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Perpignan. Encore une femme égorgée par un musulman

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Jeunes filles, jeunes femmes, Mesdames, ne fréquentez pas les musulmans sous peine d’être violée, surveillée, séquestrée, vendue comme esclave sexuelle, battue, lapidée, vitriolée, brûlée vive, poignardée et décapitée.

Les faits divers regorgent de crimes commis par des musulmans sur des femmes musulmanes ou non. Le Coran enseigne le mépris et l’exploitation domestique et sexuelle des femmes. Actuellement l’Etat islamique qui prétend appliquer les préceptes du Coran à la lettre, enlève des femmes, viole des femmes, esclavagise des femmes, séquestre des femmes et a même établi un barême de leur prix de vente et d’achat. Et comme l’EI est actuellement le modèle du « véritable musulman » et suscite l’admiration de la jeunesse musulmane, les femmes sont plus que jamais en danger.

Erika était, dit-on amoureuse de Kader. Il lui a pris sa vie, définitivement.

Paix à ton âme, Erika.

La Connectrice

A Perpignan, Kader égorge Erika : l’Aid version crime passionnel

Publié le 27 août 2015 – par

erikaMardi. Perpignan, ville de contrastes. Une adolescente est égorgée dans un parc (à thème?). Je mets 15 euros sur un jeune égaré dans les amours coraniformes. http://www.lindependant.fr/2015/08/25/perpignan-une-adolescente-retrouvee-egorgee,2075918.php

Mercredi matin. Voilà, crime passionnel. « Ça finit mal« , comme on dit au Parisien. Ah, vraiment ?  http://www.leparisien.fr/faits-divers/jeune-fille-egorgee-a-perpignan-une-crise-de-jalousie-qui-finit-mal-26-08-2015-5036349.php#xtor=AD-1481423551 Allez, les journalistes, un petit effort et vous aurez le nom de l’égorgeur. Vladimir ? Kevin ? Je mets 20 euros sur Sofiane. Ou Mustapha ? Voire Mohamed.

Mercredi soir. Les choses vont vite. Même plus besoin d’enquête. C’est Kader ! Ah, ces prénoms gaulois… Fiché-Signalé-Stigmatisé-Padamalgamé-Coranisé-Négligé (par Cazeneuve)-Pré-pardonné (par Taubira). Il est gentil, ce Kader. C’est l’élément pieux d’un vieux couple (il a 18 ans et Erika 17 ans). Il s’est rendu, il coopère avec la police, en quelque sorte, c’est juste un égorgement passionnel, une espèce de fête de l’Aid version jaloux. Avec un bon avocat, il prendra cinq ans et puis quoi, il n’a pas décapité l’amour de sa vie alors que c’est tout de même recommandé noir sur blanc dans les textes sacrés ; puisque c’est bien ainsi, n’est-ce pas, qu’Allah est le plus grand.

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/perpignan-le-suspect-avait-ete-signale-aux-services-de-renseignement-en-debut-d-annee-7779513295

« Et voilà Madame pourquoi votre fille est muette » (Molière, Les femmes savantes).

Boubakeur va nous faire son petit théâtre d’ombres, l’Archevêque va nous gronder pour notre génétique égoïsme de nantis,

Guidère va nous causer des dégâts du frelon asiatique dans les ruches du nord-Mali, maman va répéter ad nauseam que Kader est un bon garçon, qu’il ne prend jamais le Thalys et que http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/meurtre-a-perpignan-mon-fils-etait-follement-amoureux-d-elle-dit-la-mere-du-suspect-7779514267,

Domenach va implorer qu’on lui livre d’urgence quelques centaines de Kader à loger dans sa misérable mansarde,

Plenel ferme sa gueule pour le moment mais rassurons nous, ça ne durera pas,

Juppé ira demander dès demain à Oubrou si tout ça est vraiment écrit quelque part, parce que si c’est le cas, il faudra peut-être prévoir une mosquée un peu plus petite sur la rive droite de la Garonne…

…et le reste, les autres, le magma de la pensée conforme et des lâchetés cumulées, trop nombreux pour qu’on les nomme tous. Sentez les. Ils crapotent au fond du grand chiotte francoranique où, nez bouché, semelles rouges de sang, leur caste d’envouteurs-envoutés dégueule son quatre-heures en se racontant les Mille et une nuits, pendant que s’affutent les lames des tueurs.

