Flux RSS

Archives d’Auteur: laconnectrice

#balancetonporc déplaît : BHL, Internautes, Boutin et Deneuve aussi

  • BHL n’aime pas que l’on traite des hommes de porc

Invité de France Inter ce lundi 23 octobre, BHL a réagi à l’affaire Harvey Weinstein : « C’est bien que l’on commence à considérer le harcèlement comme un délit, un délit grave, et que les femmes n’en peuvent plus, ça, c’est bien. Ce que je n’aime pas c’est qu’on traite un homme de porc » a-t-il expliqué.

http://www.20minutes.fr/societe/2156627-20171023-affaire-weinstein-aime-traite-homme-porc-explique-bhl

  • Exemples de réactions édifiantes

http://www.20minutes.fr/high-tech/2151799-20171016-comment-hommes-reagi-balancetonporc

  • Christine Boutin confond harcèlement et grivoiseries

 «La grivoiserie fait partie de l’identité française et j’aime bien la grivoiserie», a-t-elle fait valoir…En 2016 déjà, quand 17 anciennes ministres avaient dit «stop» au silence et à l’impunité autour d’histoires de harcèlement sexuel, Christine Boutin avait affirmé avoir «honte» de ses consoeurs, «qui laissent entendre que les hommes sont des obsédés».

http://www.20minutes.fr/societe/2155483-20171021-balancetonporc-boutin-denonce-degueulis-accusations-defend-grivoiserie

  • Catherine Deneuve

 L’actrice a estimé qu’il y avait « un déferlement qui est assez ignoble » après l’affaire Harvey Weinstein et les nombreux témoignages qui ont découlé du hashtag #BalanceTonPorc. « Je trouve ça terrible, ajoute-t-elle. Est-ce que c’est intéressant d’en parler comme ça ? Est-ce que ça soulage ? Est-ce que ça apporte quelque chose ? Est-ce que ça va régler le problème d’une certaine façon ? »

http://www.20minutes.fr/cinema/2154851-20171020-balancetonporc-arrive-catherine-deneuve-actrice-rebelle

Buttes-Chaumont. 20/10/2017. 17.30-18h

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le ciel est bleu, les nuages légers et blancs comme le soleil déclinant.

Aux Buttes-Chaumont on fait ce qu’on veut en dépit du règlement : rouler à bicyclette, consommer de l’alcool, crotter dans les fourrés, effrayer les oiseaux aquatiques en leur courant après, jeter des détritus à côté des poubelles et au milieu des arbustes, casser des branches d’arbres, cueillir des fleurs, rouler en scooter, etc.

Curieusement, jamais de gardien pour intervenir contre ces incivilités mais lorsqu’une veille dame se promène suivie de son petit chien sans laisse, un inspecteur assermenté surgit comme par magie pour lui dresser une contravention à 68€…divagation d’animal !

Rue Edouard Pailleron. 19/10/2017 18-19h

Même les couchers de soleil de tristes jours sombres portent leur beauté de jeux de lumières avec les nuages.

La rue Edouard Pailleron a eu son jour macabre en 1973 quand un préfabriqué utilisé comme collège s’est enflammé comme une torche sans qu’enseignants et élèves puissent s’échapper. On déplora 20 morts, 16 adolescents et 4 adultes.

7 février 1973 Incendie du CES rue Edouard Pailleron à Paris (19ème) : rappel des faits avec images des lieux du drame. Interviews d’un pompier, du général FERAUGE. Images d’archive INA Institut National de l’Audiovisuel

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

11 février 1973 Incendie du CES Edouard Pailleron : 4 jours après l’incendie, un garçon de 14 ans et demi a avoué en être l’auteur avec cinq autres élèves. Rappel des faits. Images de l’incendie du 6 février 1973 rue Edouard Pailleron Images d’archive INA Institut National de l’Audiovisuel

Il s’agissait d’un incendie criminel déclenché par des ados de 14 à 15 ans qui voulaient se venger de leurs profs. Ils avaient prémédité leur acte. Il s’ensuivit un  débat passionné sur la sécurité des équipements scolaires qui comprenaient de nombreux préfabriqués de type « pailleron », qualificatif qui rentra dans le langage courant. La responsabilité du drame fut imputée à l’Etat et les incendiaires furent défendus par les parents et élèves de gauche et légèrement condamnés : 3 et 5 mois de prison avec sursis, leurs parents condamnés à verser des indemnités aux familles des victimes.

