étaient pas constitués, rapporte Sud Ouest.

En 2015, ce chauffeur de taxi, déjà condamné pour agression sexuelle par le passé, avait tenté d’abuser d’une adolescente de 13 ans malvoyante. Sur le trajet entre le centre de soins et le domicile de la jeune fille, cet homme avait multiplié les questions intimes et les arrêts. Ce jour-là, il ira jusqu’à demander à sa cliente s’il peut l’embrasser.

Mais, l’adolescente ne s’est pas laissé faire. Elle a refusé toutes les propositions du chauffeur de taxi avant de raconter la scène à un psychologue puis aux gendarmes.

http://www.20minutes.fr/bordeaux/2140803-20170928-bordeaux-chauffeur-taxi-essaye-abuser-adolescente-malvoyante

  • Le récidiviste en semi-liberté, Sofiane Rasmouk avait massacré une jeune fille pour la violé et violé une autre dans la foulée. Il a été condamné en appel à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 22 ans, soit plus qu’en première instance (18 ans)

Sofiane Rasmouk a vu jeudi sa peine confirmée en appel avec une condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité pour viol, tentative de viol et tentative de meurtre sur deux jeunes femmes en 2013 alors qu’il était en semi-liberté.

Suivant les réquisitions de l’avocat général, la cour d’assises a condamné Sofiane Rasmouk à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 22 ans, soit plus qu’en première instance (18 ans). Dès l’ouverture de son procès en appel, Sofiane Rasmouk avait reconnu ce qu’il avait toujours nié: le viol sur l’une des deux jeunes filles agressées. Il contestait en revanche la « tentative de viol et tentative de meurtre » sur la première de ses victimes. 

Le 7 août 2013, alors qu’elle rentrait chez elle, Priscillia avait été violemment agressée par Sofiane Rasmouk. Le jeune homme, « atteint de psychopathie grave » d’après les experts, s’était acharné sur elle en la frappant à plusieurs reprises au visage, la laissant pour morte et défigurée. 

Priscillia, 36 ans, qui a passé plusieurs mois dans le coma, est aujourd’hui lourdement handicapée. « Elle a vécu un parcours du combattant », a rappelé à la barre son avocate Me Peggy-Anne Julien. « Il ne l’a pas tuée, il a tué son avenir », a-t-elle souligné. Pour l’avocat général Dominique Borron, la tentative de meurtre ne fait aucun doute. « Qu’a-t-il dit au magistrat instructeur ? Qu’il a frappé à la tête, à plusieurs reprises », a-t-il martelé. « Il a tenté de la tuer. Elle s’est battue car elle ne voulait pas se laisser violer. » 

Sandra, la deuxième victime du « violeur de Colombes », a, elle, bien été violée, quelques minutes après Priscillia. Rasmouk l’a agressée entre deux voitures, sans cesser de la frapper à la tête, avant de lui extorquer sous la contrainte sa carte bleue. Physiquement indemne, la jeune fille reste pour autant traumatisée à vie. « Sandra est massacrée », a assuré son conseil Me 

Frank Berton. « Elle n’arrive pas à travailler, elle ne peut plus sortir seule. Vous en avez massacré deux en une demi heure », a-t-il asséné à Sofiane Rasmouk, impassible dans son box. 

« Pardon, ça sert à quoi? »

« Vous verrez très peu de dossiers aux assises avec autant de sauvagerie et si peu d’empathie », a insisté l’avocat général lors de son réquisitoire. L’avocat de la défense, Me Wenceslas Ference, s’est contenté de demander aux jurés « de créer une brèche et de laisser passer la lumière »

« La décision de première instance, si vous la confirmez, c’est un mur », a-t-il prévenu, faisant remarquer des progrès dans l’attitude de son client qui « a manifesté son besoin d’être accompagné »

