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Archives de Tag: religions

christianisme, catholicisme romain, Vatican, orthodoxes, musulmans, juifs, athées, fanatisme, charia, islamisation, morale, coptes

Les VigilantEs, nouveau réseau féministe

Publié le

Je n’étais pas destinataire de l’annonce de la création de ce réseau dont j’ai connu pratiquement toutes ses fondatrices qui se revendiquent « historiques » et membres du « Mouvement des femmes », dénomination proche de ce que nous nommions alors « Le Mouvement ». J’étais entrée dans ce Mouvement dès 1969, j’y ai été très active puis j’ai pris de la distance quand la belle unité qui nous unissait vers un seul but s’est dramatiquement fissurée au profit d’ambitions individuelles.

Il est tout de même regrettable que ces femmes ignorent les articles de mon blog, n’encouragent pas mes positions et analyses féministes et ne cherchent pas à me contacter puisque nous poursuivons le même but, enfin il me semble. Seraient-elles dépendantes du politiquement correct socialiste au point de hurler avec tous les donneurs de leçons qui me classent à l’extrême droite diabolique?

Me définissant comme une « féministe éclairée », je ne joue pas à la guéguerre avec les personnes et les groupes dont je partage pas toutes les opinions et actions. Je suis donc heureuse de vous faire part de cette initiative qui, je l’espère, nous réjouira.

Sur le fond, je trouve la charte des VigilantEs un peu trop consensuelle et politiquement correcte mais je comprends à quel point il est important aujourd’hui pour être entendues de réfléchir à dix fois avant de s’exprimer.

A suivre …

La Connectrice

https://vigilantes2015.wordpress.com/

À LA UNE

CHARTE des VigilantEs

Egalité, Emancipation, Laïcité 

 

Les droits et libertés des êtres humains, à fortiori des femmes, ne sont garantis que par des systèmes démocratiques.

Notre République laïque est certes imparfaite, mais elle est indéniablement porteuse de valeurs d’égalité et d’émancipation,  quand elle organise la séparation des affaires religieuses et citoyennes.

Les  religions, en cimentant le patriarcat, justifient la domination masculine et la répression des minorités sexuelles.  Elles ont évolué différemment à travers les siècles, mais, avec plus ou moins de détermination et de succès, elles induisent une soumission des femmes, leur instrumentalisation et plus encore,  le contrôle de leurs corps.

Il est impératif pour la démocratie, que les religions ne s’immiscent pas dans les affaires politiques et sociales de notre République, à fortiori sous leur forme radicale. Tous les intégrismes religieux sont des obscurantismes dangereux pour les femmes et la démocratie.

Les petites et grandes lâchetés, le clientélisme et les calculs électoralistes, le manque de courage et de rigueur intellectuelle n’ont fait que renforcer la montée de l’islamisme et de l’extrême droite.

Les crises économiques et environnementales ont engendré une crise des valeurs, instrumentalisée par des mouvements politico-religieux qui répondent qu’ils sont la solution. Ces mouvements idéologiques engendrent  des propagandes fondamentalistes qui font le lit du terrorisme partout dans le monde.

Qui peut encore minimiser les attaques du radicalisme religieux ?

Lorsqu’elles émanent des religions chrétiennes et juives, elles sont dénoncées et combattues par l’ensemble des forces démocratiques, de manière quasi unanime.

Lorsqu’elles émanent de courants musulmans, il se trouve des groupes, des politiques, pour les justifier au prétexte que l’Islam serait « la religion des opprimés de la colonisation ». Le salafisme s’est implanté depuis plus de vingt ans en France. Quiétiste ou pas, cet obscurantisme est dangereux pour les femmes et la démocratie.

L’affaire du Salon musulman de Pontoise, censé mettre « la femme musulmane à l’honneur »,  nous a aidé-es à mesurer la gravité de la situation. Une réunion publique où des prédicateurs, connus pour défendre le statut inférieur des femmes et appeler au viol conjugal, peuvent en toute impunité, tenir des discours moyenâgeux quant au rôle de la femme, n’est pas acceptable sur le territoire de la République. Les coups et menaces de viol et de mort proférés à l’encontre des FEMEN venues exprimer leur colère, révèlent le climat d’une extrême violence de ce type de réunion.

Après les attentats de Charlie Hebdo, de Tunisie, de Paris, Beyrouth, Tel Aviv, Bamako, Bruxelles, Ouagadougou et partout dans le monde, nous ne tolèrerons plus la moindre complaisance.

Nous, féministes laïques et nos alliés, décidons de nous organiser et de créer un réseau pour résister à la montée des intégrismes religieux obscurantistes et misogynes, d’où qu’ils viennent.

Nous refusons la domination masculine, les discriminations et violences de genre de toute nature, l’effacement, l’enfermement des femmes sous une tutelle. Nous revendiquons un féminisme universel et solidaire.

Nous réagirons et mobiliserons à chaque fois et tant que cela sera nécessaire.

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Lancement du réseau les VigilantEs

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Considérant :

  • que les atteintes aux droits et libertés des femmes sont sous-évaluées alors qu’elles sont souvent au centre des tensions et conflits communautaires qui déchirent notre pays,
  • que la domination masculine est universelle, n’en déplaise aux tenants du relativisme culturel, même si elle n’a pas partout le même degré de violence,
  • que le clientélisme politique au lieu d’apporter la paix sociale,  porte un grave préjudice à l’intérêt général,
  • que les forces laïques existantes ne semblent pas vouloir prendre la mesure des dangers spécifiques qui pèsent sur les femmes,

nous affirmons que face aux intégrismes religieux qui visent à entraver les libertés des personnes et particulièrement celles des femmes, la laïcité est un rempart, à condition que les revendications féministes soient au cœur d’un projet de société progressiste, laïc et républicain.

Ce réseau de vigilance a pour objet d’informer,  de mobiliser et de peser dans les débats relatifs à la laïcité pour que les revendications féministes ne soient pas enterrées.

La charte qui nous rassemble est sur notre blog « Les vigilantEs » https://vigilantes2015.wordpress.com/

Rejoignez-nous !

 

Un 8 mars laïque et universaliste, partout dans le monde, même dans le 20ème !

Tribune collective

Un 8 mars laïque et universaliste, partout dans le monde, même dans le 20ème !

02/03/2015

La récupération de mouvements sociaux par des forces conservatrices ou obscurantistes est une constante. En matière de féminisme, elle est parfois spectaculaire. Ce qui vient de se produire en mairie du 20eme arrondissement de Paris en est un exemple.

GARDEZ-MOI DE MES AMI-ES, MES ENNEMI-ES JE M’EN CHARGE

La maire, Frédérique Calandra, avait confié à son adjointe en charge de l’égalité Femmes/Hommes la programmation d’événements autour du 8 mars, Journée Internationale des Femmes.

Bien mal lui en a pris !

Cette élue EELV n’a pas hésité à flirter avec des idéologies éloignées de l’émancipation des femmes dont le relativisme culturel et le « féminisme dit- pro-sexe ».

Oubliant qu’elle représentait la mairie, l’élue EELV a choisi de transformer la semaine du 8 mars en semaine de promotion exclusive de thèses et personnalités particulièrement polémiques, pour la plupart engagées depuis longtemps aux côtés des Indigènes de la République (PIR), du site Les mots sont importants et dans la lutte contre la loi 2004 sur le port des signes religieux à l’école :

– Christine Delphy et Sylvie Tissot, sociologues, sont toutes deux initiatrices du premier Manifeste (2005) des Indigènes de la République ; elles sont en outre signataires du manifeste de soutien aux Y’a bon Awards décernés (pour « racisme ») à Caroline Fourest en 2012.

– Rokhaya Diallo est animatrice des Indivisibles, groupe à l’origine de ce prix.

– Ndella Paye est porte-parole d’un collectif de mères voilées militant pour l’abrogation de la circulaire Chatel.

BONJOUR LE 8 MARS !

Quelques semaines après les assassinats des journalistes de Charlie Hebdo, on peut s’étonner qu’une élue choisisse d’offrir un plateau totalement monochrome à des personnes qui ont signé un texte « contre le soutien à Charlie Hebdo » après le premier attentat de 2011.

Partout dans le monde, la Journée Internationale pour le Droit des Femmes est un moment privilégié où les féministes échangent sur leurs revendications, pratiques et stratégies d’émancipation. Militantes, chercheuses, politiques impliqué-es contre les violences sexistes et pour l’égalité entre les sexes, sont invité-es à faire le point et lancer de nouveaux programmes pour battre en brèche la domination masculine et le patriarcat.

C’est l’occasion d’une solidarité internationale avec les femmes qui se battent contre l’oppression des religions d’état ou des groupes fondamentalistes.

Aussi, détourner le 8 mars pour promouvoir des personnalités controversées parce qu’elles ne trouvent rien à redire ni aux pressions de l’arbitraire religieux imposées aux femmes, ni aux violences du système prostitutionnel, est pour le moins manipulatoire.

MÊME PAS PEUR !

Nous saluons l’annulation de cette programmation, acte lucide et courageux de la Maire du 20e arrondissement de Paris.

Nous connaissons la propension de certains groupes à confisquer la parole des féministes et des partisanes de la laïcité; et leur aptitude à se victimiser à la moindre occasion.

Nous savons la violence avec laquelle Caroline Fourest fut interdite de parole lors d’un débat sur le danger du Front National à la fête de l’Humanité.

Nous avons déjà supporté insultes et intimidations proférées par les ami-es de Rokhaya Diallo, issu-es d’un pseudo « syndicat de travailleurs du sexe » pro-système prostitutionnel.

Face à cette nouvelle tentative de récupération et de dévoiement de la Journée Internationale de lutte pour les droits des femmes, nous, féministes universalistes, laïques, engagées pour l’égalité femmes/hommes, contre le racisme et l’antisémitisme, nous apportons tout notre soutien à Frédérique Calandra, maire du 20eme arrondissement de Paris.

La mise au point de la Maire du 20ème Frédérique Calandra :

 

Arlette Zilberg, Christine Le Doaré

Les premières signataires, issues du Mouvement des Femmes :

Annie Sugier, Djemila Benhabib, Michèle Loup, Françoise Morvan, Monique Dental, Nadia Benmissi, Bernice Dubois, Marie-Josèphe Bonnet, Jacqueline Feldman, Martine Cerf, Marieme Helie Lucas, Laure Caille, Isabelle Steyer, Nadine Bouteilly, Ana Pak, Agnès Setton, Josiane Doan, Anaïs Decans, Irène Corradin, Mair Verthuy, Sporenda, Catherine Kintzler, Geneviève Duché, Nelly Trumel, Patricia Duthion, Brigitte Boucheron, Christelle Raspolini, Bernadette Doleux, Evelyne Rochedereux, Mélusine Vertelune, Yael Mellul, Agnès Perrin-Doucey, Françoise Courtiade, Martine LLanes, Françoise Armengaud, Malika El Idrissi, Josée Contreras, Catherine Moreau, Samira Banna, Sophie Boiszeau, Agnès Bellego, Caroline Merlin, Christelle Di Pietro, Françoise Roux, Claude Strano, Nicole Savey, Soad Baba Aissa, Maïté Albagly, Hypathie, Françoise Brié, Claudy Bouyon, Nicole Crépeau, Carine Delahaie, Marie-Noëlle Gérolami, Jamileh Nedaï, Sabine Salmon, Gisèle Noublanche, Marie-Josée Salmon,

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Sur le même sujet, un second Communiqué, rédigé par des féministes
« historiques » qui remettent les pendules à l’heure !

SOUTIEN FEMINISTE À FREDERIQUE CALANDRA, MAIRE DU 20E ARRONDISSEMENT

Nous soutenons la décision prise par Mme Frédérique Calandra, maire du 20e arrondissement de Paris, d’annuler les débats prévus pour le 8 mars.

Ces débats avaient en effet été organisés de manière à ne laisser la parole qu’à une seule vision politique, un féminisme controversé qui partage les idées du Parti des Indigènes de la République. Cette vision disqualifie les valeurs de la citoyenneté démocratique et le féminisme universaliste au prétexte qu’ils seraient portés par des « blancs occidentaux ». Il dévalorise du même coup les luttes féministes pour l’accès aux droits humains, à l’égalité et à la liberté, qui se développent dans d’autres pays (hors Occident)

Une telle position enferme les individus dans des assignations identitaires et va à l’encontre de l’idéal d’autonomie qui fonde le féminisme.

Des débats de cette nature ne seraient propices ni à la réflexion critique ni à la création d’une intelligence collective des questions brûlantes qui se posent à tous, femmes et hommes, français ou non, « blancs » ou non.

Suite aux attentats des 7, 8 et 9 janvier, il n’était pas concevable pour une institution publique, de donner la parole sans débat contradictoire, et donc de soutenir des positions politiques dont les représentantes sont au mieux restées silencieuses face à l’assassinat des journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo, des policiers et des juifs, au pire ont pris la parole pour relativiser ces crimes.

Nous avons toutes participé au Mouvement de libération des femmes, certaines depuis le début des années 70. Ensemble, nous saluons aujourd’hui, en mars 2015, le courage de Frédérique Calandra, une élue qui a fait preuve de cohérence par rapport aux valeurs qui nous sont communes: liberté, égalité, solidarité, laïcité. Et nous espérons que beaucoup d’autres mairies témoigneront de la même détermination dans leur défense.

