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Féminisme. Revue de presse de Sisyphe, août 2018

Publié le

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Sisyphe, un regard féministe sur le monde – Site d’information et d’analyse créé en 2002 par Micheline Carrier, édité par Micheline Carrier et Élaine Audet.

Montréal, Québec

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Mise à jour quotidienne de liens vers des articles d’actualité et d’analyse sur les femmes, leurs droits, ce qui les intéresse. Ces articles proviennent de diverses sources médiatiques en ligne. Les faits rapportés et les opinions exprimées dans ces articles n’engagent que leurs auteur-es. On peut consulter les fils de presse des années et des mois précédents à gauche dans cette page.

Août 2018

. Radio-Canada – Pour la première fois les lesbiennes à l’honneur pour le défilé de la fierté
Pour la première fois, un groupe de femmes lesbiennes a ouvert le défilé de la fierté à Montréal, qui s’est déroulé dimanche au centre-ville. Ces femmes estiment que leur image souffre encore de stéréotypes et visent ainsi à réclamer davantage de visibilité. « L’année dernière, à la fin du festival, nous avions publié un communiqué de presse pour faire part de notre déception. On ne se sentait pas incluses dans la communauté », explique Julie Antoine, directrice générale du Réseau des lesbiennes du Québec (RLQ). La présence de femmes ouvrant le cortège qui a sillonné le boulevard René-Lévesque entre les rues Metcalfe et Alexandre-DeSève, dimanche, est donc un symbole fort pour ces militantes, car la bataille de la parité se livre aussi dans la communauté gaie. Julie Antoine va même plus loin en accusant « la communauté gaie d’être patriarcale ».

. Newswire – Ontario – Financement fédéral : des fonds neufs pour améliorer la sécurité économique des femmes
PARO Centre pour l’entreprise des femmes se verra accorder un financement de 280 061 $ pour son projet intitulé Collaborating for Transformation : Advancing Women’s Economic Security (« Collaborer pour la transformation : améliorer la sécurité économique des femmes »). Dans le cadre de ce projet de 36 mois, l’organisme tentera de comprendre les obstacles à la croissance auxquels se heurtent les entreprises dirigées par des femmes dans le Nord de l’Ontario, et il pourra ainsi mieux saisir pourquoi nombre d’entre elles, après un bon démarrage, ne parviennent pas à se développer. Parmi les obstacles rencontrés, mentionnons l’accès inégal des femmes au capital de croissance, l’attitude des investisseurs et le manque d’occasions d’affaires existantes et potentielles, de réseaux d’affaires et d’autres « connecteurs » de petites entreprises pouvant jouer un rôle dans le succès ou l’échec de ces entreprises. Le projet étudiera également l’influence néfaste d’autres facteurs (sexisme, isolation en milieu rural, âgisme, etc.) sur la croissance des entreprises dirigées par des femmes.

. Le Devoir – Un nombre record de femmes remportent les primaires américaines
Un nombre record de femmes ont remporté les primaires des deux grands partis des États-Unis pour des postes de gouverneure, de sénatrice et de représentante, ouvrant la porte à de chaudes luttes aux élections de mi-mandat en novembre qui pourraient faire grimper le pourcentage d’élues et changer le débat public sur des enjeux comme la santé, l’immigration, le droit à l’avortement, l’éducation et le contrôle des armes. Certaines de ces candidates pourraient également jouer un rôle déterminant dans la capacité des démocrates à prendre les commandes de la Chambre des représentants. La plupart de ces aspirantes politiciennes sont des démocrates.

. Gatestone Institute – Le mariage des fillettes en Turquie
Où voudriez-vous que soit votre fille quand elle aura 13 ans ? À l’école ? Ou dans le lit d’un homme adulte ? La question ne se pose même pas dans une grande partie du monde. Mais dans les sociétés islamiques, y compris la Turquie non arabe et théoriquement laïque, la réponse est laissée à l’appréciation de chacun. Dans ces pays, le pouvoir politique ne combat pas la tradition patriarcale, il la soutient. En Turquie, 40% des filles de moins de 18 ans subissent un mariage forcé, selon le Fonds philanthropique turc. En janvier 2018, un organisme gouvernemental sous tutelle directe du président Recep Tayyip Erdoğan a suggéré que, en accord avec la loi islamique, les filles de 9 ans et les garçons de 12 ans soient autorisés à se marier.

. Alter Press – Haïti-genre : Les femmes dans les espaces de décision en Haïti, une absence voilée ?
L’obtention légale du quota de 30 % des femmes, dans la fonction publique haitienne, a été une petite victoire pour la lutte féministe en Haiti. Cependant, si elles sont représentées, les femmes peinent encore à s’intégrer et à participer remarquablement dans les prises de décision. « Le gouvernement en soi ne tient pas compte du principe de quota dans quoi que ce soit. Presque tous les postes de décision sont occupés par les hommes. Pour la désignation du nouveau premier ministre, tous les secteurs du pays ont été consultés, sauf le secteur des femmes. Pourtant nous représentons 52% de la population », déplore la directrice exécutive de Refuge des Femmes, Novia Augustin. Bien que les organisations féministes s’engagent à fond, dans la lutte pour l’intégration des femmes, dans les différents secteurs du pays, elles sont conscientes du fait que leur tâche est rude et que les résultats tant espérés relèvent d’une quête quotidienne et d’une lutte permanente.

. TRADFEM – Pourquoi ne considérons-nous pas la violence faite aux femmes et aux filles comme du terrorisme ?
Le mot terrorisme a pour origine les mots latins terror, qui signifie « peur, crainte, terreur », et terrēre, « effrayer, terrifier ». La violence subie par les femmes et les filles sous le patriarcat n’a pas seulement un impact sur les femmes agressées : elle sert à maintenir toutes les femmes et les filles sous l’emprise de la peur. La terreur systémique – la peur enseignée aux femmes par la violence masculine – fonctionne comme une méthode de socialisation, en rappelant aux femmes qu’elles sont vulnérables à la victimisation et aux agressions dès leur enfance et qu’elles doivent capituler ou être punies, trop souvent par la torture ou la mise à mort. Où que ce soit dans le monde, les femmes ont peur des hommes – que ces hommes soient des étrangers dans la rue ou dans les transports en commun, des pères ou des maris, ou d’autres figures d’autorité qui se servent de leur pouvoir pour nous exploiter. Tant que la violence des hommes est institutionnalisée, banalisée et intériorisée, les femmes ne seront pas en mesure d’y échapper ou d’en tenir les hommes responsables.