Plus calme que lors de son premier procès, au cours duquel il avait multiplié les esclandres, Sofiane Rasmouk a cependant eu du mal à éprouver des remords. Sa réaction face aux photos de Priscillia, méconnaissable quelques heures après son agression, avait provoqué la colère des parties civiles. « Que voulez-vous que je vous dise ? Que je leur dise pardon ? Ca sert à quoi ? », s’était contenté de déclarer Sofiane Rasmouk. 

https://www.ouest-france.fr/societe/justice/hauts-de-seine-perpetuite-confirmee-pour-l-auteur-d-un-viol-5277809

 

 

 

 

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Revue de presse du 6 septembre 2017

Voici une sélection très subjective de ce que j’ai relevé ce jour.

Condition des femmes

Loi travail: les droits des femmes passent (aussi) à la trappe

6 SEPT. 2017 https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/060917/loi-travail-les-droits-des-femmes-passent-aussi-la-trappe

PAR 

    Les ordonnances ne sont pas neutres. Elles vont accroître les inégalités professionnelles, car «les salariés les plus touchés sont ceux en CDD ou travaillant dans des petites entreprises. Deux catégories où les femmes sont surreprésentées», alertent plus de 60 personnalités et organisations féministes.

    Emmanuel Macron l’a promis. Les femmes seront la grande cause nationale du quinquennat. Il est élu depuis à peine 150 jours et il a déjà réussi à se faire mentir 3 fois. Une première fois avec la nomination du gouvernement et l’absence de ministère dédié. Une deuxième fois cet été, avec la baisse de 27% du budget du Secrétariat d’État à l’Égalité. Une troisième fois avec la Loi Travail n°2.

    Comme souvent, des textes apparemment « neutres » ont en réalité des conséquences nettes sur les inégalités. Réforme des retraites, de l’assurance maladie ou du code du travail : toutes ces réformes qui visaient l’ensemble des salarié.e.s ont eu un impact différent sur les femmes et les hommes. Etonnant ? Pas tant que ça. Lorsque vous proposez une réforme dans un pays comme la France, où les inégalités professionnelles sont fortes (26% d’écart de salaire), la réforme est rarement neutre ou sans effet. Soit elle aggrave la situation et augmente les inégalités, soit elle s’attaque aux inégalités et les fait reculer.

    Les ordonnances rentrent dans la première catégorie. Les salarié.e.s les plus touché.e.s par la réforme sont ceux en CDD ou travaillant dans des petites entreprises. Deux catégories où les femmes sont surreprésentées. Plusieurs mesures vont donc peser particulièrement sur les femmes et accroître les inégalités professionnelles.

    L’inversion de la hiérarchie des normes renvoie à l’entreprise la définition de nombreux droits, et notamment les droits familiaux. Les congés enfants malades pris en immense majorité par les femmes, l’allongement du congé maternité et le maintien de la rémunération à 100%, l’allègement du temps de travail des femmes enceintes… tous ces droits, prévus jusqu’alors dans les conventions collectives de branche, pourront être demain remis en cause par accord d’entreprise. C’est le cas également des primes d’ancienneté, de départ en retraite ou de licenciement.

    Le gouvernement affaiblit les outils de l’égalité professionnelle en entreprise. La loi prévoit aujourd’hui une négociation annuelle « égalité professionnelle qualité de vie au travail » et oblige l’entreprise à fournir des données aux salarié.e.s sur les inégalités professionnelles femmes – hommes. Ces données sont celles de l’ancien Rapport de Situation Comparée, issu de la première loi sur l’égalité professionnelle de 1983 (loi Roudy). Ces données sont désormais intégrées dans la base de données économiques et sociales. Les entreprises qui n’ouvrent pas cette négociation et ne fournissent pas ces données peuvent être sanctionnées. Les ordonnances permettront, par accord d’entreprise, de changer le contenu de la négociation, de choisir les données sur l’égalité à transmettre (ou non), et de passer d’une négociation annuelle à une négociation quadriennale…Voire de ne pas négocier du tout.