Pauvre Erika, pauvre gosse, pauvre innocente, très précisément égorgée par tous ces gens réunis ce soir, autour de ton cadavre, pour la prière oecuménique aux agneaux du sacrifice.

Jean Sobieski

Discrimination. Protections hygiéniques et couches jetables sont des produits de luxe taxés à 20% de TVA

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Des groupes de femmes à travers le monde, de l’Australie à la France se révoltent contre la taxation abusive des protections périodiques et des couches jetables que les hommes législateurs considèrent comme étant des produits de luxe.

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Autrefois en Europe, les femmes utilisaient des tissus éponges pour absorber leurs menstruations, des linges qu’elles devaient laver dans le plus grand secret pour protéger leur pudeur et le dégoût que les hommes avaient de leur nature.

Si elles ne disposaient pas de serviettes éponges, elle utilisaient des chiffons, des papiers, des feuilles ou tout ce qu’elles pouvaient trouver, comme de la mousse ou des lichens. En Afrique, les femmes s’accroupissent au-dessus d’un trou creusé dans la terre pour se débarrasser de la desquamation périodique de l’utérus autant que faire se peut.

Laver une serviette éponge maculée de menstrues, c’est du travail. Il fallait frotter longuement et faire bouillir ce linge. En sus de leurs serviettes périodiques, les femmes devaient laver les couches de leurs bébés et les draps souillés des ancêtres qui vivaient à la maison. La plupart des femmes n’avaient pas la possibilité d’étudier ou de travailler pour gagner leur vie car il y avait trop de travail à la maison.

Les protections périodiques et les couches jetables pour bébés et adultes, ont constitué un progrès sans égal libérant les femmes de ces tâches ancillaires et améliorant l’hygiène corporelle car ces produits à usage unique, régulièrement renouvelés, évitent la macération des chairs dans des émissions corporelles qui se détériorent rapidement à l’air libre.

Peut-on accepter qu’au 21ème siècle, ces produits de la civilisation indispensables à la vie quotidienne soient considérés comme des produits de luxe et taxés à 20%  au même taux que les publications pornographiques, que l’alcool, que le caviar ou le chocolat mais beaucoup plus que la restauration, l’hôtellerie, les préservatifs, les oeuvres d’art, les journaux et les médicaments (voir le tableau ci-dessous)?

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En 2013 l’Américaine Nancy Kramer avait lancé une campagne pour la gratuité des tampons dans les toilettes publiques notamment. Elle s’interrogeait alors en ces termes : “Qui a décidé que le papier toilette était gratuit et pas les tampons ? Les serviettes en papier, le savon, les couvre-sièges sont gratuits et pas les tampons ?” Pour Anne-Cécile Mailfert, “sa réflexion est très juste : pour une femme ça peut être très compliqué d’être en rade de tampon ou serviette quand on est à l’extérieur. Les restau et autres entreprises devraient y réfléchir”.http://www.lesinrocks.com/2015/02/20/actualite/tampons-trop-taxes-quand-le-sexisme-se-cache-dans-les-details-11564208/

Après le Royaume-Uni, le collectif Georgette Sand demandait dans une pétition que le taux TVA des protections périodiques soit ramené à 5,5% voire 2,1% comme pour les médicaments non remboursés par la sécurité sociale. Récemment, les Austrliennes se sont jointes à l’indignation avec une campagne très crue et provocatrice pour attirer l’attention des messieurs législateurs concernés.

« Je saigne et j’en suis fière » : ces paroles sont extraites d’une chanson intitulée Drop it coz it’s rot  (« Laisse-la tomber parce qu’elle est pourrie »), parodie du titre de Snoop Dogg Drop it like it’s hot.

