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Paris historique. Mascarons, allégories et symboles autour de la mairie du XIXème

NB. Cet article est perfectionnable. N’hésitez pas à me faire part de vos informations, ajouts et commentaires. Merci d’avance 😉

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Mascaron sur le côté Est de la mairie du XIXème arrondissement de Paris. Ces faces grimaçantes étaient apposées, depuis l’antiquité gréco-romaine, sur les façades des bâtiments pour chasser les mauvais esprits. L’architecture éclectique  les rétablit à partir de la moitié du XIXème siècle

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Chêne et laurier sont des symboles récurrents dans l’ornementation des immeubles de la rue Meynadier et alentours. Le chêne représente la force et le laurier la réussite.

 

  • Depuis quelques mois je suis atteinte d’une lubie : je photographie le ciel, les nuages, le jeu des lumières du soleil levant ou couchant, la dentelle des branches et des feuillages et quelques formes architecturales qui se découpent contre le ciel. A chaque instant et chaque jour ou nuit, le spectacle est unique et magnifique. Il m’enlace de sa beauté et je ne m’en lasse pas. A force de lever la tête en l’air j’ai remarqué les détails des façades des immeubles haussmanniens et j’ai découvert les mascarons, les cariatides, les atlantes, les frises, les consoles et tous les éléments sculptés dans la pierre -parfois dans le bois pour les portes cochères- Ce faisant, j’ai été saisie par cette richesse ornementale dans sa majorité inaccessible au regard du passant. Pourquoi se donner tant de mal si ça ne se voit pas ?

Rue Meynadier : carte

Je suis intriguée par la beauté de ces figures qui sont invisibles à hauteur de femme. Il faut connaître leur existence pour les voir. Des dizaines de sculpteurs et de tailleurs de pierre ont œuvré des jours, des semaines et des mois pour réaliser des œuvres invisibles au regard du passant. Seuls les initiés, ceux qui savent qu’elles existent peuvent les admirer et se pénétrer de leurs symboles. Pouvait-on les voir d’une calèche montée sur de hautes roues ou depuis un bus à impériale ? Venait-on de tout Paris par la petite ceinture en descendant à la station Belleville-Villette sise à l’extrémité de la nouvelle rue Meynadier ? Dames et messieurs se décoiffaient-ils pour tordre leur cou vers le 4ème étage où grimaçaient les mascarons ?

Frises, mascarons et allégories étaient-ils destinés à provoquer les voisins en vis-à-vis qui eux, s’ils étaient au bon étage, avaient une vue directe sur les sculptures ? Où alors, ces figures symboliques étaient -elles supposées être dotées de pouvoirs magiques comme chasser les ennemis, protéger les habitants et leurs biens, leur apporter bonheur et prospérité ? Il suffisait alors aux propriétaires et aux habitants de les savoir là pour être rassurés et confiants en leur bonne étoile. C’est en effet le rôle du mascaron que d’effrayer les mauvais esprits et ceci depuis l’antiquité. Les commanditaires et propriétaires des immeubles choisissaient-ils ces figures comme autant de pierres de fondation qui leur assureraient richesse et gloire ? En effet, investir dans ce quartier en création comportait un risque certain pour les spéculateurs qui achetaient à bas prix des terrains jouxtant les mines de gypse désaffectées qui servaient de décharge et de lieu de rendez-vous pour les gredins.

La rue Meynadier a été percée vers 1868 lors de la création du parc des Buttes-Chaumont et fit vraisemblablement l’objet d’une opération immobilière de luxe à destination de commerçants et d’employés. La rue est courte ne comprenant qu’une petite vingtaine de numéros sur 178 m. Elle fut conçue comme une avenue , 20 m de large, partant de la place de la mairie comme la rue Manin, la rue Armand Carrel et l’avenue de Laumière. La plupart des immeubles qui la lotissent sont d’origine ayant été construits entre 1868 et 1920 et reflétant les styles de l’époque, néo-classique et Art Nouveau. On parle d’architecture éclectique car elle assimile des éléments anciens tout en y ajoutant les nouveaux éléments rendus possibles par les techniques modernes. Gabriel Davioud, co-créateur de la mairie du XIXème, du temple de la Sybille et de nombreux bâtiments parisiens dont la fontaine Saint-Michel serait le meilleur représentant de l‘architecture éclectique. Selon la nomenclature haussmannienne les immeubles de la rue Meynadier appartiennent à la première catégorie, la plus luxueuse ou à des immeubles de rapport plus modestes. On raconte que ces logements étaient destinés aux « danseuses » de messieurs biens sous tout rapport. Haussmann lui-même eut une enfant avec l’actrice Francine Cellier. Je ne l’ai pas vérifié mais au regard de son aspect luxueux à proximité du parc alors en construction mais reléguée en deuxième position, il est possible que la rue Meynadier ait eu une destination particulière et discrète.