    Il sera désormais possible d’imposer, par accord d’entreprise, des clauses de mobilité sans que la loi ne fixe de limite géographique ni d’obligation de prendre en compte la situation familiale des salarié.e.s. Idem pour des modifications d’horaires et de temps de travail ou encore des baisses de salaires. Les femmes, plus souvent à temps partiels, plus souvent précaires, à la tête de familles monoparentales et prenant en charge une immense partie des tâches parentales seront particulièrement pénalisées par ces mesures. Le premier argument invoqué par les femmes qui se retirent du marché du travail est l’impossibilité de remplir leurs responsabilités familiales du fait des horaires atypiques qui leur sont imposés. Les ordonnances ne risquent pas de les aider.

    La disparition du CHSCT (le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) prévue par les ordonnances va avoir un impact sur la prévention des violences sexuelles au travail. 20% des femmes déclarent avoir déjà subi du harcèlement sexuel sur leur lieu de travail. 5 ans après l’amélioration de la loi sur le harcèlement sexuel, le gouvernement décide de faire disparaitre l’instance dédiée à la santé et la sécurité au travail.

    Exit enfin le droit d’expertise dédié à l’égalité femmes – hommes, gagné en 2015, qui aidait élu.e.s et syndicats à identifier et comprendre les sources des inégalités. Auparavant à charge de l’employeur, ce droit d’expertise devra désormais être co-financé par le comité d’entreprise. Du fait de son budget limité, celui-ci devra faire des choix. Et souvent, dans ce cas, l’égalité passe au second plan.

    Les ordonnances ne sont pas neutres. Elles vont accroître les inégalités professionnelles.

    Emmanuel Macron, Marlène Schiappa, votre grande cause nationale commence mal. Changez de cap, ne bradez pas les droits des femmes aux exigences du MEDEF, retirez ces ordonnances.

    Les féministes l’exigeront dans la rue avec toutes et tous !

    Signatures: 

    Irène ANSARI, coordinatrice Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie ;

    Ana AZARIA, présidente de Femmes Égalité ;

    Delphine BEAUVOIS, France Insoumise ;

    Sophie BINET et Céline VERZELETTI, dirigeantes de la CGT en charge de l’égalité Femmes/Hommes ;

    Emmanuelle BOUSSARD VERRECHIA, avocate ;

    Le CEL ;

    Laurence COHEN, sénatrice, PCF ;

    Gérard CORNILLEAU, chercheur, OFCE ;

    Pierre CONCIALDI, chercheur, IRES ;

    Michèle CRES, Emission Femmes Libres ;

    Monique DENTAL, Réseau Féministe Ruptures ;

    Caroline DE HAAS, militante féministe ;

    Adèle DORADA, Alternative Libertaire ;

    Micheline DUPONT, collectif pour les droits des femmes 41 ;

    Pénéloppe DUGGAN, NPA ;

    Corine FAUGERON, Europe Écologie les Verts ;

    Jocelyne FILDARD, Coordination Lesbienne en France ;

    Forum Femmes Méditerranée ;

    Sigrid GERARDIN, cosecrétaire générale du SNUEP-FSU ;

    Cécile GONDARD LALANNE, co déléguée  générale de l’Union Syndicale Solidaires ;

    Bernadette GROISON, secrétaire générale de la FSU ;

    Mathilde GUERGOAT-LARIVIERE, chercheuse, CNAM, CEET ;

    Marie-Caroline GUÉRIN, secteur femmes de la FSU ;

    Gwenn HERBIN, coordinatrice nationale du Mouvement  de la Jeunesse Communiste de France ;

    Hélène HERNANDEZ, Emission Femmes Libres ;

    Images et Paroles ;

    Clara JABOULAY, Présidente de l’Union Nationale Lycéenne ;

    Camille LAINÉ, Secrétaire Générale du Mouvement  de la Jeunesse Communiste de France ;