Premières signataires :

Catherine Deudon, photographe auteur de Un mouvement à soi : Images du mouvement des femmes, 1970-2001, 2002, Syllepse ;

Liliane Kandel, co-auteur des chroniques du « Sexisme ordinaire » (à l’initiative de Simone de Beauvoir), les Temps modernes, 1973-1983 ;

Christine Le Doaré, présidente de Sos-Homophobie de 1998 à 2002 et du Centre LGBT Paris-IdF de 2005 à 2012 ;

Claudie Lessellier, responsable du Rajfire (Collectif féministe d’action et de solidarité avec les femmes migrantes et exilées) et co-présidente de la Maison des femmes de Paris ;

Françoise Picq, auteur de Libération des femmes, quarante ans de mouvement, 2011, Dialogues ;

Nadja Ringart, co-auteur de Mouvement de Libération des Femmes : Textes premiers, 2009, Stock ;

Annie Sugier, Présidente de la Ligue internationale du Droit des Femmes, (fondée par Simone de Beauvoir ), et Vice-Présidente de la Coordination Française du Lobby Européen des Femmes (CLEF) ;

Ioana Wieder-Atherton, co-fondatrice en 1982 avec Carole Roussopoulos et Delphine Seyrig du Centre audio-visuel Simone de Beauvoir ;

Arlette Zilberg, présidente de la Commission Féminisme des Verts puis EELV (2004-2009); maire-adjointe du 20ème ardt de Paris (2001-2008)

Paris, le 2 mars 2015

Antisémitisme en France. Ilan Halimi assassiné une fois de plus

Publié le

Je suis Ilan Halimi

http://www.leparisien.fr/hauts-de-seine-92/bagneux-la-plaque-a-la-memoire-d-ilan-halimi-retrouvee-brisee-03-05-2015-4741733.php

Manifestation de soutien après le meurtre antisémite de Ilan Halimi à Paris, le 26 février 2006. La plaque posée en sa mémoire à Bagneux a été retrouvée dégradée samedi par un promeneur.

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/bagneux-la-degradation-de-la-plaque-d-ilan-halimi-suscite-l-ecoeurement_1676819.html

Ilan halimi n’avait pas assez souffert pour les antisémites. Ils ont vandalisé la plaque posée à Bagneux en sa mémoire. Est-ce toujours la même catégorie de personnes sans foi ni loi, celle qui avait aussi profané la plaque posée en mémoire de Sohane Benziane brûlée vive en 2002 pour avoir refusé les avances d’un musulman ?

La plaque en plexiglas brisée a été retirée par la mairie de Bagneux. Elle avait été déposée en 2011 après une cérémonie de commémoration en mémoire du jeune Français juif torturé et tué par le gang des barbares.

La plaque en plexiglas brisée a été retirée par la mairie de Bagneux. Elle avait été déposée en 2011 après une cérémonie de commémoration en mémoire du jeune Français juif torturé et tué par le gang des barbares. (DR.)

Le calvaire subi par Ilan Halimi est l’affaire la plus atroce commise récemment sur un jeune juif pour la seule raison qu’il était juif. Le jeune homme avait été séquestré et torturé pendant 24 jours ! Ce drame épouvantable n’a pas servi de leçon aux antisémites qui continuent de sévir parce que nos lois ne sont pas strictement mises en oeuvre.

Ce drame est d’autant plus atroce qu’il aurait pu être évité si une seule de la trentaine de personnes qui étaient au courant de la séquestration d’Ilan Halimi avait prévenu la police ou la famille. Il est consternant d’observer que le « gang des barbares » ait eu tant de complices, des gens haineux, sans coeur, inhumains, cyniques indignes de la famille humaine.

Il est effrayant d’apprendre que ces monstres persistent dans leur haine antisémite en profanant la stèle posée à la mémoires d’Ilan Halimi. Ces monstres qui sont parmi nous, nous les côtoyons quotidiennement. Ils sont français de papiers ou étrangers sans papiers nourris par la France qu’ils « niquent » et qu’ils détruisent au nom de la « dette coloniale », du djihad et de ‘impérialisme musulman.

Si nos dirigeants appliquaient strictement les lois de la République au nom du bien commun, nous ne connaîtrions pas de tel drames et de telles offenses;

La Connectrice

Docs interdits : L'assassinat d'Ilan Halimi

http://pluzzvad.francetv.fr/videos/docs-interdits-l-assassinat-d-ilan-halimi_18780.html

Label

http://www.ugc.fr/film.html?id=9953

Agressions antisémites en France 2014-2015

  • Rapport sur l’antisémitisme en France en 2014

http://www.antisemitisme.fr/

Pour télécharger le rapport dans la langue de son choix http://www.antisemitisme.fr/dl/2014-FR.pdf

51% des actes racistes commis en France en 2014 sont dirigés contre des Juifs. Les Juifs représentent un peu moins de 1% de la population française.
Moins de 1% des citoyens du pays est la cible de la moitié des actes racistes commis en France.

Manifestation du CRIF en souvenir des victimes de Mohammed Merah, à Paris, en mars 2014.

Manifestation du CRIF, mars 2014, en souvenir des victimes de Mohammed Mérah. Thomas Samson/AFP

Les actes antisémites ont été quasiment multipliés par deux en France, sur les sept premiers mois de l’année 2014, a annoncé le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) dans la nuit de jeudi 11 à vendredi 12 septembre.

Cinq cent vingt-sept actes (actions ou menaces) antisémites ont été enregistrés entre le 1er janvier et le 31 juillet 2014, contre 276 sur les sept premiers mois de 2013, soit une augmentation de 91 % précise le CRIF dans un communiqué, citant des chiffres établis par le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) à partir de données émanant du ministère de l’intérieur.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/09/12/le-nombre-d-actes-antisemites-a-explose-en-france_4486349_3224.html#YuV1dTrWLGgfuRra.99

Depuis moins de trois semaines une série d’actes antisémites se sont déroulés dans le 19e arrondissement parisien. Un silence cotonneux les a entourés…

Depuis le 22 décembre, quatre attaques se sont succédées, sans faire de victimes, heureusement. Elles ont toutes été perpétrées de nuit dans un périmètre restreint. 

– Le 22 décembre, à 21 heures 30, un tir endommage une devanture en verre, dans l’immeuble qui abrite la synagogue de la rue Danjon. Cette large baie vitrée est celle du bureau du rabbin et de son adjoint qui sont présents. La fenêtre est éclairée, leurs silhouettes se distinguaient clairement. Ils étaient visés. 

– Le 25 décembre, de nouveaux impacts sont découverts au matin contre un restaurant casher de la rue Manin. 

– Le 26 décembre, les mêmes traces de balles sont identifiées sur le mur de l’imprimerie HM, 65 rue d’Hautpoul. Cette imprimerie est identifiée comme appartenant à un juif par la mezouza installée sur le linteau de la porte. Pour le propriétaire, le caractère antisémite de l’acte ne fait aucun doute.   

– Dans la nuit du 1er au 2 janvier, un départ d’incendie est détecté dans le hall de l’immeuble mitoyen de la synagogue de la rue Corot à Garges. On a dessiné une croix gammée et tagué dans le hall l’inscription « Antijuifs ». 

  • Agression d’un jeune couple à Créteil en décembre 2014

http://www.francetvinfo.fr/france/creteil-probable-agression-antisemite-sur-un-couple_763161.html

Les agresseurs « partaient de l’idée qu’être juif signifiait que l’on avait de l’argent », selon les victimes. Un couple a été séquestré, lundi 1er décembre, à Créteil (Val-de-Marne), leur appartement cambriolé et la jeune femme violée. Au total, trois hommes ont été interpellés, mercredi 3 décembre. Francetv info détaille ce que l’on sait de cette agression…les auteurs sont connus de la brigade anticriminelle de Créteil…Deux d’entre eux sont interpellés, en possession de bijoux appartenant aux victimes, et placés en garde à vue. « Formellement reconnus » par les victimes, selon une source judiciaire, ils ont 19 et 20 ans…es trois hommes arrêtés sont soupçonnés d’avoir déjà « roué de coups » un septuagénaire en raison de sa religion, le 10 novembre…

  • Roué de coup à la sortie de la synagogue de Saint-Ouen, 24 avril 2015

http://www.leparisien.fr/saint-ouen-93400/saint-ouen-roue-de-coups-a-la-sortie-de-la-synagogue-26-04-2015-4726573.php

…« Je sortais de la synagogue, vers 13 h 20, et je remontais la rue du Docteur Bauer. Je venais de quitter le rabbin quand un jeune, derrière moi, commence à me traiter desale juif, à plusieurs reprises. Je n’ai d’abord pas réagi, puis il s’est approché de moi et a commencé à me cracher dessus. Je me suis tourné face à lui et lui ai dit d’arrêter, et je l’ai poussé. Il m’a mis un coup de tête, je saignais de partout, je n’ai rien vu venir », raconte Salomon, encore marqué au visage…

  • Tags antisémites sur la gendarmerie de Meaux 25 avril 2015

http://www.leparisien.fr/espace-premium/seine-et-marne-77/des-tags-antisemites-sur-la-gendarmerie-25-04-2015-4722485.php

Une croix gammée, une étoile de David et des inscriptions illisibles : c’est ce que la police municipale de Meaux a découvert sur la façade de la gendarmerie de Meaux, rue du Faubourg-Saint-Nicolas, dans la nuit de jeudi à hier, aux alentours de minuit. L’enquête a été confiée à la brigade de recherches de la gendarmerie de Meaux, qui n’a interpellé personne…En novembre dernier, c’est le parvis du palais de justice de Meaux qui avait été tagué. Trois hommes, condamnés depuis, avaient inscrit au pochoir, sur le sol, un dessin à caractère antisémite.

  • Deux adolescents victimes d’agression antisémite à Marseille en mars 2015

http://www.leparisien.fr/marseille-13000/marseille-deux-adolescents-portent-plainte-pour-une-agression-et-des-insultes-antisemites-12-03-2015-4598115.php

…Nous avons été saisis d’une plainte de deux adolescents victimes d’un vol avec violences au cours duquel des insultes antisémites auraient été proférées », a confirmé la direction départementale de la sécurité publique des Bouches-du-Rhône…les deux adolescents âgés de 16 ans « portaient toujours la kippa sur la tête » au moment des faits. Leurs agresseurs les ont alors « menacé de mort » et leur ont lancé des insultes antisémites.
« Les citoyens juifs, devenus des cibles de plus en plus vulnérables, nous (font part du) malaise que cette insécurité a fait naître, en dépit des mesures importantes prises par l’État pour tenter d’assurer leur protection », a encore dénoncé le BNCVA.

  • 300 tombes juives profanées à Sarre-Union février 2015

http://www.leparisien.fr/faits-divers/tombes-juives-profanees-a-sarre-union-les-principaux-precedents-15-02-2015-4536045.php

http://www.leparisien.fr/faits-divers/tombes-juives-profanees-les-cinq-auteurs-presumes-devant-un-juge-18-02-2015-4543717.php

  • Menaces antisémites janvier 2015 à Paris

http://www.leparisien.fr/espace-premium/paris-75/nouvelles-menaces-antisemites-17-01-2015-4453541.php

Une lettre anonyme de menaces à caractère antisémite est parvenue hier à une librairie juive du XIXe arrondissement. Truffé de fautes d’orthographe, ce courrier est accompagné de la photocopie d’un drapeau nazi portant une croix gammée, selon le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), qui a révélé l’affaire. 

Le BNVCA observe que cette missive est « en tous points identique » à celles adressées mercredi à une synagogue du XIIe et à une école juive du XIe. L’association demande qu’« une enquête immédiate soit engagée pour identifier l’auteur et le mettre hors d’état de nuire ». Le libraire du XIXea déposé plainte. Ces menaces interviennent alors que les mesures de sécurité aux abords des écoles et lieux de culte juifs ont été renforcées après les attentats de la semaine dernière.

  • Menacé d’être » brûlé comme Ilan Halimi « décembre 2014 Garges-les-gonnesses

http://www.leparisien.fr/espace-premium/val-d-oise-95/menace-d-etre-brule-comme-ilan-halimi-24-12-2014-4397153.php

«  On va faire comme Ilan Halimi. On va te brûler ! » C’est pratiquement mot pour mot ce qu’un jeune de Garges aurait entendu avant d’être roué de coups en raison de son appartenance à la communauté juive.

Son agresseur identifié et interpellé dans la soirée par les policiers, placé en détention provisoire, sera jugé devant le tribunal correctionnel en début d’année prochaine. Le procureur de Pontoise, Yves Jannier, a indiqué hier soir que le caractère antisémite de l’agression serait retenu lorsque l’agresseur s’expliquera devant ses juges. La scène remonte au 16 décembre. Au cours de la soirée, la victime promène son chien, dans un jardin public, à proximité de la synagogue de Garges-lès-Gonesse. Il croise alors trois hommes qui s’en prennent à lui. Menacé de mort, jeté au sol et roué de coups, il est conduit à l’hôpital de Gonesse après avoir réussi à trouver refuge à proximité chez des amis. Au commissariat où il est venu porter plainte, le jeune homme a pu identifier sur photo avec certitude son agresseur. Celui-ci a été interpellé dans la soirée, aux alentours de 23 h 30, puis placé en garde à vue.

  •  Attaque de l’Hypercacher de la Porte de Vincennes. 9 janvier 2015. 4 morts

http://www.leparisien.fr/espace-premium/fait-du-jour/j-ai-cru-que-le-terroriste-tuait-tout-le-monde-11-01-2015-4436179.php

http://fr.wikipedia.org/wiki/Prise_d%27otages_du_magasin_Hyper_Cacher_de_la_porte_de_Vincennes

Guy Béart. Mon dieu garde-moi de ces fous qui font de toi le dieu des loups et des massacres

GUY BEART O JEHOVAH !!