Une stèle commémore le drame. Elle est située à l’entrée du collège Edouard Pailleron, un bâtiment conçu selon les normes de sécurité en vigueur, contrairement au bâtiment détruit qui avait été construit à la hâte et sans permis Les flammes ont filé dans les faux plafonds. Au bout de quatre minutes, l’électricité a lâché. Les plaques de polystyrène et des matériaux hautement inflammables ont dégagé quantité de fumées noires et toxiques. La structure métallique s’est tordue. En vingt minutes, il ne restait plus rien. http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-75005/il-y-a-40-ans-le-drame-du-college-pailleron-06-02-2013-2543595.php

Pour en savoir plus

  • Résumé de l’affaire et de ses suites 30 ans après

http://www.liberation.fr/societe/2003/02/06/pailleron-un-feu-mal-eteint_430071

 

 

 

 

#blancetonporc. Macholand monte encore à l’assaut des victimes

06-IMG_2903

Lueurs dans la trouble obscurité de l’omerta et du déni du harcèlement sexuel

Nous serions nombreuses à oublier, sinon pardonner les harcèlements que nous avons subis et subissons, si les mâles en cause s’amendaient sincèrement et honnêtement. A vous de jouer, Messieurs : assumez au lieu de nier et calomnier les victimes. 

Le mouvement #balancetonporc permet aux victimes du harcèlement sexuel de libérer leur parole et déboucher les oreilles -et ce qu’il y a entre- de certaines et certains. Ce succès suscite un tollé dans la machosphère qui hurle à la délation, à la calomnie, au féminisme castrateur, à la majorité morale et à l’excès. Les articles fleurissent, écrits dans leur majorité par des mâles, pour cracher sur la parole des victimes qualifiées d’hystériques, de délatrices, de pétasses et d’affabulatrices. Or c’est précisément ce genre de jugement qui explique pourquoi les victimes se sont tues pendant des décades et ouvrent aujourd’hui en grand les vannes de leur témoignage. Merci Weinstein, on devrait lui offrir une médaille spéciale, celle de la goutte qui fait déborder le vase car la monstruosité du porc en chef a atteint les limites de l’omerta.

En attendant, de courageuses femmes osent poursuivre la campagne #balanceton porc en témoignant. Espérons que le contre feu machiste n’étouffera pas ce mouvement tant que les hommes ne remettront pas en question leur comportement de prédateur en s’engageant à le modifier. Nous serions nombreuses à oublier, sinon pardonner, si les mâles en cause s’amendaient sincèrement et honnêtement. A vous de jouer, Messieurs : assumez au lieu de nier et calomnier les victimes. 

De nouveaux témoignages

  •  la députée Europe-Ecologie-Les Verts (EELV) d’Hénin-Beaumont Marine Tondelier, ancienne attachée parlementaire. Interrogée par 19h le dimanche, sur France 2, elle confie que ses collègues d’alors devaient adopter des stratagèmes pour éviter de se retrouver coincée avec un parlementaire, dans le couloir ou dans un ascenseur.

    Entre femmes, des « noms de parlementaires circulaient » car, pour certains, « il y avait un risque qu’ils vous collent une main aux fesses et qu’il y ait des histoires. […] On savait qu’il ne fallait pas prendre l’ascenseur avec eux. Il y avait une « blacklist » des mecs avec qui il ne fallait pas trop prendre de risques ».

http://www.20minutes.fr/politique/2156015-20171023-video-harcelement-sexuel-deputee-eelv-parle-blacklist-mecs-fallait-trop-prendre-risques

  • Agnès Buzyn, ministre de la Santé

    « Comme beaucoup de femmes, j’ai eu affaire à des comportements très déplacés dans mon milieu professionnel », a déclaré la ministre, ancien médecin et professeur spécialisé en hématologie.

    « Des chefs de service qui me disaient : « Viens t’asseoir sur mes genoux » Des choses invraisemblables… qui faisaient rire tout le monde », a-t-elle précisé, ajoutant que « la libération de la parole » après le scandale Weinstein « fait prendre conscience qu’une lutte quotidienne se joue dans l’espace public et professionnel ».
    Relevant qu’une « femme qui réagit face à un propos sexiste n’est jamais prise au sérieux », la ministre a dit attendre « que les hommes se rebellent publiquement, à nos côtés »

http://www.20minutes.fr/politique/2155583-20171022-harcelement-sexuel-ministre-sante-victime-comportements-tres-deplaces

 

Haro sur les victimes qui ont l’outrecuidance de parler

Vous constaterez que dans les exemples ci-dessous, les reproches faits aux victimes sont précisément ceux qui les ont empêchées de parler.

