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Archives de Tag: sexualité

Excision minimaliste « pour respecter la tradition culturelle » !

     Dans un avis contentieux rendu sur demande de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), le Conseil d’Etat vient apporter une nouvelle pierre dans le jardin du contentieux de l’asile touchant les fillettes menacées d’excision et de leurs parents. Refusant l’extension de l’unité de famille, principe général de droit applicable aux réfugiés, aux parents des jeunes filles pourtant protégées au titre de l’article 1A2 de la Convention de Genève, la Haute juridiction administrative va transférer la question du séjour des parents pourtant en charge de leur enfant mineure vers le droit commun des étrangers. Cette timidité jurisprudentielle illustre la méfiance du juge vis-à-vis de cette catégorie de réfugiées dont le risque de persécution trouve son motif dans l’appartenance à un certain groupe social en vertu d’arrêts de principe rendus par le Conseil d’Etat en décembre 2012 et qui concernent essentiellement des fillettes nées en France.

Excisions « minimalistes » : polémique aux Etats-Unis autour de la prise de position de deux gynécologues de Cleveland

23.02.2016
Deux gynécologues américains viennent de relancer de manière inattendue la polémique sur les excisions. Dans un récent article, les Drs Kavita Shah Arora et Allan J. Jacobs soutiennent que des excisions « minimalistes » permettant de respecter les traditions culturelles sans mettre en danger la santé des femmes, devraient être tolérées. « Nous ne disons pas que les interventions sur les organes génitaux de la femmes sont souhaitables, mais plutôt que certaines interventions devraient être tolérées par des sociétés libérales », écrivent les deux auteurs dans une revue spécialisée, le Journal of Medical Ethics.

Plutôt que de parler de mutilation génitale, ils préconisent d’utiliser le terme d' »altération génitale » pour décrire les différents procédés d’excision et les risques qui leur sont associés. Pour les deux spécialistes de Cleveland (États-Unis), deux types d’excisions pourraient être tolérées : celles qui n’ont aucun effet durable sur l’apparence ou le fonctionnement des organes génitaux ou celles qui modifient « légèrement » leur apparence, sans avoir d’effet durable sur la capacité de reproduction ou sur l’épanouissement sexuel des femmes. Toutes les excisions aboutissant à perturber la sexualité et le déroulement de la grossesse ou de l’accouchement doivent en revanche être interdits, selon eux.

Leur prise de position a suscité d’ores et déjà de très vives réactions. Ainsi du Pr Ruth Mackin du College de médecine Albert Einstein de New York, pour lequel « une tradition culturelle destinée à contrôler les femmes, même dans sa forme la moins nocive, doit être abandonnée ». Même réticences exprimées par Brian D. Earp qui redoute que l’autorisation d’excisions « minimalistes » aboutisse à un « fiasco », en multipliant les problèmes légaux, réglementaires, médicaux et sexuels.  Et, alors que les deux gynécologues de Cleveland comparent ces interventions « minimalistes » sur les femmes à la circoncision masculine qui est légale dans le monde occidental, ce chercheur américain en bioéthique préconise d’ailleurs une « attitude moins tolérante » face à la circoncision, soulignant que les enfants des deux sexes « ne doivent pas avoir leurs organes sexuels endommagés ou retirés avant qu’ils ne soient en âge de comprendre et de donner leur accord à ce type d’intervention ».

(avec AFP)

– See more at: http://www.legeneraliste.fr/actualites/article/2016/02/23/excisions-minimalistes-polemique-aux-etats-unis-autour-de-la-prise-de-position-de-deux-gynecologues-de-cleveland_289381?ecmp=NL_infodujour_20160223&nlToken=R5c1kcVn_rk9AoFqgx8E_njQVTHcLjmtKFRQ33QS2kFYRYnIJSjiJ282nePMtCNoSv_MHiwSQlQgAgA%3D#utm_source=gene&utm_medium=newsletter&utm_term=&utm_content=20160223&utm_campaign=NL_infodujour

Sexualité. Les mâles sont-ils tous détraqués ?

Publié le

https://www.contrepoints.org/2012/08/24/94913-harcelement-sexuel-desormais-tout-est-harcelement

En France, une femme est violée toutes les 7 mn et 30% des détenus seraient condamnés pour délits ou crimes sexuels.La majorité des victimes sont des femmes mais quelques hommes et des enfants des deux sexes sont concernés.

Il règne en France un climat délétère dans lequel le harcèlement sexuel concerne tous les hommes de toutes les catégories sociales et économiques.

la tribune fourmille d’anecdotes édifiantes. Y sont rapportées les remarques inconvenantes «d’un parlementaire qui déplore que nous portions un col roulé et pas un décolleté» ou d’«un conseiller ministériel qui demande, au retour des vacances, si nous sommes bronzée vraiment partout». Mais également, celle d’«un ami du président qui juge les journalistes d’autant plus intéressantes qu’elles ont un bon tour de poitrine». «Dans une usine visitée au pas de course, c’est un ministre qui s’amuse de nous voir porter des chasubles bleues réglementaires et glisse que ce serait mieux si vous n’aviez rien en dessous», peut-on encore lire.

Il y a aussi «les textos – classiques, récurrents, insistants», les invitations à se «voir le soir, hors des lieux et des horaires du pouvoir» et «les avances (qui) ne s’arrêteront qu’avec la menace d’une main courante pour harcèlement».

http:  www come4news com images users 1041 HarcelW%20copie jpg Abrogation de la loi sur le harcèlement sexuel

http://www.come4news.com/abrogation-de-la-loi-sur-le-harcelement-sexuel-158146

  • Soupçonné d’avoir violé quatre jeunes filles, un directeur de centre équestre de l’Eure a été écroué. Il avait déjà été condamné en 2007 et figurait sur le fichier des délinquants sexuels.http://www.leparisien.fr/faits-divers/eure-un-directeur-de-centre-equestre-recidiviste-accuse-de-viols-04-05-2015-4745431.php
  • Le 20 avril dernier, une dame de 94 ans était violée à son domicile par un cambrioleur http://www.ledauphine.com/france-monde/2015/04/21/biarritz-une-femme-de-94-ans-violee-a-son-domicile-l-agresseur-en-fuite
  • Samedi soir, le groupe d’amis s’est rendu à Étreillers pour une soirée privée à la salle des fêtes. Vers 21h30, la jeune femme de 20 ans est sortie fumer une cigarette lorsqu’une voiture blanche avec deux hommes à bord s’est arrêtée à son niveau. Les deux individus ont alors forcé la victime à monter dans leur voiture avant de démarrer. Le véhicule a roulé pendant environ 1h30 dans les villages alentours avant de revenir à Étreillers où les agresseurs ont redéposé la jeune femme non loin de la salle des fêtes…  Les deux suspects auraient environ 25 ans et l’autoradio de la voiture de couleur blanche diffusait de la musique rap à un volume sonore élevé, ce qui a pu attirer l’attention sur son passage.http://www.aisnenouvelle.fr/region/etreillers-deux-hommes-recherches-apres-un-viol-ia16b108n211685
  • entretiens donnés par des enfants qui témoignent de viols commis par des militaires en Centrafrique. Quatorze soldats français sont visés par ce rapport de l’ONU. 6 enfants de 8 à 13 ans témoignent dans un rapport de l’Onu : Sur les six enfants qui témoignent, quatre ont été victimes de violences sexuelles. Les deux autres rapportent des abus subis par leurs copains. Chaque fois, la version est presque semblable. Des militaires leur demandent une fellation en échange de nourriture. Les petites victimes donnent aussi des descriptions précises ou des caractéristiques physiques de leurs agresseurs présumés.http://www.metronews.fr/info/viols-presumes-en-centrafrique-le-recit-choc-des-enfants-devant-l-onu/moec!zTW84ArhtndM/

  • le bellâtre aux allures de top-modèle proposait à ses partenaires un rapport sexuel dans l’obscurité, et les yeux bandés. Un subterfuge en vérité. Car une fois l’étreinte terminée, ce n’est pas le beau et mystérieux Anthony, 37 ans, que découvraient ces dames, mais Michel*, un petit homme dégarni et bedonnant de 68 ans.Son stratagème, le sexagénaire en usait depuis 2009 au moins. Des rencontres « piquantes » avec des femmes « excitées » par son « scénario », soutient ce divorcé. Des « viols par surprise » pour le parquet de Nice, qui a ordonné son placement en garde à vue le 17 mars, avant qu’un juge d’instruction ne le mette en examen…

    Après recoupements, il est établi qu’il était en contact avec 342 femmes dans toute la France, dont 143 dans son département, et possédait des photos intimes de 200 femmes différentes,http://www.leparisien.fr/faits-divers/le-faux-play-boy-du-web-etait-un-sexagenaire-04-05-2015-4744097.php

L’homme français dans le métro d’après une enquête chinoise http://french.people.com.cn/VieSociale/7941287.html

  • Patrick Sébastien a fait chanter au public « une petite pipe avant d’aller au lit » à une heure de grande écoute samedi soir, dans son émission «Les années bonheur» sur France 2. Laurence Rossignol, secrétaire d’Etat à la Famille a réagi : «Je pense que ceux qui ont la responsabilité et la chance d’animer une émission doivent aussi se comporter dans le respect des familles. C’est une question d’abord de respect des enfants, parce que je trouve ça limite incestueux que de faire chanter ça dans une famille à 20h50. Or la lutte contre l’inceste et la pédophilie est une de mes priorités»,a réagi ce lundi Laurence Rossignol sur RTL.

Sur le net, une majorité d’internautes s’est exprimée contre l’indécence de l’animateur qui n’en est pas à son coup d’essai. Il s’est étalé maintes fois sur son amour des prostituées et affirme clairement son opposition à l’éradication de la prostitution et à la pénalisation des clients.« Les mêmes qui interdisent et qui veulent faire passer les clients des prostituées pour des délinquants sont les mêmes qui cautionnent la France à genoux qui suce le Qatar. »

En savoir plus : http://www.gentside.com/patrick-s%E9bastien/patrick-sebastien-dans-c-a-vous-039-039-la-classe-politique-je-la-trouve-indigne-039-039_art61235.html
Copyright © Gentside

http://www.leparisien.fr/tv/videos-patrick-sebastien-une-petite-pipe-qui-cree-l-emoi-04-05-2015-4744211.php

Patrick Sébastien se justifie en évoquant une grivoiserie innocente et compare sa chanson au « Zizi » de Pierre Perret ou aux gauloiseries de Georges Brassens dont il est loin d’avoir le talent. Sur la forme et le fond, Patrick Sébastien insulte ces poètes et musiciens que sont Brassens et Perret. Sur le fond, il montre son ignorance des engagements de ces deux auteurs qui ont eu le courage et l’esprit de braver l’hypocrisie de la morale de leur époque. Il n’y a rien d’obscène dans « le zizi » de Pierre Perret et les obscénités de Brassens sont le reflet de son engagement anticlérical dans les années 50 à 60..

Aujourd’hui, la pornographie étant généralisée et accessible à tous les enfants dès leur plus jeune âge-à 11 ans, ils auraient tous vu un film porno,-il n’y a aucun courage à sortir la pornographie de ses limites horaires théoriques. Or la pornographie véhicule une image dégradée et humiliante de la femme, contribuant ainsi à la sexualité détraquée des hommes, la discrimination des femmes et le sexisme en général. Il suffit de lire ci-dessus les paroles des hommes politiques à l’égard des femmes journalistes pour y retrouver ce conditionnement pornographique.

Naturellement, l’exhibitionnisme sexuel de Patrick Bastien est celui d’un homme qui s’adresse aux hommes et aux petit garçons en devenir d’homme.Habitué à la fréquentation des prostituées et des clubs de libertinage (partouzes)comme le 41 Chez Denise l’homme est imbibé, imprégné, obsédé par son sexe

Si encore il avait fait chanter au public « un petit cunnilingus avant d’aller dormir », on aurait pu le trouver courageux et féministe mais Patrick Sébastien incarne le gros macho franchouillard vénérant son phallus qui l’a porté au sommet du cercle des animateurs sexistes sans cervelle.