Mon Dieu, protège-moi du beau
Quand il n’est que masque du diable
Eclaire-moi de ton flambeau
Insaisissable
O Jehovah
Mon Dieu garde-moi des gentils
Ceux qui ne sont que tout sourire
Leurs dents montrent leur appétit
Qui nous déchire

O Jéhovah
Mon Dieu, mon Dieu,
Ne l’oublie pas
Ce caillou vieux
Que tu sauvas (bis)

Mon Dieu confonds les religions
Bureaucraties de ta croyance
Qui ensanglantent nos régions
De leurs vengeances
O Jéhovah
Mon Dieu garde-moi de ces fous
Qui t’invoquent en simulacre
Qui font de toi le dieu des loups
Et des massacres

O Jéhovah
Mon Dieu, mon Dieu,
Ne l’oublie pas
Ce caillou vieux
Que tu sauvas (bis)

Mon Dieu ne laisse pas Satan
Nous éprouver son règne dur
Celui que Job connut au temps
De sa torture
O Jéhovah
Mon Dieu aveugle les idoles
Dans leurs rouages
Et leurs images
Qui nous séduisent
Et nous cajolent
Dans l’esclavage

O Jéhovah
Mon Dieu, mon Dieu,
Ne l’oublie pas
Ce caillou vieux
Que tu sauvas (bis)
« O Jehovah ! », chanté par Guy Béart
(proche du Psaume 151)
  • Lire aussi cet hommage à Guy Béart par Dominique Jamet

Outre sa fille Emmanuelle, Guy Béart, plus heureux qu’Epaminondas, laissera derrière lui L’Eau vive, Il n’y a plus d’après, Les Couleurs du temps, La Vérité, Qu’on est bien… Laura, La vie qui va, L’Espérance, Les souliers, Le Grand chambardement, Demain, je recommence, La Fille aux yeux mauves et tant, et tant d’autres.

Avant de quitter l’Olympia pour entrer dans l’intemporel, l’auteur de la musique du Bal chez Temporel, (paroles d’André Hardellet) en souvenir de Cabu qu’il connaissait bien, et de Wolinski, dont il était très proche, interpréta en leur honneur O Jéhovah : « Mon Dieu garde-nous de ces fous/Qui t’invoquent en simulacre/Qui font de toi le Dieu des loups/Et des massacres/Mon Dieu, confons les religons/Bureaucraties de ta croyance/Qui ensanglantent nos régions/De leurs vengeances… » Une chanson qui, pour dater de 1986, n’en est pas moins, n’est-ce pas, d’une brûlante actualité.

  • Guy Béart est parti pour l’éternité le 16 septembre 2015 après être tombé sur le trottoir, chute après laquelle il n’a pu être réanimé. Il avait 85 ans.

http://www.francetvinfo.fr/culture/musique/le-chanteur-guy-beart-est-mort-a-l-age-de-85-ans_1086321.html

humour. religions

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Un père juif se lamente auprès de Dieu

-Mon Dieu, tu m’as abandonné, mon affliction est immense et je ne sais quoi faire.  le malheur s’est abattu sur ma famille. Mon fils s’est converti au christianisme.

Aide-moi

Et Yahvé de répondre :

-Comment veux-tu que je t’aide, mon fils unique Jésus s’est aussi converti au christianisme.

Gbagbo le chrétien et Ouattara le musulman

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Difficile d’imaginer que les religions de l’un et de l’autre n’aient eu aucune influence sur leur sort, sur leurs soutiens et sur les exactions et massacres de leurs partisans.

Dominique Ouattara, reine blanche, épouse du président

Même si Ouattara  est décrit comme un musulman « décontracté » qui aime le champagne, on ne peut pas ne pas imaginer que sa victoire définitive ne soit aussi celle de l’ouma, la communauté musulmane universelle.

Dans ce contexte, l’attitude et le soutien fervent de la France à Alassane Ouattara s’articulent avec l’attitude et le soutien de l’UMPS à l’islamisation de la France. En ayant contribué à la reddition de Laurent Gbagbo, la France s’est indiscutablement fait de nouveaux amis, tout en renforçant ses vieilles amitiés dans le monde musulman.

Hier, sur un plateau TV, Christiane Taubira s’indignait de ces images qui montraient Gbagbo en marcel, transpirant, s’épongeant le front et les aisselles, le regard hagard. Moi-même j’ai été bouleversée par ces images qui montraient un pauvre homme désespéré, dépouillé de toute dignité. Et c’est ce qu’à pointé Taubira : à quoi sert-il d’humilier un homme, comme on l’avait fait avec Saddam Hussein. Un avertissement donné aux autres dictateurs?

http://allainjules.com/2011/04/11/cote-divoire-simone-laurent-gbagbo-humilies/

Quoi qu’il en soit, personnellement, je ressens la dignité humaine comme un tout englobant tous les êtres humains et lui porter atteinte touche l’ensemble de l’humanité. Oter sa dignité à Gbagbo et son épouse, c’est aussi enlever un peu de la mienne.

Que Gbagbo soit jugé et sanctionné pour s’être accroché illégitimement au pouvoir et avoir entrainé son pays dans une guerre civile meurtrière et un chaos économique, oui, c’est indispensable. Mais la justice doit pouvoir passer sans humilier un être humain.

Richesses agricoles : cacao et manioc

Biographies de Gbagbo et Ouattara sur Jeune Afrique. Un article long, complet et très informatif sur les deux hommes :

http://www.jeuneafrique.com/Articles/Dossier/ARTJAJA2602p022-029.xml0/fmi-laurent-gbagbo-islam-cacaopresidentielle-les-deux-mondes-de-gbagbo-et-ouattara.html

Le parti écologique ivoirien protège les chimpanzés

Richesse des femmes : le wax

Dé-diviniser le pouvoir : rappel de Maurice Godelier

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Dans une interview au Point, l’anthropologue Maurice Godelier rappelle les évènements qui, en France ont préparé la séparation de l’Eglise et de l’Etat et la loi sur la laïcité de 1905. Tout a commencé au Siècle des Lumières. C’est l’essence de la laïcité à la française et l’expression de la philosophie de la majorité des Français. C’est pourquoi les velléités musulmanes d’ imposer le religieux dans l’espace public et les lois de la République est insupportable. La charia s’oppose à des siècles de rébellion contre la gouvernance de droit divin.

http://www.lepoint.fr/grands-entretiens/maurice-godelier-l-anthropologue-doit-mouiller-sa-chemise-11-04-2011-1317825_326.php

Extrait, c’est moi qui souligne:

Et pour vous, c’est le politico-religieux qui fait les sociétés. Pourquoi ?

Prenez encore une fois l’exemple des Baruya : ils n’ont commencé à exister en tant que société que lorsqu’ils ont construit leur Tsimia, la grande maison cérémonielle située entre les villages pour initier leurs garçons en tant que guerriers ou shamans… J’ai fini par comprendre, en observant ces initiations, que le régime de pouvoir qu’ils avaient établi sur leur territoire impliquait la domination des hommes sur les femmes. Mais surtout, et c’est cela qui est fondamental, que cette domination, qui est la base politique de leur société, s’appuyait sur d’innombrables mythes, sur l’omniprésence de la référence au soleil dans leur quotidien et dans leurs rites, sur l’invocation systématique des esprits de la nature, des ancêtres… Si vous traduisez ce constat en concepts occidentaux, vous comprenez que les Baruya ne sont devenus une société qu’à partir du moment où ils ont établi un régime de pouvoir politico-religieux auquel leurs rapports de parenté et leurs rapports économiques étaient subordonnés.

Cette analyse vaut-elle pour l’Occident ?

Aux époques féodales ou monarchiques en Europe, l’État était étroitement lié au christianisme, le roi était monarque de droit divin, oint et sacré. Une vraie révolution s’est opérée lorsqu’on a compris que le politique pouvait être construit et vécu sans faire appel aux religions. C’est la grande rupture des Lumières au XVIIIe siècle : on a conclu alors que le Pharaon, l’empereur de Chine et ses rituels, Louis XIV monarque absolu n’avaient pas été portés au pouvoir par les dieux, et qu’ils restaient des hommes. On a, en quelque sorte, selon la formule de Max Weber, dédivinisé, désenchanté l’histoire humaine.

Et par quoi, selon vous, a-t-on remplacé le sacré ?

Après la Révolution, par la constitution. Dans une démocratie comme la nôtre, l’identité nationale, ce n’est pas le fait d’être juif, musulman ou chrétien, c’est de partager la citoyenneté, qui est définie par la constitution et qui fait en sorte que chacun partage la souveraineté du peuple. Celle-ci peut être révisée, enrichie, amendée. Mais d’un certain point de vue, elle ne meurt jamais. Si vous la supprimez, vous tombez dans la dictature.

 

Application de la charia en France : manif le 9 avril interdite

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Aux dernières nouvelles, la manifestation citée ci-dessous a été interdite par la Préfecture de police:

Voile intégral: un rassemblement interdit

AFP
08/04/2011 | Mise à jour : 18:18 Réactions (91) <!–

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Le préfet de police (PP) a interdit aujourd’hui un rassemblement prévu demain à Paris d’un collectif d’activistes musulmans souhaitant dénoncer la loi sur le voile intégral, en raison des troubles à l’ordre public qu’il « n’aurait pas manqué d’engendrer », selon la préfecture.

Le « Collectif Autour de l’Unicité Tawhid » (CADUT), regroupant quelques organisations d’activistes musulmans, avait déclaré le 4 avril en préfecture la tenue d’un rassemblement samedi place de la Nation contre la loi sur le port du voile intégral qui doit entrer en vigueur lundi.

« Nous avons interdit cette manifestation non pas en raison de l’objet mais en raison des menaces de troubles à l’ordre public qu’elle génère », a expliqué le chef de cabinet de la PP, Nicolas Lerner, estimant à entre « 100 et 200 personnes » les participants potentiels à ce rassemblement. Selon les services de renseignement, des contre-manifestants étaient attendus sur place « laissant craindre des affrontements violents », a précisé la PP.

De plus, les messages et les images véhiculés par les organisations appelant à manifester « pouvaient en effet être perçus comme des incitations à la discrimination, à la haine et à la violence », explique la PP dans un communiqué. La loi doit entrer en vigueur lundi.

Sur le site internet de la principale organisation appelant à manifester, on peut notamment lire: « Chers frères et soeurs musulmans, soyez braves et fermes pour défier l’interdiction du Niqab le 9 Avril. L’islam est venu pour dominer le monde y compris la France. » Par ailleurs, « plusieurs des dirigeants ou associations à l’origine de ce projet de rassemblement ont été impliqués dans des troubles à l’ordre public, en France ou à l’étranger », précise la PP. L’ancien leader d’une organisation dissoute par les autorités anglaises, « Islam for UK », devait également assister à ce rassemblement, a-t-on appris de source proche du dossier.

Source :

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/04/08/97001-20110408FILWWW00589-voile-integral-un-rassemblement-interdit.php

Dans notre France malmenée par le désordre tous azimuths, on a le droit d’insulter les non musulmans et de bafouer ouvertement les lois de la République mais on n’a pas le droit de critiquer l’islam, ses faits et méfaits.

Ainsi, samedi 9 avril aura lieu une manifestation contre la loi interdisant le port du niqab dans l’espace public qui devrait entrer en application le 11 avril.

Le communiqué de presse est une véritable incitation à la haine et à la violence.

Communiqué De Presse

Allah (swt) nous dit « N’obéissez pas à l’ordre des outranciers qui sèment le désordre sur la terre et n’améliorent rien ». [Ar-Room:41]. Ce que nous voyons avec l’interdiction du niqab c’est simplement une continuation de guerre contre l’Islam. Le sang de la haine circule toujours dans les veines du croisade.Même après que ces mécréants interdiront le niqab dans les jours à venir, ils ne seront pas satisfait et voudraient que les musulmans deviennent comme eux. Allah (swt) dit  » Ni les Juifs, ni les Chrétiens ne seront jamais satisfaits de toi, jusqu’à ce que tu suives leur religion… » [Baqara:120].

Ô les Muslumans en France, reveillez vous de cette oppression. Combien de temps vous allez vous soumettre sous cette domination mécréants. Alors que Sarkosy veut que nos soeurs musulmanes soient tout nues comme sa femme qui se prostitue ouvertement sur le magazine Playboy.

Le Niqab c’est le symbol de la soumission et de l’obeissance à Allah(swt). Votre allegeance n’est pas vers la loi de l’homme mais plutôt vers Allah(swt). Si vous choissez de garder la bouche bée, eh bien attendez-vous au diable.

Chère frères et soeurs Musulmans soyez brave et ferme pour defier l’interdiction du Niqab le 9 Avril. L’islam et venue pour dominer le monde y compris La France. N’oublier pas que nous apartenons à l’ummah du Prophet Mohammad (pssl). Notre guidance c’est le Shariah et non pas la constitution de La France. Alors nos soeurs Muslumanes venez en foule et portez votre Niqab le 9 avril Insha Allah.

http://www.jamaat-tawheed.com/

Il y a dans ce communiqué de quoi appliquer la loi et faire interdire cette manifestation au risque de voir tous les bobos de France hurler au racisme (sic), à l’islamophobie, à l’intolérance, à l’Etat policier, à l’atteinte à la liberté d’expression, à l’intolérable atteinte au droits des femmes  de voiler leur face, etc.

L’appel de Jamaat-al-Tawheed est tellement énorme qu’on est en droit de se demander qui est derrière et s’il s’agit d’un canular. Espérons que des journalistes d’investigation nous éclairent.

Canular ou pas, de nombreux éléments de cet appel nous sont familiers, reproduits par des djeuns encapuchonnées ou des rappeurs bagousés.

