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Burkini. Catherine Kintzler : ce n’est pas une question de laïcité, c’est politique

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Cet entretien avec la philosophe Catherine Kintzler est d’autant plus intéressant qu’elle met des mots précis sur une situation déplorable. Elle nous donne les mots pour le dire comme : héroïsme social, signalétique ségrégationniste, totalitarisme féroce, communautarisme politique, banalisation du totalitarisme islamique, islamo-totalitaire et même « fausse question laïque ».

Dans une langue simple, accessible à toutes et à tous, Catherine Kintzler nous donne des idées claires pour répondre aux arguments répétés des collabos de l’islamisation de la France dont les femmes sont les premières victimes; Le burkini, c’est un test politique sur le dos des femmes dont on connait le niveau de respect auquel elles ont le droit dans les dictatures musulmanes.

Il serait temps pour toutes les féministes du monde de s’allier contre notre ennemi commun : l’islam politique qui ne cesse de gagner du terrain en manipulant les femmes.

La Connectrice

Si ne pas porter de voile, si porter une jupe courte, si porter un maillot deux-pièces, si s’attabler seule à la terrasse d’un café, si tout cela devient pour certaines femmes un acte d’héroïsme social, c’est qu’on a déjà accepté que cela le devienne pour toutes, c’est qu’on a déjà accepté de ne pas faire attention aux signaux envoyés par un totalitarisme féroce: c’est l’inverse qui devrait être «normal». Catherine Kintzler

Le Conseil d’Etat a suspendu ce vendredi un arrêté «anti-burkini». Pour Catherine Kintzler, il ne s’agit pas d’une question juridique liée à la laïcité, mais d’une question davantage politique liée à l’acceptation (ou non) du communautarisme islamiste.


Philosophe, spécialiste de la laïcité, Catherine Kintzler est professeur émérite de l’Université Lille-III et vice-présidente de la Société française de philosophie. Elle est notamment l’auteur de Penser la laïcité (éd. Minerve, 2015) et anime le site internet Mezetulle.


 SUSPENDU CE VENDREDI PAR LE CONSEIL D’ETAT, L’UN DES ARRÊTÉS «ANTIBURKINI» PORTAIT SUR L’INTERDICTION DE L’ACCÈS À LA BAIGNADE «À TOUTE PERSONNE NE DISPOSANT PAS D’UNE TENUE CORRECTE, RESPECTUEUSE DES BONNES MŒURS ET DU PRINCIPE DE LAÏCITÉ». SI LE BURKINI POSE VRAIMENT UN PROBLÈME DE LAÏCITÉ, FAUT-IL INTERDIRE ÉGALEMENT LES SOUTANES OU LES KIPPAS?

CATHERINE KINTZLER. – Je ne suis pas juriste, mais tout le monde sait que le principe de laïcité au sens strict vaut pour ce qu’il est convenu d’appeler «la sphère publique». Par exemple, un fonctionnaire ne peut pas porter un signe religieux lorsqu’il est en fonction, un local administratif ne peut afficher aucun signe religieux, un magistrat ne peut pas invoquer un motif religieux dans ses interventions publiques. En 2004, devant les nombreux problèmes posés par des affichages très visibles et générateurs de conflits, la loi a étendu l’exigence de neutralité aux élèves de l’école publique en leur interdisant le port de signes religieux ostentatoires dans les établissements – on pourrait d’ailleurs penser à le faire à l’université dans les situations d’enseignement, comme l’avait suggéré le naguère le HCI.

Qu’on ait affaire à une « fausse question laïque » ne veut pas dire que ce «burkini» ne soulève aucun problème.

Mais dans les espaces ordinaires accessibles au public (rue, transports, etc.), l’expression des opinions est libre, dans le cadre du droit commun. Donc, je pense que le port du «burkini» sur une plage publique, pas plus que celui d’une soutane ou d’une kippa dans la rue, ne relève d’une question de laïcité: c’est une fausse question laïque. D’ailleurs en 2010, l’interdiction du port de la cagoule dans ces espaces n’est pas fondée sur la laïcité, mais sur un motif de sécurité publique. En revanche, qu’on ait affaire ici à une «fausse question laïque» ne veut pas dire que ce «burkini» ne soulève aucun problème, ni qu’il soit anecdotique.

LE BURKINI N’EST-IL PAS LE SIGNE EN REVANCHE D’UN COMMUNAUTARISME GRANDISSANT AU SEIN DE LA NATION FRANÇAISE?

Quand on parle de communautarisme, il faut préciser les choses. Toutes sortes de communautés peuvent s’assembler en république et bénéficier de la législation sur les associations. Le communautarisme social commence lorsqu’un groupe considère qu’il y a obligation d’appartenance, fait pression sur ceux qu’il considère comme «les siens», leur rend la vie impossible s’ils n’adoptent pas une manière de vivre, de se présenter, de parler, de manger, etc. Sur ce terrain, s’installe le communautarisme politique, qui consiste à réclamer des droits et des devoirs spécifiques à tel ou tel groupe.

Plus les manifestations communautaristes se font provocatrices, plus cela témoigne de l’impopularité du communautarisme.

Le port du «burkini», à l’évidence, relève du communautarisme: c’est une tentative de stigmatisation envers toutes celles qui, de confession musulmane, le refusent et refusent le port du voile, refusent l’uniformisation de leur vie.