. France TV Info – Mort d’Aretha Franklin : l’histoire de « Respect », son plus grand succès
« Respect » est une chanson tellement mythique qu’elle est encore réenregistrée aujourd’hui. Alors que la légende de la soul, Aretha Franklin, est morte à l’âge de 76 ans, jeudi 16 août, France 3 vous raconte dans cette vidéo l’histoire de ce tube inoubliable. « Respect » est une mélodie créée par un roi de la soul et sublimée par une reine du rhythm and blues. En 1965, Otis Redding est déjà un sacré crooner. Trop souvent en tournée, il a l’impression que sa famille lui échappe et qu’il perd de son autorité de mari en rentrant chez lui. Face à ces deux machos, c’est une femme qui va s’emparer de la chanson pour en faire un hymne à la liberté. Lire aussi : « Comment Aretha Franklin a transformé « Respect » d’Otis Redding en un manifeste féministe et politique ».

. France Culture – L’effet Matilda, ou les découvertes oubliées des femmes scientifiques
Nombreuses sont les femmes qui se voient évincées des remises de prix, quand il ne s’agit pas carrément d’un prix Nobel. De la physicienne Lise Meitner à la biologiste Rosalind Franklin en passant par l’astronome Jocelyn Bell, beaucoup de ces scientifiques n’ont accédé à la reconnaissance qui leur était due que des années après leurs découvertes. La minimisation, quand il ne s’agit pas de déni, de la contribution des femmes scientifiques à la recherche n’est pas un phénomène nouveau : l’historienne des sciences Margaret Rossiter l’a théorisé sous le nom d’effet Matilda. “Effet Matilda” en hommage à la militante féministe Matilda Joslyn Gage qui, dès la fin du XIXème, avait remarqué qu’une minorité d’hommes avaient tendance à s’accaparer la pensée intellectuelle de femmes.

. Le Devoir – Éviter les « pièges » de l’éducation à la sexualité
Les cours d’éducation à la sexualité seront obligatoires pour un million de jeunes du primaire et du secondaire dès la rentrée scolaire, dans deux semaines. Un programme similaire, mis en place au Royaume-Uni, peut aider les écoles québécoises à éviter les pièges associés à ce sujet chaud, qui provoque de la résistance chez les enseignants. Les profs anglais ont été formés pour enseigner le programme élaboré, mais ils ont quand même eu besoin de la présence en classe d’une travailleuse sociale, d’une infirmière ou d’une intervenante en santé sexuelle (le titre de sexologue n’existe pas dans cette région) pour bien livrer la matière.

. L’Actualité – Les humains et ceux qui les élisent
C’est trop facile de réduire tous les politiciens à la caricature du profiteur malhonnête qui est là pour son propre intérêt. Les quatre principaux partis présentent des candidats dans chacune des 125 circonscriptions : 500 pourris, ça ferait beaucoup de pourris. Il doit bien y en avoir des bons dans le tas. Mercredi, François Ouimet pleurait d’être trahi par les humains de son équipe. Au-delà des lignes partisanes, on peut tous comprendre ça. Souvenons-nous de cette sensation, stockons-la quelque part et revisitons-la tout au long de la campagne, histoire de nous rappeler que la personne qu’on est en train d’haïr et d’insulter, c’est aussi un être humain qui a probablement fait de son mieux. Les politiciens eux-mêmes ont intérêt à ne pas l’oublier.

. FranceTV Info – « Virago », la chaîne YouTube qui parle de ces femmes occultées par l’histoire
Si elle ne sait pas s’il s’agit d’une « invisibilisation volontaire ou d’un conditionnement systémique », Aude Gogny-Goubert a décidé de ne plus laisser ces femmes et leur histoire dans un recoin sombre. Une initiative importante selon elle. « On ouvre la voie à toutes les jeunes femmes et à toutes les jeunes filles, pour faire ce qu’elles veulent et leur dire : Tout est possible. » Aude Gogny-Goubert a décidé de baptiser ses vidéos « Virago », un choix qui ne doit rien au hasard. En effet, aujourd’hui, le mot a une connotation « extrêmement péjorative » puisqu’il désigne une femme à l’allure masculine, qui se comporterait comme un homme, parlerait fort : un « bonhomme » en somme. Mais la comédienne a voulu lui rendre son sens premier car étymologiquement, une virago désigne une femme « forte, courageuse, héroïne, guerrière ». « C’est cette définition que j’ai envie de rétablir. »

. Science Post – Les États-Unis, l’un des endroits “les plus dangereux” du monde développé pour accoucher
Chaque année, environ 50 000 femmes américaines sont gravement blessées et 700 meurent pendant l’accouchement, révèle une enquête récente signée USA Today. Cela fait des États-Unis l’un des endroits « les plus dangereux » du monde développé pour donner naissance, peut-on lire. On retrouve en effet outre-Atlantique l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés parmi les pays développés, avec un taux de 26 décès pour 100 000 naissances de bébés vivants. Les États-Unis sont par ailleurs l’un des cinq pays (avec l’Argentine, le Brunei, le Chili et l’Uruguay) à revenu élevé à avoir un taux supérieur à 15 décès pour 100 000 naissances. Tandis que de nombreux autres pays développés – dont l’Allemagne, la France, le Japon et l’Angleterre – ont vu leurs taux de mortalité maternelle chuter au cours des deux dernières décennies, les États-Unis, de leur côté, ont observé une augmentation de ce même chiffre pendant cette période.