Le commerce du corps des femmes : GPA (mères porteuses) et prostitution

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Voici des titres récents et des plus anciens en rappel du site Sisyphe sur le thème de l’instrumentation du corps et de la sexualité des femmes.
GESTATION POUR AUTRUI, MÈRES PORTEUSES ET PATRIARCAT
* «Mères porteuses – gestation pour autrui», par Sandrine Goldschmidt, À dire d’elles
http://sisyphe.org/spip.php?article4749
* «Le remboursement des mères porteuses? Du délire!»,
par Céline Lafontaine, professeure de sociologie à l’Université de Montréal
http://sisyphe.org/spip.php?article4748
* «La cruelle chosification des femmes prostituées et des mères porteuses»,
par Pascale Camirand, éthicienne et féministe
http://sisyphe.org/spip.php?article4443
* «La maternité de substitution, une industrie grandissante»,
par Kajsa Ekis Ekman
http://sisyphe.org/spip.php?article4419
* «La légalisation de la gestation pour autrui», par Ana Pak, féministe laïque
http://sisyphe.org/spip.php?article185
* «Québec – Commentaires sur la réglementation entourant la procréation,
par le Conseil du statut de la femme du Québec (2010)
http://sisyphe.org/spip.php?article3596
* «L’éthique de la parole donnée : condition de l’engendrement de l’être et du savoir», par Louise Vandelac, sociologue, UQAM
http://sisyphe.org/spip.php?article217
PROSTITUTION ET TRAITE DES PERSONNES
* «Feuilleton – La disparue du Mouton Noir – Épisode 16. Comment Geneviève devient Marilyn», par Élaine Audet
Prostitution – Quand réalité et fiction se rejoignent
http://sisyphe.org/spip.php?article4751
* «Traite de personnes à Ottawa: au moins 150 femmes auraient été réduites à l’esclavage sexuel», par Derek Spalding, Ottawa Citizen
http://sisyphe.org/spip.php?article4746
* «Réponse au manifeste des 343 « salauds ». Non, Messieurs, la plupart des personnes prostituées ne le sont pas par choix», par Dimitri Guérin, étudiant
http://sisyphe.org/spip.php?article4747
* «Le manifeste des 343 bites tellement légères qu’elles se dressent à l’insu de leur cerveau», par Catherine Albertini, chercheure et membre de Choisir la cause des femmes
http://sisyphe.org/spip.php?article4750
* «Services sexuels pour les handicapés: la pitié dangereuse», par Catherine Albertini, chercheure et membre de Choisir la cause des femmes
http://sisyphe.org/spip.php?article3873
 
* Consultez quotidiennement le Fil de presse de Sisyphe:
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Ejaculation précoce : 20 à 30% des hommes sont concernés

Tout le monde peut voir en ce moment une publicité montrant des allumettes qui s’enflamment rapidement pour s’éteindre aussi rapidement afin d’ illustrer le mécanisme de l’éjaculation précoce qui affecterait près d’un homme sur trois, une maladie qui déstabilise profondément la sexualité des couples. Les femmes sont frustrées et se croient obligées de jouer les mamans, les infirmières et les psys pour consoler leur petit chéri tout penaud et mortifié. Les hommes sont mortifiés et honteux.

Contrairement à ce que les discours dominants veulent nous faire croire, la sexualité heureuse n’est pas simple, autant pour les hommes que pour les femmes. Malgré l’invasion de la pornographie qui impose des modèles de sexualité réducteurs et nocifs pour tout le monde, nous éprouvons de la difficulté à parler de ce domaine très intime lorsque ça ne se passe pas comme on peut le voir dans les films, le lire dans les romans ou l’entendre dans les médias. Chaque cas est particulier parce que chaque individu est unique. Il importe donc de se recentrer sur sa personnalité profonde et de ne pas tenter, forcément vainement, de vouloir se conformer à des modèles imposés par la société de consommation.

Il n’y a rien de plus beau et de plus exaltant que de rechercher en toutes bienveillance, dans l’écoute et l’échange, ce qui est la plus agréable pour le couple, en dehors des modèles et des diktats des pornographies et des sexologues auto proclamés.

L’éjaculation précoce se soigne

On comprend qu’un homme affecté par l’éjaculation précoce ait du mal à en parler et on ne peut le lui reprocher dans une société où la performance sexuelle masculine est érigée en obligation.

Que les hommes se rassurent, ils sont entre un sur cinq et un sur trois à en être atteints et cela n’a rien d’étonnant quand on sait à quel point l’être humain est sensible et sa psychologie complexe. L’éjaculation précoce pourrait être considérée comme une manifestation de la fragilité de la personne humaine, il n’y a pas de honte à avoir.

Par contre, l’homme qui ne veut pas admettre son problème et qui en rejette la faute sur sa compagne ou la société aurait des raisons d’avoir honte de son comportement irresponsable. La honte ne serait pas d’être éjaculateur précoce mais de ne rien faire pour se soigner.

Beaucoup de solutions sont proposées aux hommes atteints d’éjaculation précoce à condition qu’ils veuillent bien admettre qu’ils ont un problème et que cela peut se soigner. Malheureusement, la plupart d’entre eux ont honte de reconnaître que leur virilité est bancale. Certains se cachent égoïstement derrière une pudeur excessive sans se soucier des torts qu’ils causent à leur compagne. Par exemple, il n’est pas rare que ces hommes développent une jalousie morbide persuadés que leur amoureuse ira chercher ailleurs de meilleures performances sexuelles.

Les conséquences psychologiques, comportementales et relationnelles de ce déni sont graves pour le couple dont la frustration peut déboucher sur de l’agressivité mal contrôlée.

Aujourd’hui, plusieurs possibilités de traitement sont disponibles qui sont adaptées à chaque situation. Outre les techniques mécaniques de contrôle et les psychothérapies, un médicament, la dapoxétine vient de recevoir sont autorisation de mise sur le marché (AMM) en France, ce qui est à l’origine de la publicité cachée que l’on peut voir dans les médias.

A savoir sur les symptômes, les causes et les traitements de l’éjaculation précoce

http://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=ejaculation-precoce

Une campagne publicitaire qui cache les laboratoires Menarini

Je trouve proprement malhonnête (sic) et scandaleux que cette publicité pour le Proligy des laboratoires pharmaceutiques Menarini se fasse passer pour une information officielle et je trouve étonnant que le CSA puisse laisser passer une telle tromperie. Sous le couvert d’information sur l’éjaculation précoce, les hommes concernés et leurs compagnes sont invités à visiter un site dans lequel le sexologue de la République, Sylvain Mimoun fait un discours soit-disant explicatif sur cette maladie qui affecte autant d’hommes. Je me demande combien le sexologue médiatique a été payé par les laboratoires Menarini.

Je suis indignée par cette exploitation éhontée de la misère humaine. Il est certain que de nombreux hommes vont se précipiter sur le site indiqué dans la publicité et qu’ils vont se faire prescrire du Proligy ou rechercher de la dapoxétine  sur Internet. Or, ce médicament est contesté par la revue médicale Prescrire et ils’agit d’un antidépresseur qui peut avoir de nombreux inconvénients s’il est prescrit sans accompagnement thérapeutique et pris sans les  précautions d’usage pour les antidépresseurs. On sait que les antidépresseurs peuvent aussi provoquer des troubles de la sexualité, qu’ils sont incompatibles avec l’alcool, la conduite et toute activité nécessitant de la vigilance.

Le Priligy est un antidépresseur

Le Priligy est le nom commercial de la molécule dapoxétine.

La dapoxétine fait partie de la classe des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (IRSS). Elle est commercialisée sous le nom de Priligy® pour le traitement de l’éjaculation précoce chez les hommes de 18 à 64 ans, depuis la fin du mois de mars 2013 en France comme dans 25 pays Priligy – EMA Europe.http://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=ejaculation-precoce-sites-d-interet

http://www.futura-sciences.com/magazines/sante/infos/actu/d/medecine-priligy-ejaculation-precoce-plus-dangereux-quutile-46640/

Le Priligy plus dangereux qu’efficace contre l’éjaculation précoce ?

La revue Prescrire dénonce une balance bénéfices-risques défavorable. Ce médicament « apporte peu de progrès notables », estiment ses rédacteurs. Il « expose aux effets indésirables des ISRS, dont des troubles digestifs et neuropsychiques, des syndromes sérotoninergiques et des troubles de l’humeur », poursuivent-ils. Selon eux, « les autorités de santé de l’Union européenne auraient mieux fait de refuser [cette] AMM ».http://www.futura-sciences.com/magazines/sante/infos/actu/d/medecine-priligy-ejaculation-precoce-plus-dangereux-quutile-46640/

Que faire en cas d’éjaculation précoce ?

Messieurs, n’ayez pas honte d’en parler à votre médecin traitant et de lui demander de prescrire des analyses pour s’assurer qu’il n’y a pas de causes organiques ou physiologiques à votre problème. En fonction du résultat de ces analyses, il vous orientera vers un traitement adapté à votre cas personnel. N’oubliez pas que vous êtes unique et que ce qui convient aux autres ne vous convient pas forcément.

Rappel des traitements possibles ici http://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=ejaculation-precoce

Boostez-la, freinez-le : peine à jouir contre éjaculateurs précoces

La dernière pub de « Durex orgasmique » a de quoi laisser pantois. La vidéo montre un disque qui va trop lentement marqué du symbole femelle et un disque qui va trop vite marqué du sigle mâle. Le « dispositif médical » de Durex promet de remédier à la chose.

Quelle vulgarité et quelle bêtise ! Alors comme ça, les femmes seraient des peines à jouir et les hommes des éjaculateurs précoces ? Voilà qui ramène le plaisir sexuel à bien peu de choses mais nous avons l’habitude de cette mécanisation du coït grâce à la vulgarisation d’une sexologie de bazar calquée sur les modèles pornographiques qui la ramènent à une génitalisation masturbatoire essentiellement phallique. Le pénis, sa bandaison et son éjaculation sont toujours au centre du débats et de tristes ébats.

Avec un tel modèle de relations entre femmes et hommes, il ne faut pas s’étonner de la recherche permanente de partenaires, le nomadisme sexuel, pour mettre la clef phallus dans le maximum de serrures vaginales, anales, buccales, une obsession frustrante qui conduit les pratiquants à la dépression, une spécificité française. Les nomades sexuels oublient facilement qu’autour d’un pénis ou d’un vagin, il y a une personne et que l’être humain ne serait pas humain s’il ne possédait l’aptitude à communiquer. Attention, il ne s’agit pas de communication telle qu’elle a été phagocytée par les nouvelles technologies de communication. Il s’agit de véritable échange fondé sur le respect d’autrui, de la curiosité d’autrui, de l’intérêt pour autrui et de la bienveillance profonde et universelle, jusqu’à l’amour de l’autre.

Dépouiller les pratiques sexuelles de toute notion d’affect ne peut conduire qu’au suicide  virtuel ( autosabotage de sa vie, conduites à risques dont l’alcool et les drogues chez les jeunes en particulier) ou réel. Le totalitarisme idéologique des vieux cochons capitalistes voudrait faire oublier que l’être humain est sensible, sentimental et affectivement fragile.

La nuit, les ondes de nombreuses stations radio bruissent de témoignages impudiques qui parlent essentiellement de la mécanique du sexe. On détaille l’utilisation de son machin, des trucs qu’il convient de faire pour améliorer son fonctionnement, des combines susceptibles d’amener la partenaire à subir les fantasmes  de l’homme immature et si on n’y parle pas franchement de viol, ça y ressemble beaucoup. L’homme voudrait toujours le faire et si la femme ne veut pas c’est qu’il ne sait pas y faire. Animateur et auditeurs vont gentiment le guider pour y parvenir.

Il faut avoir une piètre idée des relations hommes/femmes pour s’imaginer que les femmes seraient plus heureuses que ça aille plus vite et que les hommes ne sont pas capables de faire durer leur propre plaisir et celui de leur chérie. Euh, pardon, dans ces modèles de relation intime, il n’y a pas de chéri ou de chérie, on ne s’attend pas à ce que des machines génitales éprouvent des sentiments.

La partouze, réseau occulte des puissants ?

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On entend souvent parler de réseaux occultes qui rassembleraient les gens de pouvoir, leur donnant les moyens d’unir leurs forces pour continuer à dominer et contrôler les petits.

On cite le lobby des Francs-maçons, le lobby juif. On parle du Siècle, de cercles franco-anglais. On évoque les Illuminati, Bilderberg. On démasque l’influence de l’Opus Dei, de l’Ordre de Malte.