Faut-il en conclure que le communautarisme a le vent en poupe en France? Je pense l’inverse. Plus les manifestations communautaristes se font provocatrices, plus cela témoigne de l’impopularité du communautarisme. Les réactions très vives au sujet de cette signalétique ségrégationniste montrent pour le moins un malaise à son égard. Nos concitoyens sont extrêmement sensibles à l’attitude communautariste, on l’a vu notamment lors du grand rassemblement du 11 janvier 2015. Ce seuil de sensibilité, loin d’être une forme d’intolérance, est au contraire le signe que nous sommes très attachés à l’unité de la nation, à l’égalité des droits et des devoirs. En France la fraternité vaut entre des individus libres et égaux et non entre des communautés dont certaines pratiquent la ségrégation et l’inégalité.

On a affaire à une tentative de banalisation du totalitarisme islamiste.

D’autre part, il ne suffit pas de ramener le port du «burkini» à un simple geste communautariste au sens social. Cela va bien plus loin et touche le domaine politique: un jalon s’ajoute à tous ceux posés par une version ultra-réactionnaire et totalitaire de l’islam politique depuis une quarantaine d’années. La forte coïncidence chronologique avec les attentats tragiques de ces derniers mois – et tout particulièrement le massacre du 14 juillet à Nice – le situe comme une provocation politique. Laurence Rossignol a raison de parler d’un «étendard»: on est bien au-delà du moment d’expression religieuse! Ce qui compte ici n’est pas un événement isolé, mais la série, sa continuité et sa cohérence. Une fois de plus, dans un contexte aggravé, on a affaire à une tentative de banalisation du totalitarisme islamiste. Ce «burkini» est très récent, personne ne s’y trompe – on se demande même ce que les islamo-totalitaires vont encore inventer pour pourrir la vie des gens.

LE BURKINI N’EST-IL PAS ÉGALEMENT UNE GAGEURE VIS-À-VIS DES FEMMES? NE PORTE-T-IL PAS ATTEINTE À L’ÉGALITÉ DE L’HOMME ET DE LA FEMME? EN MÊME TEMPS, QUE RÉPONDRE À L’ARGUMENT «LIBÉRAL» DES FEMMES QUI RAPPELLENT QU’ELLE LE PORTE LIBREMENT?

La banalisation du totalitarisme islamiste s’affirme le plus souvent par un contrôle du corps des femmes, par l’accoutumance insidieuse à une forme de «moralité» qui se présente comme quelque chose d’ordinaire, de «normal» et qui de ce fait tend à particulariser et à montrer du doigt celles qui ne s’y plient pas… Cette férocité est véritablement obscène: elle est une forme d’assignation, de harcèlement. Il ne faut pas inverser les choses: ce sont les femmes de culture musulmane refusant cette uniformisation étouffante qui subissent la stigmatisation. Et au-delà d’elles, par elles, toutes les femmes sont visées.

QUE FAIRE SI LES INTERDICTIONS DE BURKINI NE SONT PAS UNE SOLUTION? EST-CE UN COMBAT DE NATURE QUASI-IDÉOLOGIQUE QU’IL FAUT MENER?

Il s’agit bien d’un combat idéologique et politique au sens où la conception de la cité est engagée. Ce combat implique un devoir de réprobation publique.

Le motif de trouble avéré à l’ordre public peut parfois être avancé, mais cela ne peut être que ponctuel et temporaire. Il s’agit bien d’un combat idéologique et politique au sens où la conception de la cité est engagée.

Je pense que ce combat implique un devoir de réprobation publique, dans le cadre et les limites du droit commun bien sûr. Minimiser ces accoutrements revient à les soutenir, contribue à les imposer, à les rendre ordinaires, et donc à accoutumer un totalitarisme. Non, il faut que cela reste extra-ordinaire. Faire en sorte que la manifestation publique de ces marquages soit soulignée, questionnée, critiquée, expliquée dans sa signification politique. Faire en sorte que cela ne soit pas inclus dans le paysage, que ces affichages restent «remarquables» et remarqués. On peut les tolérer et exprimer sa réprobation en disant toute l’horreur qu’ils inspirent. La loi ne les interdit pas: mais ce n’est pas pour cela qu’ils doivent devenir une norme.

Si ne pas porter de voile, si porter une jupe courte, si porter un maillot deux-pièces, si s’attabler seule à la terrasse d’un café, si tout cela devient pour certaines femmes un acte d’héroïsme social, c’est qu’on a déjà accepté que cela le devienne pour toutes, c’est qu’on a déjà accepté de ne pas faire attention aux signaux envoyés par un totalitarisme féroce: c’est l’inverse qui devrait être «normal».

Source :©  Le Figaro Premium – Burkini au Conseil d’Etat : le problème n’est pas la laïcité, mais l’islamisme

Le burkini stigmatise les femmes qui ne le portent pas

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Si le burkini protège la pudeur de celle qui le porte, alors il stigmatise celles qui ne le portent pas et les désigne à l’assaut des hommes qui les prennent pour des femmes de mauvaise vie, des putes, des salopes, des Marie-couche-toi-là, des provocatrices, des nymphomanes, des folles de sexe, des obsédées, des hystériques, etc.

S’il faut porter un burkini pour se faire respecter des hommes, ceux-ci n’ont aucune raison de respecter celles qui ne le portent pas.

Tous les chiffons qui marquent le corps des femmes respectables ostracisent celles qui ne portent ni voile, ni hijab, ni bonnet, ni jilbeb, ni burkini .

Cette notion de pudeur que développe l’islam et qu’il impose uniquement à ses femmes n’a rien à voir avec la notion de pudeur que cultivent les pays de culture judéo-chrétienne et celles et ceux qui oseraient affirmer que l’accoutrement des musulmanes pudiques ne les fait pas rigoler ou ne les choquent pas sont des menteuses et des menteurs.

Porter des vêtements musulmans est une capitulation des femmes devant la maladie sexuelle des hommes. Rappelons que dans les prisons de France, 60% sont des musulmans et que 30% des prisonniers le sont pour des délits et crimes sexuels jugés (peu de femmes osent porter plainte).