. La Gazette des femmes – Harcèlement dans les transports en commun : un fléau banalisé
Combien de femmes sont victimes d’agressions dans les transports en commun au Québec ? Quels sont les types d’agressions les plus courants ? Les zones à risque ? On l’ignore. Après avoir contacté six sociétés de transport, la Gazette des femmes remarque que peu d’entre elles – à l’exception du Réseau de transport métropolitain (voir l’encadré) – semblent prendre la question au sérieux. Par exemple, le Réseau de transport de la Capitale et la Société de transport de Montréal (STM) envoient systématiquement les plaintes des victimes d’agressions ou de harcèlement au service de police, sans documenter les faits rapportés ni recenser les endroits où ils auraient eu lieu. Résultat : peu de femmes dénoncent le harcèlement ou les agressions subies dans les autobus, métros, trains de banlieue ou le transport adapté. En conséquence, nombre d’agressions n’atterrissent jamais dans les statistiques, ce qui complique la mesure du phénomène ainsi que sa prévention.

. Gouvernement du Nouveau-Brunswick – Dès le 1er septembre, congés payés pour les personnes soumises à la violence familiale
La réglementation accordant un congé aux personnes soumises à la violence familiale, à la violence entre partenaires intimes ou à la violence sexuelle entrera en vigueur le 1er septembre. La nouvelle réglementation établie en vertu de la Loi sur les normes d’emploi accorde un congé d’une durée maximale de 10 jours qui peuvent être utilisés de façon intermittente ou continue, et un congé d’une durée maximale de 16 semaines qui peut être utilisé au cours d’une seule période continue, dont les cinq premiers jours sont payés. Les cinq autres provinces qui offrent un congé aux personnes qui vivent de la violence familiale sont le Manitoba, l’Ontario, la Saskatchewan, l’Alberta et la Nouvelle-Écosse.

. FranceTV Info – États-Unis : une enquête accuse 300 prêtres de pédophilie, plus de 1 000 enfants seraient victimes
Une enquête des services du procureur de Pennsylvanie publiée mardi 14 août a mis au jour des abus sexuels perpétrés par plus de 300 prêtres et couverts par l’église catholique de l’État, dont auraient été victimes au moins mille enfants. Le rapport évoque des agressions sexuelles sur des enfants de moins de dix ans. Le rapport final indique que « quasiment tous les cas » allégués sont aujourd’hui frappés par la prescription et ne peuvent être poursuivis pénalement. Ce n’est pas la première fois qu’un jury populaire publie un rapport dévoilant des cas de pédophilie au sein de l’église catholique américaine, mais jamais une enquête n’avait révélé autant de cas.

. Cosmopolitan – Le droit à l’avortement dans le monde
Si l’avortement est légal en France depuis 1975, ce n’est pas toujours le cas dans le reste de l’Europe. Dans la plupart des pays européens, l’IVG est autorisé sur demande de la femme : Allemagne, Espagne, Portugal, Italie, Grèce, Belgique, Pays-Bas, la Russie… Récemment, l’Irlande a promulgué la loi pour l’autorisation pleine de l’avortement. Dans d’autres pays d’Europe comme le Royaume-Uni, l’avortement est légal mais les conditions d’accès peuvent être plus complexes qu’en France. Nombre de semaines, autorisation parentale pour les mineurs, accord de plusieurs médecins… L’avortement est autorisé sans contrainte au Canada, dans la plupart des états américains, en Chine, en Australie, en Afrique du Sud… Au total, une soixantaine de pays dans le monde autorisent l’IVG sans restriction. Malheureusement, des pays comme la Pologne reviennent sur un droit acquis depuis plusieurs décennies et interdisent l’IVG. Voir les quels pays où l’avortement est illégal.

. Le Devoir – La parité prend forme à Québec
Selon une nouvelle mise à jour du projet Vigie parité, que Le Devoir mène depuis le 8 mars, il y a présentement 46% de candidates parmi les 377 personnes qui ont été officiellement investies par l’un des quatre partis. En nombre absolu, cela donne 174 femmes actuellement sur les rangs. Si la tendance actuelle se maintient — et les quatre partis impliqués le laissent entendre —, il y aura donc près d’un tiers de candidates de plus que dans le passé. La Vigie parité montre que chaque parti a été constant dans ses efforts. François Legault est celui qui a la plus grande marge de manoeuvre pour atteindre des objectifs précis en matière de candidatures : c’est lui seul qui choisit les candidats de la CAQ. Mais il faut qu’elles soient élues. Depuis l’élection d’une première femme à l’Assemblée nationale en 1961 (Marie-Claire Kirkland-Casgrain), il n’y a jamais eu plus de 32% d’élues à Québec. C’était en 2012. Elles sont présentement 29% à siéger au Parlement.

. Mashable – Une artiste rend hommage aux femmes scientifiques dans une magnifique série de posters
Les femmes sont souvent les grandes oubliées de l’Histoire. Si certaines artistes et auteures leur rendent hommage dans des ouvrages – comme « Les Culottées » de Pénélope Bagieu –, celles qui ont marqué les époques sont souvent bien moins mises en lumière que leurs équivalents masculins. La neuroscientifique et designer Amanda Phingbodhipakkiya a décidé de faire honneur aux femmes scientifiques à travers de très belles affiches. Le projet, baptisé « Beyond Curie » (« au-delà de Curie », en français), est une série de 40 portraits colorés réalisés à partir de collages, pour (ré)apprendre à connaître les scientifiques, mathématiciennes et autres astronautes de notre Histoire.

. La Presse – Les femmes et les aînés désavantagés en cardiologie, selon une étude
Les femmes et les personnes âgées sont mal desservies par les médicaments cardiovasculaires, selon une nouvelle étude montréalaise. Les essais cliniques comptent trop d’hommes jeunes pour être représentatifs de tous les patients. Le Dr Nguyen a rassemblé 500 études importantes. Leurs cobayes avaient en moyenne cinq ans de moins que le patient moyen, et seulement 25% étaient des femmes, qui constituent pourtant la moitié des patients cardiovasculaires. « Il y a cette idée que la maladie cardiovasculaire est masculine, mais dans les faits, ce n’est pas le cas, ne serait-ce que parce que les femmes vivent plus longtemps que les hommes. La situation progresse, mais lentement. L’âge moyen des participants aux études cliniques progresse de cinq ans par décennie, et la proportion de femmes, de 2,9% par décennie. »