Dans ce morceau, des femmes australiennes expriment leur colère au sujet de la taxation des protections hygiéniques dans leur pays depuis l’an 2000, comme le rapporte le site Mashable. Ces protections ne sont en effet pas considérées comme des produits de santé essentiels, mais comme des produits de luxe. Conséquence, cette  « taxe tampon » a augmenté les prix de ces produits d’environ 10 %.http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2015/08/24/les-australiennes-voient-rouge-contre-la-taxe-tampon/

Taux normal de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA)http://vosdroits.service-public.fr/professionnels-entreprises/F23567.xhtml

Produits ou services concernés France continentale Corse Guadeloupe, Martinique, Réunion
la plupart des biens et des prestations de service 20 % 20 % 8,5 %
publications (livres, journaux, revues) pornographiques ou violentes, interdites de vente aux mineurs, d’exposition à la vue du public ou de publicité 20 % 20 % 8,5 %
centres équestres (prestations correspondant au droit d’utilisation d’animaux à des fins d’activités physiques et sportives) 20 % 20 % 8,5 %
boissons alcoolisées (à consommer sur place) 20 % 10 % 8,5 %
boissons alcoolisées (à emporter ou à livrer) 20 % 20 % 8,5 %
produits alimentaires spécifiques : confiserie, matières grasses végétales (margarines), caviar, chocolat et produits composés contenant du chocolat ou du cacao (chocolat au lait, chocolat blanc, chocolat fourré) 20 % 20 % 8,5 %

À savoir : la TVA n’est pas applicable dans les départements, collectivités et territoires d’outre-mer suivants : Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna, Guyane, Saint-Martin, Saint-Barthélemy (sauf en matière immobilière), Mayotte et Nouvelle-Calédonie.

Taux intermédiaire ou réduit

Taux réduit et intermédiaire de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA)

Produits ou services concernés France continentale Corse Guadeloupe, Martinique, Réunion
restauration et vente de produits alimentaires préparés* 10 % ou 5,5 % 2,1 ou 10 % 2,1 %
boissons sans alcool et eau (à consommation différée)* 5,5 % 2,1 % 2,1 %
boissons sans alcool et eau (à consommation immédiate)* 10 % 10 % 2,1 %
hébergement en hôtel (et aux 3/4 du prix de pension ou demi-pension), en location meublée, en camping classé 10 % 2,1 % ou 10 % 2,1 %
transport de voyageurs 10 % 2,1 % (exonération totale entre la Corse et la France continentale) 2,1 % (transport maritime exonéré à l’intérieur du département)
travaux de rénovation d’un logement 5,5 % ou 10 % 5,5 % ou 10 % 2,1 %
produits agricoles ou piscicoles non transformés, non destinés à l’alimentation humaine 10 % 2,1 % 2,1 %
ventes d’œuvres d’art originales effectuées par leur auteur ou ses ayants droit 5,5 % 5,5 % 2,1 %
droits d’entrée dans les zoos, musées, monuments, expositions, foires, salons, fêtes foraines et sites culturels 10 % 2,1 % 2,1 %
produits alimentaires 5,5 % 2,1 % 2,1 %
chocolat brut, chocolat de ménage au lait (chocolat en poudre), bonbons de chocolat, fèves de cacao et beurre de cacao 5,5 % 2,1 % 2,1 %
équipements et prestations pour personnes dépendantes(handicapées ou âgées) 5,5 % 5,5 % 2,1 %
abonnements aux livraisons de gaz et d’électricité 5,5 % 2,1 % 2,1 %
cantines scolaires 5,5 % 2,1 % 2,1 %
livres 5,5 % 2,1 % 2,1 %
billetterie des spectacles vivants et places de cinéma 5,5 % ou 2,1 % 2,1 % ou 0,9 % 2,1 % ou 1,05 %
billetterie des rencontres sportives (matchs, compétitions, courses automobiles) 5,5 % 5,5 % 2,1 %
médicaments remboursables par la sécurité sociale 2,1 % 2,1 % 2,1 %
préservatifs masculins et féminins 5,5 % 5,5 % 2,1 %
médicaments non remboursables 10 % 10 % 2,1 %
animaux vivants de boucherie et de charcuterie vendus à des non-assujettis 2,1 % 0,9 % 1,75 %
contribution à l’audiovisuel public 2,1 % 2,1 % 2,1 %
travaux de composition et d’impression des périodiques et cessions d’informations par les agences de presse 10 % 10 % 2,1 %
publications de pressedétenant un n° de CPPAP, y compris la presse en ligne 2,1 % 2,1 % 1,05 %

* Pour les produits alimentaires, les taux réduits sont applicables en fonction du mode de consommation :

  • taux de 10 %, s’ils sont destinés à une consommation immédiate (il n’est pas possible de les conserver),
  • taux de 5,5 %, s’ils sont vendus sous un emballage permettant leur conservation.