    Jacqueline LAUFER, chercheuse, HEC-Paris ;

    Lilâ LE BAS, présidente de l’UNEF ;

    Laurence LE LOUËT, co Secrétaire Nationale du SNPES-PJJ-FSU ;

    Séverine LEMIERE, chercheuse, université Paris Descartes ;

    Daniéla LEVY, Collectif 13 Droits Des Femmes ;

    Myriam MARTIN, co porte-parole Ensemble ! ;

    Marie-Thérèse MARTINELLI, Marche Mondiale des Femmes ;

    Antoine MATH, chercheur, IRES ;

    Dominique MEDA, chercheuse ;

    Françoise MILEWSKI, chercheuse, OFCE ;

    Mathilde MONDON, porte parole des Effronté-e-s ;

    Françoise MORVAN, Coordination pour le Lobby Européen des Femmes ;

    Solmaz OZDEMIR, SKB Union des femmes Socialistes, Turquie ;

    Martine PERNOD, chercheuse, Université Lille 1 ;

    Emanuelle PIET, présidente du Collectif Féministe contre le Viol ;

    Sophie POCHIC, chercheuse, CNRS,Centre Maurice Halbwachs ;

    Christine POUPIN, Porte-parole nationale, Nouveau Parti Anticapitaliste ;
    Raphaelle REMY LELEU, porte-parole d’Osez Le Féminisme ;

    Suzy ROJTMAN, porte-parole du Collectif National pour les Droits des Femmes ;

    Cécile ROPITEAUX, secteur femmes de la FSU ;

    Roseline ROLLIER, Maison des Femmes de Montreuil ;

    Sabine SALMON, présidente de  Femmes Solidaires ;

    Muriel SALMONA, Mémoire Traumatique et Victimologie ;

    Véronique SEHIER et Caroline REBHI, co présidentes du  Planning Familial ;

    Rejane SENAC, chercheuse, CNRS, Sciences Po ;

    Rachel SILVERA, chercheuse, Université Paris-Nanterre ;

    Mireille STIVALA, Secrétaire Générale  de la Fédération  CGT Santé et Action Sociale ;

    Nora TENENBAUM, présidente de la  Coordination des Associations pour le  Droit à l’Avortement et la Contraception ;

    Aurélie TROUVE, porte parole d’Attac France ;

    Monique VÉZINET, Commission féminisme, Union des Familles Laïques UFAL ;

    Françoise VOUILLOT, chercheuse, CNAM ;

    Layla YAKOUB, Secrétaire Nationale du Parti de Gauche responsable du Féminisme.

    Mon commentaire : des signataires très marquées par la  gauche opposée à Macron et généralement plus indulgentes vis à vis de l’autre, par définition le pauvre immigré musulman discriminé par les islamophobes. Un féminisme à échelle variable.

    Toutefois, les observations de ces féministes de gauche sur les conséquences des lois Macron sont fondées. Il ne faut donc pas les jeter avec l’eau sale du boboïsme de gôche.

    Bravo les Nantaises !

    Nantes: Des femmes du numérique prennent la pose contre les clichés

    SEXISME Une quarantaine de start-upeuses nantaises se sont réunies, mercredi soir, pour réagir à une photo publiée la semaine dernière dans le magazine Capital

    Julie Urbach  http://www.20minutes.fr/nantes/2128067-20170906-nantes-femmes-numerique-prennent-pose-contre-cliches

    Publié le 06/09/17 à 20h18 — Mis à jour le 06/09/17 à 20h18

    Plusieurs dizaines de femmes du numériques se sont réunies à Nantes

    Plusieurs dizaines de femmes du numériques se sont réunies à Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes

    • Une séance photo réunissant une quarantaine de Nantaises, travaillant dans le domaine du numérique, a eu lieu ce mercredi au Miroir d’eau.
    • Une action symbolique pour montrer que « les femmes sont là pour contribuer à l’économie du pays ».