. Le Monde – En Tunisie, le chef de l’État lance la bataille pour l’égalité dans l’héritage
La Tunisie doit entrer dans l’âge de l’égalité entre hommes et femmes en matière d’héritage. Lors d’un discours solennel prononcé à l’occasion de la Journée de la femme en Tunisie, le président a plaidé pour cette réforme qu’avaient jusque-là défendue en vain les féministes tunisiennes. Et appelé l’Assemblée des représentants du peuple (ARP, le Parlement tunisien) à se saisir sans tarder d’un projet de loi inscrivant cette égalité dans les faits. Selon le droit successoral actuel, inspiré des préceptes coraniques, la femme n’hérite que de la moitié de la part de l’homme à même degré de parenté. La Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe), mise en place fin 2017 par le chef de l’État, avait préconisé dans un rapport rendu mi-juin d’établir l’égalité de principe entre hommes et femmes dans le domaine très sensible des patrimoines familiaux. Mais le testateur, en cas de désaccord avec cette nouvelle règle, peut retourner à l’inégalité à travers une déclaration faite de son vivant devant un notaire.

. Madame – Quinze ans après sa mort, des féministes rendent hommage à Marie Trintignant à Paris
Le 1er août 2003, l’actrice Marie Trintignant décédait à l’âge de 41 ans des suites des coups de son compagnon, le chanteur Bertrand Cantat. Ce dimanche après-midi, à l’occasion du 15e anniversaire de sa mort, le collectif Encore féministes ! lui a rendu hommage au cimetière parisien du Père-Lachaise – un rassemblement organisé chaque année depuis 2010. Une dizaine de militantes étaient ainsi présentes pour déposer des fleurs sur la tombe de l’actrice, devenue malgré elle le symbole des violences conjugales. Parmi elles, Claudine, membre de l’association Encore féministes ! et militante de longue date. « Rappelons que la violence masculine conjugale est la première cause de mort et d’invalidité des femmes de 15 à 44 ans. Dans tous les pays et tous les milieux sociaux, les brutalités du mari, compagnon ou ex sont le type de violences le plus répandu contre les femmes », a-t-elle expliqué.

. Radio-Canada et Associated Press – Le mouvement #MoiAussi gagne le Vatican
Selon une enquête de l’Associated Press, le Vatican est au courant depuis très longtemps que des religieuses sont agressées sexuellement par des prêtres et des évêques et ne fait rien pour régler le problème. Plusieurs cas en Europe, en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie démontrent que la situation est généralisée, notamment en raison du statut inférieur des sœurs religieuses et leur obligation d’être au service de leurs supérieurs masculins. Or, certaines d’entre elles ont décidé de briser le silence, notamment grâce au mouvement #MoiAussi. En une semaine, près d’une demi-douzaine de sœurs dans une petite congrégation au Chili ont raconté sur les ondes de la télévision nationale avoir été agressées par des prêtres et d’autres religieuses. Elles ont également raconté comment rien n’avait été fait par leurs supérieurs. Le Vatican a refusé de préciser si des mesures avaient été prises pour dresser un portrait précis de la situation, pour sanctionner les personnes accusées de tels comportements ou pour venir en aide aux victimes. Lire aussi sur Sisyphe : « Des prêtres violent des religieuses ».

. Le Nouvel Observateur – « Nous Toutes » : « Pour que Metoo se transforme en actions concrètes »
Le planning familial, le Groupe F, Osez le féminisme !, le Mouvement du Nid, la Maison des femmes de Montreuil… Ces associations féministes et bien d’autres étaient réunies le 3 juillet dernier à la Bourse du travail, à Paris, pour bâtir les fondements du mouvement « Nous toutes ». Étaient également présentes des militantes féministes de longue date, des représentantes de la société civile, mais encore des personnes intéressées par la question des violences faites aux femmes. En tout, une petite foule dont le projet est de croître pour former, le 24 novembre prochain, une « déferlante féministe contre les violences sexistes et sexuelles », dans la rue. Le mouvement est parti de ce constat : depuis le mouvement #MeToo, ou #BalanceTonPorc dans sa version française, il n’y a pas eu de mobilisation collective sur le terrain, comme ça a été le cas dans d’autres pays, en Espagne, en Argentine ou encore au Chili.

. Slate France – Masculinité toxique : éduque-t-on nos fils à mourir par suicide ?
Selon les dernières données sur le suicide fournies par les Centers for Disease Control and Prevention américains (CDC), 77% des 45.000 personnes qui se tuent chaque année aux États-Unis sont des hommes. De même, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les hommes meurent davantage par suicide que les femmes partout dans le monde. Si nous voulons tenter de réduire le taux de suicide, il faut savoir pourquoi il touche majoritairement des hommes. De nouvelles recherches montrent que les injonctions à être un « vrai homme » portent préjudice à la santé mentale. Dans une enquête auprès de 1.500 jeunes hommes âgés de 18 à 30 ans, on a découvert que près d’un sondé sur cinq avait pensé au suicide au cours des deux semaines précédentes. Les plus sujets à ce genre de pensée sont ceux pour qui être un homme signifie montrer que l’on est fort, ne pas parler de ses problèmes et refouler ses émotions : ceux-là sont deux fois plus susceptibles d’avoir envisagé de mettre fin à leurs jours.

<<<— Consultez les fils de presse précédents.

Mis en ligne sur Sisyphe, août 2018

Au Québec, des hommes solidaires des harcelées

https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2018/01/28/des-hommes-appuient-etmaintenant/

Des hommes appuient #Etmaintenant

Vous n’êtes pas sans savoir que les mouvements #Moiaussi, #Metoo, #Balancetonporc, etc. bouleversent l’ordre (patriarcal) des choses. À la suggestion d’amies féministes, nous avons rédigé une lettre d’appui. Nous espérons que vous accepterez de la signer. Son modeste objectif est de renforcer la lutte et de montrer que des hommes s’engagent aux côtés de ces mouvements.

Veuillez par retour de courriel me dire si vous signez et, dans ce cas positif, m’indiquer ce que l’on peut mettre à côté de votre signature.

Lesdites signatures peuvent m’être adressées à poulin@uottawa.ca.