Proche de la petite ceinture, la rue Meynadier se terminait en face de la gare Belleville-Villette (actuellement 4 rue de Lorraine) inaugurée en 1856, ce qui constituait un attrait supplémentaire pour les résidents de la rue Meynadier et valorisait les immeubles.

Image illustrative de l'article Gare de Belleville-Villette

Bâtiment voyageurs et entrée de la gare vers 1900. La gare est mise en service le 15 juillet 1856 pour le trafic de marchandises. Elle est ouverte au trafic voyageurs en 

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Les façades de la mairie du XIXème

 

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Façade Sud-Est de la mairie. Chaque fenêtre est ornée d’un mascaron

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Cet échafaudage est installé depuis environ un mois. D’après un ouvrier délégué sur ce chantier, il s’agirait de graver une pierre de la devise de la République Liberté, Egalité, Fraternité et de dorer l’inscription à la feuille d’or. Je suis un peu étonnée d’apprendre que notre devise ne figurait pas au fronton de la mairie du XIXème et de la soudaine nécessité de réparer ce manque, surtout à l’approche des élections municipales de 2020. Un autre motif de dépense serait la nécessaire utilisation du budget 2017 afin qu’il soit reconduit au même niveau et un peu plus si possible en 2018. La comptabilité administrative est tellement absurde et figée que toutes les administrations se précipitent en fin d’année pour apurer leur budget à n’importe quel prix. On ne le soupçonne que trop, les travaux publics sont aussi l’occasion de financer les partis. Pourquoi se gêner ? Ce mercredi matin l’échafaudage a été démonté laissant apparaître sous l’horloge l’inscription dorée mairie du XIXème et au dessous, en plus petit et moins lisible « liberté, égalité, fraternité ».

 AvantAprès 

Et voilà le résultat ! Combien ça a coûté pour dire qu’on redorait notre devise républicaine et qu’on ne la voie pas ? Sur l’obligation de l’inscription au fronton des mairies, lire http://denez.com/2017/11/11/liberte-egalite-fraternite-aux-frontons-des-mairies/

 

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Façade Sud-Ouest

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Arrière de la mairie, façade Nord

Rue Meynadier

La rue Meynadier mérite une attention spéciale de par la richesse ornementale de ses immeubles qui sont presque tous d’origine, édifiés entre 1868 et 1930. Il n’existe pas à proximité immédiate de semblable accumulation de sculptures symboliques. Peut-être en y eut-il avenue de Laumière mais presque tous les immeubles anciens ont été détruits et remplacés par des constructions prétentieuses, hétéroclites et irrespectueuses de l’harmonie voulue par Haussmann, cette harmonie qui fait que Paris est l’une des villes au monde les plus visitée pour sa beauté.

Je n’ai pas encore trouvé de témoignages sur les intentions des promoteurs du lotissement de la rue Meynadier et si vous en avez, n’hésitez pas à me les transmettre.

Je retiens toutefois les indices suivants pour comprendre les choix architecturaux et ornementaux : la rue Meynadier débouchait directement sur la station Belleville-Villette de la petite ceinture ; la création du parc des Buttes-Chaumont et l’assainissement de son emplacement jouaient en faveur de constructions résidentielles destinées à la bourgeoisie ; les édiles de l’époque avaient des maîtresses qu’il fallait placer loin de leur foyer officiel tout en leur offrant une place au soleil (du parc et de la mairie en l’occurence) ; Mathurin Moreau, sculpteur à succès  a signé l’immeuble du n°4, fut maire de l’arrondissement ; Le remaniement de Paris par Haussmann fut accompagné de spéculation immobilière, ce qui est encore aujourd’hui le sort de nouveaux quartiers à financer ; La fin du XIXème siècle et le début du XXème furent témoins d’innovations architecturales et artistiques s’appuyant sur des progrès techniques et industriels ; Un décret impérial de 1859 venait de rattacher au XIXème populaire la commune tout aussi populaire de Belleville et permettait de noyer -comme on noit le poisson- les sirènes de ces messieurs dans un environnement digne mais pas trop ( le rang des maîtresses ne devait pas être supérieur à celui des épouses ) commerçants, d’employés et d’artisans.