Le burkini et ses acolytes de chiffons est une incitation au harcèlement et au viol des femmes qui ne le portent pas. C’est pourquoi, quand on respecte les femmes, on est favorable à son interdiction, avec l’interdiction du voile et de tout ce qui stigmatise la femme

La Connectrice (qui est lasse des idioties hypocrites, lâches et sexistes qu’elle entend à propos du burkini)

PS Bien entendu je ne crois pas à la vertu du burkini qui est surtout un étendard du djihad et une stigmatisation du corps de la femme pour complaire aux califes et aux imams qui entendent labourer leur corps comme un champs, qu’elles soient leur propriété exclusive ou leur cheptel sans limites de femmes à violer.

Je réponds ici à l’argument « pudeur » utilisé pour justifier le port du djihad…euh, du burkini…

Humour. Les déséquilibrés se sentent montrés du doigt

Photo de Joann Sfar.

 

Joann SfarS’abonner

7 h · Instagram ·

Chacun doit pouvoir pratiquer son déséquilibre dans le respect du vivre ensemble.

Catholiques et nobles stigmatisés ! que font SOS racisme et la Halde ?

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Il ne fait plus de doute que Monsieur Xavier Dupont de Ligonnes a assassiné son épouse, ses quatre enfants et ses deux labradors. Quel tableau de chasse pour un homme décrit comme catholique pratiquant et issu de la vieille noblesse française.

Si on suit les réquisitions du parquet qui ont conduit à la condamnation d’Eric Zemmour pour avoir dit sur la délinquance des vérités que tout le monde connait et peut vérifier personnellement, alors il faut condamner tous les journalistes qui ont révélé que le présumé assassin était catholique et noble.

On attends les réactions indignées de Sos racisme, La ligue des droits de l’homme et de la Halde.

PS pour en savoir plus sur la personnalité du comte Xavier Dupont de Mars de Ligonnes, lire la vision de Margarine Duras : https://laconnectrice.wordpress.com/2011/04/27/margarine-duras-a-vu-eric-durang-de-la-carriere/

Flora Tristan n’a jamais prôné le voile intégral…

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Portrait de Flora Tristan

En 2010, les islamistes attribuent au hijab les mêmes vertus que le « manto » ou « tapadas », voile décrit par Flora Tristan dans « Pérégrinations d’une paria »

En 2010, des dizaines d’articles ont fleuri sur le net, reprenant en général les mêmes sources et les mêmes arguments pour démontrer que, comme autrefois les « tapadas » à Lima (femmes cachées), le voile était un accessoire de la liberté des femmes. L’argument a notamment fait fureur sur les sites islamistes comme celui-ci :

http://muslimahmediawatch.org/2010/12/learning-from-las-tapadas-of-yesterday/

Just like the las tapadas Limeñas , Muslim women have fought for their right to veil in many settings. The veil has actually transcended the religious meaning, to become a political symbol of resistance. Unfortunately, veiled women cannot wear the veil in public schools in France and Turkey. In addition, European countries with large Muslim populations have begun banning the veil.

Something that Muslim women of today can learn from las tapadas of yesterday is that it was self-assertion and strong principles that led las tapadas to fight for their right to wear the attire and participate in public life; and at the end, they were successful. Therefore, it is up to Muslim women to decide what the veil means for themselves.

http://www.bienpublic.com/fr/france-monde/article/3488629/Quand-les-femmes-se-voilaient.html

http://www.dna.fr/fr/infos-generales/monde/info/3491122-Perou-Femmes-de-Lima-sous-les-tapadas-traditionnels-QUAND-LE-VOILE-EMANCIPAIT

http://www.djazairess.com/fr/elwatan/164469

Pour servir leur argumentation pro-voile, les islamistes situent l’origine des tapadas en Andalousie, elles seraient un vestige de l’influence maure. Ils auraient été importés au Pérou par les colonisateurs espagnols. Les châles andalous ainsi que les mantilles seraient d’ailleurs un vestige du voile musulman. L’argument des musulmans ne tient pas puisque, comme nous l’avons vu, le morceau de tissu que les femmes et les hommes ont porté sur la tête depuis des millénaires est bien antérieur à l’Islam.

Parlant du voile, certains parlent de « burqa catholique », ce qui ne manque pas de sel, considérant que les religieuses se sont inspirées du costume de Marie, la mère de Jésus, qui était juive et portait le costume en vigueur à son époque. Tout comme les moines ont conservé le costume caractéristique des hébreux.

Je me souviens d’un voyage avec mon ami, dans l’automotrice qui nous conduisait de Beyrouth à Damas. En face de nous trônait une femme en robe ample et longue, coiffée d’un bonnet blanc recouvert d’un voile bleu. Mon ami me souffla à l’oreille : « tu as vu, c’est une religieuse! ». J’éclatais de rire : »Mais non, c’est une musulmane, le costume traditionnel de la région tel que le portait Marie ».

Chronologie des religions pour comprendre l’évolution du costume et de ses codes

http://atheisme.free.fr/Religion/Chronologie_religions.htm

J’ai retenu l’essentiel des princiaples religions.

-Les premières religions, animistes, sont apparues au Néolithique.

-2000 AC la religion védique en Inde

-1900 AC naissance du  judaïsme

-560 AC naissance de Bouddha

42-63 conversion de Saint Paul-Naissance du christianisme

610 révélation de l’ange Gabriel à Mahomet. Naissance de l’islam

On note que l’islam apparaît près de 3 000 ans après le judaïsme et 610 ans après le christianisme et il est donc logique qu’il ait adopté peu ou prou les coutumes vestimentaires et les traditions de son époque qui avaient toutes en commun d’écarter les femmes des instances de décision, à commencer par le culte.