Le mouvement #Etmaintenant, lancé par une centaine de féministes québécoises, expliquait : « Nous voulons continuer sur cette lancée, les hommes à nos côtés. Tellement reste à faire ! Afin que les politiques publiques, la culture des entreprises et des institutions, les contenus médiatiques – eh oui, les relations amoureuses et sexuelles – évoluent dans le sens d’une véritable égalité entre les sexes. »

Nous sommes des hommes qui appuyons les mouvements #Moiaussi, #Metoo, #Balancetonporc et #Etmaintenant. Nous répondons donc positivement à cet appel.

La libération de la parole des femmes a permis une certaine libération de la parole d’hommes harcelés et agressés sexuellement. C’est une première, et l’on doit s’en réjouir.

Dès le début du mouvement #Moiaussi, on a vu se développer une réaction (dans le sens de réactionnaire) qui a adopté différentes formes, comme celui du « droit d’importuner » au prétexte d’une misère sexuelle masculine. Celui aussi de prétendre que les hommes de pouvoir, qui ont abusé de leur pouvoir, avaient le bénéfice du doute au motif de la « présomption d’innocence », eux qui, pour plusieurs, ont sévi pendant des décennies, en bénéficiant d’une impunité impardonnable, et qui, par le fait même, ont pu multiplier leurs agressions.

On aurait tort de croire que les agressions sexuelles et les harcèlements sont le fait de quelques dérives individuelles. Au Québec, une femme sur trois a été victime d’au moins une agression sexuelle depuis l’âge de 16 ans. Cependant, les infractions sexuelles sont plus fréquentes (53% des cas) chez les moins de 18 ans, surtout chez les filles, mais aussi chez les garçons. On peut donc s’avancer à conclure que le nombre d’agresseurs sexuels est très important, qu’il ne s’agit pas d’un phénomène marginal, limité à quelques individus prédateurs. L’enquête ESSIMU au Québec a révélé que près de 37% des universitaires (employéEs, étudiantEs, professeurEs) ont subi une forme de violence sexuelle (harcèlement sexuel, comportement sexuel non désiré, coercition sexuelle). De 40 à 50% des femmes des pays de l’Union européenne auraient subi des avances sexuelles non désirées, des contacts physiques ou d’autres formes de harcèlement sexuel au travail. Aux États-Unis, 83% des filles âgées de 12 à 16 ans auraient subi une forme ou une autre de harcèlement sexuel dans les écoles publiques. Les harceleurs sont donc très nombreux.

La culture du viol et de l’agression ne relève donc pas de l’épiphénomène ni de la misère sexuelle réelle ou présumée des hommes, mais s’inscrit dans des structures sociales (et par le fait même mentales) de nos sociétés.

L’agression sexuelle est d’abord et avant tout un abus de pouvoir. C’est parce que l’agresseur se sent autorisé qu’il impose ses volontés à une personne réifiée, réduite au rang d’objet sexuel ou de jouet de son désir de pouvoir sur autrui. Les structures de pouvoir hiérarchiques sont déterminantes dans ce cas. Y résister n’est pas chose facile. On sait le sort que connaissaient autrefois les victimes d’agresseurs puissants et bien placés dans la société : elles étaient condamnées sans appel, et les agresseurs jouissaient d’une impunité quasi totale. Toute structure hiérarchique, qui voue un culte à l’autorité arbitraire et à la suprématie mâle, favorise ces abus : églises, sectes, armées, clubs sportifs, clans, familles, monde des affaires, etc. Ce sont surtout les femmes qui en font les frais, mais il reste qu’un statut inférieur place un individu dans la mire du prédateur sexuel, les femmes occupant la plupart du temps ce rôle, mais pas seulement les femmes : les enfants certes, filles et garçons, mais aussi des hommes.

La virilité hégémonique s’exprime dans les prisons par les viols d’hommes qui sont ainsi infériorisés et qui, par conséquent, pour un certain nombre d’entre eux, deviennent des objets sexuels. Au Québec, le producteur, qui était omniprésent à l’écran de la télévision québécoise, Éric Salvail, harcelait sexuellement ses employés masculins. Dans la mode masculine, il semble y avoir eu des comportements analogues envers les mannequins masculins. On savait que les petits garçons étaient une cible de prédateurs sexuels dans la famille, l’Église, etc. Or, maintenant, des hommes adultes osent parler de ce qu’ils subissent ou ont dû subir par des hommes qui sont mieux placés qu’eux dans la hiérarchie sociale, dans la hiérarchie du pouvoir et de l’argent.

Il est désolant, mais ce sera sans doute salutaire, de réaliser que les hommes comprennent l’importance de l’agression sexuelle à partir du moment où ils peuvent se voir comme des victimes potentielles. Les cas de célébrité portés à l’attention du public (de même que les cas de viols d’hommes lors des guerres par exemple) contribuent à saper la confiance aveugle des mâles aux structures de pouvoir.

Les appels à ne plus accepter ces comportements sont sincères, mais le changement social ne se fera pas sans changement des relations de pouvoir dans la société. On peut par exemple s’émouvoir de la désolation des humoristes en réunion de crise, mais on n’oubliera pas que nombre d’entre eux gagnent leur vie à traiter les femmes de tous les noms et à les rabaisser. Les agresseurs perdent une partie de leur pouvoir, mais il reste beaucoup d’hommes puissants à l’abri des aléas de la vie. Ce sont leurs employéEs qui subissent les contrecoups en perdant leur source de revenus. En plus de risquer leur propre emploi, les victimes craignent d’en faire perdre à d’autres. Ces réflexions éthiques sont absentes chez les personnes en situation de domination. Cela fait d’ailleurs partie des considérations qui se bousculent dans la tête des victimes si peu promptes à dévoiler ce qu’elles ont vécu, déjà qu’elles se sentent coupables de ce qui leur est arrivé.

Le système judiciaire et son fonctionnement ne sont absolument pas adaptés aux causes d’agression sexuelle et de harcèlement dans lesquelles les aspects des contraintes psychologiques liées au statut social et financier sont déterminants et où la collecte des preuves reste très difficile. Qui doute encore que la justice a deux vitesses ? Les plus fortunés se paient les meilleures firmes d’avocats, les mieux à même de performer devant des juges qui viennent rarement des classes défavorisées ou dominées et qui, de ce fait, comprennent fort mal les structures d’oppression, quand ils n’ont pas un préjugé favorable envers elles. On se rappellera que, jusqu’aux années 1970, les femmes n’avaient pas le droit de siéger comme jurées.