  • paradoxal

Si je comprends bien… nombreuses sont les femmes qui ont accepté certains comportements pour faire leur carrière. Elles ont laissé faire pour réussir et encourager de tels comportements .
Et maintenant, comment distinguer le vrai du faux, les règlements de compte , les vengeances ou l on se fait aider du lynchage populaire en lieu et place d une justice extatique ?

  • Le magazine Causeur se distingue particulièrement par sa défense du macholand : défense du client de prostituées et contre l’abolition de la prostitution, défense du harceleur Baupin et maintenant indignation contre l’incitation à la délation de la campagne #balancetonporc . Dommage pour un média qui se veut au-dessus de la mêlée. Pas  touche aux privilèges de Macholand.

Elisabeth Lévy a allumé l’offensive : https://www.causeur.fr/balance-ton-porc-weinstein-lemaire-147263  

  • S’il fallait ne décerner qu’un seul mérite à la campagne de dénonciation #BalanceTonPorc lancée sur Twitter, ce serait celui de lever le voile sur la violence inouïe d’une certaine police de la pensée féministe en France, pour ceux qui ne l’auraient jusque-là regardée qu’avec des yeux indifférents sinon bienveillants.

    Il serait donc admis désormais qu’au seul titre de la peine, de la crainte ou de l’humiliation ressenties nous pourrions nous octroyer le droit de jeter à la vindicte populaire le nom de quelqu’un qui nous aurait causé du tort. Sous le prétexte d’une prétendue insuffisance de l’arsenal juridique (seule une part infime des harcèlements subis serait effectivement déclarée à la justice), la délation pure et simple se retrouve érigée en arme légitime saisie par les minorités opprimées, les femmes en l’espèce, et acquiert soudain ses lettres de noblesse…Outre un risque de dérive vers une forme moderne d’inquisition, cette chasse aux sorciers met à jour un autre aspect marquant de notre époque, celui du recours systématique à une grille manichéenne dès lors qu’on s’attelle à analyser le monde. La nuance n’est pas convoquée quand il s’agit de traiter de sujets de sexualité : l’homme est par essence coupable, la femme victime. .. https://www.causeur.fr/balance-ton-porc-femmes-hommes-147388

  • https://www.causeur.fr/weinstein-femmes-pourquoi-balancetonporc-147282
  • http://www.bvoltaire.com/metoo-hysterie-mondiale-contre-males-blancs/?mc_cid=29ccb76748&mc_eid=bef168d638

Le monde ne bruisse que des viols commis par un producteur de cinéma américain, et du mouvement international de dénonciation qui les a suivis – « MeToo » : « Balance ton porc » en France –, qui demande à chaque femme de mettre un terme au règne, pourtant agonisant, du mâle blanc hétérosexuel.

J’ouvre la presse. « MeToo! MeToo! » On se bouscule, on veut son viol, dont le sens s’étend désormais à des régions très éloignées, où n’a jamais été frappée la même monnaie, où n’a jamais flotté le même drapeau, de sorte que le mot finit par désigner un geste grossier, une blague déplacée, un regard appuyé…

Pour ma part, je vois dans ces avances et harcèlements le fruit d’une simple évolution de la société. La relation physique a grandement perdu tout aspect amoureux ou même de simple tendresse. Quant à son caractère sacré… 68 est passé par là et l’a balayé depuis longtemps. L’éducation au libre choix, à la normalité d’avoir des rapports comme on a envie d’une partie tennis, avec des « partenaires » variant au fil des classes si ce n’est des genres. Il n’est que de s’informer sur les programmes du primaire pour le voir. Dès lors, certains se permettent des propositions directes. Directes, simples et bêtes ; desquelles toute cour, toute élégance et toute admiration sont absentes.

Quelle différence entre les propos de ce contributeur et ceux de Soreinte violeur de la gamine de 11 ans ? Vous savez, maintenant, les filles sont faciles. Avant, à mon époque, il fallait rester au moins un an avec une fille pour la baiser, mais maintenant c’est en dix minutes. » ?