Dans le département de la Réunion, les ventes de riz sont exonérées de la TVA.

La Polynésie française bénéficiant d’une autonomie fiscale lui permettant d’établir ses propres dispositions en matière de TVA, les taux de TVA qui y sont applicables sont fixés à 16 % pour le taux normal, 13 % pour le taux intermédiaire et 5 % pour le taux réduit.

Attaque islamo- terroriste dans le Thalys. Qui doute encore du recrutement actif de l’Etat islamique en Europe ?

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Ce vendredi, un homme d’origine marocaine que l’on peut justement estimer musulman, s’en est pris aux passagers du Thalys Amsterdam -Paris, vers 17 h.

http://www.leparisien.fr/faits-divers/arras-trois-blesses-par-balles-dans-un-thalys-un-homme-interpelle-21-08-2015-5025767.php

L’homme de 26 ans  était en possession d’un fusil d’assaut kalachnikov, d’un pistolet automatique, de neuf chargeurs et d’un cutter. Cet armement personnel imposant prouve la détermination de l’islamo-terroriste qui a certainement bénéficié de complicités pour se le procurer. Le terroriste a été interpellé.

L’attaque a été évincée grâce à la présence de deux militaires américains qui ont reconnu le bruit caractéristique de la culasse de la kalachnikov, en provenance des toilettes où se trouvait le terroriste.

L’un des hommes a été blessé d’un coup de feu et l’autre par un cutter.

Depuis des années que l’Etat islamique (Daech) nous démontre qu’il ne plaisante pas dans son offensive pour conquérir le monde non musulman, nos dirigeants ne prennent pas de mesures efficaces pour assurer notre sécurité, au contraire, ils favorisent le communautarisme musulman,cèdent à la plupart des revendications de l’Oumma islamiya et n’osent pas faire respecter nos lois « par souci d’apaisement ».

Or devant la faiblesse de nos responsables irresponsables, les jihadistes déclarés ou en puissance, font régner la terreur, stimulés par les appels au Jihad de l’Etat islamique qui s’est donné les moyens financiers de les éduquer, de les armer, de les entretenir, de les conditionner par de belles horribles images de décapitation et de viols, et qui, par sa propagande rappelle la promesse d’offrir aux martyrs (Chahids) de la conquête musulmane 70 vierges (Houris)

En attendant les houris du paradis, les vaillants jihadistes sont invités à se servir des esclaves sexuelles enlevées et séquestrées par l’Etat islamique et la horde de sauvages qui s’en réclame.

L’avenir est plus que sombre pour les non musulmans, soit la majorité des Françaises et des Français. Merci qui ?

Prostitution. Amnesty International dédouane les prostituteurs

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Prostitution – Amnesty International complice de l’exploitation sexuelle des femmes

par Dre Muriel Salmona, présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie

Ce 11 août 2015, à Dublin, dans le cadre de la mise en place de grandes orientations stratégiques, les 500 délégué-e-s du conseil international d’Amnesty International ont voté une résolution (1) prônant la décriminalisation du système prostitueur (personnes prostituées, clients et proxénètes), soi-disant pour protéger celles et ceux qu’Amnesty appelle « les travailleuses ou les travailleurs du sexe », tout en disant exclure de la décriminalisation les systèmes coercitifs, la prostitution des enfants et la traite des êtres humains.

Cette résolution a été élaborée à la suite de consultations qui ont duré près de deux ans et d’âpres oppositions au sein même d’Amnesty, ainsi que de nombreuses organisations et d’associations – abolitionnistes (2), féministes et/ou de lutte contre les violences, de politiques, de personnalités, de professionnels du soin et de survivantes de la prostitution, etc. De nombreuses pétitions et lettres ouvertes ont circulé et ont récolté un grand nombre de signatures, par exemple, celles de la CEDAW (3), de Prostitution Research (4) de Melissa Farley, qui a lancé un appel avec 153 signatures de chercheuses, de chercheurs et d’universitaires (dont la mienne) de 19 pays, etc. (5)

Amnesty prône la libéralisation et la légalisation de la prostitution… et en fait la promotion…

Quel paradoxe pour une ONG, qui lutte pour les droits des personnes et contre la torture, de militer pour que les femmes les plus vulnérables soient exposées à des violences sexuelles qui font partie, avec la torture, des violences les plus traumatisantes ! (6)

Au nom de la défense des personnes prostituées contre la discrimination et les violences d’État (harcèlement et brutalité policières), Amnesty prône la légalisation de la prostitution et du système prostitueur, et livre sans état d’âme aux mains des marchands du sexe et de leurs clients les personnes les plus vulnérables (femmes traumatisées depuis l’enfance, abandonnées par tous et toutes, en très grande précarité, « racisées »).