Lorsque des Musulmans s’emparent des descriptions faites par Flora Tristan sur le « manto » des liméniennes et l’attribuent à l’influence maure en Espagne, c’est une contre vérité historique. C’est également un exemple typique des raisonnements à court terme sur les modes et les coutumes qui sont le fruit d’échanges d’influences qui datent de l’aube de l’humanité et qui se sont accélérés avec la communication électronique en général et l’Internet en particulier car l’information et les modèles circulent de plus en plus rapidement.

Le châle indien, ci-dessous, a été importé au Moyen-Orient par les marchands qui circulaient entre l’Asie et l’Afrique. Il serait antérieur à l’Islam.

Quelles que soient les origines du voile et l’obligation pour les femmes de dissimuler leurs cheveux et leur visage, ces coutumes avaient été abandonnées dans certains pays musulmans et elles sont réapparues en France dans le contexte de l’impérialisme musulman, de l’intégrisme musulman et de l’importation du conflit isarélo-palestinien. Le port du voile est aujourd’hui une mode qui repose sur un substrat politique qui utilise les femmes pour mener le djihad. Le voile est avant tout l’étendard d’une armée de conquête.

 

Le port du voile à Lima, au XIXème siècle permettait aux Liméniennes de voir sans être vues et de circuler librement.

Flora Tristan est l’une des plus belles figures du féminisme français. Non seulement elle a oeuvré pour l’émancipation des femmes mais elle est à l’origine des mutuelles d’entraide et des « palais du peuple ». Elle est aussi la grand-mère de Paul Gauguin.

Enfant naturelle d’un aristocrate péruvien (en réalité, son père est mort avant que le mariage ne soit officialisé), elle entreprit un voyage de plusieurs mois pour le Pérou dans le but de réclamer son héritage. Elle n’obtint de son oncle qu’une pension mensuelle et relata son voyage dans les »Pérégrinations d’une paria ». Dans ce récit, elle décrit minutieusement la vie des péruviennes, en particulier à Lima. Elles les trouve plus libres que les Françaises grâce à un artifice, le « manto ». Un châle noir qu’elles replient sur leur visage à l’exception d’un oeil.

Cet accoutrement a marqué tous les voyageurs européens de l’époque. Il est aussi connu sous le nom de « tapadas ». Les liméniennes ont longtemps défendu cet accoutrement qui leur permettait de voir sans être vue et de circuler en toute liberté jusqu’à ce qu’il soit supplanté par la mode française.

Extrait des « Pérégrinations dune paria » de Flora Tristan, fragments du chapitre VIII.

Une liménienne déjeune le matin, avec son mari….a-t-elle envie de sortir, elle passe sa saya sans corset (la ceinture de dessous serrant la taille suffisamment), laisse tomber ses cheveux, se tape (tapada veut dire se cacher la figure avec le « manto »), c’est-à-dire se cache la figure avec la manto, et sort pour aller où elle veut...Ainsi ces dames vont seules au spectacle, aux courses de taureaux, aux assembles publiques, aux bals, aux promenades, aux églises, en visites, et sont bien vues partout. Si elles rencontrent quelques personnes avec lesquelles elles désirent causer, elles leur parlent, les quittent et restent libres et indépendantes au milieu de la foule, bien plus que ne le sont les hommes à visage découvert…lorsque les Liméniennes veulent rendre leur déguisement encore plus impénétrable, elles mettent une vieille saya toute déplissée, déchirée, tombant en lambeaux, un vieux manto et un vieux corsage; seulement les femmes qui désirent se faire reconnaitre pour être de la bonne société se chausssent parfaitement bien et prennent un de leurs plus beaux mouchoirs de poche: ce déguisement…se nomme disfrazar. Une disfrazada est considérée comme fort respectable; aussi ne lui adresse-t-on jamais la parole : on ne l’approche que très timidement ; il serait inconvenant et même déloyal de la suivre. On suppose, avec raison, que, puisqu’elle s’est déguisée, c’est parce qu’elle a des motfs importants pour le faire et que, par conséquent, on ne doit pas s’arroger le droit d’examiner ses démarches.

D’après ce que je viens d’écrire sur le costume et les usages des Liméniennes, on concevra facilement qu’elles doivent avoir un tout autre ordre d’idées que celui des Européennes, qui, dès leur enfance, sont esclaves des lois, des moeurs, des coutumes, des prjugés, des modes, de tout enfin; tandis que sous la saya, la Liménienne est libre, jouit de son indépendance et se repose avec confiance sur cette force véritable que tout être sent en lui, lorsqu’il peut agir selon les besoins de son organisation.

Les « tapadas » avec leur jupe longue, la « saya », et leur voile, le « manto ».

Couvrir sa tête d’un chiffon est une tradition antérieure à l’Islam

Talith, châle de prière israélite masculin

En réalité, les partisans du voile musulman oublient que ce fut d’abord un accessoire juif, puis, dans l’ordre chronologique d’apparition des religions, un élément du vêtement chrétien, puis musulman. Il est possible d’ailleurs que le voile ait même été antérieur à la civilisation hébraïque, un tissu commun à tous les peuples de la région du Moyen-Orient quand, du fait des conditions climatiques, hommes et femmes se couvraient la tête, à l’image, par exemple, des touaregs qui s’enveloppent complètement pour se protéger du soleil, du froid la nuit, du vent, du sable et, éventuellement des mouches.

Hommes voilés, les touaregs de nos jours

En Inde, les Jaïns portent le voile et la voilette pour ne pas inhaler des insectes car ils respectent toute forme de vie. Le Jaïnisme remonterait à 800 ans avant JC.