Les braves bras d’Afrique

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Les Africains, toutes ethnies et nationalités confondues ne sont pas tendres avec leurs semblables.

On se souvient que les rois et autres seigneurs d’Afrique vendaient leurs propres esclaves aux arabes qui en initièrent le commerce, repris plus tard par les Européens.

On se souvient des terribles massacres entre Tutsis et Hutus et de tous les conflits ethniques qui secouent régulièrement l’Afrique. On pense aux enfants soldats, aux petites filles excisées, à la polygamie et à l’esclavage qui règne encore à Madagascar et en Mauritanie.

Les parents africains sont particulièrement durs avec leurs enfants qui sont mis au travail à la maison, dans les champs, sur le trottoir, aussi tôt que possible. La famille africaine, l’entraide villageoise, telles qu’elles nous sont présentées par les ethnologues et les anthropologues ne sont pas le modèle paradisiaque dont ils voudraient nous convaincre par on ne sait quel racisme enfoui au profit de leurs propres élites.

La famille africaine, le village sont en réalité des fardeaux auxquels nul ne peut échapper, même au-delà des océans, sous peine de châtiments terribles dont la crainte est entretenue par le maraboutage.

De nombreux Africains vivant en France se plaignent de mauvais sorts, de douleurs physiques, d’échecs ou d’accidents qu’ils attribuent au maraboutage dont ils se disent victimes. Les Européens qui ne croient pas à la réalité du maraboutage sont forcés de constater que l’Africain qui se dit marabouté souffre. L’ethno psychiatre Georges Devereux et son école ont étudié ces phénomènes qui paralysent l’individu africain, un pléonasme car l’individu africain n’existe pas qui ne connait que la famille et le village.

En Europe, nous appelons affection psycho somatique ce que les Africains nomment maraboutage en lui attribuant des volontés humaines extérieures. Et dans toutes les civilisations, on trouve mention de « sorts », d’histoires de bonnes ou de mauvaises fées, de magiciens et de sorcières, d’anges et de démons, de Dieu et du diable.

Les Africains sont restés très attachés à l’animisme et leur conversion à l’Islam ou au christianisme renforce leurs croyances dans des forces occultes terrifiantes et négatives sous forme de syncrétismes qui encouragent la violence.

En France, les immigrés africains sont parmi les plus violents sous leur capuche dans les gangs, dans le rap et dans leurs relations avec les autres communautés. L’horrible assassinat d’Ilan Halimi avait été commis par Youssouf Fofana, un afro-musulman.

Aussi on ne s’étonnera pas de ce témoignage sur la solidarité forcée des immigrés africains. Source: http://www.slateafrique.com/833/face-cachee-solidarite-africaine

Plus qu’une option, l’entraide est un devoir. Très jeunes, nous apprenons à nous dévouer pour le bien-être de la famille, avant de penser à notre épanouissement personnel. Les Africains de la diaspora le savent bien. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils émettent tous les mois des mandats au bénéfice du «bled».

Les transferts d’argent de la diaspora africaine ont atteint un montant de 21,5 milliards de dollars (15,4 milliards d’euros) en 2010, selon un rapport de la Banque mondiale. Cette somme équivaut à quatre fois le budget annuel de la République démocratique du Congo (RDC). Une preuve éloquente de solidarité de la part de ceux qui sont partis et qui sont obligés d’assister les leurs, restés dans des pays pauvres et gérés de manière calamiteuse.

Depuis son deux pièces au 14e étage d’une tour HLM à Melun (région parisienne), Rolly arrose sa famille restée à Kinshasa (capitale de la RDC). Arrivé en France en 1998, il a vécu dans la clandestinité pendant neuf ans. Régularisé en 2008, il travaille actuellement comme vigile dans une grande surface. Ce job lui permet d’empocher un peu plus que le salaire minimum (1.400 euros). «J’aide mes parents et mes quatre frères et sœurs restés au pays», confie t-il. Tous les mois, c’est en moyenne 500 euros qui transitent par les agences de transfert de fonds.

«Je paie pour les études de mes frères et sœurs et pour le loyer de mes parents. J’essaie dans la mesure du possible d’aider les cousins et les oncles qui sont nombreux à m’appeler au secours.»

Une fois les transferts effectués, Rolly se débrouille avec le reste, en attendant la fin du mois suivant. Il ne sort presque jamais et fait très attention à ses dépenses.

N’en déplaise à Monsieur Guerlain qui émit un jour des doutes quant à la «capacité du nègre à travailler», ils sont nombreux ces Africains qui peinent, cherchent et frottent pour entretenir la famille. Ils le font si bien qu’ils oublient de s’occuper d’eux-mêmes, obnubilés par la soif de servir.

Et c’est bien tard qu’ils se rendent compte qu’ils ne sont plus que des porte-monnaie sur pattes, au service de frères, cousins et oncles qui en demandent toujours plus et qui ne se rendent pas compte de la peine éprouvée pour gagner les euros qui entretiennent le village.

Pressions familiales et chantage

«Le jour où j’ai appelé mon père pour lui dire que je n’en pouvais plus de la clandestinité et que je voulais rentrer au pays, j’ai cru qu’il aurait une attaque», se souvient Céhinah. Actuellement nounou dans une bonne famille du XVIe arrondissement de Paris, cette Ivoirienne a débarqué en France il y a une dizaine d’années pour poursuivre ses études en droit. «Alors étudiante, j’étais quand même obligée de travailler pour envoyer de l’argent au pays.» Elle arrête les études et c’est là que les choses se gâtent. Injonction de quitter le territoire, passage à la clandestinité, travail au noir, bref l’enfer.

«Je me souviendrai toute ma vie de cette conversation avec ma mère. Elle était en larmes. Elle m’a dit que je n’avais rien à faire au pays. Ma place était en France. Je devais y rester, travailler et aider la famille. Je me suis sentie seule. Personne n’avait l’air de se soucier de mon sort. Mes propres parents n’avaient pas l’air de comprendre que c’était très dur la vie de sans-papiers.»

Que penser lorsque vos parents vous font comprendre qu’ils préfèrent votre argent à votre présence? «Lors de mes visites au pays, j’ai la bizarre sensation d’être culpabilisée pour avoir payé très cher un billet d’avion. Je ferais peut-être mieux d’envoyer l’équivalent de l’argent dépensé, plutôt que d’aller rendre visite à ma famille», regrette Céhinah.

Avoir un enfant, un frère ou une sœur dans l’hémisphère Nord est un motif de fierté. Pas besoin de travailler, le «Parisien» assure. Ainsi, les jouisseurs de la filière «famille à l’étranger», ceux qui fréquentent régulièrement les agences de transfert d’argent, ont plus de chances de séduire la gent féminine qu’un travailleur local. Cela sans compter les mariages arrangés entre maris du Nord et femmes du Sud. La preuve même qu’on peut s’aimer et se faire des cadeaux sans s’être jamais vu!

Certaines familles poussent le vice jusqu’au chantage. Les ancêtres maudiraient leurs descendants qui s’écartent du chemin de la solidarité. Il faut également tenir compte du fait que, dans bien des cas, la famille cotise pour payer le billet d’avion ou les passeurs. Quoi de plus normal que d’attendre un retour sur investissement?

La provenance des fonds n’a aucune importance

La pression familiale pousse certaines filles à la prostitution. Il suffit de traîner autour des quartiers chauds du XVIIIe arrondissement de Paris —de la gare du Nord à la porte de Clignancourt— pour croiser le chemin de ces péripatéticiennes venues d’Afrique. Les bisous exotiques se bradent ici pour des sommes allant de 10 à 30 euros. Il en faut des passes pour réunir les centaines d’euros à envoyer au bled.

Les bénéficiaires de la solidarité sont très peu regardants sur la provenance de l’argent. Ce qui compte, c’est de recevoir ses euros. Ils sont prêts à inventer des besoins pour recevoir une enveloppe plus importante. C’est ce que vit Romain, échafaudeur d’origine congolaise:

«Il y a quelques années, mon frère m’a appelé pour m’annoncer que sa femme était très malade. Il avait besoin d’argent pour l’emmener à l’hôpital. Pris de panique, j’ai couru vers une agence pour effectuer un transfert. J’apprendrais plus tard que ma belle-sœur n’avait jamais été malade. Mon frère avait inventé une histoire pour me soutirer de l’argent.»

Il ne faut surtout pas se plaindre lorsqu’on se rend compte de la supercherie. Vivre à l’étranger, c’est un peu comme avoir une source intarissable d’argent.

Il est fréquent qu’un émigré célibataire et sans enfants entretienne la famille de son frère qui a deux femmes et une flopée d’enfants.

Une solidarité qui reste informelle

Dans la chaîne de la solidarité, il vaut mieux être du côté de l’arrosé. Etre solidaire, c’est en quelque sorte accepter de se faire ruiner sans broncher. Les milliards des expatriés viennent combler un déficit causé par une gestion catastrophique de la chose publique sur tout le continent. Plutôt que de s’insurger et demander des comptes à ses dirigeants, l’Afrique fait porter le fardeau à sa diaspora.

Les millions de dollars envoyés de l’étranger ne créent-ils pas une culture de la dépendance plutôt que du travail et de la réalisation personnelle?

La question se pose sérieusement quand on sait que l’essentiel des fonds transférés sur le continent par les rescapés du bateau africain financent les petits besoins du quotidien, dans le cercle familial. Il n’a jamais été question d’investissements de masse sur des projets d’envergure, susceptibles de sortir le continent d’un marasme économique quasi-endémique.

Cédric Kalonji

8 mars : Lilith et les pécheresses

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Il est de bon ton de maudire le féminisme et les féministes en les caricaturant et les ridiculisant pour s’en démarquer ou nier la parole des femmes qui s’estiment discriminées et mal traitées du fait de leur genre. Pourtant, la discrimination sexiste est la plus ancienne et la plus universelle qui soit et beaucoup d’hommes et de femmes la trouvent légitime en se fondant sur des arguments essentialistes qui réduisent la femme à sa fonction reproductrice et l’homme à sa force physique, comme si les progrès des sciences, de la civilisation, de la médecine, de la philosophie, de l’économie et des techniques n’avaient pas conduits les individus à un potentiel d’égalité indépendamment de leur sexe, de leur race et de leur constitution physique.

Il faut reconnaître que le mouvement féministe est aussi divisé que la gauche en ce qui concerne les prises de position publique car, sur le fond, le travail continue, en particulier avec le Lobby européen des femmes http://www.womenlobby.org/?lang=fr qui rassemble 2 500 organisations féminines et féministes des pays membres de l’Union ou candidats à l’Union.

La haine et la discrimination des femmes commence avec les mythes fondateurs de toutes les sociétés. La femme a toujours été considéré comme une menace pour la vie de l’homme et comme étant responsable de toutes ses fautes.

Si le terme « féminisme » est relativement récent, l’action des femmes contre leur infériorisation dans une société dominée par les hommes est très ancienne, aussi ancienne que leur oppression.

Lilith

Dans la tradition kabbalistique, le féminisme commence avec Lilith, la première femme créée par Dieu à l’égal d’Adam, tous deux façonnés à partir d’une boule de glaise. Mais Lilith se rebiffa contre Adam qui entreprit de la soumettre en lui imposant la position du missionnaire. Lilith en appela à l’arbitrage divin auquel Adam ne répondit pas. Lilith s’enfuit alors vers les rivages de la Mer rouge où elle fraya avec des démons et enfanta de nombreux diablotins. Pendant ce temps, Adam avait supplié Dieu de lui donner une compagne mais comme le Tout puissant n’avait plus de glaise originelle il créa une autre femme, Eve, à partir d’une côte de l’homme. Lilith, furieuse de ce remplacement qui confortait Adam dans une position dominante, vint hanter le sommeil du couple, troublant Adam dans son sommeil. Dieu envoya trois anges, Sénoy, Sensénoy et Sémangelof, pour demander à Lilith de faire la paix avec Adam et d’épargner les nouveaux nés, en échange de quoi, elle serait libre de mener la vie de son choix avec les démons. Lilith accepta à condition que les bébés portent une amulette au nom des anges. Elle ne renonça pas toutefois à provoquer les hommes dans leur sommeil et, dans les récits talmudiques de Martin Buber, on trouve mention de la nécessité pour les hommes solitaires de se prémunir des visites nocturnes de Lilith en déposant des herbes tressées devant leur porte. Dans la tradition juive, il fut courant de suspendre au cou des nouveaux nés une amulette portant le nom des anges pour conjurer les mauvais sorts que Lilith aurait pu leur lancer.

Amulette bracelet en argent destinée à une femme en couches, Perse, 19ème siècle http://kabbalah.fayelevine.com/amulets/pk017.php

Type d’amulette protectrice représentant la main de Dieu

Amulette prophylactique anti Lilith d’ Arslan Tash. Avers.
Musée national d’Alep, Syrie.

Sur cette amulette, Lilith est représentée comme un démon ailé.

Dans les années 70, la figure et le mythe de Lilith ont été repris par des féministes comme modèle de la femme libre refusant de se soumettre au pouvoir de l’homme, à l’opposé d’Eve. Une revue féministe américaine s’intitulait Lilith et dans certains ouvrages, des historiennes ont tenté de démontrer que Dieu était femme, comme Merlin Stone dans « Quand Dieu était femme ».

On retrouve le mythe du démon femelle ailé dans de nombreuses civilisations et, plus généralement des représentations féminines menaçantes pour l’homme, le monde et la vie.

Les femmes dangereuses pour l’homme

Dans la Bible, la désobéissance d’Ève qui fait croquer à Adam le fruit défendu, est responsable des péchés de l’humanité.

Dalila est la traîtresse qui, grâce à ses charmes, fera succomber l’invincible Samson.