 

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4 rue Meynadier, un immeuble signé par le sculpteur Mathurin Moreau qui fut le premier maire du XIXème. Le bâtiment de style typiquement Art Nouveau est orné de magnifiques sculptures. Au dessus de la porte d’entrée trône un griffon, animal mythique ayant la propriété de garder l’or. Il est flanqué de roses, allusion à la corne d’abondance  et de feuilles d’acanthe. La feuille d’acanthe est un motif ornemental récurrent depuis l’époque romaine.

A l’origine, le sculpteur Callimaque (Ve siècle avant JC) se serait inspiré, pour orner un chapiteau, d’un bouquet de feuilles d’acanthe surplombant le tombeau d’une jeune fille. L’acanthe était surtout utilisée dans l’architecture funéraire pour indiquer que les épreuves de la vie et de la mort symbolisées par les piquants de la plante, étaient victorieusement surmontées. 
Elle orne les chapiteaux corinthiens, les chars funéraires, les vêtements des grands hommes, parce que les architectes, les défunts, les héros ont triomphé des difficultés de leur tâche. Comme de toute épine, on en a fait aussi le symbole de la terre vierge, de la virginité, ce qui signifie aussi une autre sorte de triomphe. https://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20080422131424AAJiFwA

Les immeubles  haussmanniens sont ornementés de motifs classiques inspirés de différentes époques de l’antiquité grecque et romaine.

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Ce griffon surplombe la porte d’entrée de cet immeuble richement orné protégeant symboliquement les richesses de ses occupants. La symbolique du griffon est tellement riche, ancienne et prisée q’il est possible de lui attribuer d’autres significations.
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Au deuxième étage, deux anges encadrent le motif central

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10 rue Meynadier, 1887

Le cartouche qui orne le sommet de la porte est gravé des initiales du propriétaire de l’immeuble. Il est flanqué à gauche d’une branche de laurier, à droite d’une branche de chêne

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3, rue Meynadier

Branches de laurier, feuilles d’acanthe et coquille Saint Jacques

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rue Meynadier

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rue Meynadier

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13 rue Meynadier

Une habitante de cet immeuble me dit qu’il appartient en sa totalité au petit-fils du commanditaire qui avait participé à sa conception et supervisé les plans avec l’architecte.

Au deuxième étage, deux têtes de loup montrant des dents acérées reposent sur un lit de feuilles de chênes encadrant une tête de bélier.

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10 rue Meynadier

Au 4ème étage, chaque fenêtre est surmontée d’un mascaron grimaçant, celui-ci tire la langue

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21 rue Meynadier, un immeuble d’angle, le dernier de la rue

La base de l’immeuble a été recouverte d’une sorte de béton aggloméré particulièrement laide et il faut vraiment lever la tête pour découvrir la somptuosité des ornements du bâtiment. Il semble aussi que l’entrée d’origine ait été déplacée parce que la porte actuelle est décalée par rapport aux fenêtres du second étage.

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Côté rue Meynadier, une porte richement sculptée

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Motifs de feuilles d’acanthe sur les balustres et partie centrale aux motifs de signes astrologiques doubles : de haut en bas gémeaux, poissons et verseau

 

 

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Dans l’angle du même immeuble, deux atlantes (masculin de cariatide et décliné du nom d’Atlas qui porte le monde sur ses épaules) au deuxième étage représentent à droite un sculpteur et à gauche un plâtrier. Le premier rend hommage aux nombreux sculpteurs et tailleurs de pierre qui ont travaillé sur les pierres des façades des immeubles de la rue Meynadier, peut-être aussi de la mairie ; le second rend hommage aux plâtriers qui ont réalisé les stucs qui ornent les plafonds des appartements luxueux de la rue. On peut aussi interpréter ces figures sculptées comme une mémoire de l’extraction des pierres calcaires extraites du sous-sol parisien (dans ce quartier, des effondrements épisodiques rappellent que le sous-sol est creux) et aussi une mémoire de la carrière de gypse qui occupait l’emplacement de l’actuel parc des Buttes-Chaumont, un minerai qui servait à confectionner le plâtre de Paris qui était exporté jusqu’en Amérique par la dérivation aujourd’hui désaffectée de la petite ceinture jusqu’au Havre où il était chargé sur des paquebots transatlantiques.