La femme tentatrice et impure doit dissimuler sa chevelure

Dans toutes les civilisations à travers les âges, il était courant, parfois obligatoire de se couvrir la tête. Pour les hommes, la coiffe, le couvre-chef était le signe de son appartenance sociale et surtout de son rang. On se souvient de François 1er appelant ses troupes à se « rallier à son panache blanc ». Pour les femmes, la coiffe est, depuis des millénaires, une obligation :

La tradition a longtemps voulu que les femmes dissimulent leur chevelure. Déjà vers 1115 avant J.C., le roi d’Assyrie, Téglath-Phalasar Ier ordonne que  » les femmes mariées qui sortent dans la rue n’auront pas la tête découverte « . Par la suite les religions ont imposé aux femmes de couvrir leurs cheveux. Ainsi saint Paul, dans la 1ère Lettre aux Corinthiens au chapitre 11 affirme que  » la femme … doit avoir sur la tête une marque de l’autorité dont elle dépend « , la coiffure étant signe de soumission. Dans De virginibus velandis en 213, Tertullien, un des Pères de l’Eglise, va plus loin, puisqu’il impose une coiffure également aux jeunes filles :  » il faut voiler nos vierges dès qu’elles sortent de l’enfance « .

On retrouve dans le Coran , sourate XXXIII, la même prescription :  » Prescris à tes épouses, à tes filles et aux femmes de croyants un voile sur le visage « (57), ce voile étant  » la marque de leur vertu et un frein contre les propos des hommes « .

Au XVIIe siècle, les religieuses de St-Vincent de Paul qui seront en contact avec la population sont les premières religieuses à porter de larges coiffes, les cornettes, avec lesquelles les barbichets et certaines coiffes bretonnes du début du XIXe siècle présentent des ressemblances. On y ajoutera bien sûr des dentelles.

À ce motif religieux, s’ajoute un rôle protecteur. La coiffe comme toute autre coiffure va protéger du froid, du soleil. La tête considérée comme le siège de toutes les fonctions nobles va se voir particulièrement protégée et cela dès la naissance.

Source : http://parole-et-patrimoine.org/coiffes/des-signes-pour-le-visage.html

Musulmanes à Paris en 2010, manifestant pour réclamer un logement

Carmélite en prière. Sans légende, on pourrait la prendre pour une musulmane.


Religieuse chrétienne. De dos, on ne la distingue pas d’une musulmane.


La fonction première du vêtement est de protéger le corps des éléments mais aussi de la végétation et de blessures dans le cours de leurs occupations. Les religions ont transformé le vêtement protecteur en cache-sexe pour les besoins de leur idéologie. De protection, le voile est ainsi devenu un accessoire stigmatisant et discriminant pour les femmes. A une époque où les guerres étaient fréquentes, la femme de l’ennemi était une proie dont la prise permettait de l’humilier et de aliéner sa descendance en polluant sa race. Le viol des femmes de l’adversaire a toujours été une arme de guerre. Le voile servait à dissimuler les femmes et à les protéger de la concupiscence de l’ennemi. Dans des conflits récents, en Europe et en Afrique, le viol de masse a été utilisé pour effrayer les populations et humilier l’adversaire. Le mythe de « l’enlèvement des Sabines » en est une allégorie.

Enlèvement des sabines par Nicolas Poussin

Dans les religions monothéistes patriarcales, la femme est impure, elle est inférieure, elle est un objet de tentation pour l’homme, elle provoque naturellement son désir qui serait irrépressible. Elle est donc soumise à une obligation de pudeur pour ne pas tenter l’homme. La femme doit dissimuler son corps et surtout sa tête et son visage. Cette contrainte vestimentaire rappelle son infériorisation, son impureté et son incapacité à participer à la gouvernance de sa communauté.

Voilette de mariée algérienne vers 1900. Elle ressemble fort à un cache sexe…voire un string…

La coiffe révèle le statut social

Geneviève de Fontenay, ancienne mannequin, chaperon des Miss France et défenseure de la tradition du bon goût français, ne sort jamais sans son chapeau.

Jusque dans les années 60, en France, une femme sans coiffe, dite « en cheveux », était une femme peu recommandable, une femme légère, une putain, une femme de mauvaise vie. Aujourd’hui, dans l’aristocratie et la grande bourgeoisie on se doit de porter un chapeaux pour les grandes occasions comme les mariages, les baptêmes, les enterrements mais aussi les évènements mondains comme les inaugurations ou les courses de chevaux. Au Royaume-Uni, la reine et ses dames de compagnie ne sortent jamais sans chapeau, des chapeaux extravagants qui tiennent lieu de couronne et témoignent du rang des femmes.

Marie-Antoinette, reine de France arbore un large chapeau à plume

Marie-Antoinette, reine déchue à la prison du Temple. Elle porte une coiffe comme les femmes du peuple

 

Louis WVI a été décapité. Marie-Antoinette porte le voile noir des veuves.

Queen Elisabeth en habit d’apparat. La coiffe y a un rôle spectaculaire, comme tous ses autres chapeaux.


 

Chapeaux de dames de la bonne société à l’hippodrome d’Auteuil

Au XIXème siècle, les coiffes étaient une manière d’afficher son appartenance régionale,chaque province ayant une coiffe distincte des autres, sa religion, son statut social et matrimonial. Protestantes et  catholiques,  femmes mariées ou veuves, paysanne ou bourgeoise se reconnaissaient par leur coiffe qui, dans une société hiérarchisée signalait leur appartenance sociale.

l’Angélus de Millet : paysanne, en prière, coiffée d’un fichu

La quichenotte de Vendée. Elle était portée par les pêcheuses à pied. « Quichenotte » est la francisation de « kiss me not » (ne m’embrassez pas). Elle aurait été conçue pour empêcher les Anglais débarquant sur le côte atlantique d’embrasser les jeunes filles qui pêchaient crevettes, moules et autres coquillages.