    La photo a fait le tour des réseaux sociaux, et en a appelé une autre. La semaine dernière, le magazine Capital publiait un dossier à la gloire des start-up françaises « prêtes à jouer dans la cour des grands ». Et comme illustration, le journal avait demandé à une dizaine de chefs d’entreprise de poser ensemble, la Tour Eiffel en fond, vêtus d’une chemise blanche et les yeux tournés vers l’horizon. Problème, aucune femme n’avait été conviée à cette séance photo…

    Le cliché a fait bondir un bon nombre de startupeuses, et Sandrine Charpentier en fait partie. Cette Nantaise, à la tête de l’association Femmes du Digital Ouest, a décidé de répondre « avec humour » aux « clichés » qu’elle tente de combattre tous les jours. Ce mercredi soir, une quarantaine de femmes de l’écosystème numérique nantais, presque toutes en chemise blanche, ont répondu à son invitation et ont pris la pose devant le Miroir d’eau.

    Le cliché sera envoyé au magazine Capital, « comme un clin d’œil bienveillant » mais surtout pour montrer que « les femmes sont visibles et là pour contribuer à l’économie du pays ». Une autre initiative de ce type a eu lieu à Paris, mardi, et d’autres rendez-vous sont en préparation. Dans la Cité des Ducs, une deuxième photo a été prise dans la foulée avec quelques hommes, qui soutiennent la démarche.

    Mixité et diversité

    « L’objectif est de montrer qu’à Nantes, on prône le numérique dans sa mixité et sa diversité, insiste la chef d’entreprise. La photo de Capital véhicule une vision très lisse et uniforme de l’innovation, ce n’est pas mes valeurs. Le numérique doit être ouvert à tous : pas besoin de CV poussé pour monter sa start-up, juste de bonnes idées et de la curiosité ! »

    Si, selon l’association Femmes du digital, le numérique compte dans la région 28 % de femmes (moins de 10 % d’entre elles s’illustrent dans des métiers techniques), la situation serait en train de bouger notamment à Nantes. « Même si certaines se mettent des barrières, il y a de plus en plus de femmes, on le voit. La photo de Capitalest en décalage avec ce que l’on vit, juge Najette Fellache, 37 ans, CEO de Speach me et présidente de Woman@Nantes. Et elles réussissent aussi, comme les hommes. Pas forcément en levant des fonds, mais en ayant un impact sociétal ou environnemental. »

    Dans la cité des Ducs, la filière du numérique fait partie des plus dynamiques. La métropole s’est donnée l’objectif de créer 10.000 emplois supplémentaires en 10 ans.

    Mon commentaire : Moi, féministe historique, je me réjouis grandement de la réaction de ces jeunes femmes professionnelles du numérique.

    Moi aussi je suis agacée par ces clichés qui mettent toujours les mâles en première ligne ignorant la contribution des femmes à la bonne marche de la société en général et de l’économie en particulier. Les femmes actives méritent mieux que des strapontins et des moqueries sexistes. Hip hip hip hourra les Nantaises !

    Chasse à la femme

    VAUVERT Agression d’une lycéenne : un homme arrêté

    L’agression, par son mode opératoire, avait suscité une forte inquiétude chez les forces de l’ordre. En juin dernier, une adolescente attendait son bus dans un petit village proche de Vauvert, lorsqu’un homme aurait eu des gestes déplacés.

    Cet individu aurait surgi et se serait projeté sur la jeune femme, avant de lui imposer des attouchements sexuels. La lycéenne aurait reçu un violent coup de poing. Une plainte avait été déposée à l’époque à la brigade de gendarmerie de Vauvert et une enquête était active depuis pour identifier le curieux agresseur… Rebondissement mardi après-midi, puisque les enquêteurs ont interpellé un homme d’une trentaine d’années qui correspond au profil dressé par l’adolescente et à une façon particulière de marcher. Un homme qui aurait été retrouvé également grâce à un ADN partiel figurant sur un vêtement de la victime. Il est en garde à vue depuis mardi après-midi.