Dans la mythologie grecque, on rencontre Médée qui fait dévorer ses propres enfants par leur père, Jocaste qui couche avec son fils Oedipe, Pandore qui libère tous les maux de l’humanité. La Belle Hélène responsable de la guerre de Troie.

Ulysse oublie ses devoirs en se laissant d’abord séduire par Circé qu’il fuira ensuite en se bouchant les oreilles avec de la cire et en se faisant ligoter au mât de son navire.

Plus tard, au Moyen âge, des millions de femmes seront accusées de sorcellerie, torturées et brûlées vives sur des bûchers.

Au fil des siècles, les reines, les concubines seront accusées de sorcellerie, de messes noires, d’empoisonnements et d’intrigues. Marie-Antoinette sera rendue responsable de la trahison de Louis XIV et Olympe de Gouges sera guillotinée pour avoir écrit « la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne »

http://www.histoire-en-ligne.com/spip.php?article154

Dans son poème « la métamorphose d’un vampire », Baudelaire reprendra le mythe de la femme voleuse de vie et tueuse d’homme: « La femme cependant de sa couche de braise…se tordant ainsi qu’un serpent sur la braise….je sais la science de perdre au fond d’un lit l’antique conscience. »

Dans les mouvements ouvriers du XIXème siècle, les femmes étaient accusées de voler le travail des ouvriers. Le travail de nuit leur était interdit, au prétexte de les protéger contre la prostitution.Paul Gauguin traitait de « bas bleu » sa grand-mère Flora Tristan qui avait consacré son existence à l’émancipation des femmes et créé les premières mutuelles ouvrières.

Attaques misogynes contre Hillary Clinton et Ségolène Royal

Plus récemment les candidates aux présidentielles Hilary Clinton et Ségolène Royal ont fait l’objet d’attaques misogynes violentes et injuste. Robin Morgan pour la première et Isabelle Alonso pour la seconde ont récapitulé les critiques infondées et sexistes dont elles ont été submergées.

Isabelle Alonso février 2007

Au début, quand Ségolène s’est alignée sur la ligne de départ pour l’investiture du PS et que les éléphants du PS l’ont accueillie par un tir de barrage misogyne, je n’y ai vu qu’un épisode de plus dans la très longue histoire du machisme politique. Je ne me fais pas trop d’illusions sur la capacité des institutions à se réformer en profondeur. Et je ne vois pas poindre à l’horizon la solide mobilisation des femmes sans laquelle rien n’est possible. Je vote donc par principe et sans illusions.

Petit à petit, à mesure que Ségolène Royal déjouait pièges et chausse-trappes avec un sens politique tout mitterrandien (compliment ? pas compliment ? ) jusqu’à l’investiture par les militants de base, il est devenu évident qu’il se passait quelque chose. Mais quoi au juste ?

Il se passe que quel que soit l’avenir de sa candidature, elle met en lumière des zones obscures. Qu’elle atteigne ou pas son but, la flèche Ségolène aura atteint en plein cœur la bonne conscience ambiante. Aujourd’hui, il est rare qu’on s’oppose publiquement au principe d’égalité des sexes. Il passe pour un acquis tellement consensuel qu’il n’y a plus rien à ajouter. Pensée magique. Prétendre allez plus loin et mettre le principe en pratique provoque un regard vide. Qu’est-ce qu’elles veulent encore ? Puisqu’on est tous d’accord ! Même que les femmes, on les adore ! Affaire classée. Mettre le sujet sur le tapis, c’est comme affirmer que la Terre est ronde. Il fut un temps où c’était subversif. Aujourd’hui ça passe pour tellement évident que c’est dépassé.

Sauf que non. Pas évident, pas dépassé. Le principe d’égalité continue à fabriquer de l’inégalité à tour de bras. La preuve, on l’a tous les jours depuis qu’une femme, est en position éligible. Nous sommes en 2007 et c’est la première fois ! Depuis un siècle et demi de république ! Comme dit la pub, toutes les premières fois sont difficiles. Là, manifestement, le corps social fait une poussée allergique. La confrontation entre principe et réalité, ça fait mal !

On peut, on doit même, critiquer, contester, débattre. C’est à ça que ça se reconnaît, une démocratie… Encore faut-il, dans un contexte électoral, que ce soit des idées qu’on agite. Des idées politiques et sociales, autant que possible. La simple apparition de Ségolène Royal a entraîné un tsunami de réactions. Les unes s’attaquent à ses prises de position. Une minorité, digne de débat. Les autres s’attaquent à sa légitimité. Une majorité, symptomatique du malaise dès qu’on passe du principe qui donne bonne conscience (pas de différences entre hommes et femmes) à la réalité qui inquiète (qu’est ce qu’elle fout là celle-là ?). On décline ainsi toute une variation sur le même thème… Marianne, oui, Ségolène, non. En principe, oui. En vrai, non. En voici quelques exemples, non exhaustifs…

« On va quand même pas voter pour elle juste parce que c’est une femme ! » Outre que personne n’a demandé à personne de voter pour elle ‘juste parce que c’est une femme’ , personne n’a non plus noté que ça fait cent cinquante ans qu’on vote pour des hommes parce que c’est tout ce qu’il y avait en rayon. Vous dîtes ? Y’avait des différences entre eux ? Y’avait le choix ? Ben y’a qu’à donner le choix ! Facile ! Suggestion pour l’UMP : choisir une femme ! Non ? C’est vrai qu’ils préfèrent payer des amendes plutôt que de faire voter pour des femmes ! Juste parce que c’est des femmes ? Ça marche que dans un sens alors… Y’a des moments, j’ai du mal à suivre…

« Elle est pas compétente ». Je me souviens que Balladur ne connaissait pas le prix d’un ticket de métro et que Giscard ignorait celui d’une baguette de pain. On en déduisait que ces grands bourgeois étaient loin du quotidien, mais pas qu’ils étaient incompétents. Mitterrand n’y connaissait rien en économie. On en déduisait qu’il était plus près des grands principes que des réalités. Pas qu’il était incompétent. Ségolène, elle, n’est pas à la hauteur paraît-il. Elle sait même pas combien on a de « sous-marins-nucléaires-lance-engins » ! Oh la nulle, elle est nuuuulle ! ! Si elle le savait, on dirait qu’elle est laborieuse, qu’elle a tout appris par cœur mais qu’elle est pas brillante… On pense à la fameuse phrase de Françoise Giroud : « La femme serait vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente. » ? (journal Le Monde – 11 Mars 1983). Car la question ne se pose pas pour ses concurrents. On les critique, certes, mais pas sur le mode condescendant que se permet le moindre plumitif inconscient de ses archaïsmes mentaux. Le message est toujours le même. Il n’y a pas si longtemps, des malades refusaient d’être opérés par une chirurgienne, des passagers descendaient de l’avion s’ils apprenaient que le pilote était une pilote. Les limites imposées aux femmes reculent, les préjugés changent de place mais restent en l’état. La même phrase, prononcée par un homme ou une femme n’est pas perçue de la même manière. Il n’y a pas de masculin à Bécassine. Des bourdes, ils en font tous, à longueur de temps. Si c’est un homme qui fait une bourde, celle-ci est isolée de celle qui la précède et de celle qui la suit. Il reste lui même. C’est tout. Si c’est une femme, la bourde qu’elle fait la transforme en gourde qu’elle est. Nuance. Vous trouvez que j’en rajoute ? Vous en voulez une, de bourde, que personne n’a relevé à ma connaissance ? Ça se passe sur TF1 le 5 février. Nicolas Sarkozy, à une question sur l’ouverture des magasins le dimanche, répond (à peu près, je cite de mémoire mais le sens y est) : « il faudrait que les magasins ouvrent le dimanche parce que les femmes n’ont pas le temps de faire LEURS courses en semaine puisqu’elles ont déjà leur boulot, les tâches ménagères, les devoirs des enfants, etc… » C’est pas de la belle bourde, ça ? Elle est pas rutilante, à l’heure de l’égalité affirmée ? Elle aurait pas mérité de soulever des questions ? Apparemment non. On va pas souiller l’image d’un véritable homme d’État avec des considérations sur la double journée de la domesticité. On pourrait peser l’importance respective du travail des femmes et du nombre de sous-marins-nucléaires-lance-engins-qui-ne-lancent-jamais-rien. Parions qu’on ne le fera pas. Sarko, on lui pose pas ce genre de question. Il est dispensé de CAP de président parce qu’il lui manque une patte au chromosome.

Variations sur le même thème : « Elle a pas la dimension. Elle a pas la carrure. Elle a pas la force. Elle a pas l’étoffe. Elle a pas les épaules. Elle a pas la voix… » Disons le tout net, elle a pas les couilles ! Et ça déroute… A force de ne voir, depuis des millénaires, que des hommes l’exercer, le pouvoir est aussi sûrement associé à la virilité que la sardine à l’huile et le chou à la crème. Les hommes y sont chez eux, ils baignent dedans. C’est leur milieu naturel. Et la République leur domaine réservé. Ceux qui ont un peu de mémoire se souviennent pourtant que la stature apparaît avec la fonction. Avant de devenir président, Mitterrand avait une image vieillotte, limite ringarde, de politicien de la IVème république. Chirac, lui, passait pour une sorte de gangster opportuniste limite dangereux, fan de tête de veau et de louches officines. Gageons qu’ils auraient gardé ces images s’ils n’avaient pas été élus à la « fonction suprême » qui permet, tatsoin, de réécrire l’histoire à posteriori.

« Elle a pas un bon taux de présidentiabilité (sic…) » Variante technocratico-cornecul de la précédente. Traduction : elle a pas un bon taux de testostérone. Cherchez pas plus loin, y’a pas plus loin. On est au top.

« Elle est pas outillée » Ben voilà ! Fallait oser ! Roger Hanin, beauf suprême, déjà ébouriffant dans sa nostalgie du bordel d’Afrique du Nord, qui est aux femmes ce que la plantation coloniale est aux Noirs, a au moins le mérite d’exprimer clairement ce que d’autres emballent dans le fumeux. C’est quoi, au juste, l’outil dont Ségolène n’est pas pourvue ? Demandez à Glucksman, Bruckner, Finkielkraut, Gallo, Benhamou et autres transfuges… Eux, ils savent.

« Elle fait la fille ». De très loin la palme de la tartuferie. Ségolène dénoncerait les effets du machisme ambiant sur sa personne et sur sa candidature, mais elle jouerait de sa féminité, sans scrupule ! Décryptons : être une femme est un désavantage, faudrait pas que ça se transforme en avantage ! Voilà qui serait scandaleux ! Nos vertueux défenseurs des valeurs républicaines veillent au grain. Elle a pas le droit ! Elle a des arguments que les autres n’ont pas ! Elle est belle ! Elle sourit ! Elle met des jolis petits habits ! Gageons que si elle la jouait austère, tailleur strict et col roulé on la trouverait puritaine, prude et coincée… Qu’une femme de pouvoir dissimule sa féminité et on la traite de mec. Qu’elle la laisse voir et on la traite comme une gonzesse. Pile tu perds, face tu gagnes pas, un petit jeu dont on ne se lasse pas. Elle fait la fille, faut pas qu’elle s’étonne d’être attaquée. Ça me rappelle quelque chose. Elle est en mini jupe, faut pas qu’elle s’étonne d’être agressée. Quel que soit son statut, une femme reste coupable de l’animosité qu’on lui oppose.

« Elle joue les victimes » : Le grand mot est lâché ! Victime ! Si c’est d’un cambriolage ou d’un ‘accident’ de la circulation, on peut le revendiquer. Mais si de près ou de loin on a l’air de suggérer que c’est de discrimination sexiste qu’il s’agit, censure immédiate ! La presse reprend le terme à tort et à travers, dénonce cet abus qui consisterait à « jouer les victimes » à « se poser en victime ». Victime de quoi, s’indignent-ils ? Comment pourrait-on être victime de quelque chose (le sexisme) qui n’existe pas ? On a inventé le mot « victimisme » pour discréditer la parole de celles qui osent élever la voix contre des violences qu’on ne reconnaît qu’une fois par an, le huit mars, pour mieux les passer sous silence le reste du temps.

« Elle est autoritaire ». A priori, l’autorité, qu’on qualifie volontiers de naturelle, a toujours fait partie de l’équipement minimum du leader politique. On imagine mal un dirigeant donnant dans la timidité, voire l’humilité… Mais si le dirigeant est une dirigeante, l’autorité devient un défaut. Pour illustrer cette idée, on passe une séquence où Ségolène demande à un journaliste d’attendre qu’elle ait fini de parler pour poser sa question. Il l’a interrompue au milieu d’une phrase, alors qu’elle s’adressait à quelqu’un d’autre. Ségolène lui parle de respect. Commentaire des journalistes : elle est sèche, cassante, elle fait sa maîtresse d’école. Sourions au passage de constater que l’image d’ « autorité » d’une femme ne renvoie pas à un général ou à un chef de bande, mais à une maîtresse d’école ! On en est là… Il a été prouvé maintes fois, par des études en tout genre, qu’une femme qui prend la parole a beaucoup plus de risques d’être interrompue avant la fin de son propos qu’un homme. Nous l’avons toutes expérimenté, et Ségolène ne fait pas exception. Elle demande à son interlocuteur, simplement, en douceur, de respecter sa parole. Le journaliste, scandalisé, se sent infantilisé, ramené à la seule époque de sa vie où une femme a exercé un pouvoir sur lui. Il n’a pas conscience qu’il n’aurait pas interrompu un homme. C’est comme ça. Il faut le vivre pour savoir que ça existe. On écoute davantage un orateur en fonction de son statut, qu’en fonction de l’intérêt de ce qu’il dit.