Amnesty, comme nous allons le voir, ne se contente pas de passer sous silence la violence qu’est la prostitution en elle-même et l’atteinte aux droits, à la dignité et à l’intégrité physique et psychique des personnes (violence des « passes » répétées, réification des personnes, mises en scène d’humiliation et de soumission). Elle est dans le déni de la violence des clients et des proxénètes et du marché du sexe, des risques quotidiens d’être torturées, séquestrées, tuées, et de disparition. À tel point que, dans sa résolution, elle nie l’impact psychotraumatique de la prostitution sur les personnes prostituées, elle nie les violences sexuelles que les personnes prostituées ont subi dans l’enfance – avant leur entrée dans la prostitution – et qui en font les cibles privilégiées des prostitueurs. En un mot, Amnesty fait la promotion du système prostitueur en voulant en faire une activité marchande comme une autre, un travail comme un autre, en employant les mêmes arguments mystificateurs des pro-prostitution !

Alors que la position prônant la légalisation de la prostitution est de plus en plus remise en cause, et que la prostitution est de plus en plus reconnue comme une violence faite aux femmes tant au niveau international qu’européen… Alors que des pays emboîtent le pas de la Suède pour pénaliser le client et ainsi décourager la demande, que de plus en plus de personnalités en Allemagne et aux Pays-Bas (pays ayant légalisé la prostitution depuis plus de 10 ans) mettent en cause celle légalisation (Manifeste des psychotraumatologues (7) lancé par Ingeborg Kraus, lettre à Angela Merkel) en reconnaissant l’augmentation très importante du nombre de personnes prostituées, de la traite et du crime organisé ainsi que la gravité des psychotraumatismes chez les personnes prostituées, et en constatant que la raison arguée au départ pour mettre en place cette légalisation, qui était de garantir une meilleure protection et plus de droits aux personnes prostituées en leur permettant de régulariser leur activité, a échoué… Le nombre de personnes prostituées étrangères en état de très grande vulnérabilité dans ces pays ne fait qu’augmenter, le marché du sexe est florissant et exponentiel, avec des demandes de « services sexuels » de plus en plus fortes et extrêmes et la mise en place d’un marché du sexe qui fait des promotions.

AI devient complice d’hommes voulant conserver le privilège exorbitant d’accéder à des corps de femmes réduites à une marchandise, selon leur envie, qu’ils nomment par abus de langage « sexualité, travail du sexe, prostitution librement consentie », dans une confusion entre sexualité et prédation intentionnellement entretenue. Pour ces hommes, la liberté serait une valeur supérieure : liberté de faire ce que bon leur semble dans le cadre de « leur vie sexuelle », liberté des femmes de vendre leur corps le temps d’une « passe ». Et limiter cette liberté serait de l’oppression ou un retour à des valeurs réactionnaires. Avec un tel raisonnement, ils se permettent de taxer de moralisatrices, discriminantes et stigmatisantes envers les personnes prostituées toutes les personnes qui s’élèvent pour dénoncer ces violences.

Or, la liberté de chacun est soumise à des limites, elle s’arrête là où commence la liberté et les droits d’autrui. Le droit, y compris le droit international des droits humains, prévoit des restrictions de droits et surtout de libertés. Il en est ainsi de la Convention européenne des Droits humains. La liberté n’a de sens que dans un monde juste où l’égalité de droits de chacun est respectée. La liberté suppose le respect de la loi et elle doit être la liberté de tous et de toutes, des forts aussi bien que de ceux et de celles qui sont en position de vulnérabilité : liberté, loi et égalité sont indissociablement liées. Si tel n’est pas le cas, on aboutit, comme le fait remarquer Karl Marx, « à la liberté du renard libre dans le poulailler libre… ». Et nous pouvons reprendre la phrase célèbre de Lacordaire : « Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. »