Jusque dans les années 70, les villageoises portaient un fichu, comme nos humoristes parisiennes, les « Vamps ».

Le code vestimentaire au XIXème siècle

L’apparence extérieure soulignait la place de l’individu dans la société. Le costume était codifié. Les paysans, les ouvriers, les  charpentiers, les menuisiers, les bourgeois, les grands bourgeois, les arstocrates, chacun avait une tenue qui signalait sa place sociale. Selon leur rang social, selon les époques et les civilisations, certaines couleurs étaient réservées comme le jaune pour l’empereur de Chine, le bleu pour les rois de France, le rouge pourpre pour les empereurs romains, le bleu pour les ouvriers au XIXème siècle et le noir pour les bourgeois. Le paysan portait alors un béret, l’ouvrier une casquette, et le bourgeois un chapeau haut de forme. Le port du pantalon était interdit aux femmes sauf dérogation préfectorale dont ont usé la peintre Rosa Boheur, l’archéologue   Jane Dieulafoy ou l’écrivaine George Sand.

Rosa Bonheur dans son atelier. Dans le musée qui lui est réservé, au château de Buy, près de Fontainebleau, on peut voir accroché au mur une autorisation préfectorale pour le port du pantalon.

George Sand est le pseudonyme masculin d’Aurore Dudevant qui doutait de pouvoir être publiée sous un nom de femme

Archéologue, Jane Dieulafoy parcourut la Mésopotamie à la recherche des ruines de Suse, en compagnie de son mari. Une salle du Louvre leur est réservée. Jane avait choisi de porter le pantalon pour plus de commodités dans ses voyages aventureux et pour passer inaperçue au regard des Musulmans.

 

Jeux et enjeux des voiles et voilettes

Flora Tristan a vu dans la manière dont les Liméniennes privilégiées utilisaient le « manto » un moyen de circuler librement mais aussi une manière de coquetterie, un jeu de séduction, un amusement ou une taquinerie.

Alphonse Allais, avec l’humour noir qui le caractérise, a imaginé un conte cruel « Le rajah s’embête » dans lequel le dévoilement d »une jeune bayadère est exigé jusqu’au dépeçage: 

Le rajah s’embête !

 Ah ! oui, il s’embête, le rajah !

Il s’embête comme, peut-être, il ne s’est jamais embêté de sa vie. 

(Et Bouddha sait si ce pauvre rajah s’est embêté des fois !) 

Vous qui riez bêtement, avez-vous jamais vu un rajah qui s’embête ? 

Non ? Alors ne riez pas bêtement.

Victor Hugo qui écrivit, avec un talent incontestable et, comme en se jouant, le Roi s’amuse, n’aurait peut-être pas été fichu d’écrire les dix premiers vers de Le Rajah s’embête, et Victor Hugo n’était pas un serin, pourtant.

Revenons à nos moutons, et laissez-moi vous le répéter, au cas où cette longue digression vous l’aurait fait oublier : le rajah s’embête !

C’est une affaire bien entendue, n’est-ce pas ? Il serait, d’ailleurs, fastidieux de revenir sur ce détail qui ne peut toucher que bien faiblement nos piteuses visions d’Occident : le rajah s’embête !

Dans la cour Nord du palais, l’escorte attend.

Et, aussi, attendent les éléphants du rajah.

Car, aujourd’hui, le rajah devait chasser le jaguar.

À je ne sais quel geste mou du Rajah, l’intendant a compris : que l’escorte rentre ! Que rentrent les éléphants !

Très flemmarde, l’escorte se sent ravie d’aise. 

Les éléphants ronchonnent salement, ce qui est la façon, aux éléphants, d’exprimer leur mécontentement.

Car, à rencontre de l’éléphant d’Afrique qui comprend seulement la chasse aux papillons, l’éléphant d’Asie ne se passionne qu’au hunting du jaguar. 

Alors, amenez les bayadères ! 

Voilà les bayadères ! Les voilà bien, les bayadères ! 

Les bayadères n’empêchent pas le rajah de s’embêter.

En allez-vous, les bayadères ! En allez-vous !

 t les bayadères s’en allent.

Tiens, tiens, tiens ! parmi les bayadères, une petite nouvelle que le rajah ne connaissait pas encore. 

— Demeurez ci, petite bayadère, en allez-vous point ! Et dansez !

La voilà qui danse, la petite bayadère !

Oh ! sa danse !

Le charme de son pas, de son attitude, de ses mines graves !

De vieux rites, on eût dit, d’infiniment vieux rites dont elle serait la suprême et la charmeresse tradition.

Oh ! les arabesques que ses petits pieds écrivent sur l’onisque des dalles ! Oh ! la presque drôlerie religieuse de ses mains menues et lentes !

 hh tout ! 

Et puis voilà qu’au rhythme (je tiens aux deux h) de la musique, elle commence à se dévêtir. 

Une à une, chaque pièce de son costume, agilement détachée, vole à l’enlour.

Le rajah s’allume !

À chaque morceau de vêtement qui tombe, le rajah impatient, rauque, dit :

— Encore !

Et encore un morceau du vêtement de la petite bayadère tombe, et plus impatient, plus rauque, le rajah dit :

— Encore !

Maintenant, la voilà toute nue !

Son petit corps, jeune et frais, est un enchantement.

On ne saurait dire s’il est de bronze infiniment clair ou d’ivoire un peu rosé. Les deux peut-être ?

Le rajah s’est levé tout droit et a rugi, comme fou :

— Encore !