 

 

 

Le soleil se couche à l’Ouest à Paris Ouest

03-IMG_2935

En descendant le boulevard Exelmans le samedi 21 octobre un peu avant 19h

Ce diaporama nécessite JavaScript.

#Balancetonporc. Le système judiciaire maltraite les victimes de harcèlement sexuel.

big-connaitre-un-violeur
http://www.madmoizelle.com/temoignage-violeur-victime-721451
Dans mon article précédent je donnais quelques exemples de harceleurs relaxés malgré des témoignages accablants sur leur comportement de prédateurs sexuels. Souvent, il avait fallu plusieurs témoignages concordants pour que le parquet ouvre une enquête mais les juges avaient choisi l’honneur du prévenu au détriment de celui de la victime.
Dans l’article ci-dessous, la juriste Catherine Le Margueresse cite des cas concrets de maltraitance des victimes de harcèlement sexuel en s’appuyant sur 15 années d’expérience au sein de l’Association Européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail (AFVT)
Juriste, Catherine Le Margueresse analyse les cas en fonction de l’application des lois existantes et du raisonnement des magistrats.
Le premier constat de cette spécialiste des violences faites aux femmes est que les magistrats -qui sont souvent des magistrates- sont insuffisamment formées à la réalité et aux conséquences de ces violences pour appliquer la loi .  violence, contrainte, menace ou surprise » dont la caractérisation est exigée par le code pénal pour qualifier les agressions sexuelles et les viols
Catherine Le Margueresse confirme ce que nous, féministes, disons depuis des décades sans que rien ne change :
  • 1 seule femme sur 10 dépose plainte pour viol

Ici la police joue un rôle déterminant par l’incompétence de ses agents sur l’acceuil et l’écoute des femmes victimes (une policière d’un commissariat m’a confirmé qu’elle n’avait pas suivi de formation dédiée). Au commissariat ou à la gendarmerie, la victime est traitée comme une coupable et subit des insinuations insupportables : comment étiez-vous habillée, minijupe, décolleté profond ? depuis quand le connaissez-vous ?, Que faisiez-vous seule dehors en pleine nuit ? Vous a-t-il menacée, frappée ? Avez-vous résisté  ? Avez-vous appelé à l’aide ? etc.

Traitement du viol par la Police et la Justice

  • La police et la gendarmerie sont les premiers interlocuteurs de la victimes puis ceux qui méneront l’enquête. S’ils maltritent la victime et filtrent sa plainte avec leurs propres préugés sexistes, le juge recevra un dossier orienté qui pésera dans ses décisions de correctionnaliser le viol et prononcer un non lieu.

 

  • 1 seul viol sur 10  sera renvoyé devant la cour d’assises
  • La majorité des viols qui passent en justice sont correctionnalisés, soit jugés expéditivement entre un vol de portable et agriculteur était poursuivi pour avoir placé ses vaches dans un enclos trop petit (vu par CLM au tribunal correctionnel de Dieppe)
  • 2% des violeurs sont condamnés, 98% d’entre-eux sont dans des situations d’impunité et peuvent récidiver et encourager d’autres hommes à violer puisque dans les faits ils ne risquent rien.

Pourquoi les victimes restent silencieuses ?

  • Une femme violée est forcément coupable, telle est l’opinion populaire, le préjugé des policiers et des magistrats
  • une femme violée est brisée incapable de réagir
  • Le violeur menace sa victime de mort
  • Le violeur peut légalement nier les faits en accusant sa victime de dénonciation calomnieuse

Ce délit prévu par l’article 226-10 al. 2 du code pénal disposait “La fausseté du fait dénoncé résulte nécessairement de la décision, devenue définitive, d’acquittement, de relaxe ou de non-lieu déclarant que la réalité du fait n’est pas établie ou que celui-ci n’est pas imputable à la personne dénoncée.”

Dans le contexte de la parole libérée des femmes sexuellement agressées grâce à la campagne #Balancetonporc, Catherine Le Magueresse conclue : “Le silence ne profite qu’à l’agresseur”, le dévoilement des violences permet d’entamer une reconstruction et déposer plainte en s’entourant du maximum de précautions et du maximum de solidarités peut y contribuer.

Que les personnes, hommes surtout mais femmes aussi, qui s’insurgent contre la campagne #Balancetonporc prennent le temps de méditer sur cette phrase « le silence ne profite qu’à l’agresseur » et j’ajoute « et à ses inspirateurs et imitateurs ».