Il semble que les puissants, comme les parents, se disputent devant les enfants/peuple mais font l’amour quand la porte de la chambre est close. Malgré les apparences, on subodore des ententes, des contrats verbaux, des échanges d’information, des partages de territoires, des alliances solides, des marchés gagnant/gagnant et donnant/donnant.

Dernièrement, entendant parler d’anodin « libertinage » à propos de DSK, je me suis souvenue de tous ces témoignages d’hommes friands de sexage collectif. Me prenant pour une idiote ou voulant m’émoustiller, ils m’ont fait des confidences qui ne sont pas tombées dans l’oreille d’une sourde.

Je précise que personnellement, je n’ai aucune expérience de terrain mais je crois à la sincérité des confidences que j’ai reçues.

J’ai appris que le libertinage était aux puissants ce que la partouze est au peuple.

La partouze c’est l’échangisme organisé ou pas, entre copains ou en famille dans son HLM ou dans une boîte de province ou de banlieue. On boit de la bière, on met un film porno et on rigole bien fort.

Ou alors, on se rend à une adresse connue. Un buffet campagnard vous attend avec pâté de campagne et saucisson, vin rouge à volonté. Puis on pioche dans la corbeille à préservatifs et on descend ou on monte dans un espace sombre où on peut regarder, participer de préférence en couple, un morceau de saucisson coincé entre les dents mais le marteau piqueur habillé.

La partouze, c’est aussi la rencontre quasi familiale organisée par un patron de médecine et ses internes qui, grâce à leur participation enthousiaste, hériteront de la trilogie si recherchée clinique/professeur chef de service/enseignant-chercheur.

Le libertinage, ce n’est pas la partouze populaire. Beurkk! C’est une rencontre entre couples, organisée soigneusement autour de plats raffinés, de vins et de champagnes millésimés éclairés par des chandeliers baroques, éventuellement sous des lambris dorés chez des particuliers ou dans des endroits extraordinaires.

On se retrouve à Vienne dans les loges fermées de l’opéra où on jouit doublement de la musique et des corps. On file dans un hôtel de luxe à Nez-York (le Sofitel, peut être ?) et on y rencontre des puissants de toute la planète pour un divertissement raffiné entre gens très bien dans une ambiance recueillie et très concentrée.

Un libertin autoproclamé m’a ainsi raconté que l’intérêt de ces rencontres était de percer à jour la psychologie des participants. L’expression de la sexualité révélerait la véritable personnalité de chacune et chacun et, par la suite, dans les « affaires sérieuses » de prévoir et de contrôler ses réactions. Ce même libertin m’a dit dans la foulée : « Sarkozy est très gentil, c’est un ami ». Qu’auriez-vous conclu à ma place ?

Les séances de libertinage seraient réservées au gratin du gratin. Y participeraient des présidents de la République, des hauts fonctionnaires, des célébrités du show business, des énarques, des avocats de renom, des propriétaires et responsables de médias, des chirurgiens réputés, des politiques émérites et des hommes d’affaires du Cac 40… N’oublions pas les rencontres homosexuelles libertines qui n’ont rien à voir avec ce qui se pratique dans les toilettes des gares ou les back rooms des cafés du Marais.

Outre les ragots et les tuyaux qu’on échange autour d’un verre entre les ébats, ces réunions ont surtout l’intérêt de resserrer les liens, au sens propre et figuré, mais surtout de se tenir par la barbichette. Je te tiens, tu me tiens. Ainsi, les ententes contre nature, les magouilles, les fraudes, les accords et les marchandages resteront ignorés du peuple qui trime, paie des impôts, peine à s’assurer des retraites décentes et donner à ses enfants les chances d’un avenir meilleur.

Dans ces divertissements, les femmes serviraient d’appât. Elles doivent être jeunes, belles, sexy, affriolantes et bien décorées grâce à leurs bijoux bling bling, leurs vêtements et sous vêtements haute couture et leurs jambes sans fin mises en valeur par des escarpins à fines aiguilles recouverts en peau de serpent.

Je n’ai fait qu’entendre des confidences mais je suppose que « tout le monde sait mais respecte l’omerta ».

Femmes et dysfonctionnements sexuels

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Le site québécois « Passeport santé » est ma principale référence pour la santé en général, y compris la diététique et l’information sur les traitements et les maladies ainsi que la biologie. Le site est très éclectique, traite de toutes les formes de médecine et ne pousse pas à la consommation de traitements, y compris la chirurgie. De plus, ce site offre une garantie de sérieux grâce à la présence de médecins contributeurs.
 
Comme je voulais en savoir plus sur la dopamine, un neurotransmetteur du plaisir, j’ai fait une recherche et hje suis tombée sur cet article « La disfonction sexuelle chez les femmes : un sujet tabou. J’ai tellement lu de bêtises sur la question que j’ai lu l’article avec intérêt. Je vous le livre donc avec mes commentaires au fil de sa lecture.
http://blogue.passeportsante.net/johanneblais/2009/12/
 
 
 

Blogue de Dre Johanne Blais

Archives – décembre 2009

14 décembre 2009

La dysfonction sexuelle chez les femmes: un sujet tabou

Depuis plusieurs années, on parle beaucoup de la dysfonction sexuelle chez l’homme et on a vu arriver plusieurs produits pour redonner de la vigueur sexuelle à nos hommes. On voit d’ailleurs de nombreuses publicités, parfois très cocasses, concernant la dysfonction érectile.

Je reçois tous les jours dans mes spams de la pub pour le viagra et surtout pour agrandir le pénis « enlarge your penis »…Je reçois également des propositions de rencontres « chaudes », pour hommes toujours. Rien pour améliorer la sexualité des femmes.

Du côté des femmes, le sujet de la dysfonction sexuelle est rarement abordé parce qu’il est mal compris et donc plus ou moins bien traité. Selon la Dre Nathalie Gamache, gynécologue à Ottawa, « il existe une composante génétique dans l’intérêt pour la sexualité à savoir qu’environ 25 % des femmes accordent beaucoup d’importance à leur sexualité, 50 % y accordent une importance modérée et 35 % préféreraient lire le journal en prenant du thé ».

Je doute que ce soit « génétique ». Dans toutes les sociétés, les hommes sont encouragés à exercer et pratiquer la sexualité quand les femmes sont incitées à réserver leur virginité à leur seul époux. Elles sont surveillées, épiées, enfermées, controlées pour ne pas succomber à leur désir sexuel. Dans de nombreuses sociétés, elles sont excisées pour supprimer leur désir sexuel au profit de la famille, faire des enfants, s’occuper de la maison, s’occuper des parents âgés y compris les beaux-parents et nourrir tout le monde, y compris en travaillant dans les champs. Un infirmier sénégalais m’a dit  » on sait que les femmes sont portées sur le sexe, alors on leur enlève le clitoris et après, c’est fini, elles ne pensent plus qu’à la maison et leur mari ». Autentique! Rappelons qu’en Egypte, plus de 80% des femmes, musulmanes et chrétiennes, sont excisées.

Saviez-vous que près de 1 femme ménopausée sur 2 signale une baisse de désir sexuel? Cette baisse du désir peut être attribuable à de multiples facteurs biologiques, physiques, psychologiques, culturels, avec en plus probablement une composante génétique, tel que mentionné précédemment.

La diminution du désir sexuel, c’est-à-dire le déclenchement du désir, ce chatouillis particulier qui se manifeste au niveau du sexe mais aussi à la pointe des seins, au sommet du crâne, dans la poitrine ou dans n’importe quelle autre partie du crops, est une réalité chez les femmes mais aussi chez les hommes. L’excitation sexuelle peut survenir dans de nombreuses circonstances qui n’ont pas toujours pour objet une autre personne. Une émotion esthétique peut aussi déclencher une excitation de même que l’alcool et certaines drogues provoquent une excitation sexuelle, une envie de « baiser » en soi. Une amie m’a raconté qu’alors qu’elle se trouvait faire des recherches à la British Library de Londres, un lieu historique magnifique, elle fut envahie par une excitation extrême au point qu’elle s’enferma dans les toilettes pour se masturber.

Dans l’intérêt de sa vie sociale, qui implique des relations respectueuses et harmonieuses avec autrui, l’individu apprend à contrôler sa sexualité soit en se masturbant, soit en la sublimant dans le sport, la création artistique ou toutes sortes d’autres activités.

Il y a problème quand l’individu ne sait pas contrôler ses élans sexuels et qu’il les impose sous la contrainte violente ou psychologique à d’autres personnes. Malheureusement, beaucoup d’hommes sont encouragés par la société à exercer leur sexualité à tous prix, sans tenir compte du désir des partenaires. Trop d’hommes pensent qu’ils sont régis par leur hormone mâle, la testostérone, qu’elle est irrépréssible, incontrolable, que c’est une fatalité et que leurs besoins sexuels doivent être satisfaits. C’est actuellement le coeur du débat sur la pénalisation du client des prostitués, en France.

 

Ainsi, on sait que l’oestrogène et la progestérone libèrent des neurotransmetteurs (ocytocine et dopamine) qui entrent en jeu dans le désir et la réponse au désir chez les femmes. Mais il faut aussi se rappeler qu’il y a des différences biologiques dans la réponse sexuelle chez la femme et chez l’homme, dont on doit tenir compte.

Les neurobiologistes disent qu’il y a très peu de différences entre le cerveau de la femme et celui de l’homme anatomiquement parlant. La différence est induite par une quantité de testostérone, hormone mâle, plus importante chez l’homme mais surtout par la dopamine, neurotransmetteur du plaisir et indicateur de la satisfaction. Or le stress chez l’enfant peut engendrer un déséquilibre de l’action de la dopamine qui va laisser des cicatrices dans le cerveau. C’est, entre autres, l’une des causes de l’addiction aux drogues. L’influence de l’acquis prédomine sur l’inné, à la fois biologiquement, psychologiquement et sociologiquement. Les différences éducatives attribuées aux petites filles d’une part et aux petits garçons d’autre part, sont plus déterminantes dans leur comportement futur que leurs différences sexuelles.

.http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/lateteaucarre/index.php?id=103352

Des douleurs durant les relations sexuelles, des problèmes liés aux voies urinaires, de l’anorgasmie, peu ou pas de préliminaires peuvent engendrer des problèmes de dysfonctionnement sexuel. À cela peut s’ajouter une mauvaise perception de l’image de soi, un niveau de stress trop élevé au travail ou à la maison, un manque de sommeil, certains médicaments, ou encore un manque de communication dans le couple, etc. Tous ces éléments doivent être pris en compte.

Quand les hommes lancent aux femmes qu’elles sont des « mal baisées », ils oublient trop souvent qu’ils en sont responsables. Le comportement du partenaire pendant l’acte sexuel est déterminant pour la qualité des relations et l’épanouissement de la sexualité de l’un comme de l’autre. Malheureusement, de part leur conditionnement, les hommes confondent souvent éjaculation avec plaisir, pénétration avec amour alors que, le plus souvent, la femme s’implique totalement dans l’acte sexuel, coeur, âme et toutes parties du corps confondues, même sans contrat de mariage ou d’engagement durable.

Trop de femmes ont été forcées, contraintes, violées, malmenées, maltraitées pour pouvoir s’abandonner sans réticence et en toute confiance à leurs ébats.

Conditionnés pour être des coqs de basse-cour, « Rentrez vos poules, je sors mon coq », disait une mère à ses voisines en parlant de son fils et de leurs filles..les hommes sont aussi des victimes car ils passent à côté de toutes sortes de plaisir et de jouissances profondes en se focalisant sur le protocole social bandaison-pénétration-éjaculation. Ils auraient tout à gagner en posant leur épée et en se servant de leurs mains nues et de tous leurs sens pour communiquer avec les femmes.

Et cette fameuse testostérone que les hommes ont en beaucoup plus grande quantité que les femmes, est-ce que cela pourrait jouer un rôle? Les avis sont partagés. Certains spécialistes affirment que la testostérone déclenche le désir sexuel aussi bien chez les femmes que chez les hommes. Ainsi, une faible dose de testostérone aiderait certaines femmes.

D’autres experts suggèrent que tout traitement expérimental par la testostérone devrait être fait par des cliniciens expérimentés et n’est pas recommandé pour toutes les femmes ayant un trouble du désir sexuel. Spécifions qu’il n’existe actuellement au Québec et au Canada aucune préparation de testostérone destinée spécifiquement aux femmes.