La pauvre petite bayadère tâtonne si elle n’aurait pas oublié, sur elle un insignifiant bout d’étoffe.

Mais non, elle est bien nue.

Le rajah jette à ses serviteurs un mauvais regard noir et rugit à nouveau :

— Encore !

Ils ont compris.

Les larges couteaux sortent des gaines.

Les serviteurs enlèvent, non sans dextérité, la peau de la jolie petite bayadère.

L’enfant supporte, avec un courage au-dessus de son âge, cette ridicule opération, et bientôt, elle apparaît au rajah, telle une écarlate pièce anatomique, pantelante et fumante.

Tout le monde se retire par discrétion.

Et le rajah ne s’embête plus.

 La voilette, plus ou moins courte a été portée par les femmes françaises jusque vers les années 80. Beaucoup de femmes élégantes ne sortaient jamais sans leur chapeau, leur voilette et leurs gants. La voilette était alors un signe d’appartenance sociale, un moyen paradoxal d’afficher sa pudeur mais aussi un accessoire utile aux jeux de séduction. La voilette, confectionnée dans du tulle transparent, plus ou moins longue et enveloppante, ne dissimulait pas le visage mais symbolisait une barrière sur la quelle aurait été écrit : » Ne vous approchez pas, je suis une femme respectable ». La voilette demeure encore aujourd’hui un élément de coquetterie qui peut remplacer le voile sur les chapeaux des mariées ou simplement décorer un bibi. 

 

Voilette 1900

 Apicultrice avec son chapeau et son voile de protection, ressemblance certaine avec la voilette 1900

Voilette 1950

 

 Voilette glamour, modèle d’élégance parisienne

 

 Voilette 1980 style bibi

 

 

 

La voilette française a peu avoir avec la voilette algérienne qui a encore ses nostalgiques

http://www.dziriya.net/forums/sujet-culturdz.php?p=35734&l=1&topic=les-voilettes-algeriennes

 

Après la révolution algérienne, les femmes laissaient tomber le voile et la voilette en signe d’émancipation. Elles avaient été nombreuses à participer à la libération de l’Algérie et comptaient bien trouver leur place dans la nouvelle gouvernance. Malheureusement, il n’en faut rien et elles furent progressivement renvoyés à leurs fourneaux.

Femmes algériennes avant la révolution

 

 

Moudjahidates pendant la révolution, vers 1954

La lutte contre le voile avait commencé sous l’administration coloniale française et pour comprendre l’épidémie de voiles comme réappropriation de son identité d’origine en sus de la pression religieuse intégriste, il est intéressant de relire Franz Fanon qui est toujours une référence pour les idéologues anti-capitaliste, anti occident.

 

Campagne de l’administration coloniale en Algérie contre le voile

Dans « L’An V de la révolution algérienne » de Franz Fanon ou sous un autre titre « Sociologie d’une révolution » l’auteur évoque l’enjeu du voile chez le colonisateur français dans « L’Algérie se dévoile ». Extrait :
« Avec le voile, les choses se précipitent et s’ordonnent. La femme algérienne est bien aux yeux de l’observateur : « Celle qui se dissimule derrière le voile ».
Nous allons voir que ce voile, élément parmi d’autres de l’ensemble vestimentaire traditionnel algérien, va devenir l’enjeu d’une bataille grandiose, à l’occasion de laquelle les forces d’occupation mobiliseront leurs ressources les plus puissantes et les plus diverses, et où le colonisé déploiera une force étonnante d’inertie. La société coloniale, prise dans son ensemble, avec ses valeurs, ses lignes de force et sa philosophie, réagit de façon assez homogène en face du voile. Avant 1954, plus précisément, depuis les années 1930-1935, le combat décisif est engagé. Les responsables de l’administration française en Algérie, préposés à la destruction de l’originalité d’un peuple, chargés par les pouvoirs de procéder coûte que coûte à la désagrégation des formes d’existence susceptibles d’évoquer de près ou de loin une réalité nationale, vont porter le maximum de leurs efforts sur le port du voile, conçu en l’occurrence, comme symbole du statut de la femme algérienne. Une telle position n’est pas la conséquence d’une intuition fortuite. C’est à partir des analyses des sociologues et ethnologues que les spécialistes des affaires dites indigènes et les responsables des Bureaux arabes coordonnent leur travail. A un premier niveau, il y a une reprise pure et simple de la fameuse formule : « Ayons les femmes, le reste suivra ». Cette explicitation se contente simplement de revêtir une allure scientifique avec les « découvertes » des sociologues ».

 

On comprend mieux alors comment la revendication du port du voile et tout ce qui la sous-tend peut inciter une manifestante à se voiler avec le drapeau français, étendard de la République laïque.

   

Message du voile musulman pour les Françaises

Pour les Françaises, depuis des siècles, le voile a été associé à la soumission des femmes, leur oppression, leur analphabétisme, un grand nombre d’enfants, leur exclusion de la politique et de l’économie noble, leur infériorisation, la polygamie, le harem, l’excision, la lapidation, l’absence de droits, leur minorisation, leur discrimination et les violences conjugales et crimes d’honneur.

Pour les féministes, le voile (quelle que soit sa longueur, sa forme, sa couleur-haïk, burqa, niqab, hidjab, tchador, etc.- a toujours été le symbole de l’oppression des femmes. Les féministes historiques se souviennent de la révolution algérienne quand, au début, la victoire des femmes s’est manifestée par l’abandon du voile. Elles éprouvaient de la sympathie pour Ataturk qui avait instauré la laïcité en Turquie et proscrit le voile.

Les Françaises se souviennent de l’époque, pas si lointaine, où les femmes devaient porter un chapeau, un foulard ou un fichu pour être respectées et l’obligation de se couvrir la tête d’une mantille pour entrer dans une église.