La Connectrice #moiaussi

mo8m1

…On le connaît nous Jean-Bidule, c’est un mec sympa. Et puis cette personne qui se dit victime, on sait pas qui c’est. Jean-Bidule dit que c’est *un-e ex-e qui lui en veut*, *salope qui assume pas*, *personne perturbée*, *insérer ici toute justification habituelle de la part de ces raclures*, alors on le croit, notre bon vieux Jean-Bidule.

C’est qu’elles sont horribles ces victimes, qui s’inventent des agressions. Elles se rendent pas compte qu’elles vont détruire la vie de Jean-Bidule. Bon, il ira jamais en prison, vu que 3% des viols se finissent au pénal faute de preuves et que c’est pas pour du vrai qu’il a violé donc pas de preuves. Il aura sûrement aucune répercussion non plus sur sa vie sociale, vu que nous on est là pour le soutenir, à la vie à la mort avec les violeurs ! Euh pardon, avec les copains ! Quant à son travail, bon ça fera peut être désordre, mais c’est pas sûr, suffit que son patron soit conciliant, on va pas se laisser bouffer par les mythomanes…

https://lechodessorcieres.net/jean-bidule-nest-pas-un-violeur/

Catherine Le Magueresse : « Le silence des victimes s’explique par la maltraitance du système judiciaire sur les plaignantes »

Catherine Le Magueresse aime à rappeler son parcours de simple juriste à juriste féministe. Après avoir travaillé 15 années à l’Association Européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail (AVFT) dont 9 comme présidente, elle concentre maintenant son travail sur la critique féministe du droit pénal et la façon dont il prend ou pas en compte les violences faites aux femmes. La campagne #balancetonporc met à jour l’omerta qui entourait les harcèlements et agressions sexuelles subies par les femmes dans tous les instants de leur vie et en particulier professionnelle. Comment cet état d’impunité a-t-il été possible ? Catherine Le Magueresse, nous rappelle les disqualifications pénales des femmes dans la caractérisation des violences dont elles sont victimes ce qui permet l’impunité des harceleurs dans de nombreux cas.

Où en est l’application du droit concernant les cas de violences et harcèlements ?

En France, nous sommes dans un système de droit écrit, les magistrat·e·s appliquent le droit, elles/ils ne peuvent l’inventer. Elles/ils apprécient la « violence, contrainte, menace ou surprise » dont la caractérisation est exigée par le code pénal pour qualifier les agressions sexuelles et les viols,  alors qu’elle/ils ne sont pas sérieusement formé·e·s aux questions de violences faites aux femmes. Les violences sexuelles occupent une après midi au plus de leur cursus de formation à l’Ecole Nationale de la Magistrature. Ne prenant pas le temps de déconstruire leurs préjugés et de se former sur la réalité des violences sexuelles, leurs appréciations de ce que sont des violences, menaces, contraintes et surprises sont le plus souvent sexistes.

Prenons l’exemple de madame B.  En situation de très grande précarité économique,  elle ne peut pas se permettre de perdre son travail. Son employeur conscient de sa vulnérabilité la viole à trois reprises. Devant la juge d’instruction, il allègue le consentement. Avec succès, puisque la magistrate jugera inexistante la contrainte économique ayant conduit Mme B à subir les viols avant de pouvoir les dénoncer sur les conseils de son médecin.  Pas contrainte car elle était ‘libre’ de partir. Rappelons que « céder n’est pas consentir » (1).  La juge d’instruction a en outre considéré que l’élément de surprise n’était pas non plus présent puisqu’elle avait été violée trois fois. Or, à tout le moins pour le premier viol, il aurait pu être retenu.   Voilà un exemple marquant d’une situation de disqualification judiciaire de l’expérience des femmes. J’estime que c’était une erreur d’appréciation juridique qui s’explique en partie par des préjugés sexistes sur la façon dont une femme est supposée réagir lorsqu’elle est agressée.

1 seule femme sur 10 dépose plainte pour viol. Et il n’y aura qu’1 viol sur 10 qui sera renvoyé devant la cour d’assises. En conséquence, il n’y a que 2% des violeurs qui sont condamnés, 98% d’entre-eux sont dans des situations d’impunité.