Mais avant tout, mesdames, si vous ressentez un problème de dysfonction sexuelle et que cela diminue votre qualité de vie (source de détresse, anxiété…), discutez-en avec votre partenaire et parlez-en aussi à votre médecin de famille. Il n’y a pas d’âge pour avoir une santé sexuelle satisfaisante.

Références

Dewailly Marine, Dodin Sylvie. Baisse du désir sexuel – la ménopause a le dos large! Le médecin du Québec, volume 44, numéro 12, décembre 2009, pp 59-64.

le drame de l’excision par Louisiane Doré-Miloch

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On oublie trop facilement que la discrimination et l’oppression les plus répandues au monde sont celles des femmes.Leur infériorisation, leur obligation de soumission est inscrite dans leur tête par l’éducation et dans leur corps par le costume, les accessoires, le maquillage, le tatouage et les mutilations sexuelles dont l’excision est la forme la plus extrême.En France, on continue à exciser les petites filles malgré l’interdiction de la pratique. Mais qui s’en soucie. Les Français méprisent leurs femmes et les discriminent dans tous les domaines de la société alors ils ne vont pas prendre des mesures radicales pour les petites filles africaines.Le mois dernier, voyageant dans un bus, j’ai été bouleversée par les hurlements d’une petite africaine d’environ 8 ans qui sanglotaient fort, se levait, trépignait, criait « pipi », « pipi » tandis que la femme qui l’accompagnait restait impassible, ne lui jetant pas même un regard jusqu’à ce qu’exaspérée par les hulements de la gamine, elle la gifle en lui ordonnant de s’asseoir. A ce moment, je suis intervenue pour défendre la fillette et comme nous arrivions à la gare du Nord, le couple est descendu. Une autre passagère étant tout aussi choquée que moi, nous avons commenté la scène et réalisé que toutes deux nous avions pensé à la même chose: la fillette venait d’être excisée et souffrait le martyre désignant par « pipi » le lieu de sa souffrance….L’article collé ci-dessous est la préface de l’ouvrage de Louisiane et j’y relève quelques erreurs:pas besoin de stimulation directe du clitoris pour le plaisir. La pénétration, par sa mécanique, stimule le clitoris dont les racines entourent les nymphes et se prolongent jusqu’au périnée
- les femmes qui ont perdu leur clitoris peuvent éprouver du plaisir pour les raisons ci-dessus
- aujourd’hui, on peut reconstruire le clitoris, Dr Foldès à Versailles, en tirant sur ses racines et en les faisant ressortir.Il est important de donner de l’espoir aux femmes excisées, de là mon commentaire ci-dessus.
http://www.carevox.fr/femmes-grossesses/article/l-excision-couper-les-petites

 

L’excision, une pratique ancestrale qui consiste en l’ablation totale ou partielle du clitoris et des petites lèvres, est une mutilation sexuelle dont sont encore victimes de nombreuses femmes à travers le monde.
Les mutilations génitales féminines sont en effet pratiquées par certaines ethnies en Afrique de l’ouest à l’est, mais aussi dans d’autres régions comme la péninsule arabique ( Yémen, Oman ) et en Asie ( Indonésie et Malaisie).
En Afrique, 1 femme sur 3 serait concernée par cette pratique. soit 130 millions* ! Et le phénomène perdure puisque 3 millions de petites-filles seraient excisées chaque année.
Outre la douleur intolérable, et les risques d’infections ou d’hémorragies pouvant entraîner la mort, ces pratiques ont des conséquences psychologiques très graves sur les victimes. Des rapports sexuels douloureux, des accouchements à risques et parfois même le suicide sont le lot commun de ces femmes sacrifiées.
Le Docteur Gérard ZWANG, Président d’honneur de l’Association contre la Mutilation des Enfants, revient sur l’histoire et les raisons de cette tragédie dans sa préface du livre « Le Drame de l’Excision » que nous publions ci-dessous.

Un charmant souvenir d’enfance

Vous êtes une jolie petite africaine de trois ans, une « délicieuse négrillonne » auraient dit les belles dames blanches à ombrelle se promenant sur les rives du Fleuve, aux temps de la reine Victoria. Joyeuse et insouciante, vous vous amusez bien avec vos frères et sœurs, avec vos petits amis du village. Et puis un jour votre mère vient vous chercher et vous ramène à la case. Là une bonne femme que vous n’avez jamais vue, mais qui a l’air revêche, vous dévisage d’un air entendu, et confirme à votre mère que c’est bien le moment. Et votre bonne maman s’assied, vous prend sur ses genoux et, de façon imprévue, vous coince les bras sous les siens et saisit vos genoux qu’elle écarte. Qu’est-ce qui se passe donc ? Car la bonne femme se met à genoux devant la chaise, s’empare d’un rasoir qu’elle tire de son boubou, elle vous pince de façon bizarre et alors, horreur, approche son outil de votre corps et vous inflige une douleur abominable, atroce, impensable, suffocante. Vous hurlez, vous vous débattez, mais votre mère ne vous lâche pas, attendant d’être sûre que « c’est fait ». Oui, c’est fait, le mal est fait, c’est sûr, et l’endroit ne vous procurera jamais de plaisir. Vous saignez, malgré l’emplâtre qu’on vous inflige. Pendant des jours faire pipi va devenir une torture, vous pleurez, plus question de courir, de patauger dans le marigot. Et au lieu de vous plaindre maman vous assure que vous voilà « bien propre », et désormais « une grande fille ». Elle est toute fière…

C’est sur les bords du Nil que vous êtes née. Vous êtes une petite fille normale, pas plus dissipée ni désobéissante que les autres. Et pourtant vous savez qu’un jour, alors que vous n’avez rien fait de mal, et qu’il n’y a pas de raison de vous infliger une terrible punition, il va vous arriver quelque chose d’horrible. Ce qui est arrivé à votre grande sœur comme à ses copines, qu’on a entendues gueuler, et gémir pendant huit jours. Après que soit passée une affreuse mégère couverte de voiles noirs. Mais vous, c’est chez le docteur qu’on vous emmène. Pour vos sept ans. Son cabinet est bien modeste, dans une petite maison qu’il a pu acheter avec ses maigres honoraires, dont une bonne part provient de ce qu’il va vous faire. Et qui vous fait peur, car son visage fermé, comme celui de votre mère, ne laisse rien présager de bon, tandis qu’il installe d’inquiétants outils brillants. Vous voilà sur sa table, vous voilà attachée, avec les jambes écartées. Cet endroit mystérieux qui se trouve entre vos cuisses, celui qui fait pipi et que vous chatouillez quelquefois, toute seule, avec un certain agrément, cet endroit secret se trouve complètement exposé ; pour votre honte, puisqu’on vous a toujours dit de le cacher et d’ailleurs aucune grande personne ne le montre jamais. Et c’est là que le cruel docteur farfouille avec sa main gauche avant que, d’un coup sec de la main droite il ne vous tranche cela précisément qui vous donnait du plaisir, et vous fait maintenant ressentir une douleur insensée, telle que vous n’en avez jamais subie. Voilà pourquoi votre grande sœur a tellement crié, et pourquoi vous criez à votre tour, convulsée de souffrance. Et puis on vous libère, on vous pose un paquet de coton sur la plaie qui saigne tout rouge, une culotte par là-dessus, que votre mère avait amenée ; après quoi elle paye le docteur tout content, puisque grâce à son habileté « tout s’est bien passé ». Une chance que la séance de torture s’arrête là. Seriez-vous née soudanaise ou somalienne qu’on aurait, en complément du programme, incisé les grandes lèvres de votre pauvre petit sexe martyrisé, ensuite réunies par des agrafes ou, plus écologique, de grandes épines d’acacia…

Votre pays, c’est le plus grand pays musulman du monde. L’Indonésie au climat si clément en saison sèche, aux îles enchanteresses si prisées des touristes. Vous avez dix ans et jusqu’ici vous avez vécu une jeunesse insouciante, sans autres misères que les petites maladies et les chamailleries entre copines. Un jour on annonce que votre petite île va recevoir la visite de « spécialistes » offrant aux parents leurs bons offices pour « s’occuper » des fillettes qui avaient été « négligées ». Débarquent des dames qui s’installent dans un local prêté par la municipalité ou un généreux croyant. Ce sont, paraît-il, des sages-femmes. En tout cas, bien voilées de blanc, le foulard islamique sur la tête, des femmes « craignant Dieu ». Et pourtant ce qu’elles commettent n’a jamais figuré dans le Coran. Votre mère vous a amenée, comme le sont d’autres fillettes, que l’on admet chacune à son tour, un peu inquiètes car celles que l’on voit sortir sur le côté sont en pleurs et flageolent sur leurs jambes. Quand on vous introduit, vous voyez quatre dames devant une grande table. On vous y fait monter et avant que vous n’ayez eu le temps de souffler deux dames vous enlèvent votre culotte et s’emparent de vos jambes, qu’elles écartent. La troisième vous immobilise les bras. Et la quatrième, armée de ciseaux bien affûtés, vous coupe à vif cette petite languette de chair que vous aviez sentie si sensible. Vos cris, votre sang n’émeuvent guère les opératrices. On vous fait remettre votre culotte et… hop ! à la suivante !

Voilà les façons les plus courantes de perdre son clitoris, comme il s’en est perdu, et s’en perd des millions chaque année. Mais il y en a d’autres. La façon « historique-pittoresque », version Afrique Noire. Lors de l’Initiation regroupant pendant huit jours la classe d’âge qui allait « y passer », entre dix et quatorze ans. Dans une cabane édifiée en forêt, ou dans la brousse, les adolescentes, sous la houlette de la matrone-initiatrice apprenaient les contes et légendes de la tribu, et répétaient les si charmants chants folkloriques d’Initiation. Le soir, avant de dormir, elles devaient toutes se masturber, pour bien savoir ce qu’elles allaient perdre, leur wizougoré (dialecte manja), le « gardien du village ». Le grand jour advenu on les paraît, on leur peignait le visage en blanc, puis la bonne matrone, sous les yeux des copines et des mères conviées à la cérémonie, les coupait l’une après l’autre, maintenues à terre par des concélébrantes bénévoles. Un bâton dans la bouche les empêchait de gueuler trop fort. Quand elles avaient toutes été rectifiées, elles se réunissaient pour allégrement chanter en chœur « je suis née avec un clitoris pour ressentir le plaisir. Tu nous l’a coupé, comme on te l’a coupé »… etc. Et une promotion de plus ! La matrone officiante devenait la marraine des initiées, révérée et honorée, pour les avoir « purifiées », devenues de vraies femmes, bonnes pour le mariage et les grossesses… Des façons moins cérémonielles ont succédé, au XXe siècle, à ce folklore joyeux mais bien désuet voire dangereux puisque, risques et périls de l’Initiation, certaines promues succombaient par hémorragie ou infection.

Toujours africaine, la méthode « surprenante-estivale » touche ces grandes filles élevées en Europe, en France, par des parents d’origine africaine bien intégrés, et assez aisés pour payer à leurs rejetonnes des vacances dans leur berceau familial. Les grands-mères, les tantes, qui ne les avaient jamais vues, sont ravies de les accueillir et de les choyer. Mais là, grosse déception, ces adolescentes si jolies et si bien élevées n’ont toujours pas été excisées. Quelle négligence ! Heureusement, l’exciseuse locale accepte, contre un petit cadeau, de s’occuper d’elles. On les prévient qu’il est temps qu’elles deviennent de vraies femmes, même si ça fait un peu mal. Et comme leur mère va être contente ! Tête de l’enseignante, de l’hôtesse de l’air, quand elle voit revenir ses filles mutilées !