    Mon Commentaire : J’ai souvent eu l’occasion d’écrire que l’homme le plus moche et stupide de la terre considère qu’il a des droits sur toutes les femmes de la terre y compris la plus belle et la plus intelligente. Quand soignera-t-on ces millions d’hommes malades du sexe ? Et celui-ci sera-t-il libéré pour bonne conduite, libre de recommencer encore et encore ?

    Disparition de Maëlys : qui est l’homme mis en examen et en détention provisoire ?

    L’homme au cœur de l’enquête liée à la disparition de Maëlys a été mis en examen dimanche 3 septembre pour « enlèvement, séquestration ou détention arbitraire de mineur de 15 ans » et placé en détention provisoire à la Maison d’arrêt de Grenoble-Varces. Il fait figure de principal suspect, une semaine après la disparition de la fillette de 9 ans, lors d’une fête de mariage au Pont-de-Beuavoisin (Isère).

    Par Denis SouillaFrance Bleu BesançonFrance Bleu IsèreFrance Bleu Pays de Savoie et France Bleu

    https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/disparition-de-maelys-qui-est-l-homme-mis-en-examen-et-en-detention-provisoire-1504540635

    Mon commentaire : Ce n’est qu’un fait divers, une jolie fillette de 9 ans a disparu à l’occasion d’une fête de mariage, il y a dix jours. De graves soupçons, indices sérieux à l’appui, pèsent sur un homme de 34 ans, Nordahl L. que tout le monde, famille, amis et connaissances s’accordent à qualifier de gentil garçon. On sait que tous les criminels et terroristes sont de gentils garçons pour leurs proches. Considérons toutefois que, pour l’instant, l’homme n’a pas avoué et qu’il est peut-être innocent.

    En attendant, la fillette n’a pas été retrouvée et les enquêteurs sondent les lacs environnants. Après dix jours, les chances de retrouver Maëlys vivante et en bonne santé sont bien minces. Et même si on la retrouvait vivante imaginons le traumatisme à vie pour la fillette, sa famille, ses proches et les mariés dont le mariage est déjà terni.

    Trop de fillettes et de femmes sont victimes de prédateurs qui sont presque exclusivement des hommes. Que fait la société contre ce fléau tellement banal que tout le monde l’accepte comme une fatalité, sauf les familles des victimes.

    GARD L’instituteur mis en examen pour « viols » dort en prison

    Un enseignant de 58 ans a été mis en examen pour « viols et agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans ». Il a été écroué mercredi en soirée par un juge des libertés et de la détention du Palais de Justice de Nîmes. Cet instituteur avait été arrêté lundi matin, jour de la rentrée, chez lui dans une commune proche de Nîmes.

    Dorénavant c’est un juge d’instruction qui sera chargé de diriger le dossier criminel initié par des signalements et des plaintes de parents d’élèves âgés de 4 ans. L’instituteur officie depuis une vingtaine d’années dans des villages gardois. Il est en activité depuis quelques années dans une commune de l’agglomération de Nîmes d’où ont émané les premiers signalements. « L’enquête a débuté en décembre: « il fallait s’assurer l’authenticité et la cohérence des propos de l’enfant et faire la part des choses, déclare le Procureur de la République de Nîmes Eric Maurel, qui était en charge avec le parquet des mineurs de coordonner les investigations depuis plusieurs mois. Le maître d’école a été suspendu par l’éducation nationale en décembre dernier après la révélation des faits par des parents.