Les plaintes qui arrivent en cours d’assises concernent, en général, des cas de viols caricaturaux. Ce sont ceux qui correspondent le mieux à nos stéréotypes : le viol par un inconnu, dans la rue, accompagné d’une extrême violence ou sur une victime inconsciente. La victime est en outre insoupçonnable: elle ne portait pas une jupe courte, elle n’était pas dans la rue tard le soir etc.

Il est par ailleurs notable que parmi les condamnations prononcées en cour d’assises les étrangers et les pauvres sont surreprésentés.

Nous sommes loin d’une reconnaissance judiciaire des violences sexuelles à l’encontre des femmes ; une reconnaissance qui serait à la hauteur du nombre de viols et de la gravité des violences dénoncées.

La majorité des viols qui passent en justice sont correctionnalisés. Ils ne pas sont jugés en cour d’assises mais devant le tribunal correctionnel. Une affaire qui prend 2 ou 3 jours en cour d’assises va être traitée en 1 ou 2 h devant un tribunal correctionnel surchargé, entre une affaire de portable et une affaire de droit pénal agricole comme j’ai pu en être témoin à Dieppe, où une plainte  pour inceste était jugée après une affaire où un agriculteur était poursuivi pour avoir placé ses vaches dans un enclos trop petit. Évidemment lors de ces audiences, la victime n’a pas le temps de s’exprimer. Les conséquences des viols ne sont pas abordées. Le mot viol lui-même n’est pas prononcé. On passe à côté de ce que la femme a vécu et de ce qu’elle voulait dénoncer en déposant plainte. C’est un non procès pour viol. L’agresseur n’est pas mis face à ses responsabilités et à la gravité de ses actes.

Quelles sont les stratégies employées pour empêcher les femmes de garder le silence ?

Ces stratégies commencent avant l’agression. L’agresseur va s’assurer que les victimes ne parlent pas, soit en les isolant, en sapant tellement leur confiance en elles que leur parole ne vaudra rien, soit en les menaçant de représailles légales si elles parlent. C’est très efficace parce que le droit donne des outils aux agresseurs pour s’assurer du silence des victimes. Je pense par exemple à la dénonciation calomnieuse qui est un délit en droit pénal et qui permet à un agresseur qui n’a pas été condamné de déposer plainte pour dénonciation calomnieuse.

contre celle qui a dénoncé un viol, une agression sexuelle, un harcèlement sexuel.

L’agresseur va menacer la victime en disant « si tu portes plainte contre moi, je porte plainte aussi contre toi pour dénonciation calomnieuse ». Les femmes craignent légitimement ces procédures: il suffit d’aller sur internet pour voir qu’il y a des condamnations de femmes victimes de violences sexuelles pour dénonciation calomnieuse.

Qu’est ce que la dénonciation calomnieuse implique pour les femmes victimes de violences ?

Avant la réforme de 2010, obtenue grâce à dix années de campagne de l’AVFT, les femmes dont la plainte n’avaient pas abouti à une condamnation de l’agresseur étaient quasi automatiquement condamnées. Voici comment: Une femme dépose plainte contre son agresseur pour harcèlement, agression ou viol. On a vu que les taux de condamnations étaient très, très faibles. Il n’y a donc pas de condamnation. L’agresseur se retourne contre la victime et dépose plainte en dénonciation calomnieuse.

Ce délit prévu par l’article 226-10 al. 2 du code pénal disposait “La fausseté du fait dénoncé résulte nécessairement de la décision, devenue définitive, d’acquittement, de relaxe ou de non-lieu déclarant que la réalité du fait n’est pas établie ou que celui-ci n’est pas imputable à la personne dénoncée.”

Prenons l’exemple de madame C. dont la plainte pour viol à l’encontre de son supérieur hiérarchique s’est conclue par un non-lieu pour charges insuffisantes. Cela ne veut pas dire que la/le juge d’instruction considère que la victime a menti mais qu’elle trouve qu’il n’y a pas assez de preuves pour condamner, pour envoyer monsieur devant une cour d’assises

Son agresseur se retourne contre elle et dépose plainte en dénonciation calomnieuse. Lors de l’audience, hallucinante, au cours de laquelle Mme C n’a pas eu la parole, nous avons su dès les dix premières minutes qu’elle serait condamnée. Cette automaticité résulte de l’article précité. Le viol est jugé faux. Or, s’agissant d’un ‘acte’ commis sur sa personne, Mme C ne pouvait pas méconnaître sa fausseté. Elle est donc condamnée pour dénonciation calomnieuse. En première instance. En appel. Devant la cour de cassation.