La façon occidentale-immigrée se pratique en « pays développé ». Dans les immeubles communautaires, les banlieues paisibles ou agitées. Maman a été contactée par une « femme de bien », ou on la lui a recommandée, quand elle s’est avisée qu’il était temps de s’« occuper » de sa petite fille. Moyennant une petite rétribution la dame vient à domicile. Elle officie dans la cuisine ou dans la salle d’eau quand il y en a une, ce qui fait « hygiénique ». Sans garantie que « tout se passe bien ». Car si ça saigne beaucoup et que, par timidité, on ne fait appel au médecin que trop tard, le petit ange peut partir directement au Ciel. Et l’école peut aussi embêter les parents, pourtant si bien attentionnés, quand elle s’inquiète de l’absence de Kesso ou de sa mine défaite, de sa démarche à petits pas craintifs… Le médecin scolaire peut découvrir le pot aux roses… Au tribunal, après avoir chanté son petit refrain sur la déculturation et les rites socialisants, l’avocat distingué dira que la maman ne maîtrisait pas suffisamment notre langue pour comprendre les interdits occidentaux lors de son débarquement en France ; à moins, cas classique, qu’il ne s’agisse d’une famille de sans-papiers, ignorant tout de la P.M.I., et qu’à la persécution policière l’Institution répressive ne veuille odieusement ajouter une lourde condamnation, pour ce que la famille de la petite Fatou considérait comme une pratique bienfaisante.

Rien de toutes ces tracasseries et péripéties déplaisantes avec la méthode qu’on pourrait nommer « rationnelle-scientifique ». Cela se passe dans un bloc opératoire. On agit sous anesthésie générale et asepsie. Un « chirurgien » (les gens malintentionnés diraient un malandrin) exécute une « clitoridectomie propre », avec hémostase et suture des zones cruentées. Comme certains praticiens, en particulier londoniens, abominables puritains le pratiquèrent, au XIXe siècle ; pour « guérir » certaines malheureuses adonnées à la « masturbation compulsive ». L’actuel établissement « de soins » peut siéger au Moyen-Orient, à Alexandrie, à Dubaï, où l’on chouchoute les filles de milliardaires pétroliers. Mais en Occident aussi, ne serait-ce, encore, qu’à Londres, où de pieux plasticiens pakistanais pratiquent l’intervention pour une somme raisonnable. Leurs tarifs sont indiqués dans des bandes-annonces télévisées par la BBC…

Clitoridectomie propre, excision artisanale (sale !), le résultat demeure néanmoins le même : le clitoris perdu ne repousse jamais. Et c’est une grosse perte.

A quoi sert donc le clitoris ?

La réponse est simple : à mettre en route la physiologie de l’orgasme féminin. Toutes les femelles mammifères sont dotées d’un clitoris, des souris aux baleines. Organe saillant au devant de l’orifice génital assurant la copulation, il est muni de récepteurs spécialisés dont la stimulation prodigue une gratification sensitive de récompense. On ne prend pas les mouches avec du vinaigre, et des créatures aussi évoluées que les animaux à sang chaud doivent trouver un certain « bénéfice » à l’accomplissement de « devoirs biologiques » dont dépend leur survie, et celui de leur espèce. C’est-à-dire que les excitations clitoridiennes précédant l’accouplement, puis l’accouplement lui-même, par contact avec l’organe mâle introduit, procurent à la femelle d’agréables sensations ; pour la « récompenser » de se livrer à ce comportement exigé par son espèce pour se maintenir sur Terre.

La femelle humaine ne fait pas exception, et toutes les mamans façonnent dans leur ventre le clitoris de leurs petites filles. A ceci près que le clitoris humain possède de remarquables singularités. La première est sa relative petite taille, par rapport, par exemple avec celui des guenons anthropoïdes ; alors que le clitoris des singes femelles est fort saillant, proéminent, celui des humaines reste de dimension modeste, sa plus grande partie enclose entre les grandes lèvres de la vulve. La deuxième est l’intrication de son revêtement cutané (le capuchon) avec ces formations anatomiques absolument originales que sont les petites lèvres (les nymphes). L’espèce humaine est la seule à posséder ces replis cutanés qui ornent gracieusement la fente vulvaire et protègent son fond, en particulier l’orifice urinaire, ainsi maintenu à l’abri et au chaud. Troisième singularité : du fait du redressement bipède de notre espèce, le clitoris est devenu un organe antérieur, visible et accessible par devant, s’étant éloigné de l’orifice copulatoire désormais caché entre les cuisses. A moins de pénibles contorsions, l’organe masculin introduit ne peut le stimuler. Le clitoris doit donc être gentiment et précisément flatté à part. Dernière originalité : l’autonomie orgasmique. Alors que le clitoris animal ne procure qu’une gratification « accessoire » de l’accouplement, et même si les guenons se le tripotent allègrement, on ne sache qu’il puisse les mener jusqu’à cette culmination sensitive sans équivalent qu’est l’orgasme. Alors que le clitoris humain permet à lui seul d’atteindre cet orgasme qui fonde notre fonction érotique. Mais pas tout de suite.

Le substratum anatomo-physiologique du réflexe orgasmique est constitué par un vaste réseau de neurones, avec leurs faisceaux connectiques et leurs centres, récepteurs et effecteurs ; depuis les organes génitaux externes jusqu’au cerveau. Comme d’autres agencements neuro-biologiques complexes, le circuit orgasmique n’est livré à la naissance qu’en pointillé. Les neurones et leurs connexions sont en place, mais toutes les jonctions, l’entourage de myéline fonctionnelle des axones ne sont pas entièrement accomplis, les centres agissants n’ont pas encore effectué leur rodage. . Il en va de même, par exemple, pour le mécanisme neuronal de la marche bipède, de la parole. Alors que certaines maturations fonctionnelles s’accomplissent spontanément (par exemple la continence urinaire et fécale), un apprentissage, des stimulations externes sont nécessaires, après la naissance, pour savoir marcher, parler, éprouver l’orgasme.

L’orgasme, les humains en sont très friands. Beaucoup plus que les autres mammifères. Beaucoup plus que ne le voudrait la simple reproduction de l’espèce. C’est en raison du si grand développement de la mémoire humaine, et surtout de la conscience, qui ont poussé les humains à éprouver itérativement la gratification sensitive récompensant l’accouplement… mais aussi la stimulation manuelle ou buccale des zones érogènes primaires. C’est l’appétit orgasmique, fondant la fonction érotique. On a pu chiffrer à 5000 orgasmes le besoin orgasmique, pour une vie de septuagénaire. Homme ou femme. Aucune commune mesure avec le nombre d’enfants (2,3) nécessaire au maintien populationnel. Car l’orgasme procure non seulement un plaisir suréminent, inégalable, irremplaçable, mais aussi un apaisement, un oubli des soucis, une tranquillisation naturelle qui aident à surmonter les péripéties de l’existence. C’est le médicament des gens bien portants, celui qui procure la véritable joie de vivre, d’autant plus efficace et goûteux qu’il est partagé avec cet être choisi et choyé : le partenaire du sexe complémentaire. Celui-celle qu’on pourra aimer d’amour, le vrai, fondé sur le partage du plaisir – du plaisir d’amour. Après avoir, pendant ces longues années nécessaires à l’être humain pour devenir une grande personne, suivi l’évolution biologique que la bonne nature a agencée pour notre bonheur des sens et du cœur.

Les zones érogènes primaires, le clitoris, le gland de la verge, tombent « tout seuls » sous les doigts des bambins des deux sexes. Ils les tripotent plus ou moins machinalement, mais avec plus de précision à la fin de la petite enfance, quand leur « chatouillis » est devenu franchement agréable. C’est ainsi, sous l’effet de ces stimulations externes, que s’établissent les connexions épigénétiques du circuit orgasmique et que ses centres, de la basse moelle au cerveau basal, rodent leur physiologie particulière. Le circuit devient fonctionnel, procurant de véritables orgasmes complets, plus ou moins tôt dans l’existence, au cours de la deuxième enfance, ou au début de la puberté. Pas de problème pour les garçons, qui ne se serviront que de leur verge toute leur vie sexuelle. Alors que les filles pourront un jour se servir de leur vagin, inexploré-inexploité pendant ces nombreuses années d’immaturité qui ne permettent pas la pénétration coïtale. Pour qu’il procure lui aussi des orgasmes, passés les désagréments de la défloration, il faut que ses récepteurs sensibles puissent se connecter sur un circuit neuronal bien établi, maturé. Grâce aux « manipulations » infantiles du clitoris. Après quoi la femme adulte, accomplie, peut normalement jouir du clitoris comme du vagin, le plus souvent du vagin après le clitoris, quand les sollicitations externes auront bien préparé la jouissance interne.

Si vous avez perdu votre clitoris pendant l’enfance, si le courant ne peut passer dans votre circuit orgasmique, votre vagin restera muet. Il ne vous servira qu’à vous accoupler, pour procurer son plaisir à celui qui vous pénètre, et pour évacuer les rejetons que sa semence aura plantés dans votre corps. De la complaisance, et de la souffrance. Inutile d’attendre le « miracle » qui vous fera jouir du vagin. Pas de plaisir, pas d’orgasme. Et finalement pas d’amour, pas de joie de vivre.

Pour vous consoler, vous pouvez chanter. Les joyeux chants folkloriques d’excision, pieusement recueillis par de zélés ethnographes. Ou, plus modernes, ces charmantes chansons maliennes du style « Le dimanche à Bamako, c’est le jour des mariages »… entre un homme doté de toutes ses facultés biologiques (quoique circoncis !), et une femme qui ne connaîtra jamais les délices de l’amour charnel.

Pourquoi donc coupe-t-on le clitoris des petites filles ?

La réponse là aussi est simple : pour les empêcher de jouir. Le déterminisme de cette interdiction repose sur une machine infernale qui fonctionne en deux temps.

Premier temps : le sacrifice métaphysique.

Comme tous les existants terrestres, l’homme doit un jour mourir. Mais il est le seul à le savoir. Pour atténuer la rigueur de la condamnation à mort, il a imaginé qu’il ne disparaissait pas complètement. Et que son « esprit », son « âme » survivrait à la destruction physique du corps. Le sort post-mortem de cette âme n’est cependant pas garanti. Elle peut connaître les félicités éternelles du Paradis, comme les tourments non moins éternels de l’Enfer. Comment faire pour se concilier Celui, Ceux, Dieu, les Dieux, qui régissent le royaume de l’au-delà ? Pour qu’il(s) vous accueille(nt) au lieu de l’éternel bonheur, et qu’en attendant i(ls) vous lais(sent) vivre longtemps et à l’abri du malheur ? En lui (leur) offrant des sacrifices. De toutes sortes.

Encore plus que les offrandes en biens matériels (nourriture, animaux d’élevage, argent, etc.), ou que la renonciation aux délices du pouvoir, les sacrifices les plus appréciés sont les privations de ces plaisirs qui parfument l’existence terrestre. Qui réjouissent la chair, ce corps méprisable destiné à la putréfaction. D’abord les plaisirs de la table. D’où les jeûnes, les carêmes, les ramadans, les boissons et nourritures interdites, tous les jours ou seulement le vendredi, etc. Et puis, évidemment, le plaisir suréminent que procurent les organes sexuels. D’où cette suréminente dévotion qui conduit à la chasteté, pour mourir sans jamais s’être accouplé, sans jamais avoir tenu dans ses bras, dans ses cuisses, un représentant de l’autre sexe. D’où ces restrictions qui n’autorisent le plaisir sexuel qu’au cours de l’accouplement, avec un(e) seul(e) partenaire tout au long de sa vie, partenaire autorisé(e) par les représentants de Dieu, des Dieux sur terre, d’où ces restrictions portant sur les modalités de l’accouplement, selon certaines postures autorisées, et en excluant toute manœuvre s’opposant à l’engendrement : la procréation est la seule excuse du plaisir éprouvé lors de la copulation.

Le caractère à la fois bouleversant et gratuit, « généreusement offert » par la nature, du plaisir sexuel, sans autre effort que d’être en bonne santé, comme les circonstances de sa perception, en cachette, à l’écart des congénères, dans la solitude ou l’intimité à deux, circonstances exigées par la physiologie, le font facilement suspecter d’être une perfidie de la nature. Perfidie conduisant à commettre des actes inconvenants, obscènes, avec ces organes aux odeurs animales qui servent aussi à évacuer les urines et les menstrues. L’accouplement peut ainsi paraître incompatible avec la dignité de la personne humaine, un acte dégradant, exigeant la nudité, commis sous l’emprise de bas instincts ravalant l’homme au rang de la bête. D’où la bonne réputation, la considération distinguée dont sont entourés les contempteurs du plaisir sexuel.