« Moi, une femme, j’ai rien contre, mais pas celle-là ». M’est avis que la bonne, celle qui ferait l’unanimité, serait un peu comme la femme parfaite, celle des magazines, belle, cultivée, pas chiante, bonne mère, bonne épouse, bonne femme d’affaires, bonne cuisinière, bonne maîtresse, bonne à tout faire, quoi… Même qu’elle aurait pas le temps de faire de la politique… A noter que cet argument a beaucoup été repris par des femmes du PS, dont on peut penser que quand elles disent : pas celle là, elles pensent : plutôt moi. A méditer pour ceux qui affublent les femmes de qualités spécifiques de gentillesse.

« Comme chuis une femme, je peux dire du mal… ». C’est Michèle Alliot-Marie qui a dit quelque chose comme ça. Sous entendu : sans me faire taxer de misogynie. MAM se trompe. Une femme peut tenir des propos misogynes et un homme des propos féministes. Le répètera t-on assez. Il s’agit de politique, il s’agit de vérité, il s’agit de rapports de domination, il s’agit de culture patriarcale. Les femmes le vivent. Les femmes féministes le vivent et l’analysent. Les hommes féministes l’analysent et ne le vivent pas. Les hommes pas féministes n’en ont rien à battre.

« C’est pas parce que c’est une femme qu’on peut pas la critiquer ». Certes. Et c’est pas parce que c’est une femme qu’on peut se permettre de la traiter comme une demeurée, une intruse, une clandestine, une accusée… Elle est une candidate unique en son genre. Malheureusement. Il vaudrait mieux pour la démocratie qu’une femme candidate et éligible n’attire plus l’attention en tant que telle.

Dites vous bien les filles qu’à travers Ségolène Royal, c’est vous, c’est nous qu’on juge. Nous toutes. C’est sur nous qu’on ironise, c’est nous qu’on déconsidère. Mépris, condescendance, cynisme, ignorance. Gageons qu’on aurait utilisé contre toute autre femme en position éligible les même arguments. De droite à gauche, de télé en magazines, on aurait infligé le même traitement à Alliot-Marie, Aubry, Guigou, comme jadis aux jupettes ou à Cresson. Il s’agit de nous intimider, il s’agit de nous maintenir sous contrôle. Il s’agit de garder les choses en l’état et les femmes à leur place. Et de continuer à prétendre contre toute évidence que l’égalité homme-femme est une réalité dans les esprits.

Au moment où j’écris ces lignes, j’écoute d’une oreille distraite un débat sur LCI, « Politiquement show », de l’excellent Michel Field. On parle de Ségolène et de la campagne. Ils sont cinq. Cinq hommes, déblatérant à l’infini, comme d’habe. L’autre soir, chez Guillaume Durand, (excellent aussi, bien sûr..) on parlait de… Ségolène. Outre l’animateur, dix invités. Huit hommes, deux femmes. Je vous laisse deviner le temps de paroles des unes et des autres. Et ainsi de suite. Qui a la parole ? Pour dire quoi ? D’où nous parle t’on ? Qui parle en notre nom ? Si vous n’avez pas bien compris le sens du mot androcentrisme, allumez la télé… A partir du moment où le credo officiel affirme que l’égalité est acquise, il n’y a plus de différence de point de vue entre les hommes et les femmes. Donc, il n’y a pas lieu de tenir compte du sexe des invités à s’exprimer sur les plateaux de télé. Seul le hasard (la compétence ?) mène à ce déséquilibre qui, de toutes façons, passe inaperçu.

Paraphrasons Voltaire. Je ne sais pas si je voterai Ségolène. Mais je me battrai jusqu’au bout pour que sa candidature soit respectée. C’est de la légitimité des femmes qu’il s’agit.

Source: site officiel d’Isabelle Alonso

http://www.isabelle-alonso.com/

Attaques misogynes contre Hillary Clinton et Ségolène Royal, par Sporenda (site Isabelle Alonso.)

En France et aux Etats-Unis, les femmes sont entrées dans la course à la présidence, mais elles ne l’ont pas gagnée. Ce n’est pas vraiment surprenant, les pionniers se battent pour défricher de nouvelles terres mais ce ne sont généralement pas eux qui engrangent les récoltes.

A cet échec, il y a eu certainement des causes politiques : chez Clinton, le fait qu’elle ait assez mal mené sa campagne, négligé certains états-clés, sous-estimé l’importance de l’internet dans une campagne moderne, son attitude paternaliste envers les noirs, les interventions maladroites de son mari, son vote pour la guerre en Irak, le fait qu’elle ait insisté sur son expérience, ce qui l’a fait apparaître comme la candidate du passé face au changement revendiqué par Barack Obama. Et finalement, son propre « sense of entitlement »—le fait que, donnée gagnante de la nomination démocrate au début de la campagne et considérant que cette nomination lui revenait de droit, elle ait sous-estimé l’outsider de l’Illinois, plus jeune, moins expérimenté mais moins politiquement usé qu’elle, qui l’a battue au finish.

Mais surtout ces échecs posent la question du poids que la rémanence d’un sexisme viscéral et irréductible a pu avoir sur le résultat de ces élections. Ce qui amène à poser la question : étant donné la persistance de préjugés sexistes apparemment indéracinables, est-ce que ces deux femmes avaient de vraies chances de gagner, est-ce que la France et les Etats-Unis étaient vraiment prêts à accepter une femme comme président ?

Peut-être la France, pourtant imprégnée de machisme latin, l’était-elle davantage ; en tout cas, le déversement de sexisme, inévitable lorsqu’une femme prétend accéder à une position de pouvoir jusque-là réservée aux hommes, a été plus discret, moins virulent, moins « premier degré » en France qu’aux Etats-Unis. A part le « qui va garder les enfants ? » de Fabius, et les références à Bécassine, finalement assez light, il n’y a pas eu vraiment d’attaques frontales contre la candidate socialiste, on est resté dans le subtil, l’allusif et le crypté, alors qu’Hillary Clinton a du essuyer un tir de barrage de haine misogyne pendant toute la durée de sa campagne.

La violence inouïe de ces attaques a d’ailleurs été un réveil pour les américaines trop optimistes qui croyaient être entrées dans l’ère post-féministe et pensaient en avoir fini avec le machisme néanderthalien. Juste un petit échantillon pour donner une idée de l’odeur de champ d’épandage qu’ont dégagé les medias US pendant la campagne des primaires : en plus de l’inévitable bitch (garce) et de ses variantes « big fucking whore » (grosse pute), « madam » (mère maquerelle), Clinton a été qualifiée de « cunt » (difficilement traduisible en Français, cunt est un mot très péjoratif référant au sexe féminin). Dans un champ sémantique différent mais tout aussi prévisible, elle a été stigmatisée de « castratrice », « frigide », « diabolique » (a she-devil), « lesbo » (dyke), « mégère » (nag), « Soeur Frigidaire » incapable de faire une bonne fellation, froide, une mère dominatrice cauchemardesque. « Quand je vois Clinton à la télé, déclare Tucker Carlson, journaliste à la chaîne MSNBC, je croise instinctivement les jambes » (when Clinton comes on tv, I unvoluntarily cross my legs).

Contradictoirement, elle a aussi été caractérisée comme une petite fille pleurnicheuse (crybaby-in-chief) qui aime jouer les victimes, crie « sexisme » dès qu’on devient méchant avec elle et qui cherche à accéder à la Maison Blanche en apitoyant les gens (can Hillary cry her way to the White House ?, interroge Maureen Dowd, éditorialiste du New York Times), ce qui prouve qu’elle n’est pas assez coriace pour le job.

Les mêmes medias lui ont reproché d’être insuffisamment féminine, « grinçante » (screechy), « stridente » (shrill), sa voix serait irritante comme le son des ongles raclant un tableau noir, c’est une mauvaise mère, « un monstre qui ne veut pas mourir » (a monster that just won’t die). En fait, ce qu’elle pourrait faire de mieux, c’est de mourir ! Car elle est trop âgée, c’est « une femelle vieillissante et aigrie » (an aging and resentful female). Rush Limbaugh, animateur du « Rush Limbaugh Show » et commentateur de droite ultra-virulent, a posé la question : « est-ce que les électeurs ont vraiment envie de voir une femme vieillir sous leurs yeux à la Maison Blanche ? » Quarante-trois présidents masculins ayant vieilli sous leurs yeux à la Maison Blanche ne leur ont apparemment pas posé problème. Hillary Clinton, c’est « votre première femme qui vous attend devant le tribunal des divorces » (everybody’s first wife standing outside probate court), « une vieille rosse finie » (a washed up old hag), « une vieille sorcière gloussante » (a cackling old witch). Elle est dominée par ses émotions et ses sautes d’humeur, c’est une hystérique, elle est folle à lier—des medias hostiles à la candidate démocrate ont systématiquement choisi, pour illustrer des articles la concernant, des instantanés d’elle où elle grimaçait, roulait les yeux, avait un air hagard ou halluciné.

Et, horreur, elle a des SEINS ; imaginez le chef suprême des armées de la puissante Amérique commandant des durs, des tatoués, des Marines, avec des SEINS ! Pire, Clinton a un VAGIN ; d’ailleurs, les femmes qui votent pour elles votent avec leur vagin, pas avec leur cerveau, et parce que c’est une « fellow vagina-American » (une collègue vaginale-américaine). Evoquant l’autre femme politique du camp démocrate, Nancy Pelosi, première femme à occuper le très important poste de Speaker of the House, Chris Matthews, journaliste animateur de l’émission « Hardball » sur MSNBC, pose la question : « est-ce que Washington est assez grand pour deux vagins ? » (is Washington big enough for two vaginas ?)

Les hommes qui votent pour elle sont des « castrés dans le choeur des eunuques » (castratos in the eunuchs’ chorus, de nouveau Chris Matthews), sa campagne électorale est « un crépage de chignon » (a catfight), elle hait les hommes et compte sur le soutien de « vieilles féministes affreuse » (ugly old feminists) pour être élue mais elle n’a jamais rien fait par elle même et s’est toujours cachée derrière son mari, qui la tient en laisse comme un caniche. Haro sur Hillary, à la niche Hillary ou, comme une paire d’épais crétins l’avaient inscrit sur le panneau qu’ils agitaient fièrement devant les caméras de télévision à l’un de ses meetings : « iron my shirt ! » (repasse ma chemise !).

A côté de cette misogynie primaire, obtuse et sans complexe, il y a aussi un sexisme plus subtil, moins facilement identifiable, plus vicieux parce qu’apparemment non haineux, sympathique, voire complice. Quand Laurent Fabius interpelle Ségolène Royal avec son fameux : « qui va garder les enfants ? », tout le monde comprend bien de quoi il s’agit : cette question est perçue à juste titre comme l’injonction d’un mâle dominant à une femme ayant l’audace de s’aventurer sur ses plate-bandes : vous êtes une femme et une mère avant tout, rentrez à la maison et laissez la politique aux hommes.

Quand, par contre, une jeune étudiante américaine demande à Hillary Clinton si elle préfère les diamants ou les perles, cela se reçoit comme une question frivole préparée par une jeune fille sans cervelle mais gentille et exprimant un degré de sympathie et d’intérêt pour Hillary. L’étudiante en question, Maria-Luisa, a rapporté ensuite que la chaîne d’information CNN lui avait demandé de préparer des questions sérieuses et des questions fun et légères, et que la question sérieuse qu’elle avait posée sur un site de déchets nucléaires avait été écartée par la chaîne, qui n’a gardé que celle sur les diamants et les perles. Néanmoins, cette question et celle de Fabius trivialisent pareillement Ségolène et Hillary et, ramenant les deux candidates aux préoccupations obligatoires des femmes—enfants, beauté, parure—elles les décrédibilisent politiquement en les réduisant à leur seule féminité.

Le sévère rappel à l’ordre de Fabius comme la niaiseuse complicité féminine de Maria-Luisa remplissent en fait des fonctions identiques : d’un coup de poing ou d’une pichenette, il s’agit de pousser la candidate dans LE piège sexiste par excellence, la double injonction contradictoire. « N’oublie pas d’être une femme ! » dit à la femme politique le bon vieux patriarcat par une de ses mille bouches, celle de Fabius ou de Maria-Luisa. D’accord, dit la candidate, effrayée d’encourir une réprobation unanime, de déplaire, de ne pas être aimée, que sais-je ; je vais faire des concessions et me donner du mal pour respecter le cahier de charges imposé au deuxième sexe. Toute contente, elle se dit que cela a des bons côtés : elle va pouvoir porter des jupes, des blouses en soie, poser en photo avec son bébé, qui sait même rejeter gracieusement la mèche qui lui tombe sur l’oeil ou s’esclaffer comme une gamine, en tout cas elle ne sera pas forcée d’endosser l’uniforme rébarbatif de la femme politique, l’éternel tailleur-pantalon, et elle pourra se dispenser d’adopter l’allure martiale de la ministre-virago style MAM.

Et donc elle ose « exprimer sa féminité » aux yeux de tous et non juste dans l’intimité pour le seul bénéfice de son compagnon. Elle ose des tuniques flottantes, des créoles, des cheveux longs et ondulés.

Halte-là, disent alors les machos de garde, vous êtes incontestablement féminine, mais comme une femme, une vraie, est par définition inapte à exercer le pouvoir, vous ne pouvez accéder à la magistrature suprême. Une femme féminine comme président, pensez donc : trop coquette, elle décalerait le sommet du G20 pour un brushing en vitesse chez son coiffeur, trop émotive, elle piquerait des crises de larme au moment d’envoyer des renforts en Afghanistan, trop influençable, elle se laisserait enjôler par le look 007 de Poutine ou le vibrato troublant de la voix de baryton d’Obama. Et c’est comme ça qu’on se retrouverait avec des dizaines de bases militaires américaines ou russes installées en territoire français.