Mais cette femme qui se retrouve du mauvais côté, qui n’est plus victime, qui est poursuivie devrait alors  bénéficier de la présomption d’innocence comme toute personne inculpée. Or, Il n’y a pas ici de présomption d’innocence puisqu’elle est condamnée automatiquement.

C’est sur ce fondement que nous  avons décidé de saisir la Cour européenne des droits de l’homme.

Quelle a été la décision de la Cour européenne des droits de l’homme à la suite du recours déposé par madame C accompagnée par l’AVFT ?

A la suite de ce recours, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la France pour violation de l’article 6.2 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme, sur la présomption d’innocence. Cette procédure ainsi que  le revirement de la Cour de cassation ont conduit la France à changer son code pénal sur ce sujet.

Maintenant, il y a une automaticité qui est un peu moindre mais il n’en demeure pas moins que ces condamnations et le risque d’être poursuivies planent au-dessus de la tête des victimes. Quand une victime appelle une permanence d’une association qui lutte contre les violences faites aux femmes, il n’est pas rare que ces risques là soient évoqués.

Je précise que Mme C avait été condamnée à trois mois de prison avec sursis et à 15 000 € de dommages et intérêts soit à peu près ce qu’un violeur devrait verser à sa victime. On se pose la question du silence des femmes, je crois qu’une des réponses est que ces menaces de dénonciation calomnieuse ou de diffamation sont réelles et redoutées par les victimes. La diffamation consiste à  dénoncer publiquement des faits qui portent atteinte à l’honneur de la personne. Par exemple, Denis Beaupin a déposé plainte à la fois en diffamation et en dénonciation calomnieuse contre ses victimes.

A chaque fois qu’un agresseur dépose plainte en dénonciation calomnieuse ou en diffamation et que l’affaire est médiatisée, les autres victimes qui n’ont pas encore déposé plainte entendent très bien le message, à savoir,  les agresseurs ont des outils pour les poursuivre et ainsi se positionner comme des victimes. Les femmes peuvent alors passer du mauvais côté de la barre, être condamnée, et devoir verser de l’argent aux agresseurs. Dans le cas de Mme C, certains mois elle se demandait si elle payait la cantine de sa fille ou si elle payait  l’homme qui l’avait violée lequel continuait ainsi de l’agresser.

Le silence des victimes s’explique aussi par la maltraitance du système judiciaire sur les plaignantes, par la durée et le coût des procédures, sans parler du coût humain qui est dramatiquement lourd.

Est-ce que le droit est un outil à la disposition des victimes ou pas ? Il faut être accompagnée. Idéalement par un réseau de personnes compétentes : association, avocat·e·s, psychologues. Et il faut être prêtes à se battre. Pour autant, même si c’est difficile à dire, le fait qu’un agresseur ait eu à répondre de ses actes devant un tribunal même s’il n’est pas condamné est déjà une victoire pour la victime car c’est la fin de son impunité puisqu’il a été identifié comme agresseur et il a dû répondre socialement de ses actes.

 

Propos recueillis par Brigitte Marti 50-50 magazine

1 Nicole-Claude Mathieu Nicole-Claude Mathieu (1937-2014) est une anthropologue, militante féministe, française, connue pour ses travaux sur le genre. Elle fut maîtresse de conférence à l’EHESS, membre du laboratoire d’Anthropologie sociale à Paris, et co-fondatrice de Questions féministes.

#balancetonporc. Le troupeau de cochons grossit chaque jour. Mise à jour quotidienne

 

I guess women like Pig-headed men.

Fantasme masculin. https://imgur.com/gallery/4oOYk

Depuis le lancement de la campagne de libération des femmes victimes de harcèlement sexuel, les victimes sont de plus en plus nombreuses à dire #moiaussi ou #metoo. Complémentairement, le troupeau de gros cochons libidineux qui ont abusé de leur position dominante, grossit également. Pour l’instant, personne n’a parlé de chantage mais logiquement, cela ne devrait tarder car lorsqu’un décideur vous fait comprendre que si vous ne couchez pas avec lui vous n’aurez pas le job, comment ça s’appelle ? chantage.