On révère comme tenants de la plus haute valeur morale ceux qui non seulement se privent de tout plaisir charnel mais qui, ne l’éprouvant jamais (disent-ils) se permettent de réglementer celui de leurs fidèles. Ces Dalaï Lamas accusant « le sexe » d’être une invention diabolique perturbant l’existence humaine (c’est pas gentil pour leurs parents !). Ces papes interdisant inlassablement, obstinément, les rapports sexuels extra-conjugaux, le divorce, la contraception, le préservatif et l’interruption de grossesse. Ces prêtres et moines réfractaires au devoir biologique de perpétuer l’espèce, démissionnaires devant les risques et périls de la séduction, devant les efforts nécessaires au bon accord au sein du couple, devant les responsabilités de la paternité, devant les tracas des toujours possibles ruptures. Encore toutes ces prescriptions répressives n’attentent-elles pas à l’intégrité physique de l’être humain. Car on peut s’en prendre directement aux organes responsables du plaisir.

Il y eut des délirants pour porter le couteau directement sur les organes masculins, les plus faciles à agresser. Certains se sont délibérément sectionné la verge (les Skoptzys russes). D’autres se sont retranché les testicules (les prêtres de Cybèle) pour ne plus sentir l’aiguillon de la chair et mettre fin à leurs érections. La circoncision, moins radicale, est un très astucieux compromis entre la nécessité de ressentir le plaisir au cours de l’accouplement fécondant, et la crainte d’offenser Dieu, les Dieux, de le(s) rendre jaloux, en se livrant aux ébats charnels.

Destiné à protéger des excréments le gland de la verge des petits garçons, puis à faciliter les caresses que la partenaire prodigue pendant les préludes de l’accouplement, le repli cutané du prépuce est une formation biologique fort utile. Le sacrifier cause bien des inconvénients, mais ne nuit pas aux érections, à la perception du plaisir, à l’éjaculation fécondante. Quand on le cisaille, ça fait mal et ça saigne, après quoi le gland toujours découvert prouve qu’on a bien été mutilé, qu’il manque un morceau à l’organe mâle livré par la nature. Toutes les caractéristiques du sacrifice. Avec la marque indélébile et indubitable, au regard des congénères et de Dieu, des Dieux. Une habile opération commerciale. Je paye un petit pourcentage de ma chair, sur l’organe du plaisir, mais Tu, Vous me laissez tranquillement me servir du reste. C’est comme au bal, où le tampon sur le dos de la main, prouvant qu’on a payé l’entrée, autorise toutes les danses.

Née en Afrique sur les bords du Niger, du Congo, la circoncision s’implanta comme une tradition tribale implacable. Elle gagna la Nubie puis les rives du Nil. C’est là qu’Abraham la découvrit, comme signe de distinction et d’affiliation ésotérique, puisque longtemps réservée aux prêtres et à Pharaon. La prescrivant à son peuple – sur l’ordre, dit-il, de Iaveh – il se persuada qu’il en ferait le maître du monde. Á une époque où les Hébreux étaient d’humeur fort belliqueuse. Après quoi tous les juifs durent être circoncis, puis tous les fidèles de Mahomet, puisque le Coran reprit intégralement l’Ancien Testament – et du coup la tradition africaine. Heureusement pour les petits occidentaux, Saül de Tarse – l’apôtre Paul – jugea la circoncision une belle hypocrisie, puisqu’après avoir sacrifié un petit bout de peau on s’autorisait toutes les fornications. Ainsi sauva-t-il le prépuce des petits chrétiens. Il faut dire que Grecs et Romains antiques méprisaient souverainement la circoncision. Il fut ainsi plus facile de les convertir.

Le sacrifice du prépuce paraît une telle incongruité aux esprits éclairés que ses partisans s’ingénièrent à lui trouver des justifications rationnelles. Ce ne sont que mauvaises raisons. La plus répandue, et la plus stupide, a trait à l’hygiène. Qu’il s’agisse de la naissance de la mutilation sur les rives de grands fleuves, là où on ne manque pas d’eau pour se laver, ou qu’elle soit défendue par des gens dont la salle d’eau comporte peignes, brosses à dents, dentifrice, savons lotions et shampooings, limes, pinces à peau et à ongles, etc. Comme si se nettoyer le prépuce faisait perdre un quart d’heure sous la douche ou dans le bain ! Il est aussi faux que la circoncision soit préventive de l’éjaculation prématurée, faux que ce soit le bon traitement du phimosis, faux, enfin, qu’elle préserve du cancer et maintenant du sida. C’est le dernier argument à la mode, argument-choc parfaitement erroné. Mais répandu par tous ces messieurs de l’OMS en majorité circoncis et prosélytes, descendant de ces pionniers d’Amérique baptisés mais grands lecteurs de la Bible, et qui laissèrent circoncire leurs petits Samuel et leurs petits Abraham. Comme si l’Afrique, ce continent qui comporte une écrasante majorité de circoncis, n’était pas le plus grand siège de l’épidémie au VIH.

Car lorsqu’on a démonté rationnellement, preuves à l’appui, l’inanité de la circoncision, ses partisans se retranchent derrière l’argument métaphysique, la prescription divine, le pacte avec Dieu. Incirconcision égale impiété, trahison de la tradition. On peut quand même s’étonner de ce que le Dieu omnipotent omniprésent soit si curieux qu’il fouine suspicieusement dans le caleçon de ses fidèles. S’étonner que des milliards et des milliards d’humains mâles de toutes couleurs aient pu conserver leur prépuce sans succomber prématurément à l’infection, au cancer ou à l’éjaculation prématurée !

Deuxième temps : la phallocratie.

Aux origines de notre espèce les hommes et les femmes vivaient en bonne intelligence – sans se faire la guerre. Avec beaucoup de révérence, les artistes figuraient aux murs des cavernes le corps des femmes, avec leur sexe si singulier et si indispensable. Le passage du paléolithique au néolithique, la sédentarisation entraînèrent une altération des rapports entre les sexes. Quittant leur rôle d’égales responsables – avec leurs tâches spécifiques – au sein du groupe, de la famille nucléaire, et moins vigoureuses que les hommes, les femmes devinrent des possessions. Des biens à protéger mais aussi à garder, surveiller, pour qu’elles rendent aux propriétaires les deux services qu’ils attendaient d’elles : l’assouvissement du désir copulatoire, et la confection de rejetons. La longue histoire de la sujétion des femmes fait énumérer tous les mauvais procédés dont usèrent à leur encontre les hommes habituellement seuls détenteurs du pouvoir social, économique et politique. Avec une rigueur variable selon la contrée : les épouses et mères des empereurs romains, les femmes de Germanie décrites par Tacite, Aliénor d’Aquitaine, Emilie du Châtelet furent moins brimées que les habitantes de ce que l’on nomme aujourd’hui le Tiers Monde.

C’est dans le domaine de la sexualité que les brimades furent les plus répandues, et les plus sévères. La nature ayant placé à l’entrée du vagin le repli de l’hymen, qui protège le conduit des petites filles puis se rompt lors du premier rapport, il fut facile de savoir si la femme avait ou non « servi ». Donc si l’acheteur allait bien être le premier à introduire son phallus dans le vagin, pour être ainsi garanti que les rejetons à venir seraient bien issus de sa semence. Malheur à celle qui n’avait plus les « scellés divins » (encore une fois, Dieu met son nez dans des endroits bien incongrus !). Pour multiplier leur descendance et se régaler du corps de femmes jeunes quand les « vieilles » avaient été usées par les maternités, les hommes dominants furent autorisés à posséder plusieurs épouses. Et bien des mesures furent prises pour que les femmes non seulement ne puissent susciter la convoitise d’autres hommes, mais encore, à la limite, n’éprouvent pas de désirs charnels coupables, puisque personnels.

Le mariage convenu est la première atteinte à la liberté de décision de la moitié féminine de l’humanité. De Tokyo à Agadir, ce fut, c’est aux parents, au père de décider à quel époux sera vendue leur fille. Sans lui demander son avis. L’enfermement (gynécée, harem) empêche ensuite les épouses de « courir ». Si elles sortent le voile, la bourka, dissimulent ces attraits corporels qui pourraient tenter les mâles rencontrés dehors. Á la maison même il convient de rappeler, sur le corps même des femmes, sur leurs organes de l’accouplement, qu’elles n’en disposent pas pour elles-mêmes. C’est ainsi que la pilosité génitale, sur le pubis et les grandes lèvres, doit être sacrifiée pour donner à la région l’aspect glabre qui est celui des petites filles impubères. L’épilation assidue, au sucre, à la cire, au rasoir, est un rappel à l’obéissance exigée des enfants. Mais comble du raffinement, les plus perfectionnistes eurent la bonne idée d’agir sur cela même qui procure du plaisir sexuel aux femmes.

Le clitoris de nos arrière grands-mères paléolithiques leur donnait, petites filles, les mêmes agréments qu’aux nôtres, et devenues grandes leurs compagnons le flattait comme nous le faisons, ils l’ont même ici et là représenté. En l’amputant de bonne heure, certains physiologistes du néolithique savaient qu’ils coupaient à sa racine le développement de la fonction érotique féminine. Qu’ont besoin de jouir les femmes qu’on a achetées ? Pour qu’elles aient l’idée d’aller voir ailleurs si c’est plus plaisant qu’à la maison ? Il suffit bien qu’elles aient un vagin, pour que le mâle y trouve son plaisir. Et couper le clitoris n’empêche pas l’engrossement. Cerise sur le gâteau, l’infibulation, la fermeture de la fente vulvaire, offre une garantie à l’acheteur. Il faut inciser au couteau la cicatrice au soir des noces, étant ainsi bien sûr qu’on est le premier. Évidemment, pour exécuter une bonne suture, il aura fallu sacrifier les petites lèvres, que certains – dont je suis – considèrent comme de délicates merveilles de la nature. Mais est-ce que le mari a besoin des petites lèvres ?

Il est toujours quelque peu répugnant, salissant, de trifouiller dans le sexe des femmes, surtout quand on est un homme. C’est pourquoi les femmes les plus sages, les plus dévouées et les plus habiles, ont été chargées d’exécuter les salutaires opérations, trancher le clitoris, amputer les nymphes, coudre les grandes lèvres. Elles-mêmes excisées elles « y font passer » les jeunes pour leur « dresser le poil ». Mentalité classique d’anciens combattants. Et quasi-corporation, se repassant de mère en fille pinces, couteaux et ciseaux.

Comme pour la circoncision, on s’est ingénié à trouver de bonnes raisons à l’ablation du clitoris. Sur place on est persuadé que celles qui ont conservé leur clitoris deviennent des débauchées, des putains offertes à tous et trompant leur mari à la première occasion : ainsi sont ces dévergondées d’Occidentales. On s’est persuadé aussi, bien que n’ayant jamais vu le clitoris d’une femme adulte, que l’organe gonfle monstrueusement pendant la grossesse et qu’il s’oppose à l’accouchement. Et enfin, comble du sophisme, les raisonneurs recourent à l’argument de la « bisexualité native ».

Suivant ce raisonnement aberrant, on imagine que les humains naissent porteurs de résidus organiques du sexe d’en face. L’anneau préputial est l’homologue de l’entrée vaginale. Le clitoris est une ridicule petite verge en réduction. Il faut débarrasser nos enfants de ces saletés pour qu’ils deviennent de vrais hommes, de vraies femmes. L’excision étant née puis s’étant propagée dans les même zones géographiques que la circoncision, il apparut vraiment opportun de fournir des motivations jumelles aux « opérations », les unes pour les garçons, les autres pour les filles. Pour qu’ils et elles parviennent au mariage parfaitement « rectifiés ». Spécieuse mais fatale symétrie : voilà pourquoi on ne pourra totalement éradiquer l’excision que lorsqu’on aura aboli la circoncision.