Celui qui a l’argent et le pouvoir a un avantage constant sur les personnes qui doivent vendre leur force de travail pour vivre. Cette force de travail est une marchandise qui se négocie sur le marché des forces de travail (marché dit de l’emploi), c’est ce qui accorde à la personne qui a du pouvoir une formidable prépondérance. L’argent et le pouvoir sont le nœud des choses ; ils lient, rabaissent et soumettent la personne-force de travail, tout en rendant le rapport impersonnel, réifié. Le sentiment de supériorité des payeurs, lequel fait partie intégrante de leur plaisir, est lié à l’acte de location de la force de travail et à la déshumanisation qu’elle implique (processus de marchandisation). Ces hommes de pouvoir ne recherchent pas la réciprocité. C’est précisément la subordination des gens qui est source de plaisir. Et ce plaisir est accentué par un sentiment d’impunité. L’argent et le pouvoir apparaissent comme des substituts à la virilité.

Dans les sociétés capitalistes patriarcales, les sexualités masculines hégémoniques fonctionnent en grande partie au moyen d’un désir univoque. C’est aussi très souvent un appel à une consommation rapide. Le temps des relations sexuelles est généralement déterminé par l’éjaculation, qui marque l’objectif et la fin de la relation sexuelle. Dans cette consommation, il y a survalorisation de la place et de la fonction du pénis. Cette sexualité se présente comme réductionniste et fonctionnelle, si ce n’est utilitariste et contingentée (limitée). Elle est également dissociée (sexe et sentiments). Ce qui nourrit les industries du sexe : prostitution, pornographie, tourisme de prostitution, traite des femmes et des enfants…

Tant que nous n’aurons pas appris à vivre civilement l’économie de nos rapports sexuels, il ne sera pas question de fermer les volets sur la souffrance imposée par les rapports de pouvoir, notamment les rapports de genre.

C’est pourquoi il est important, en tant qu’hommes, de donner un soutien ferme et indéfectible à la parole qui se libère, à la résistance aux agressions, à la renégociation de rapports basés sur le consentement et non sur la prédation ou la domination.

Francis Lagacé, écrivain et militant des droits sociaux

Richard Poulin, éditeur, prof émérite (Université d’Ottawa) et prof associé (IREF-UQAM)

Premiers signataires :

Guy Bellemare, prof titulaire, département de Relations industrielles (UQO)

Marc Bonhomme, militant 

Martin Dufresne, traducteur proféministe 

Didier Epsztajn, animateur du blog Entre les lignes, entre les mots 

Marc-André Éthier, prof de didactique en histoire (UdeM) 

André Frappier, Chroniqueur à Presse-toi à gauche et à Canadian Dimension et membre de la direction de Québec solidaire 

yeun lagadeuc-ygouf, aide-soignant 

David Mandel, prof sciences politiques (UQAM) 

Ianik Marcil, économiste indépendant 

Bernard Rioux, rédacteur de Presse-toi à gauche 

Sébastien Rioux, prof adjoint (UdeM) 

Michel Roche, prof de science politique (

Ianik Marcil, économiste indépendant 

Bernard Rioux, rédacteur de Presse-toi à gauche 

Sébastien Rioux, prof adjoint (UdeM) 

Michel Roche, prof de science politique (UQAC) 

Michel Taylor, Fonds immobilier FTQ

Gynécide. 14 élèves ingénieures assassinées . Québec 06/12/1989

Demain sera célébrée la mémoire des 14 élèves ingénieures, jeunes femmes assassinées parce que méritantes,  le 6 décembre 1989 à l’école polytechnique de Montréal au Québec, par un homme musulman malade de la haine des femmes qu’il rendait responsables de ses échecs personnels. Il considérait que les féministes avaient pris sa place quand il avait été recalé à polytechnique ou dans l’armée. Il s’est suicidé son crime accompli mais il avait laissé un document établissant ses motivations.

A l’époque, ses origines  musulmanes algériennes n’avaient pas été relevées ni le fait qu’il avait été abandonné par son père reparti en Algérie. Il n’avait alors que 7 ans et il choisit plus tard de porter le nom de sa mère, Monique Lépine québécoise. Or nous savons aujourd’hui combien les musulmans méprisent les femmes et contestent leur autonomie et leur indépendance. Nous savons aussi quelles difficultés rencontrent les enfants nés de couples mixtes, issus de cultures différentes comme l’islam et le christianisme . Nous avons à connaître de nombreux cas en France tout au long de l’année, ces jeunes qui peinent à trouver et accepter leur identité. On notera également que le crime de Gamil Gharbi, alias Marc Lépine a été glorifié par des groupes masculinistes extrémistes et qu’il demeure dans leur mémoire tel un héros. https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_L%C3%A9pine

Le groupe Osez le féminisme appelle à manifester demain mercredi 6 décembre à 19h Place du Quebec (En face de l’église Saint Germain des Près, Paris 6ème) pour commémorer ce massacre anti-féministe et réaffirmer notre détermination à lutter contre les féminicides.

Pour en savoir plus

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Il y a 28 ans : le feminicide de l’école Polytechnique de Montréal. 

Marc Lépine, un jeune homme qui avait été recalé à l’examen d’entrée, entre un matin dans l’établissement. Il demande aux hommes de sortir des salles de cours et massacre des étudiantes au cri de “je hais les féministes”. Il tue 14 jeunes femmes et fait 10 blessées, puis se suicide. 14 femmes tuées parce que femmes.

Si son acte a été présenté comme celui d’un fou, Marc Lépine l’avait prémédité et longuement préparé. Dans son manifeste, qui ne sera révélé qu’un an plus tard, Marc Lépine explique que les élèves ingénieures veulent “prendre la place des hommes” en exerçant un métier auquel ils devraient accéder de façon exclusive. Tuées parce que femmes, accédant à des droits.

Ce n’est pas un hasard si des groupes masculinistes, dits de “défense des droits des hommes”, nord-américains en ont fait un héros et commémorent ce massacre comme une fête.