Les Françaises ont été consternées d’assister à une épidémie du voile depuis une quinzaine d’années car, auparavant, les musulmanes pratiquantes ne le portaient plus en France. Les seules femmes voilées étaient les vieilles algériennes qui venaient rendre visite à leur famille ou les riches femmes du Golfe qui venaient faire du shopping sur les champs Elysées.

Les Françaises, qu’elles soient féministes actives ou citoyennes ordinaires, ont bénéficié de la lutte pour l’émancipation et l’égalité des droits depuis la Révolution de 1789 qui a servi de modèle d’émancipation pour le monde entier, à l’exception des femmes. La plupart des pays qui se réfèrent à notre révolution et à la Déclaration des droits de l’homme en ont réservé les principes à la seule gens masculine. Seuls les pays occidentaux, chrétiens dans leur immense majorité, ont concédé des droits aux femmes. Même si la partie n’est pas gagnée, les femmes occidentales de culture judéo chrétiennes sont les plus émancipées du globe.

En portant le voile, les immigrées musulmanes ainsi que les françaises converties, envoient un message négatif aux Françaises, un message de déni de leur émancipation, de leur histoire, de leurs luttes et de leurs revendications pour parfaire l’égalité et la parité qui laissent encore à désirer. Elles tirent la condition des femmes par le bas. A Paris, les femmes voilées sont nombreuses dans les logements sociaux, les centres d’aide sociale de la Ville de Paris (CASVP), les salles d’attente des services d’urgence dans les hôpitaux, celles de la sécurité sociale, de la CAF, des mairies et de tous les lieux publics et associatifs qui distribuent de l’assistance. Elles sont nombreuses aussi dans les manifestations de mal logés et de sans papiers.

En se signalant par le voile, les femmes musulmanes renvoient aux Françaises une images de femmes soumises, pauvres, assistées, incapables de planifier les naissances, économiquement dépendantes, parasites, incultes et illettrées.

Contrairement aux discours dominants, les musulmanes ne sont pas stigmatisées, elles se stigmatisent elles-mêmes par leur code vestimentaire. Elles sont entièrement responsables de leur image et de l’hostilité qu’elles génèrent dans la population françaises. Et ce n’est pas la minorité éduquée qui revendique le port du voile et l’application de la charia en France qui les sortira du dégoût et de la pitié qu’elles inspirent aux Françaises qui, dans leur immense majorité sont éduquées et indépendantes économiquement.

 



Châle russe en laine de chèvre mohair crochété le plus finement possible pour le mariage. Il doit pouvoir passer entièrement à travers une alliance

Colomba, femme corse


 

Paysanne vers 1870


Bibliographie et sources :

1-Flora Tristan

Les Pérégrinations d’une paria

Le tour de France

2-Biographie de Flora Tristan

Lucien Scheler : Flora Tristan, morceaux choisis. La bibliothèque française, 1947

Jules-L. Puech : La vie et l’oeuvre de Flora tristan. Marcel Rivière, éditeur 1925

3-Rosa Bonheur

Danielle Digne : Rosa Bonheur ou l’insolence. Denoël Gonthier, 1980

4-Codification des couleurs et du costume

Manlio Brusatin : Histoire des couleurs http://www.amazon.fr/Histoire-couleurs-Manlio-Brusatin/dp/2081227770/ref=ntt_at_ep_dpi_1

Michel Pastoureau http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Pastoureau

5-Tapadas, saya, manto, hier et aujourd’hui

http://inmemoryoflatapada.blogspot.com/

arch 22, 2007

http://enperublog.com/2007/03/22/la-tapada-limena/

The muslim Moors who conquered much of Spain left their mark there – for hundreds of years after the Christian reconquering many Islamic traditions continued to be followed in the south. The Moors impact on Spanish culture is visible in the language, the architecture and typical dress.
In South America these Islamic influences were brought from Spain by Spanish immigrants in the times of the various vice royalties – during Spain’s colonial height.

In the Vice royalty of Peru which consisted of almost all non-Portuguese South America, Lima was the seat of power and home of the Spanish. This was a time of great wealth. Colonial Lima was a city, known at the time as the City of Kings, with the most beautiful and exquisite colonial buildings. Each building was dominated by its grand wooden balconies, perfectly carved, some pieces even shipped from Spain. The Moorish style of the patterns on some of these buildings is not the Islamic influence I want to draw your attention too, it’s how the balconies were used and who by.

In the times of the vice royalties and even up until some decades after independence it remained custom for Limean women to wear a form of dress very similar to that of Muslim women – the Muslim women of old Spain. The dress consisted of a puffy European exaggerating-hips style skirt that covered all the the legs and draped onto the floor, but not such as it would stop their perfectly embroided shoes being seen. On top women would wear a shroud, that was incorporated into the top part of the outfit, that was wrapped around the front of the body hiding its shape and continued up until and was wrapped around the face and head. This allowed the woman visibility from only one eye and shielding her from the eyes of others. It wasn’t all modesty and preventing unwanted attention from men who would not even know if the woman were even he sister at first glance, sometimes the dress was used flirtatiously – so it seems the Islamic custom had been diluted quite a bit.
It wasn’t considered appropriate in this time for women to go out on the street. If going outside was necessary the women would wear the dress described. To allow the women to observe the goings on in the street while not actually having to leave the home, buildings were constructed with grand balconies from which they could look out below.

The women of this time were known as the limeñas tapadas, the covered limean women, and although the vice royals tried to discourage the use of the dress the old Muslim habits died hard.

Lima’s balconies –

Défilé de tapadas en 2010 :

http://www.youtube.com/watch?v=8QA9gsA_g0g&feature=related


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