Le consentement d’une personne à se prostituer est encadré par les droits de la personne. Ce n’est pas parce qu’une personne accepte de renoncer à ses droits au bénéfice d’une autre personne que cette dernière peut être dédouanée, elle reste entièrement responsable du respect de la dignité et de l’intégrité physique et psychique d’autrui. Pour poursuivre cet exemple, ce n’est pas parce qu’une personne accepte d’être torturée, mutilée, mise en esclavage, tuée, découpée en morceaux, privée de ses yeux, que quiconque peut en profiter pour la mutiler, la rendre esclavage, la tuer, la découper en morceaux, la priver de ses yeux, fût-ce prétendument pour la sortir d’une situation de grande précarité. Ces actes n’en restent pas moins des crimes punis par la loi, et le fait de rétribuer financièrement la personne pour ce faire n’y change rien : au contraire, le corps est inaliénable et ne peut s’acheter.

Le choc est de taille !

Comment et pourquoi une organisation de défense des droits humains peut-elle prôner

. une totale libéralisation d’un système de domination extrêmement lucratif, sexiste et raciste,
. qui exploite sexuellement des personnes et porte atteinte à la dignité et à l’intégrité physique et sexuelle des plus vulnérables et des plus discriminées dans le monde,
. dans le but que des hommes puissent payer pour avoir accès à leur corps, à leur intimité, et s’en servir comme objets sexuels pour en jouir, s’amuser, les dominer, les soumettre, les humilier, voire les torturer sexuellement ?

Amnesty pourrait rétorquer que, dans sa résolution, elle prend soin de préciser qu’il faut avant tout protéger les personnes prostituées et dépénaliser leur activité dans les pays où cette dernière est illégale (ce qui n’est pas le cas dans les pays abolitionnistes comme la France), et criminaliser le trafic d’êtres humains en vue de la traite à des fins sexuelles, ainsi que la prostitution des enfants, ce à quoi nous adhérons, bien sûr. Mais AI ne propose aucune piste pour les combattre et ne précise rien pour informer sur la réalité de la traite et de la prostitution infantile, sur l’âge d’entrée en prostitution qui, pour plus de la moitié des personnes prostituées, se situe avant 18 ans, ni sur ce qui se passe dans les pays qui ont légalisé la prostitution. AI se garde bien de donner un chiffre sur ces réalités criminelles, ni sur le pourcentage réel de personnes prostituées soi-disant « libres », consentantes et exerçant sans aucune coercition, pour la protection desquelles cette proposition a été élaborée, selon l’organisme.

De plus, à aucun moment on ne trouve dans la décision d’AI une analyse du système de domination masculine, ni la prise en compte du fait que les personnes prostituées sont très majoritairement (à 95%) des femmes et que les clients ne sont quasiment que des hommes…

Pour Amnesty, la prostitution devrait être un travail comme un autre…

Que propose AI ? De faire de la prostitution un travail et des personnes prostituées des « travailleuses de sexe » (terme répété jusqu’à la nausée tout au long de la résolution) avec des problématiques inhérentes au droit du travail dont elles doivent bénéficier en termes de condition de travail « équitables et satisfaisantes », « de normes et sécurité au travail ». Un travail pour les plus de 18 ans… et quid de la formation, des droits au chômage versus des propositions de travail que pourraient faire les organismes administratifs gérant les chômeurs et chômeuses ? Le proxénétisme est présenté comme « l’organisation générale du travail du sexe ». La prostitution, comme un des rares travail qui offre des sources de bénéfices à des personnes discriminées dans l’emploi, comme les personnes transgenres, « un travail de convenance personnelle » qui « offre une flexibilité et un contrôle sur les heures de travail ou un taux de rémunération plus élevé que les autres options » de travail (sic) !!!