Andrea Dworkin, le 6 décembre 1990, venait commémorer devant 500 personnes le massacre des 14 femmes par un anti-féministe, et déclarait :

« Bien des gens nous ont invitées à convenir que les femmes font des progrès, à cause de notre présence visible dans ces lieux où nous n’étions pas auparavant. Et celles d’entre nous que l’on dénonce comme radicales avons répondu : « Ce n’est pas comme cela que nous mesurons le progrès. Nous comptons les viols. Nous comptons les femmes agressées par leur mari. Nous tenons le compte des enfants violés par leurs pères. Nous comptons les mortes. Et quand ces statistiques commenceront à changer de façon significative, alors nous vous dirons si l’on peut ou non mesurer des progrès. »

1989-2005, 615 femmes + 176 jeunes ou enfants tués par des hommes au Québec. Et depuis 2005 ? et dans le monde entier ?

Communiqué

791

C’est le nombre de femmes et d’enfants aux noms connus à voir été tué-es par
des hommes ou des inconnus au Québec depuis le 6 décembre 1989. Beaucoup
d’autres victimes ont disparu sans laisser de trace ou n’obtiennent même pas
l’ultime respect de voir leur nom rendu public : femmes autochtones, immigrantes, âgées, et mineurs.

Le 6 décembre est le jour où un masculiniste de 25 ans s’est rendu abattre
Maryse Laganière, une employée du Service des admissions de l’École
Polytechnique, puis 13 étudiantes, en accusant ces femmes d’être des
féministes ayant « ruiné sa vie ».

L’assassin – un décrocheur – avait vu sa candidature rejetée par le
Service des admissions de Poly, ce que la direction de l’établissement a
toujours refusé de reconnaître publiquement.

Il en était venu à assimiler aux bien minces progrès des femmes ses échecs
personnels, de façon tout à fait conforme aux propos haineux et
jusque-au-boutistes que le mouvement antiféministe sert aux hommes depuis
déjà une cinquantaine d’années, notamment dans les pages des magazines de
style Playboy et Hustler.

Marc Lépine a laissé derrière lui un manifeste masculiniste que
l’organisation de pères divorcés L’Après-Rupture affiche encore fièrement à
ce jour sur son site Web (http://www.lapresrupture.qc.ca/GerardLevesque_juillet25.htm ).

Lépine y avait dressé une liste de 19 « viragos » à abattre dont il se
désolait de ne pas avoir eu le temps de les envoyer « Ad Patres » (aux Pères) :
journalistes engagées, premières femmes à avoir percé dans des domaines
traditionnellement réservés aux hommes (scénariste, pompière, comptable,
etc.)… on y trouvait même le nom du Collectif masculin contre le sexisme !

Si les masculinistes ciblent spécifiquement des féministes et des
intervenantEs engagéEs au respect droits des femmes harcelées et violentées
par certains hommes, l’analyse des conditions dans lesquelles femmes et
enfants continuent à mourir d’année en année aux mains d’hommes haineux –
détails sur le site du CMCS – montre bien que cette violence est ancrée dans le maintien des privilèges traditionnellement accaparés et protégés bec et ongles par les hommes dans la sphère dite privée. Pas par tous les hommes, mais par tous ceux qui
exercent ces privilèges, pratiquement impunément.

C’est dire que la reprivatisation actuelle des questions de violence faite aux femmes et aux enfants – notamment au nom des Droits du Père ou en montant en épingle un « désarroi masculin » ou sous prétexte de quelque « thérapie »- bidon – demeure un très grave risque, surtout à l’heure où les hommes s’enseignent mille et une tactiques d’imposition de leurs « droits d’accès » à des ex-conjointes et à des enfants, notamment dans un chantage destiné à minimiser leurs responsabilités financières.

Il faut donc se montrer particulièrement critique des projets gouvernementaux actuels de retrait des enfants à leurs mères pour les remettre à n’importe quel homme (renforcement imminent des pouvoirs de la DPJ), des tentatives d’abolition du droit à la garde d’enfants au moment du divorce (projet fédéral de réforme de la Loi sur le divorce) et des coups de force médiatiques concernant les « pères empêchés de ’voir’ leurs enfants », même quand ces hommes sont des agresseurs reconnus.

Si l’on ne prend pas au sérieux la violence psychologique et physique que vivent femmes et enfants dans le privé, si on ne multiplie pas les efforts pour les appuyer et pour tenir compte de leur expérience vécue avant de nouveaux meurtres, ces violences s’étendront graduellement à la sphère publique, sous le couvert de nouvelles lois d’inspiration masculiniste, encore plus contraignantes pour femmes et enfants et destructrices du tissu social.

Le tout au Nom du Père.

Depuis 1989, 615 femmes + 176 jeunes ou enfants tués par des hommes – Sur le site du CMCS

Martin Dufresne

  • Tuerie de lÉcole Polytechnique de Montréal

http://fracademic.com/dic.nsf/frwiki/1132835

Québec. La neige est arrivée au lac Saint-Jean

De la douceur dans ce monde de brutes. Vaches du Québec en Hiver

Publié le

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Comté de Charlevoix, village de Saint-Irénée.

Bien loin de chez nous par la distance géographique mais très proches par le coeur, la langue et la culture vivent nos cousins québécois.

L’un d’entre eux, Roger Audet, lecteur fidèle de ce blog.a sursauté de ravissement à la lecture de l’article du Marianne que j’avais posté ici, dans lequel le philosophe et académicien Alain Finkielkraut exposait avec une joie de petit garçon son affection pour les vaches.

Roget Audet a eu la gentillesse de transmettre des impressions et des images des vaches du village de Saint-Irénée dans le comté de Charlevoix. Il évoque ainsi ce monde lointain où nous rêverions d’avoir notre « petite cabane au Canada », même sous la neige.

La Connectrice

le 28 décembre 2015:

Vingt-25 cm de neige sont tombés aujourd’hui et premier voyage en raquettes.
Les vaches de Martin le déneigeur se fondaient dans la neige, serrées les unes contre les autres pour se protéger. Peut-on être indifférent au regard triste ou curieux des vaches? On dirait qu’elles veulent nous dire quelque chose. Cela m’intrigue! Tristes d’elles ou de nous? 