Il est presque risible de constater l’inanité des raisons invoquées pour amputer le clitoris des femmes. L’accusation de dévergondage toucherait ainsi plutôt ces femmes excisées qui, au lieu de se sentir concernées, fortement impliquées, fidélisées, comme les femmes normales, par l’échange du plaisir et des sentiments au sein de la relation érotique, peuvent prêter leur vagin si on le leur demande « gentiment », sans faire trop de chichis, sans trop d’« état d’âme » : ça ne leur fait ni chaud ni froid ! L’accusation de gêne à l’accouchement n’est pas seulement ridicule – comment accouchent donc ces milliards et ces milliards de femmes qui n’ont pas été excisées ? – mais elle émet une odieuse contre-vérité. Le périnée des excisées, surtout si on a sacrifié les petites lèvres, et encore plus si on a commis une infibulation, devient le siège de cicatrices rétractiles, voire d’un bloc de sclérose. Ainsi se forme un obstacle résistant à la sortie de la tête fœtale, qui peut rester longtemps coincée derrière la vessie… éventuellement jusqu’à ce qu’elle la crève. D’où la fréquence de ces fistules vésico-vaginales, qui occupent une bonne part de l’activité chirurgicale en territoire d’excision. Il est enfin une spoliation dont n’ont aucune idée ceux qui n’auront jamais connu que des femmes excisées : la privation de leur pouvoir érotique.

Le pouvoir érotique, c’est la capacité de procurer la jouissance orgasmique à son-sa partenaire. Satisfaction sans pareille, surtout si c’est bien le-la partenaire d’amour que l’on comble de bonheur charnel. Les femmes exercent ce pouvoir sans trop de difficultés, puisqu’elles peuvent aisément faire parvenir à l’orgasme, accompagné de la flagrante éjaculation, tout homme doté de bonnes érections. De même toute femme dotée d’un clitoris et d’un vagin normalement réagissants offre à son partenaire cette manifestation orgasmique qui s’avère la plus grande fierté de la virilité. Voilà pourquoi sont frustrés ceux qui tiennent dans leurs bras une désespérante frigide. Voilà pourquoi sont surpris puis frustrés ceux qui, ayant connu des femmes entières, font l’amour avec une femme excisée, à qui il manque « quelque chose » dans le sexe, et qui ne pourra réagir à leurs caresses, à leurs étreintes – ce dont se fout, évidemment, le macho pour qui le plaisir des femmes n’a aucune importance… Voilà pourquoi celles à qui mon ami Pierre Foldès a restauré « quelque chose » de saillant et sensible en haut de la fente vulvaire ne lui diront jamais assez merci.

Comment préserver à l’avenir l’intégrité physique des petites filles ?

Attentat intolérable contre le corps des femmes, d’enfant sans défense, suppression inadmissible de leur fonction érotique, l’excision doit être combattue en tout temps et en tout lieu. Sur place et chez nous.

L’humanisme occidental, son éthique laïque et même religieuse ne sauraient admettre que l’on pratique la moindre mutilation délibérée sur les organes génitaux des petits enfants… et même sur d’autres parties de leur corps. Il s’est trouvé, il se trouve, hélas, des esprits faibles, ou faux, pour trouver à l’excision des excuses, voire des prétextes valables ; quand d’autres n’en veulent rien savoir.

Première coupable la répression morale de la sexualité.
Fleuron de la morale chrétienne elle a d’origine manifesté un tel dédain, pour ne pas dire dégoût des organes prodiguant le plaisir charnel, qu’elle ne s’est guère indignée devant le retaillage des parties sexuelles des « indigènes ».Qu’il s’agisse des filles comme des garçons (d’ailleurs le petit Jésus avait été circoncis !). Il faut reconnaître que les missionnaires s’évertuèrent à préserver du couteau les gamines qu’on leur avait confiées. Mais ils quittèrent l’Afrique sans que la hiérarchie, les évêques catholiques, de Dakar, à Brazzaville, soient jamais sortis de leur attitude démissionnaire, sinon compréhensive – il faut dire qu’ils n’ont jamais eu (disent-ils) de femme dans leur lit. Ils n’ont jamais suscité de condamnation officielle du Vatican. On peut déplorer la même attitude timorée des hauts responsables du clergé réformé en Afrique anglophone. Mais même pour bien des « séculiers ordinaires » la défense d’un organe aussi « inconvenant » que le clitoris a toujours apparu bien scabreuse. Ah ! s’il s’agissait d’enlever un œil, ou de couper un orteil « à d’innocentes fillettes » l’opinion publique aurait été plus facile à émouvoir…

Deuxièmes coupables : les fantasmes anthropologiques. Avant le tourisme de masse permettant aux occidentaux d’aller visiter tous les points du globe, il ne fut que trop facile de leur raconter n’importe quoi sur les habitants des pays exotiques, des « pays chauds ». dans ces contrées où « les sauvages » vivent « tout nus », et où la sexualité est « débridée ». Ce qui ne pouvait aller qu’avec des dimensions fabuleuses des organes génitaux. Arabes, nègres et autres Papous ne pouvaient être que dotés de phallus imposants, faisant honte aux « visages pâles ». Des fables identiques dotaient « les négresses » de clitoris surdimensionnés, ce qui expliquait leur lubricité. Les racontars sur ces énormes clitoris exotiques traînèrent dans la littérature occidentale, d’Ambroise Paré à Voltaire, et jusque dans certains traités d’anatomie du XIXe siècle, et jusque dans une Encyclopédie de la sexualité humaine parue en France en 2004. Le corollaire en est évidemment qu’il est nécessaire soit d’extirper l’organe soit de réduire son volume, par de salutaires rectifications évitant aux femmes de succomber à la luxure. Beau témoignage de sagesse chez les « primitifs », s’extasiaient les niais ! Et bel exemple de « bourrage de crâne », puisque l’anthropométrie démontre que les clitoris de toutes les couleurs ont les mêmes dimensions – mon Atlas anatomique en apporte l’indubitable témoignage photographique. Et qui peut témoigner sur le clitoris des Abyssines adultes ? Alors que les petites éthiopiennes, musulmanes, chrétiennes et juives (les falachas) sont toutes excisées dans la prime enfance.

Troisième coupable : le freudisme.
Parmi les méfaits de la psychanalyse freudienne, son adhésion au mythe de la bisexualité native. Cette ânerie qui traîne dans les plus surannées élucubrations philosophiques, et sert d’argument aux coupeurs de petits enfants, a été reprise et confirmée par Freud. Tous les humains auraient leur part de virilité, et leur part de féminité – comme dit le si « respectable » Tao. Bisexualité qui se traduit jusque sur leur constitution corporelle. Il y aurait ainsi, comme le disent les mutilateurs africains, des organes masculins sur le corps des femmes, et vice-versa. Et Freud de traiter hardiment le clitoris d’organe masculin, mais avorté, inabouti : c’est « le prototype de l’organe inférieur », citation textuelle de la conclusion de son article sur le fétichisme paru en 1927. Organe donc méprisable, tout juste bon à orienter dans le mauvais sens la sexualité des petites filles, organe à l’usage duquel doit donc renoncer la femme adulte, pour effectuer le « transfert érogène » du clitoris au vagin. Faribole dangereuse qui empêche toute compréhension scientifique de la sexualité féminine. Mais faribole reprise, ô paradoxe, par des femmes zélées disciples de Freud, en particulier Hélène Deutsch et Marie Bonaparte. Pour ces dames le clitoris était une véritable bête noire. S’étant penchée sur l’excision, Marie Bonaparte en conclut que le dommage était vraiment minime, et que l’« opération » avait l’avantage d’empêcher les femmes de succomber au « clitoridisme ». Une maladie imaginaire dont seraient atteintes les vilaines « clitoridiennes ». Celles qui sont d’enragées masturbatrices et/ou des lesbiennes plus ou moins bien refoulées, alors que la femme adulte normale se doit d’être une pure « vaginale », renonçant aux prétentions viriloïdes, revendicatives, du clitoris. A ceci près que celle qui a perdu son clitoris pendant l’enfance ne deviendra jamais une « bonne » vaginale.

Ce déni de la biologie la plus élémentaire, cette phobie de la physiologie clitoridienne paralysa longtemps, jusqu’à la naissance de la sexologie scientifique, le traitement des femmes en difficultés érotiques. Le destin humain ne se vit qu’en tant qu’homme, ou femme, doté(e) par notre phylogenèse de « tout ce qu’il faut » pour se reproduit et exercer sa fonction érotique. Toutes les femelles mammifères, je l’ai dit, possèdent un clitoris et ne semblent nullement souffrir de leur « bisexualité ». Faudrait-il donc, pour faire plaisir à Marie Bonaparte, couper le clitoris des vaches laitières, des chattes d’appartement, pour en faire de plus parfaites femelles ? Toujours est-il que les lubies du freudisme, tenu hélas pour une des fines fleurs de la pensée occidentale, fournirent une bonne excuse à l’immobilisme de tous ceux qui ne voyaient pas pourquoi on condamnerait des rites si judicieux. Le cher Bruno Bettelheim (celui qui s’était parfaitement foutu le doigt dans l’oeil à propos de l’étiologie et du traitement de l’autisme) n’avait-il pas élucidé le mécanisme si sécurisant des « blessures symboliques » ?

Quatrième coupable : le tiers-mondisme. Dernier-né des systèmes de pensée justifiant les mutilations des petites filles, il postule le respect des us et coutumes extra-européens. En récusant l’odieux « ethnocentrisme » des occidentaux ces bonnes âmes avalisent les pires extravagances, les pires impasses dans lesquelles elles ne s’aventureraient pas elles-mêmes. Y compris tout ce qui écrase la condition féminine. De la répudiation à la polygamie, du voile à l’incapacité juridique. Voudrait-on intervenir pour supprimer ces mœurs contraires aux critères occidentaux qu’on se livrerait à une fort répréhensible déculturation, à une angoissante désocialisation-détribalisation. Pourquoi condamner l’infibulation puisque celles qui n’ont pas été cousues ne peuvent pas se marier à Khartoum ? Pourquoi condamner l’excision, puisque la coutume est un facteur essentiel d’appartenance culturelle, familiale et ethnique ? Et l’on trouve inlassablement dans les prétoires ces avocats « compréhensifs » qui ne feraient sûrement pas exciser leurs filles, mais plaident l’acquittement, en français et en bambara, des « bonnes mères » qui ont fait appel aux bons offices de l’exciseuse, pour que Zana ait été « opérée », pour qu’elle devienne aussi respectable que les autres femmes de la famille.

Il est heureux qu’à la fin du XXème siècle tous ces sophismes n’aient pas empêché les institutions internationales, ONU, UNESCO, UNICEF, même si bien difficilement, de condamner les mutilations sexuelles féminines. Comme les condamnent les institutions judiciaires des pays occidentaux, et de certains pays africains, surtout depuis la Convention Internationale des Droits de l’enfant du 20 novembre 1989. En France ces mutilations sont donc des crimes, dénoncés par le Nouveau Code pénal de 1993, article 222. Ils font poursuivre et les parents, et l’exciseuse. Les filles excisées ont même été admises à citer leurs parents en justice. Après un assez long temps de condamnations avec sursis, de véritables emprisonnements ont été appliqués. Mais malgré ces sanctions, malgré les mises en garde communiquées aux immigrants africains, les excisions clandestines continuent de se pratiquer en Europe, ce qui légitime la poursuite de l’information, et de la répression officielle.

Se sont aussi créées des associations privées pour répandre l’information, et pour venir à l’aide des mutilés des deux sexes. NOCIRC aux USA. En France L’Association contre la Mutilation des Enfants, AME.

Sur place la lutte, née elle aussi à la fin du XXème siècle, a été longue, et difficile à mettre en route. Succédant aux missionnaires des humanistes des deux sexes, médecins, infirmier(e)s, sages-femmes, travailleurs sociaux, enseignants se sont employés à dissuader la poursuite de l’excision. Bien qu’ils aient semé la bonne graine, leur pouvoir de persuasion fut longtemps très faible. Pour la bonne raison que la plupart d’entre eux venaient d’Europe, et qu’il était facile de les accuser de « faire gagner la mauvaise tête » aux femmes, avec leurs « manières de Blancs ». Voilà pourquoi il faut saluer l’extraordinaire courage des premières africaines à prendre la défense des petites filles.

Ces bienfaitrices de l’humanité ont fondé des associations de femmes africaines. Elles se sont adressées aux matrones exciseuses, les engageant à cesser leur activité coupable et même à se faire les prosélytes de la préservation corporelle des fillettes. Elles ont organisé des séances d’information, où l’on reprend en chœur des chansons disant que « l’excision c’est pas bon ». Il faut bien dire que c’est un travail de fourmi, et que si l’on ne saurait désespérer du résultat, le but ne sera probablement atteint que dans deux ou trois générations. Encore peut-on ici faire confiance au courage des femmes africaines, à la détermination de leurs filles et petites filles vivant en Europe et défendant comme des tigresses le corps de leurs fillettes. On ne peut en dire autant, hélas, des femmes vivant en terre islamisée. De Sanaa à Djakarta, aucun mouvement local d’opinion n’incrimine la si respectable coutume de l’excision. Surtout en ce XXIe siècle naissant, où le monde musulman vit un fâcheux regain de bigoterie – de sujétion, de muselage des femmes.