Quelle chance ce serait d’être prostituée si l’on cessait de considérer qu’il s’agit d’une activité criminelle et de vouloir pénaliser ces pauvres proxénètes qui ne demandent qu’à protéger leurs « travailleuses » et ces pauvres clients qui leur permettent de s’enrichir… AI le concède, cela peut être un moyen de survie immédiat en raison de l’extrême pauvreté et de l’exclusion sociale. Et quid des 85% à 95% personnes prostituées qui voudraient sortir de la situation prostitutionnelle ? (8)

Pour Amnesty, la prostitution ne porte pas atteinte au droits des personnes, c’est le fait de la criminaliser qui est une atteinte à leurs droits et de la discrimination…

Le raisonnement d’AI est le suivant : si les personnes prostituées subissent des violences de la part des acteurs étatiques et « les autres », c’est par discrimination, stigmatisation et manque de reconnaissance de leur statut de travailleuses sexuelles. C’est cette non-reconnaissance qui les expose à des persécutions ; il suffirait d’arrêter de stigmatiser cette « profession », de la légaliser, et d’offrir des garanties en terme de droit du travail pour que les personnes prostituées soient protégées des violences… Et cette violence serait aggravée par les lois criminelles qui les obligent à travailler cachées et donc bien plus exposées aux pires violences. La loi compromet donc les droits des personnes.

Amnesty escamote le fait que la prostitution bafoue les droits à l’égalité, à la sécurité et à la santé des personnes en situation prostitutionnelle…

Notre expérience et notre expertise en tant que professionnelle de la santé prenant en charge des personnes étant ou ayant été en situation prostitutionnelle depuis plus de 20 ans, ainsi que les nombreuses études médicales internationales sur l’impact de la prostitution sur la santé montrent que la prostitution est non seulement une atteinte à la dignité des personnes et une discrimination sexiste ; elle est aussi une atteinte au droit des personnes en situation prostitutionnelle de vivre en sécurité (sans subir de violence) ; une atteinte à leur droit à la santé et à un accès à des soins adaptés par des professionnels formés et compétents (la prostitution limite de façon importante leur chance de rester en santé).

Amnesty passe sous silence la violence inhérente à la prostitution et la violence exercée par les clients…

Il est à noter qu’AI se garde bien de nommer les violences que subissent les personnes prostituées, à part les violences d’État (expulsions, violences policières) qu’elle attribue à de la discrimination et à de la stigmatisation. À aucun moment on ne lit les mots viols, agressions sexuelles, violences physiques, psychologiques et verbales, tentatives de meurtre, toutes ces violences que les personnes prostituées subissent si fréquemment. AI ne pointe pas non plus les principaux – et de loin – agresseurs, les clients et les proxénètes.

Rappelons que 70% à 95% subissent des violences physiques dans un contexte prostitutionnel et 60% à 75% ont été violées (Melissa Farley, 2003) (9). Même l’organisme Médecins du monde, qui demande également la légalisation de la prostitution en France, ne fait plus cette impasse. En 2012, l’association a fait une enquête auprès des personnes prostituées chinoises qu’elle suit (10). 83% d’entre elles ont déclaré avoir subi des violences depuis leur arrivée en France : 63% ont subi le retrait de préservatifs sans leur consentement, 55% ont subi des violences physiques, 38% des viols, 25% des séquestrations et 17% des menaces de mort, et ces violences émanaient essentiellement des clients.

Aux États-Unis, une étude prospective menée sur une période de 33 ans auprès de 1969 femmes (John J. Potterat, 2003) a montré que les personnes prostituées ont un taux de mortalité bien plus important que celui de la population générale (femmes de même âge, mêmes origines) : 459/100 000 contre 5,9/100 000 (x78), et l’âge moyen du décès est de 34 ans. Les causes de mortalité sont l’homicide, la prise de drogues, les accidents, l’alcool, et la prostitution est l’activité la plus à risque de mortalité par homicide (clients, proxénètes), soit 204/100 000, par rapport au métier le plus dangereux aux USA qui enregistre 29 homicides/100 000 pour les hommes et 4 homicides/100 000 pour les femmes.

« La bonne intention » des clients envers la victime remplace « la violence des clients », puisque les personnes qu’on prostitue s’enrichissent grâce à eux, et tout cela n’est pas bien grave puisque c’est leur choix ! Or cette violence est à tel point traumatisante que seules des personnes ayant déjà subi des violences surtout sexuelles, notamment dans l’enfance, et présentant un état de dissociation traumatique, peuvent la « supporter » parce qu’elles sont anesthésiées physiquement et émotionnellement, et « formatées » à « supporter » le pire sans avoir le droit de se plaindre, ni de se défendre depuis leur enfance.