La candidate refuse t’elle de se laisser entraîner sur ce terrain, arguant du fait que l’on ne demande pas à un candidat de sexe masculin si sa progéniture est convenablement babysittée ou s’il préfère les slips ou les caleçons ? Ose t’elle protester haut et fort contre le sexisme des medias ? On l’accuse alors d’être en colère (angry), hargneuse, stridente, on lui reproche sa voix qui monte dans les aigus. La stridence est, avec l’hystérie, un reproche tellement typique fait aux femmes politiques que certaines d’entre elles—Margaret Thatcher entre autres—auraient eu recours à un coach vocal pour poser leur voix dans les graves.

Rien n’a changé : la notion qu’une femme politique puisse accéder au leadership de haut niveau sans se masculiniser est illusoire. Jusqu’à présent, pratiquement toutes celles qui y ont réussi l’on fait—Golda Meir, Thatcher, Merkel—cette masculinisation s’accompagnant souvent d’une tentative de féminiser leurs adversaires masculins (ce qu’a fait Clinton avec Obama). Et le brio jubilatoire avec lequel Thatcher humiliait les députés du Labour lorsqu’elle répondait à leurs questions à la Chambre des Communes s’apparentait tellement au comportement d’une dominatrice chevronnée qu’on s’attendait à entendre claquer un fouet.

Le jour où des journalistes masculins vous décernent une paire de couilles symboliques et vous donnent une carte de membre honoraire dans le club très fermé des sévèrement burnés, vous savez que vous êtes prête pour la présidence : James Carville a ainsi accordé un tel brevet de « vir emeritus » à Hillary quand il a déclaré que « si elle donnait une de ses couilles à Obama, ils en auraient deux chacun »—dommage pour Hillary que la majorité des Américains ne pensent pas comme lui. Résultat immanquable de cette promotion (voir plus haut), vous vous faites traiter de « Attila the hen » (jeu de mot intraduisible sur Attila the Hun, surnom donné par les travaillistes à Margaret Thatcher), ou l’on vend sur internet des casse-noix en forme d’Hillary (noix, nuts en anglais a aussi le sens de testicules) ou des urinals avec son effigie au fond de la cuvette.

Si vous êtes forte, vous êtes trop forte ; si vous êtes femme, vous êtes trop femme. Pile tu perds, face je gagne. Les femmes politiques peuvent être ramenées à leur féminité essentielle par les chemins les plus inattendus : lorsqu’il est devenu clair qu’Obama avait rattrapé Clinton, de nombreuses voix se sont élevées dans le parti démocrate pour demander à cette dernière de s’effacer devant le sénateur de l’Illinois ; beaucoup de ceux qui essayaient ainsi de « ramener Hillary à la raison » le faisaient en invoquant, explicitement ou implicitement, le fait que c’est normal que ce soit la femme qui se sacrifie. Plus pervers encore que le double impératif contradictoire, le fait que pratiquement aucune femme politique n’ait pu accéder au pouvoir sans accrocher son wagon à une locomotive masculine.

Derrière toute femme ministre ou présidente se cache un homme : père (Roselyne Bachelot, Martine Aubry, Benazir Bhutto), mari (Ségolène Royal, Hillary Clinton, Violetta Chamoro, Kirchner), amant et/ou mentor (Edith Cresson, Rachida Dati, Sarah Palin). Sans tremplin masculin, pas de saut de l’ange. Le problème est que ce soutien est toujours hautement conditionnel, que le mâle dominant peut retirer sa faveur à sa favorite à tout moment et sans explication et que la brise masculine qui avait gonflé les voiles de l’ambitieuse sur son chemin vers le pouvoir peut se transformer sans prévenir en tempête hurlante qui naufrage son navire.

Ségolène Royal ne serait pas arrivée là où elle est sans François Hollande ; réciproquement, si Hollande n’était pas son ex-mari et ne tentait pas de la torpiller à chaque fois qu’elle prend une initiative, s’il n’avait pas fait du TSS (Tout Sauf Ségolène) un objectif prioritaire de son action de Secrétaire, elle serait sans doute plus avancée dans sa carrière politique.

Hillary Clinton est l’épouse du quarante-deuxième Président des Etats-Unis. Incontestablement, la machine de guerre démocrate construite par Bill Clinton pour le soutenir durant ses années présidentielles l’a bien servie pendant la campagne 2008 mais, comme je l’ai mentionné plus haut, les interventions maladroites et envahissantes de l’ex-président l’ont aussi beaucoup desservie. Ces ingérences maritales ont beaucoup déplu et ont fait craindre l’avènement d’une troisième présidence Bill Clinton si la candidate démocrate était élue, en vertu du stéréotype patriarcal qui veut qu’une femme ne peut qu’être l’obéissante créature de son mari, totalement sous son emprise et incapable de penser et d’agir de façon autonome. S’est on jamais soucié, en élisant un président mâle, de l’influence dangereuse que pourrait avoir sur lui une épouse au caractère affirmé ? Bill Clinton a soutenu sa moitié comme la corde soutient le pendu et, vu le lourd passif relationnel existant entre eux, on peut se demander si ses interventions pour l’aider ne relèvent pas en fait d’un désir inconscient de la torpiller.

Plus handicapant est le bagage d’images négatives que doit trimballer Hillary suite aux infidélités publiques et répétées de son mari. Souvent, sur des blogs et dans les medias, j’ai vu apparaître des arguments non dénués de validité tels que : Bill lui a menti pendant des années, à chaque fois qu’il l’a trompée, elle a toujours été « the last to know » (la dernière à savoir). Les politiciens et les chefs d’Etat ne sont pas des enfants de chœur, en politique la tromperie et le mensonge sont monnaie courante. Comment voulez-vous qu’une femme qui a été si facilement et si longtemps dupée par son mari puisse voir clair dans les bobards dont on ne manquera pas de l’abreuver, dans les traquenards dans lesquels on essaiera de la faire tomber lorsqu’elle sera chef d’Etat ?

Encore plus grave : comment voulez-vous, disent certain/es, qu’une femme qui a avalé des kilomètres de couleuvres, accepté l’inacceptable avec une incompréhensible obstination et joué les « long suffering wife » (les femmes martyres) pendant des années puisse tenir tête à ces politiciens-qui-ne-sont-pas-des-enfants-de chœur, à ces leaders d’états voyous qui chercheront immanquablement à l’intimider, à la faire plier, à lui tordre le bras figurativement parlant ? Peut-on attendre d’une femme qui, toute sa vie, a pris des coups sans les rendre, qu’elle knocke-oute Ahmadinejad et qu’elle fasse mordre la poussière à Poutine ? Politique, ton univers impitoyable n’est pas fait pour les chiffes molles : en faisant passer la sauvegarde de son mariage et de la carrière de son mari avant sa dignité, la candidate démocrate s’est taillé une image de paillasson qui lui collera à la peau pour le reste de ses jours. Qui plus est, elle est devenue LA victime archétypale de la perfidie masculine—quand on pense « femme abominablement trompée à laquelle son mari en a fait voir de toutes couleurs » aux USA, on pense Hillary.

Un leader étant par définition le contraire d’une victime, une personne identifiée comme victime par excellence ne peut pas devenir leader, CQFD. Et donc, autre situation lose/lose, les femmes ne peuvent gravir les premiers barreaux de l’échelle sans appui masculin mais vient quasi-inévitablement le moment où, la relation tournant à l’aigre, le compagnon-appui devient un compagnon-boulet qui entrave l’ascension de la candidate, quand il ne menace pas de la couler.

Clinton a bien essayé d’effacer cette étiquette de carpette en se surmachisant, en votant pour la guerre en Irak, en menaçant l’Iran de représailles, en entrant au Armed Services Committee du Congrès, en se vantant d’avoir essuyé le feu de tireurs embusqués à son arrivée à Beirouth et en descendant cul-sec bières et whiskies au zinc de restaurants routiers, peine perdue. La vision d’Hillary apparaissant stoïquement à la télévision aux côtés de son mari infidèle pour le soutenir est restée fixée dans toutes les mémoires. Cette femme bafouée, publiquement cocufiée aux yeux de la planète entière, et choisissant néanmoins la stratégie du « stand by your man » (défend ton homme) a certes suscité des éloges hypocrites pour son admirable dévouement conjugal mais elle s’est plus sûrement attiré le mépris de la part d’une partie des électeurs qui comprennent mal qu’elle puisse assez manquer de fierté pour défendre ainsi un homme qui l’a constamment maltraitée, ridiculisée, humiliée pendant la quasi-totalité de leur vie conjugale.

J’ai entendu des femmes traiter Hillary Clinton de « sacrée imbécile » (damned fool) qui fait honte à son sexe pour n’avoir pas eu le courage de quitter son mari après l’affaire Lewinsky. Suite à ce comportement, beaucoup en ont déduit qu’elle était pareille à ces femmes battues qui reviennent toujours à leur batteur, complice de son bourreau, le jouet consentant de la perfidie masculine, le punching ball volontaire de Bill, autrement dit, qu’« elle aimait ça ». Personne ne nie qu’elle soit courageuse, mais on ne lui reconnaît du courage que pour endurer, supporter, encaisser, pas pour attaquer, vaincre, dominer.

Mike Reagan, le fils aîné du Président, brode sur ce thème lorsqu’il écrit : « Hilllary est une dupe consentante, elle est la femme idéale du mari adultère. Tout époux adultère voudrait avoir Hillary Clinton pour épouse, il pourrait ainsi sortir et se donner du bon temps, sachant que sa petite femme fermera les yeux du moment qu’il est un bon travailleur, qu’il rapporte un bon salaire à la maison et lui achète ce qu’elle veut. Hillary Clinton a donné à son mari un permis de commettre l’adultère aussi longtemps qu’il payait ses factures, elle a acheté du pouvoir avec de la pitié ; la raison pour laquelle elle est au Sénat, la raison pour laquelle elle est candidate à la présidence (…), c’est parce que son mari l’a trompée ».

Et le multirécidiviste Chris Matthews porte l’estocade : « elle n’a pas gagné (la nomination démocrate) à cause de son mérite, elle a gagné parce que tout le monde a pensé : « mon Dieu, cette femme a été abreuvée d’humiliations ». Condamnée à vie à porter le stigmate de victime, Clinton est de plus accusée de l’avoir monnayé pour accéder à la présidence.

Ou si l’on considère que Hillary Clinton n’a accepté de pardonner Bill que pour ménager ses ambitions politiques, elle est alors représentée comme un Machiavel en jupon, une « dragon lady », une perfide manipulatrice déclinant au féminin les tactiques jésuitiques de la dissimulation, de la ruse et du froid calcul. Bécassine ou Cruella, dans la vision patriarcale, une femme qui ose afficher de hautes aspirations politiques tombe obligatoirement dans une de ces deux cases.

Pour Royal comme pour Clinton, leur carrière politique a été le résultat de la rencontre avec un homme, la conséquence d’une histoire d’amour et de désamour. Sans leur relation avec François et Bill, il assez probable qu’elles ne seraient pas entrées dans l’arène. Ce sont ces hommes qui leur ont mis le pied à l’étrier, c’est grâce à leur influence qu’elles ont obtenu leurs premiers postes. Pendant des années, elles ont été des épouses admirantes acceptant de mettre de côté leurs ambitions personnelles pour laisser la vedette à leur mari. Auraient-elles accepté de continuer à vivre dans l’ombre de leur grand homme si leur couple avait duré ? On peut se le demander. C’est identiquement l’éloignement affectif et l’infidélité de leur compagnon qui les ont poussées à rejeter ce rôle de faire-valoir et à prendre la décision de rouler pour elles.

L’entrée de ces femmes en politique n’est pas l’expression d’une vocation volontariste, comme dans le cas de ces ambitieux qui se sentent appelés à un destin national très jeune et pensent à la présidence pendant des années en se rasant. Elle apparaît hautement contingente, déterminée par les rencontres masculines, les intermittences du cœur, les avatars du couple. C’est une trajectoire aléatoire qui commence dans la dépendance et finit par l’autonomie, laborieusement conquise après un dur combat mené tant contre leurs propres conditionnements d’auto-limitation et leur dépendance affective que contre leur partenaire masculin, lorsque de tuteur/mentor celui-ci est devenu handicap. De plus, contrairement aux hommes dont toute l’énergie s’investit sur leurs objectifs de carrière, elles ont du mener ce long et pénible processus d’émancipation personnelle de pair avec le combat politique (et avec leurs responsabilités familiales).

Sporenda, Nov 2008


GOODBYE TO ALL THAT  (#2)                                           by  Robin Morgan

“Goodbye To All That” was my (in)famous 1970 essay breaking free from a politics of accommodation especially affecting women (for an online version, see http://blog.fair-use.org/category/chicago/).

During my decades in civil-rights, anti-war, and contemporary women’s movements, I’ve avoided writing another specific “Goodbye . . .”. But not since the suffrage struggle have two communities–the joint conscience-keepers of this country–been so set in competition, as the contest between Hillary Rodham Clinton (HRC) and Barack Obama (BO) unfurls. So.

Goodbye to the double standard . . .

–Hillary is too ballsy but too womanly, a Snow Maiden who’s emotional, and so much a politician as to be unfit for politics.

–She’s “ambitious” but he shows “fire in the belly.” (Ever had labor pains? )

–When a sexist idiot screamed “Iron my shirt!” at HRC, it was considered amusing; if a racist idiot shouted “Shine my shoes!” at BO, it would’ve inspired hours of airtime and pages of newsprint  analyzing our national dishonor.

