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L’éducation à la française en chute programmée

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Manifestation de parents d’élèves à Mauvezin dans le Gers

 

Toute personne soucieuse du bien commun, de l’harmonie sociale, du progrés, du bien-être de l’humanité pense que l’éducation, du début à la fin de la vie, sous toutes ses formes, est la question primordiale. De la crêche à l’université, l’éducation des enfants devrait être une priorité et le système éducatif devrait être efficace et sans reproches.

 

Un président qui méprise notre système éducatif

Malheureusement, notre président actuel n’a jamais manifesté le moindre intérêt pour l’école sauf pour affirmer que les curés valaient les instits. De plus, en tant que représentant de la France, il affiche une mauvaise maitrise de la langue française, aucun souci de la culture et des usages. La raison pour laquelle j’ai voté Ségolène Royal aux dernières élections était principalement qu’elle était la seule à se soucier de la jeunesse et faire des propositions concrètes pour son éducation.

Comme le développe Marianne dans l’article ci-dessous,

http://www.marianne2.fr/Alleger-le-mammouth-Oui-mis-en-attaquant-la-mauvais-graisse-et-pas-l-os-_a204751.html?TOKEN_RETURN

la tendance gouvernementale est à l’économie sur les postes budgétaires qui ne sont pas importants à ses yeux. Le système éducatif en fait partie. On supprime des postes d’enseignants, on supprime des classe quand on ne ferme pas carrément des petites écoles. Le résultat étant que les classes survivantes sont surchargées, ce qui ne donne pas la possibilité aux enseignants de personnaliser la transmission des connaissances vers des élèves dont les aptitudes et caractéristiques sont très hétérogènes dans les établissements publics.

Exemple de dégradation éducative, l’école maternelle

Une institutrice de maternelle me racontait qu’elle avait une classe de 30 enfants de 4/5 ans dont un autiste. Elle est assitée par une ASEM qu’elle partage avec une collègue mais l’enfant autiste qui nécessite une surveillance particulière, n’a pas d’AVS (assistante de vie scolaire). Je suggère à Monsieur Sarkozy de passer une journée à s’occuper de cette classe.

Pauline Kergomard, pédagogue et fondatrice de l’Ecole maternelle, doit se retourner dans sa tombe.http://fr.wikipedia.org/wiki/Pauline_Kergomard. L’école maternelle a pendant longtemps été un fleuron de l’éducation française, une innovation pédagogique remarquable qui a été imitée dans de nombreux pays et a inspiré d’autres pédagogues comme l’italienne Maria Montessori. France, ton patrimoine fout le camp!

Hommage à Pauline Kergomard, fondatrice de l’Ecole maternelle

La pédagogue Maria Montessori

Diviser pour régner, une pyramide sociale très pointue

Dans une société où l’écart entre les inclus et les exclus, entre les riches et les pauvres, entre les hommes et les femmes, entre les jeunes et les vieux, entre les communautés de différentes origines, donc quand l’écart entre les uns et les autres s’accroit, cela signifie que l’éducation n’est pas accessible à tout le monde.

Normal, selon nos élites, il faut des chefs et des exécuteurs d’ordre. Si ça crée des désordres sociaux, ce n’est pas grave: police, armée, justice et taxes se chargeront de museler les mécontents. Il faut une hiérarchie sociale et chacun, chacune à sa place. Par exemple, les femmes à la maison, comme dans le programme de Marine le Pen, et les hommes à la manoeuvre. Que l’ascenseur social soit en panne n’est pas un souci, bien au contraire. Plus les gens resteront à leur place et mieux les richesses des riches croitront et embelliront. Plus que jamais, la France est une monarchie républicaine sans roi mais avec un empereur auto proclamé comme c’est toujours le cas.

Plus la pyramide sociale et économique est pointue, soit peu d’élus reposant sur une importante base d’exclus, plus la société devient dictatoriale.

Une éducation réservée aux riches

Donc la France n’éduque plus ou mal, l’éducation devient encore plus sélective rejetant de plus en plus de jeunes non formés, non diplomés. Dans le même temps, on nous explique que, en France, le diplôme fait la différence, qu’il donne plus de chances aux jeunes de trouver un emploi.

Mais attention, un dipôme en soi ne veut rien dire. On entend souvent les médias parler de ces « bac+5 » qui sont au chômage. Si on est diplômé de l’Ena, de l’X, de Hec ou Supdeco, on a peu de chances de se retrouver au chômage, au contraire il est vraisemblable qu’on sera recruté dans l’école et parfois avant même d’avoir reçu son diplôme.

Les diplômes universitaires, à l’exception de quelques universités de prestige comme Dauphine, n’ont pas la même valeur. Trouver un CDI avec un diplôme de sociologie ou de psychologie n’est pas évident.

Le problème de l’accès aux études « payantes » pour l’avenir est, précisément qu’elles sont payantes et souvent très chères. Le niveau des bourses étant très faible, un étudiant ne peut pas à la fois payer sa scolarité et son entretien s’il ne reçoit pas une aide de ses parents. Les étudiants  qui doivent se débrouiller seuls en travaillant en même temps qu’ils étudient échouent souvent à leurs examens, redoublent des années et éventuellement abandonnent leurs études avant d’avoir obtenu un diplôme. Etudier et travailler en même temps est, objectivement, très difficile. C’est pourquoi la représentation des enfants d’ouvriers et d’employés est aussi faible dans les études supérieures en général et les études supérieures payantes en particulier.

Le système éducatif d’un pays, son investissement dans la recherche sont les mamelles du progrès, de l’équilibre social et de l’avenir. La France crève de beaucoup de maux découlant d’une gouvernance catastrophique mais le pire est son absence de considération pour l’éducation.

Manifestation récente à Stiring-Wendel

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