27 avril 2016
Martin est agriculteur et élève des bovins de boucherie. L’hiver, il fait aussi du déneigement dans le coin, donc vient déneiger chez moi avec un gros tracteur de ferme et c’est pour cela que je l’appelle le « déneigeur ».

Cette première randonnée de raquette dura 2 1/2 heures et elle fut agréable à cause de la neige. La majeure partie de la randonnée est en forêt.  La neige qui tombe en décembre est toujours plus agréable que celle qui tombe en avril alors que la lumière nous aspire ailleurs. Voici quelques photos.
Roger Audet

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8 mars 2015. L’égalité vue par des enfants du Québec. Vidéo

Publié le

Vidéo réalisée pour le 8 mars 2015 par https://www.csf.gouv.qc.ca/

Logo pour le 8 mars journée internationale des femmes édition 2015.

Imaginez l’égalité!
Le Conseil du statut de la femme est heureux de se joindre aux nombreuses organisations qui soulignent la Journée internationale des femmes. À l’occasion de ce moment de mobilisation, le Conseil lance la capsule vidéo Imaginez l’égalité! Dans ce document inédit, des jeunes de 5 à 18 ans sont invités à s’exprimer sur plusieurs questions sur le thème de l’égalité entre les femmes et les hommes! Cette journée du 8 mars, propice à la réflexion, permet de souligner les grandes avancées en matière d’égalité, et de se rappeler qu’il reste encore plusieurs inégalités à combattre.

Féminisme. La dernière lettre de la revue Sisyphe

Voici les articles les plus récents publiés sur Sisyphe. Bonne lecture!
* « Hannah Arendt : Une paria dans un monde d’hommes », par Élaine Audet
L’auteure tente de comprendre l’indifférence d’Arendt envers la discrimination subie par les femmes, alors qu’elle a traité la question juive avec tant de précision et de profondeur.
Lire: http://www.sisyphe.org/spip.php?article4499
* « Non, Monsieur Parizeau », par Victor-Lévy Beaulieu
« Votre discours m’a paru incohérent, parfois paradoxal, mais surtout équivoque. Je n’ai trouvé qu’un mot pour décrire votre intervention : inconvenante, dont l’un des sens signifie indécente, comme vous devez le savoir. »
Lire: http://www.sisyphe.org/spip.php?article4501
* « Intégrisme islamiste – Le Québec n’est pas une île », par Françoise Breault, enseignante à la retraite
Le Québec n’est pas une île et en cette ère d’Internet, de blogues, de Facebook, il serait naïf de se croire à l’abri de l’influence de ce mouvement bien organisé internationalement.
* « Charte de la laïcité – Oser penser par soi-même », par Micheline Carrier
Invitation à lire le document le document d’orientation de B. Drainville. Discréditer un projet qu’on n’a pas lu n’est pas une démarche intellectuelle acceptable ni digne d’un bon citoyen et d’une bonne citoyenne.
Lire: http://www.sisyphe.org/spip.php?article4500
* « Sans complaisance : Le mythe Jacques Parizeau. La réalité Pauline Marois », par Andrée Ferretti, écrivaine
Après sa participation à la modernisation du Québec pour le mettre au diapason du Canada, monsieur Parizeau a-t-il contribué à sa transformation radicale et irréversible ?
Lire: http://www.sisyphe.org/spip.php?article4503
* « L’affaire Guy Turcotte, un cas qui n’est pas unique », par Richard Poulin, professeur émérite au département de sociologie et d’anthropologie de l’Université d’Ottawa
La folie est souvent retenue pour expliquer les meurtres qui se produisent dans le cadre familial. Pourtant, cette violence s’inscrit dans un contexte social et culturel spécifique.
Lire: http://www.sisyphe.org/spip.php?article4498
* « Droit dans la nuitŠ À Marie TrintignantŠ », par Sabine Aussenac, écrivaine, poète et journaliste
Penser que laisser à l’art l’ultime liberté, même après un ou des crimes, fait partie des fondements du droit, cela revient à laisser se marier à nouveau un homme qui aurait battu à mort son épouse.
* « Le Conseil du statut de la femme plaide pour un accès ouvert à la première ligne médicale », par le CSF
Le Conseil du statut de la femme publie l’avis Femmes et santé : plaidoyer pour un accès ouvert à la première ligne médicale, dans lequel il presse le gouvernement de prendre les moyens nécessaires pour que les médecins généralistes soient plus disponibles pour les personnes malades.
* « Les femmes de carrière freinées par le vieux modèle masculin, non par la « peur du succès », par Marie Savoie, traductrice et interprète
Une recension du livre de Monique Jérôme-Forget, Les femmes au secours de l’économie. Pour en finir avec le plafond de verre.
Lire: http://www.sisyphe.org/spip.php?article4494
* « Charte des valeurs québécoises – Voir plus loin que le bout du foulard », par Micheline Carrier
C’est là la force de l’islamisme politique qui saisit toutes les occasions de marquer des points en exacerbant l’insécurité face à des menaces appréhendées.
Lire: http://www.sisyphe.org/spip.php?article4495
* « Le Conseil du statut de la femme doit pouvoir jouer son rôle dans le débat sur la laïcité », par Catherine des Rivières-Pigeon, professeure de sociologie à l’UQAM et membre du Conseil du statut de la femme
Réaction suite à la sortie de la présidente du CSF dans les médias.
* « Prostitution – La stigmatisation et le mythe entourant le statut de victime », par le Front des Norvégiennes Kvinnefronten
La division traditionnelle des filles et des femmes entre les rôles opposés de vierge/putain est une forme efficace d’oppression sexiste. Elle atteint chaque individue, femme ou fille, et elle divise les femmes en tant que groupe.
* « Les Îles », poème, par Élaine Audet
* Pour le 65e anniversaire du « Refus global », un livre de Marcel Saint-Pierre chez M éditeur
 
* Tous les articles sur la Charte des valeurs québécoises: http://sisyphe.org/spip.php?rubrique166
Sisyphe.org: http://sisyphe.org
Les éditions Sisyphe: http://sisyphe.org/editions/
Courriel de Sisyphe: sisyphe.info@videotron.ca
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