    « L’instituteur a été interpellé lundi matin et placé en garde à vue. Une perquisition s’est déroulée à son domicile avec la saisie de matériel informatique sophistiqué. La première exploitation n’a rien de suspect mais les experts de la gendarmerie vont tout vérifier », poursuit le Procureur. Les faits à connotation sexuelle décrits par les enfants se seraient déroulés dans la classe lorsque les élèves étaient séparés en début d’après-midi. Une partie des enfants restaient avec le maître, tandis que l’autre partie était pris en charge par l’Atsem. L’information judiciaire ouverte aujourd’hui vise une période qui débute en 2016 mais les investigations vont aussi être élargies aux précédentes classes dont l’enseignant avait la charge depuis 20 ans dans le Gard. Le dossier administratif de cet homme va être épluché par les gendarmes. L’enseignant est connu de la justice après une condamnation pour des « violences aggravées » sur sa dernière épouse qui était en état de vulnérabilité. Il a été condamné pour cette infraction devant le tribunal correctionnel de Nîmes.

    Le Procureur Eric Maurel a requis l’ouverture d’une information judiciaire pour « viols et agressions sexuelles sur mineurs. » « J’ai réclamé un placement en détention à cause de la gravité des faits, du risque de pression, du nombre de petites victimes qui sont au moins 6 et du renouvellement de l’infraction » a conclu le Procureur Eric Maurel lors d’un point avec la presse. Des réquisitions qui ont été entendues. Le mis en cause a demandé un débat différé sur sa détention. Une autre audience se déroulera dans quelques jours pour savoir si l’instituteur reste en prison pendant l’enquête.

    Mon commentaire : Cet homme avait été condamné pour violences sur son épouse et l’article le dit comme si cette condamnation pouvait justifier sa pédophilie ! De même on notera les guillemets du titre de l’article. Alors viols ou pas viols ? De quel droit le « journaliste  » (à mon tour d’user de guillemets) se permet-il de juger de la qualification de l’interpellation du criminel  mis en examen pour « viols et agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans ? Une fois de plus on constate que nous vivons dans la culture du viol qui d’office blanchit les violeurs.

    Fin de vie

    Maladie de Charcot: Atteinte, l’écrivaine Anne Bert explique vouloir se faire euthanasier

    SANTE «Si j’ai décidé de ne pas vivre cette agonie qui m’est promise, c’est parce que j’ai en moi une souffrance incommensurable, ineffable»…

    C. Ape. Publié le 06/09/17 à 18h59 — Mis à jour le 06/09/17 à 18h59 

    Atteinte de la maladie de Charcot, l’écrivaine Anne Bert a expliqué ce mercredi au micro de France Inter sa volonté de se faire euthanasier. « Je sais que dans deux mois, ça va être l’horreur, et dans quatre mois encore pire que l’horreur, et après la mort », a dit l’écrivaine de 59 ans.

     

    VIDÉO. « On n’est pas sérieux quand on va mourir »
    Atteinte de la maladie de Charcot, Anne Bert a choisi l’euthanasie ►http://bit.ly/7h50-bert 

    Et de poursuivre en expliquant son choix : « Si j’ai décidé de ne pas vivre cette agonie qui m’est promise, c’est parce que j’ai en moi une souffrance incommensurable, ineffable. » L’écrivaine a ainsi prévu de se faire euthanasier en octobre en Belgique, où cette pratique est autorisée, contrairement à la France.

    >> A lire aussi : Une alimentation riche en calories pourrait ralentir la maladie de Charcot

    Une paralysie « totale » avant « la mort par étouffement »

    Anne Bert a indiqué qu’en raison de sa maladie, ses muscles « meurent les uns après les autres » provoquant une paralysie « totale » avant « la mort par étouffement ». Aujourd’hui, elle a « dépassé le seuil d’acceptation », ne pouvant plus « rien faire du tout » sans assistance.