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Rue Manin

Peu d’immeubles de la rue Manin dans sa partie qui longe le parc, sont aussi richement ornés que ceux de la rue Meynadier. Nombre  de constructions d’époque ont été détruites et remplacées par des bâtiments dont les plus anciens sont de style Art Déco comme ceux de la Butte-Bergeyre ou ceux qui ont remplacé les maisonnettes ouvrières du quartier de la Mouzaïa. Théoriquement, la période Art Déco commence en 1925.

Au numéro 75, initiales du propriétaire et feuilles de chêne. L’immeuble date de 1893.

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Avenue de Versailles

Passant avenue de Versailles vers le pont du Garigliano j’ai aperçu un immeuble haussmannien orné des symboles habituels, feuilles de chêne et de laurier. La plupart des immeubles de l’avenue sont beaucoup plus récents et donc dénués de mascarons et autres décorations.

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Avenue de Laumière

12 avenue de Laumière, Bacchus préside au succès de cet immeuble daté de 1921

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Une belle figure de Bacchus avec grappes et feuilles de vigne sur corne d’abondance

 

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Angle de l’avenue de Laumière et de la rue de Meaux

 

Quelques signatures gravées en façade des immeubles haussmanniens de l’avenue de Laumière et de la rue Armand Carrel. On remarque leur disparité graphique et sémantique, ce qui tranche avec les normes architecturales imposées par le baron Haussmann. 

Rue du Rhin

13 rue du Rhin

Une magnifique porte mise en valeur par la laque rouge, discrètement ornée de vagues au dessus-desquelles veille un dauphin imaginaire, figure protectrice depuis l’antiquité et compagnon fidèle d’Apollon.. Là aussi, point de mascarons pour protéger l’immeuble et ses habitants mais ce dauphin denté à queue de dragon.

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Pour en savoir plus

Les Symboles

  • Olivier

L’olivier est un symbole de paix mais pas seulement Depuis l’Antiquité, l’olivier que la déesse Athéna fit sortir de terre, est le symbole d’Athènes et représente la force et la victoire, la sagesse et la fidélité, l’immortalité et l’espérance, la richesse et l’abondance. Il est vraisemblable que dans le contexte du XIXème siècle il ait représenté la richesse des commanditaires des bâtiments.

  • Chêne

Le chêne est le symbole de Jupiter dans l’antiquité puis celui de la Justice en référence à la légende qui veut que Saint-Louis ait rendu la justice sous un chêne.

Le Chêne. Arbre sacré dans de nombreuses traditions, le Chêne est investi de privilèges accordés à la divinité suprême parce qu’il attire la foudre et symbolise la majesté. En tout temps et en tout lieu, le Chêne est synonyme de force et de solidité. C’est du moins l’impression qu’il laisse quand il atteint sa maturité. Notons que le bois du chêne a la propriété d’être incorruptible, alors ne soyons donc pas étonnés d’apprendre que les termes « chêne » et « force » se traduisent en latin par le même mot : robur, symbolisant autant la force morale que physique. Il est le symbole de l’arbre de vie, le salut ainsi que les figures allégoriques de la Force et de la Prospérité. Le chêne est aussi l’arbre consacré à Jupiter dans la mythologie classique où de grands chênes croissent dans la forêt de Dodone, en Epire, qui est consacré à l’oracle de ce dieu, et est l’un des plus anciens sanctuaires grecs.

  • Laurier

Le LaurierOvide raconte comment la nymphe Daphné, est métamorphosée en laurier pour avoir échappé à l’amour d’Apollon qu’elle ne payait pas en retour. Depuis cet arbre est consacré au Dieu du soleil. Dans la Rome antique, le laurier est consacré à Jupiter. Selon la doctrine chrétienne, le laurier est à la fois symbole d’éternité, car il est toujours vert et de chasteté car ses feuilles ne se flétrissent jamais. C’est surtout à la renaissance que se diffuse l’image allégorique de la Victoire, figure féminine ailée qui remet une couronne de laurier au vainqueur ou lui pose sur la tête.