On pourrait d’ailleurs lancer une campagne #balancetonmaîtrechanteur à l’adresse de celles qui n’ont pas couché et en conséquence  ont perdu le job, celles qui n’ont pas eu le job et celles qui ont été persécutées jusqu’à ce qu’elle démissionnent.

Du coup, l’accusation « promotion canapé » prend un autre aspect. Tu couches, c’est une promotion canapé ; tu couches pas, tu es virée. Pour la femme c’est à tous les coups tu perds.

Eric Salvail est homosexuel et est accusé de harceler les hommes.

  • Gérard Depardieu rejoint la liste des porcs mais ce n’est pas une nouveauté sauf que ce témoignage d’une québécoise est précis :

 la productrice Catherine Beauchamp, qui allègue avoir été harcelé sexuellement par l’acteur français Gérard Depardieu.

«Un jour, sur la terrasse d’un hôtel du Centre-ville de MTL, Depardieu, alors que je suis allée saluer le réalisateur avec qui il était à la table, m’a dit que je le faisais bander …. il m’a mentionné qu’il me baiserait bien dans une chambre d’hôtel, sur le dos, parce qu’il avait très mal et que c’était sa seule façon de baiser […]», a-t-elle écrit sur son compte Facebook.

  • Pierre Joxe aurait agressé sexuellement Ariane Fornia, fille d’Eric Besson

Elle a publié ce jeudi un long billet sur son blog intitulé « #Moiaussi : pour que la honte change de camp », où elle évoque trois agressions sexuelles qu’elle a subies dans sa vie. Et la dernière concerne un « ancien ministre de Mitterrand, membre de plusieurs gouvernements, qui a occupé des fonctions régaliennes, qui est une grande figure de gauche, décoré de l’Ordre national du mérite et de plusieurs autres Ordres européens ».« Il commence à remonter ma jupe »Cet homme, qui l’aurait agressée il y a huit ans à Paris, au cours d’une représentation à l’Opéra Bastille où ils étaient assis côte à côte, serait Pierre Joxe, 75 ans à l’époque, 83 ans aujourd’hui, a  révélé la jeune femme à l’Express.

http://www.20minutes.fr/societe/2154619-20171019-fille-eric-besson-accuse-pierre-joxe-ancien-ministre-mitterand-agression-sexuelle

  • Tariq Ramadan 
Henda Ayari

13 hours ago

J’ai été victime de quelque chose de très grave il y a plusieurs années, je n’ai jamais voulu donner son nom, car j’ai reçu des menaces de sa part si jamais je le balançais, j’ai eu peur,je lui ai consacré un chapitre entier de mon livre, beaucoup de gens m’ont contacté pour avoir mon témoignage car ils l’avaient deviné, je le confirme aujourd’hui, le fameux Zoubeyr, c’est bien Tariq Ramadan.

Cette plainte a été déposée auprès du parquet de Rouen, dont relève le domicile de la plaignante, pour « des faits criminels de viol, agressions sexuelles, violences volontaires, harcèlement, intimidation », selon un document consulté par l’AFP.

http://www.20minutes.fr/societe/2155371-20171020-balancetonporc-ecrivaine-militante-feministe-henda-ayari-depose-plainte-contre-tariq-ramadan-viol

  • Christophe Arend

Christophe Arend, le député (LREM) de Moselle, est visé par une plainte de son ancienne assistante parlementaire pour « harcèlement sexuel » et « agression sexuelle ». Selon franceinfo qui a recueilli le témoignage de la jeune femme, Marie*, âgée de 29 ans, accuse notamment Christophe Arend de lui avoir « pincé les deux seins » et d’avoir « tout fait pour (la) faire craquer » en multipliant « les remarques sexistes » et les gestes déplacés. « Dès qu’il arrive par-derrière, je me protège systématiquement les seins » « Il passe et essaie de dégrafer mon soutien-gorge, de me toucher les seins. Moi, j’ai compris. Dès qu’il arrive par-derrière, je sais qu’il va essayer donc je me protège systématiquement les seins », a-t-elle confié à la radio. « Une fois, il arrive et m’enfonce un doigt dans la bouche en mimant une fellation », a-t-elle ajouté.

http://www.20minutes.fr/societe/2155363-20171020-moselle-depute-lrem-christophe-arend-vise-plainte-ex-assistante-parlementaire-agression-sexuelle

 

%d blogueurs aiment cette page :