On pourrait espérer que les actions actuellement entreprises pour endiguer l’épidémie de sida, insistant en particulier sur l’amélioration de la condition féminine, seraient une bonne occasion pour insister sur la suppression de l’excision. Malheureusement le discours risque d’utiliser un abscons double langage. Comment demander qu’on coupe les garçons, pour une fallacieuse prévention, quand on recommande de ne plus couper les filles ? Le combat doit donc aussi se mener contre la circoncision, et il n’est encore gagné !

Pour soutenir ceux et celles qui se battent contre l’excision, on ne fera jamais assez de campagnes d’information, d’émissions radiophoniques, télévisées, on n’écrira jamais assez de livres. Et ici je trouve le livre de Louisiane Doré miraculeux. Voici des années que je morigène, je l’avoue, les Antillaises, à propos de ce qui me paraissait de leur part une inertie coupable, devant les mutilations des petites africaines. Voilà des femmes noires, dont tout le monde reconnaît la beauté et la féminité, des femmes qui ne sont pas mutilées – et de plus en territoire français laïque où la circoncision n’est pas de rigueur ! – et qui démontrent que l’intégrité de leurs organes génitaux n’en fait pas des dévergondées, ne les empêche pas d’être de bonnes épouses et de bonnes mères, comme d’accoucher normalement. Quel bel exemple ! Et quel beau prétexte pour faire la morale à leurs sœurs d’Afrique ! Prétexte que je trouvais déplorablement inutilisé. Or voici enfin une Martiniquaise qui monte au créneau, pour reprendre le flambeau de la lutte contre l’excision. Avec une documentation poignante, bouleversante, mais démonstrative. Á mettre sous les yeux des avocats tiers-mondistes et des partisans de la bisexualité native ! Pour leur faire honte de leur « compréhension ». On n’excuse pas l’excision. On la combat. Merci, Louisiane, et bravo.

Docteur Gérard ZWANG, Président d’honneur de l’Association contre la Mutilation des Enfants

Article extrait de la préface du livre « Le drame de l’excision  » de Louisiane Dore-Miloch, Editions Courcelles Publishing , 2009, écrite par le docteur Zwang.

Egypte: 91% de femmes sont excisées

II – Les islamistes – adeptes de l’excision

L’excision est le mérite des filles

L’existence de fondements religieux légitimant, ou non, l’excision, est systématiquement au centre du débat. La plupart des adeptes de cette pratique appuient leurs arguments sur la base de deux traditions islamiques. L’une se fonde sur des paroles attribuées au prophète Mahomet selon lesquelles l’excision « est le mérite des filles » et l’autre sur les paroles que le Prophète aurait adressées au « circonciseur » Umm Atiyya : « Circoncisez les filles, mais faites-le sans exagération car [cette façon d’exciser] a la prédilection du mari et rend radieux le visage [de la femme]. » (13)

Des médecins aux opinions islamistes se déclarent également favorables à l’excision sur la base de ce commentaire religieux. Plusieurs de ces opinions ont été citées par le journaliste Abd El-Rahman Abou Auf dans un article de l’hebdomadaire égyptien islamiste Al-Haqiqa. (14)

A titre d’exemple, Dr Munir Mohammed Fawzy, spécialiste en gynécologie et en obstétrique à l’Ecole de médecine de l’université Ein Shams, cite des enseignements oraux pour défendre cette pratique : « Le prophète [Mahomet] a ordonné l’excision aux femmes, utilisant l’expression : ‘Circoncisez les filles’. » Il assure que cette injonction implique une claire acceptation de l’excision dans des circonstances précises, rappelant toutefois les problèmes qu’elle peut occasionner: « L’ablation intégrale de l’organe source du plaisir féminin entre en contradiction directe avec la pure Sunna [tradition du Prophète] parce qu’elle peut entraîner des maladies et des complications psychologiques chez les filles, les empêchant de réaliser leurs droits naturels. Cependant, l’absence d’excision est susceptible d’entraîner chez les filles des infections et parfois même des maladies. » (15)

Le Dr Ahmed Suleiman, de l’université du Caire : « L’excision est source de pudeur, d’honneur et d’équilibre psychologique. »

Des opinions similaires sont émises par des spécialistes de la loi islamique, comme le Dr Mohammed Abou Leila, conférencier en recherche islamique à l’université Al-Azhar, et le Dr Ahmed Youssuf Suleiman, conférencier en droit islamique à l’université du Caire.

Abou Leila remarque que l’excision ne représente pas une innovation dérivée de la loi religieuse [Bidaa], mais une coutume transmise de génération en génération depuis l’époque d’Abraham : « Le prophète [Mahomet] a confirmé cette coutume, dont nous avons hérité en tant que musulmans des milliers d’années plus tard. [Le Prophète] a défini quelques conditions humaines et scientifiques à son application afin que nous ne heurtions pas l’humanité de la femme et que le mari ne soit pas épuisé après les rapports sexuels avec sa femme. » (16)

Selon Dr Suleiman, le fait que cette tradition soit respectée par les musulmans depuis des milliers d’années dément les affirmations qui veulent qu’elle nuise au bon déroulement de la vie sexuelle. Il se montre surpris d’entendre que l’excision peut provoquer la frigidité chez la femme, avançant que depuis de nombreuses générations, les musulmans pratiquent l’excision tout en ayant une vie conjugale épanouie. En outre, précise-t-il, « l’excision engendre pudeur, honneur et équilibre psychologique. » (17)

L’excision prévient le SIDA et la prostitution

Des intellectuels favorables à l’excision affirment que l’abandon de cette pratique contribuerait à la propagation de « phénomènes occidentaux » tels que le SIDA et la prostitution. Certains intellectuels accusent l’Occident de vouloir empêcher l’excision dans le but caché de répandre ses valeurs immorales dans le monde musulman.

L’écrivain islamique Ahmed Abd El-Rahman partage cette suspicion concernant les véritables motifs de l’appel au bannissement de cette tradition : « L’absence d’excision ouvre la porte à la dépravation et à la prostitution, comme en Occident, où l’on ignore cette nécessité humaine normale. Voulons-nous ressembler à l’Occident ?  Les publicités [contre l’excision] diffusées à la télévision ces jours-ci sont répugnantes parce que contraires à la Loi islamique (…) Leur objectif est de détruire la famille musulmane et de dégrader la société égyptienne. »

El-Rahman ajoute que la campagne contre cette coutume consiste à céder de façon répugnante aux pressions américaines, au nom du prétendu « nouveau discours religieux. » Il estime qu’il s’agit là de destruction et non de renouveau : « Manifestant une étrange soumission, nous obéissons aux contraintes imposés par les conférences de Beijing et du Caire [pour] la famille et le peuple. Il s’agit assurément d’une aveugle capitulation. » (18)

Les efforts déployés pour empêcher l’excision sont un complot occidental

Dr Mohammed Abou Leila s’est élevé aussi bien contre la campagne gouvernemental que contre l’Occident qui, en s’opposant à la circoncision et à l’excision, cherche selon lui à propager le SIDA : « La campagne médiatique dont nous sommes témoins aujourd’hui fait tout simplement partie intégrante d’un complot pour détruire le cadre de la société islamique. L’interdiction de l’excision prépare le terrain à l’interdiction de la circoncision.  L’Occident n’admet aucune forme de circoncision, ni celle des filles, ni celle des garçons ; l’assurance médicale des jeunes enfants en Amérique ne prend pas en charge [les frais de] la circoncision des garçons. Les dépenses en incombent à la famille ; [une telle situation] conduit à la propagation du SIDA. » (19)

Le cheikh Mustafa Al-Azhari, influent prédicateur islamique, se fait l’écho des accusations d’implication occidentale dans la campagne médiatique contre l’excision : « Il s’agit d’une campagne douteuse ayant pour unique objectif de répandre la promiscuité parmi les musulmans (…) Les médias [égyptiens] n’auraient pas dû collaborer à ce crime, planifié par les Etats-Unis et bénéficiant du soutien de l’Occident (…) » (20)

L’excision empêche le plaisir sexuel non-naturel

Parmi les adeptes de l’excision se trouvent certains islamistes qui mettent en avant des arguments « médicaux » plutôt que religieux pour soutenir leur propos. L’excision, estiment-ils, est bénéfique à la santé des femmes, vu qu’elle facilite l’hygiène intime et permet la réalisation de relations sexuelles « normales. »

Un expert en chirurgie de l’université Al-Azhar, Dr Mohammed Rifat Al-Bawwab, fournit un exemple, précisant que les femmes peuvent procéder à leur hygiène intime plus facilement en l’absence d’une partie de leurs organes génitaux. En outre, souligne-t-il, le clitoris est plus saillant que les autres organes génitaux féminins, et « le fait qu’il soit saillant provoque des frottements contre les tissus notamment, ce qui détourne l’attention de l’adolescente vers des plaisirs non naturels qui pourraient développer chez elle une dépendance anormale et néfaste (…) Après le mariage, il devient difficile d’empêcher le phénomène de se produire chez une femme qui s’y est habituée. Il ne reste plus qu’à avoir des rapports sexuels anormaux, où le clitoris est volontairement sollicité, vu que la femme s’est habituée à cela [ce qui est cause de dégénérescence morale].

Ainsi, l’ablation du clitoris par excision réduit [l’éventualité d’]un tel phénomène. De cette façon, la femme préserve son inconscience et trouve le plaisir auprès de son mari de manière naturelle, au moyen de l’organe sexuel mâle [uniquement], par frottement contre [les parois du] vagin et le col de l’utérus, [et non du clitoris]. » (21)

III – l’Establishment religieux – pas de position clairement définie

Plutôt que de s’opposer ouvertement à la pratique de l’excision, les dignitaires de l’Establishment religieux en Egypte relèguent le pouvoir de décision aux médecins. Le cheikh d’Al-Azhar, Mohammed Sayyed Al-Tantawi se justifie par l’absence de texte religieux faisant autorité en la matière. (22)

Son attitude est aussi celle du mufti égyptien Nassar Farid Wassal, pour qui l’excision est une coutume sociale : « Le Sunna n’exige l’excision pas plus qu’il ne l’interdit. L’islam laisse décider les personnes compétentes en la matière – c’est-à-dire les médecins. » (23)

Le cheikh Youssef Al-Qaradhawi, l’un des dignitaires religieux les plus influents de l’islam sunnite, également guide spirituel des Frères musulmans, énonce une opinion un peu différente. Il se dit favorable à une excision partielle, ce qu’il considère comme une solution modérée, juste et raisonnable, bien adaptée à la réalité. Al-Qaradhawi juge préférable de laisser les parents de la jeune fille aviser. Dans une fatwa, Al-Qaradhawi conseille : « Tous ceux qui considèrent que l’excision est le meilleur moyen de protéger leurs filles devraient l’appliquer (…) J’y suis favorable, surtout à notre époque. [Toutefois,] ceux qui ne procèdent pas [à l’excision de leurs filles] ne sont pas considérés comme des pécheurs, car il ne s’agit que d’accorder un mérite [supplémentaire] à la jeune fille, ainsi que l’établissent les savants de la religion et l’un des hadiths (…) » (24)

Source: memri.org

pour en savoir plus: http://www.wluml.org/fr/node/1146 le site de Women under muslim law, femmes sous lois musulmanes.

En 15% ans de lutte contre les mutilations génitales féminines, la pratique de l’excision ne concernerait plus que 91% des femmes au lieu de 97%…

http://www.africaontv.com/Members/popoli/news/egypte-la-pratique-de-lexcision-recule-actualite-afrique/

Avec la coalition militaro-islamiste qui semble se dessiner, la condition des femmes d’Egypte ne pourra qu’empirer, notamment en ce qui concerne l’excision, une pratique arriérée et barbare qui démontre dans quelle estime une société tient les femmes.

La pratique de l’excision serait générale en Egypte, les autres religions, dont les coptes, s’y adonneraient également.


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