  • Vigne

La Vigne. La vigne est assez fréquente comme motif ornemental dans l’architecture sacrée et l’art. Elle est l’attribut des figures allégoriques de l’Automne, du mois de septembre, de la Joie, de l’Entraide, de la Solidarité conjugale et de l’Amitié. La vigne est aussi l’un des attributs de Bacchus, dieu du vin et ses suivantes le Ménades. Dans les représentations des bacchanales et du cortège du dieu, les participants ont la tête ceinte de couronnes tressées de sarments et de feuilles de vignes. Le cep de vigne et son fruit sont fréquemment cités dans les Ecritures et sont généralement considérés comme des symboles du Christ, du sang versé lors de son sacrifice et de l’eucharistie. Dans un célèbre passage de l’Evangile de Jean le Christ affirme : « Je suis la vrai vigne »

  • Griffon

Depuis l’époque médio-assyrienne -4000 JC-, la symbolique du griffon a souvent évolué et il lui est prêté de nombreuses significations. En Mésopotamie, il gardait les portes de la cité assyrienne appelée Kalkhu (Kalḫu, Calah dans la Bible). Avec sa tête d’aigle et son corps de lion, il lui est prêté une influence double comme le bien et le mal. Associé au soleil, il serait détecteur et protecteur de l’or.

Dans le contexte architectural de la rue Meynadier et au regard des ornements des façades des immeubles qui la bordent, il est plausible que le griffon ait été choisi comme protecteur de l’immeuble à la place des mascarons qui ont la même fonction. La présence toute proche d’un ange ainsi que les courbes des balcons et des fenêtres donnent à la façade de l’immeuble une douceur qui tranche avec la rigueur austère des bâtiments qui le jouxtent.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Griffon_(mythologie)

http://lieuxsacres.canalblog.com/archives/2012/04/07/23951842.html

  • Mascaron

L’Antiquité utilise les représentations d’un visage pour chasser le « mauvais œil ». Ainsi des masques grotesques ou hideux figurent sur les temples, les tombeaux, les cuirasses et les jambières des guerriers, les marteaux des portes, la vaisselle, les meubles et tous les objets du quotidien…Cette mode arrive en France avec les guerres d’Italie. Les Italiens Rosso Fiorentino (Florence1494Fontainebleau,1540) et Le Primatice (Bologne1504-Paris, 1570) viennent travailler à Fontainebleau pour le roi de France François Ier. Rosso, qui a travaillé en Italie jusqu’au sac de la ville de Rome en 1527, maîtrisait la technique du stuc. Primatice avait collaboré dans Mantoue avec Giulio Romano

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mascaron

On peut voir des dauphins symboliques ou fantastiques sur le Pont-Neuf et dans la fontaine du bassin de Neptune à Versailles. Ci-dessous sa représentation imaginaire a inspiré la forme d’un heurtoir ancien.

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Le dauphin a été utilisé pour la décoration des heurtoirs de porte depuis des temps très anciens. Dans la mythologie grecque le dauphin apparaît toujours comme venant aider l’humanité en péril. C’est avec ce sens de protecteur qu’il est utilisé pour la décoration des portes. Il faut dire aussi qu’il est toujours très esthétique.

https://ornement.net/articles/door_knockers_symbols.html

  • Le dauphin accompagne Apollon sur son char ou le dieu le chevauche pour traverser les mers

http://eric.marchand7.free.fr/mm3.html

Précisions historiques et autres

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Vue de la place de la mairie depuis la rue Meynadier

https://fr.wikipedia.org/wiki/19e_arrondissement_de_Paris

  • Georges Eugène Haussmann

https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Eug%C3%A8ne_Haussmann

  • Aménagement du parc des Buttes-Chaumont. Mémoires du Baron Haussmann

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k220530f/f250.item

  • Rattachement de la commune de Belleville et spéculation immobilière

Un document très intéressant pour comprendre le contexte socio économique du quartier des Buttes-Chaumont http://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1975_num_30_4_293646

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  2. Dauphins, griffons, macarons, ils sont partout et je ne les remarquais pas. Je vais désormais lever la tête à l’approche des beaux immeubles parisiens. Merci pour cet article bien illustré et documenté.

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