    Dans Le tout dernier été (édition Fayard), qui paraîtra le 9 octobre, après son départ, l’écrivaine raconte son combat. Un combat qui l’avait notamment amené à interpeller les candidats à la présidentielle. L’équipe d’Emmanuel Macron « m’a répondu, alors qu’il était encore candidat, que les questions éthiques et sociétales n’étaient pas une priorité », a-t-elle confié à la radio.

    http://www.20minutes.fr/societe/2128107-20170906-maladie-charcot-atteinte-ecrivaine-anne-bert-explique-vouloir-faire-euthanasier

     Mon commentaire : Je trouve qu’il est inhumain d’empêcher les êtres humains de choisir leur mort. Nous ne choisissons pas de venir au monde mais au moins nous devrions être libres de choisir le moment de notre départ. De quel droit politiques, moralistes, religieux, médecins et législateurs s’arrogent-ils le droit de décider du niveau des souffrances physiques et morales qui nous conduisent à vouloir mourir ?

    Les hôpitaux osent afficher à destination des malades des avis affirmant qu’ils traitent la douleur. Je suppose que ces affiches leur sont offertes par des labos pharmaceutiques qui se font du beurre avec la souffrance des malades, il est donc nécessaire de la faire durer le plus longtemps possible. Et pourtant, quand le patient quitte l’hôpital, je peux vous assurer que sa douleur n’intéresse plus les médecins. J’en ai personnellement fait l’expérience en quittant un hôpital parisien en larmes -et je suis résistante à la douleur-dans l’indifférence du personnel soignant. Je n’étais pas intéressante puisque je sortais alors que si j’avais été grabataire et condamnée on m’aurait fait durer le plus longtemps possible avec beaucoup de morphine et consorts en me refusant une fin de vie décente par « déontologieé. Tu parles !

    Pauvre Anne Bert, heureusement que la Belgique est plus humaine que la France …

    Dans

    Harcèlement de rue

    Publié le

    Il est environ 22h30 lorsque je promène ma chienne tranquillement dans la fraîcheur nocturne clôturant une belle journée ensoleillée.

    Je croise un homme qui me demande la direction du métro. Il est trapu, basané, la quarantaine et plutôt du genre clodo. Il baragouine le français. Je lui indique gentiment la direction à suivre et je reprends mon chemin. Le type me hèle : « Hé Madame ! » Je me retourne poliment pensant qu’il a besoin d’un complément d’information. Je suis naturellement serviable, moi. « Hé Madame, vous êtes seule, je peux venir avec vous ? » demande-t-il en marchant vers moi.

    Comme je le dis souvent, les mecs pensent que toutes les femmes leur appartiennent et le type le plus misérable et hideux de la terre s’imagine qu’il peut s’approprier la femme la plus nantie et magnifique du monde. Ma chienne a plus de sensibilité et de sens des rapports humains que ces cancrelats qui ne sont que des prédateurs sans foi ni loi.

    Vexée et humiliée par tant d’impudence, en colère, je fais un geste vif du bras pour lui signifier de dégager. Il n’insiste pas.

    Ulcérée, je continue ma marche lorsque je suis doublée par un jeune bobo qui se retourne en me dépassant et me demande une cigarette sans autre formalité.

    C’en est trop, j’explose. ‘ Non ! Quelque soit votre âge, vous êtes tous des maquereaux, les mecs, yen a un qui veut me baiser, l’autre me taxer mais fichez-moi la paix, je ne suis ni votre pute ni votre nourrice ! ». Le bobo file la queue entre les jambes.

    Deux minutes plus tard, un motard roule sur le trottoir et me crache sa fumée nauséabonde à la figure et puis un autre motard passe en trombe et fait péter sa machine en sus du rugissement du moteur, ce qui fait paniquer ma chienne. Le bruit des pétards la rend dingue de frayeur.

    Et tout ça en 5 mn sur 50 m par une nuit tranquille.Vive la sérénité des nuits parisiennes !:

    Tout le monde parle de libertés mais la première de ces libertés n’est-elle pas le droit de déambuler librement en toute sécurité ? A Paris, cette liberté n’existe pas et c’est pour cela que les Parisiens sont généralement désagréables, agressifs et asociaux, dixit les touristes français et étrangers.

    La Connectrice

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