Young political Kennedys–Kathleen, Kerry, and Bobby Jr.–all endorsed Hillary. Sen. Ted, age 76, endorsed Obama. If the situation were reversed, pundits would snort “See? Ted and establishment types back her, but the forward-looking generation backs him.” (Personally, I’m unimpressed with Caroline’s longing for the Return of the Fathers. Unlike the rest of the world, Americans have short memories. Me, I still recall Marilyn Monroe’s suicide, and a dead girl named Mary Jo Kopechne in Chappaquiddick.)

Goodbye to the toxic viciousness  . . .

Carl Bernstein’s disgust at Hillary’s “thick ankles.” Nixon-trickster Roger Stone’s new Hillary-hating 527 group, “Citizens United Not Timid” (check the capital letters). John McCain answering “How do we beat the bitch? » with “Excellent question!” Would he have dared reply similarly to “How do we beat the black bastard?” For shame.

Goodbye to the HRC nutcracker with metal spikes between splayed thighs. If it was a tap-dancing blackface doll, we would be righteously outraged—and they would not be selling it in airports. Shame.

Goodbye to the most intimately violent T-shirts in election history, including one with the murderous slogan “If Only Hillary had married O.J. Instead!” Shame.

Goodbye to Comedy Central’s “Southpark” featuring a storyline in which terrorists secrete a bomb in HRC’s vagina. I refuse to wrench my brain down into the gutter far enough to find a race-based comparison. For shame.

Goodbye to the sick, malicious idea that this is funny. This is not “Clinton hating,” not “Hillary hating.” This is sociopathic woman-hating. If it were about Jews, we would recognize it instantly as anti-Semitic propaganda; if about race, as KKK poison.  Hell, PETA would go ballistic if such vomitous spew were directed at animals. Where is our sense of outrage—as citizens, voters, Americans?

Goodbye to the news-coverage target-practice . . .

The women’s movement and Media Matters wrung an apology from MSNBC’s Chris Matthews for relentless misogynistic comments (www.womensmediacenter.com). But what about NBC’s Tim Russert’s continual sexist asides and his all-white-male panels pontificating on race and gender? Or CNN’s Tony Harris  chuckling at “the chromosome thing” while  interviewing a woman from The White House Project? And that’s not even mentioning Fox News.

Goodbye to pretending the black community is entirely male and all women are white . . .

Surprise! Women exist in all opinions, pigmentations, ethnicities, abilities, sexual preferences, and ages–not only African American and European American but Latina and Native American, Asian American and Pacific Islanders, Arab American and—hey, every group, because a group wouldn’t be alive if we hadn’t given birth to it. A few non-racist countries may exist–but sexism is everywhere. No matter how many ways a woman breaks free from other oppressions, she remains a female human being in a world still so patriarchal that it’s the “norm.”

So why should all women not be as justly proud of our womanhood and the centuries, even millennia, of struggle that got us this far, as black Americans, women and men, are justly proud of their struggles?

Goodbye to a campaign where he has to pass as white (which whites—especially wealthy ones–adore), while she has to pass as male (which both men and women demanded of her, and then found unforgivable). If she were black or he were female we wouldn’t be having such problems, and I for one would be in heaven. But at present such a candidate wouldn’t stand a chance—even if she shared Condi Rice’s Bush-defending politics.

I was celebrating the pivotal power at last focused on African American women deciding on which of two candidates to bestow their vote–until a number of Hillary-supporting black feminists told me they’re being called “race traitors.”

So goodbye to conversations about this nation’s deepest scar—slavery—which fail to acknowledge that labor- and sexual-slavery exist today in the US and elsewhere on this planet, and the majority of those enslaved are women.

Women have endured sex/race/ethnic/religious hatred, rape and battery, invasion of spirit and flesh,  forced pregnancy;  being the majority of the poor, the illiterate, the disabled, of refugees, caregivers, the HIV/AIDS afflicted, the powerless. We have survived invisibility, ridicule, religious fundamentalisms, polygamy, teargas, forced feedings, jails, asylums, sati, purdah, female genital mutilation, witch burnings, stonings, and attempted gynocides. We have tried reason, persuasion, reassurances, and being extra-qualified, only to learn it never was about qualifications after all. We know that at this historical moment women experience the world differently from men–though not all the same as one another–and can govern differently, from Elizabeth Tudor to Michele Bachelet and Ellen Johnson Sirleaf.

We remember when Shirley Chisholm and Patricia Schroeder ran for this high office and barely got past the gate—they showed too much passion, raised too little cash, were joke fodder. Goodbye to all that. (And goodbye to some feminists so famished for a female president they were even willing to abandon women’s rights  in backing Elizabeth Dole.)

Goodbye, goodbye to . . .

–blaming anything Bill Clinton does on Hillary (even including his womanizing like the Kennedy guys–though unlike them, he got reported on). Let’s get real. If he hadn’t campaigned strongly for her everyone would cluck over what that meant. Enough of Bill and Teddy Kennedy locking their alpha male horns while Hillary pays for it.

–an era when parts of the populace feel so disaffected by politics that a comparative lack of knowledge, experience, and skill is actually seen as attractive, when celebrity-culture mania now infects our elections so that it’s “cooler” to glow with marquee charisma than to understand the vast global complexities of power on a nuclear, wounded planet.

–the notion that it’s fun to elect a handsome, cocky president who feels he can learn on the job, goodbye to George W. Bush and the destruction brought by his inexperience, ignorance, and arrogance.

Goodbye to the accusation that HRC acts “entitled” when she’s worked intensely at everything she’s done—including being a nose-to-the-grindstone, first-rate senator from my state.

Goodbye to her being exploited as a Rorschach test by women who reduce her to a blank screen on which they project their own fears, failures, fantasies.

Goodbye to the phrase “polarizing figure”  to describe someone who embodies the transitions women have made in the last century and are poised to make in this one. It was the women’s movement that quipped, “We are becoming  the men we wanted to marry.” She heard us, and she has.

Goodbye to some women letting history pass by while wringing their hands, because Hillary isn’t as “likeable” as they’ve been warned they must be, or because she didn’t leave him, couldn’t “control” him, kept her family together and raised a smart, sane daughter. (Think of the blame if Chelsea had ever acted in the alcoholic, neurotic manner of the Bush twins!) Goodbye to some women pouting because she didn’t bake cookies or she did, sniping because she learned the rules and then bent or broke them. Grow the hell  up. She is not running for Ms.-perfect-pure-queen-icon of the feminist movement.  She is running to be President of the United States.

Goodbye to the shocking American ignorance of our own and other countries’ history. Margaret Thatcher and Golda Meir rose through party ranks and war, positioning themselves as proto-male leaders. Almost all other female heads of government so far have been related to men of power—granddaughters, daughters, sisters, wives, widows: Gandhi, Bandaranike, Bhutto, Aquino, Chamorro, Wazed, Macapagal-Arroyo, Johnson Sirleaf, Bachelet, Kirchner, and more. Even in our “land of opportunity,” it’s mostly the first pathway “in” permitted to women: Reps. Doris Matsui and Mary Bono and Sala Burton; Sen. Jean Carnahan . . . far too many to list here.

Goodbye to a misrepresented generational divide . . .

Goodbye to the so-called spontaneous “Obama Girl” flaunting her bikini-clad ass online—then confessing Oh yeah it wasn’t her idea after all, some guys got her to do it and dictated the clothes, which she said “made me feel like a dork.”

Goodbye to some young women eager to win male approval by showing they’re not feminists (at least not the kind who actually threaten the status quo), who can’t identify with a woman candidate because she is unafraid of eeueweeeu yucky power, who fear their boyfriends might look at them funny if they say something good about her. Goodbye to women of any age again feeling unworthy, sulking “what if she’s not electable?” or “maybe it’s post-feminism and whoooosh we’re already free.” Let a statement by the magnificent Harriet Tubman stand as reply. When asked how she managed to save hundreds of enslaved African Americans via the Underground Railroad during the Civil War, she replied bitterly, “I could have saved thousands—if only I’d been able to convince them they were slaves.”

I’d rather say a joyful Hello to all the glorious young women who do identify with Hillary, and all the brave, smart men—of all ethnicities and any age–who get that it’s in their self-interest, too. She’s better qualified. (D’uh.) She’s a high-profile candidate with an enormous grasp of foreign- and domestic-policy nuance, dedication to detail, ability to absorb staggering insult and personal pain while retaining dignity, resolve, even humor, and keep on keeping on. (Also, yes, dammit, let’s hear it for her connections and funding and party-building background, too. Obama was awfully glad about those when she raised dough and campaigned for him to get to the Senate in the first place.)

I’d rather look forward to what a good president he might make in eight years, when his vision and spirit are seasoned by practical know-how–and he’ll be all of 54. Meanwhile, goodbye to turning him into a shining knight when actually he’s an astute, smooth pol with speechwriters who’ve worked with the Kennedys’ own speechwriter-courtier Ted Sorenson. If it’s only about ringing rhetoric, let speechwriters run. But isn’t it about getting the policies we want enacted?

And goodbye to the ageism . . .

How dare anyone unilaterally decide when to turn the page on history, papering over real inequities and suffering constituencies in the promise of a feel-good campaign? How dare anyone claim to unify while dividing, or think that to rouse US youth from torpor it’s useful to triage the single largest demographic in this country’s history: the boomer generation–the majority of which is female?

Older woman are the one group that doesn’t grow more conservative with age—and we are the generation of radicals who said “Well-behaved women seldom make history.” Goodbye to going gently into any goodnight any man prescribes for us. We are the women who changed the reality of the United States. And though we never went away, brace yourselves: we’re back!

We are the women who brought this country equal credit, better pay, affirmative action, the concept of a family-focused workplace; the women who established rape-crisis centers and battery shelters, marital-rape and date-rape laws; the women who defended lesbian custody rights, who fought for prison reform, founded the peace and environmental movements; who insisted that medical research include female anatomy, who inspired men to become more nurturing parents, who created women’s studies and Title IX so we all could cheer the WNBA stars and Mia Hamm. We are the women who reclaimed sexuality from violent pornography, who put child care on the national agenda, who transformed demographics, artistic expression, language itself. We are the women who forged a worldwide movement. We are the proud successors of women who, though it took more than 50 years, won us the vote.

We are the women who now comprise the majority of US voters.

Hillary said she found her own voice in New Hampshire. There’s not a woman alive who, if she’s honest, doesn’t recognize what she means. Then HRC got drowned out by campaign experts, Bill, and media’s obsession with All Things Bill.

So listen to her voice:

“For too long, the history of women has been a history of silence. Even today, there are those who are trying to silence our words.

“It is a violation of human rights when babies are denied food, or drowned, or suffocated, or their spines broken, simply because they are born girls. It is a violation of human rights when woman and girls are sold into the slavery of prostitution. It is a violation of human rights when women are doused with gasoline, set on fire and burned to death because their marriage dowries are deemed too small. It is a violation of human rights when individual women are raped in their own communities and when thousands of women are subjected to rape as a tactic or prize of war. It is a violation of human rights when a leading cause of death worldwide along women ages 14 to 44 is the violence they are subjected to in their own homes. It is a violation of human rights when women are denied the right to plan their own families, and that includes being forced to have abortions or being sterilized against their will.

“Women’s rights are human rights. Among those rights are the right to speak freely–and the right to be heard.”

That was Hillary Rodham Clinton defying the US State Department and the Chinese Government at the 1995 UN World Conference on Women in Beijing (the full, stunning speech: http://www.americanrhetoric.com/speeches/hillaryclintonbeijingspeech.htm).

And this voice, age 22, in “Commencement Remarks of Hillary D. Rodham, President of Wellesley College Government Association, Class of 1969” (full speech: http://www.wellesley.edu/PublicAffairs/Commencement/1969/053169hillary.html)

“We are, all of us, exploring a world none of us understands. . . . searching for a more immediate, ecstatic, and penetrating mode of living. . . . [for the] integrity, the courage to be whole, living in relation to one another in the full poetry of existence. The struggle for an integrated life existing in an atmosphere of communal trust and respect is one with desperately important political and social consequences. . . . Fear is always with us, but we just don’t have time for it.”

She ended with the commitment “to practice, with all the skill of our being: the art of making possible.”

And for decades, she’s been learning how.

So goodbye to Hillary’s second-guessing herself. The real question is deeper than her re-finding her voice. Can we women find ours? Can we do this for ourselves?  Our President, Ourselves!

Time is short and the contest tightening. We need to rise in furious energy–as we did when courageous Anita Hill was so vilely treated in the US Senate, as we did when desperate Rosie Jiminez was butchered by an illegal abortion, as we did and do for women globally who are condemned for trying to break through. We need to win, this time. Goodbye to supporting HRC tepidly, with ambivalent caveats and apologetic smiles. Time to  volunteer, make phone calls, send emails, donate money, argue, rally, march, shout, vote.

Me? I support Hillary Rodham because she’s the best qualified of all candidates running in both parties. I support her because her progressive politics are as strong as her proven ability to withstand what will be a massive right-wing assault in the general election. I support her because she’s refreshingly thoughtful, and I’m bloodied from eight years of a jolly “uniter” with ejaculatory politics. I needn’t agree with her on every point. I agree with the 97 percent of her positions that are identical with Obama’s—and the few where hers are both more practical and to the left of his (like health care). I support her because she’s already smashed the first-lady stereotype and made history as a fine senator, and because I believe she will continue to make history not only as the first US woman president, but as a great US president.

As for the “woman thing”?

Me, I’m voting for Hillary not because she’s a woman–but because I am.

RM

February 2, 2008

New York City

 

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