- Deuxième partie de cet article : « Pour Amnesty International, la présence de traumatismes psychiques chez les personnes prostituées serait « un stéréotype… et les violences dans l’enfance, un « mythe » »
.

Notes

1. http://tasmaniantimes.com/images/uploads/Circular_18_Draft_Policy_on_Sex_Work_final.pdf
2. http://www.abolition2012.fr/
3.http://www.catwinternational.org/Home/Article/617-over-400-global-advocates-issue-a-call-to-amnesty-international-in-open-letter
4. http://prostitutionresearch.com/
5. http://prostitutionresearch.com/wp-content/uploads/2012/01/Press-Release-Petition-Amnesty-Intl-Aug-5-2015_2.pdf
6.http://www.memoiretraumatique.org/assets/files/doc_violences_sex/Le-viol-crime-absolu-Sant-mentale-Le-traumatisme-du-viol-mars2013.pdf
7. http://www.trauma-and-prostitution.eu/fr/le-manifeste/
8.http://prostitutionresearch.com/2003/03/17/prostitution-trafficking-in-nine-countries-an-update-on-violence-and-post-traumatic-stress-disorder/
9. http://www.prostitutionresearch.com/pdf/Prostitutionin9Countries.pdf
10.http://www.medecinsdumonde.org/gb/Publications/Les-Rapports/En-France/Travailleuses-du-sexe-chinoises-a-paris-face-aux-violences

* Note complémentaire de l’auteure. Pour information, le communiqué d’Amnesty France qui s’est opposé clairement à cette résolution : « Un choix sur lequel Amnesty International France (AIF) avait exprimé de fortes réserves. Après avoir consulté ses membres, et rencontré de nombreuses associations et personnalités travaillant sur ces questions, l’Assemblée Générale d’Amnesty International France avait adopté en 2014 une décision en défaveur de la proposition. » http://www.amnesty.fr/Informez-vous/Les-actus/Le-Conseil-International-Amnesty-International-prend-une-decision-sur-la-prostitution-15819

L’auteure

La Dre Muriel Salmona est psychiatre-psychothérapeute spécialisée en psychotraumatologie. Elle est responsable de l’Antenne 92 de l’Institut de victimologie. Elle est présidente de l’association Mémoire traumatique et Victimologie dont le site est très populaire. On peut communiquer avec l’auteure à son adressecourriel. On peut aussi consulter son blogue et sa page Facebook et son compte <ahref= »https: twitter.com= » » memoiretrauma »target= »blank »>Twitter..

*** Article publié d’abord sur le blogue Stop aux violences familiales, conjugales et sexuelles. Nous remercions l’auteure de sa collaboration.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 12 août 2015

Suite de l’article « Prostitution – Amnesty International complice de l’exploitation sexuelle des femmes », publié le 12 août 2015.

Que dit AI à propos de toutes les études scientifiques internationales en psychotraumatologie (11) démontrant le fort pourcentage de personnes prostituées qui vivent du stress post-traumatique et de la dissociation péri-traumatique ? Il n’en cite aucune, ne donne aucun résultat et en toute indécence déclare que c’est « un stéréotype fréquent », « nuisible et démoralisant pour les travailleurs du sexe » (sic), et que cela accroît la discrimination qu’ils subissent !

Et voilà, en substance, le discours d’Amnesty International résumé à la lumière du texte de la résolution. Ne croyez pas toutes ces personnes prétendument bien attentionnées, féministes, qui veulent votre bien malgré vous et qui vous empêche d’exercer librement la profession que vous avez choisie ! Ce n’est pas vrai que ce « travail » portera préjudice à votre santé psychique ! Ce qui vous porte préjudice c’est qu’on vous empêche de l’exercer dans de bonnes conditions en pénalisant vos clients et vos proxénètes et en les stigmatisant. Ce sont ces personnes qui disent vouloir vous protéger qui vous exposent aux pires violences…

Nous sommes plongés dans le monde totalitaire que décrit Orwell dans 1984 :

« L’exploitation et la domination c’est la liberté ; les exploiteurs ce sont vos protecteurs ; les abolitionnistes sont des criminelles ; la loi c’est le crime ; le viol tarifé c’est un travail ; être traumatisée et dissociée c’est un gage de bonne santé ; etc., etc. »

Or, pour les personnes prostituées, les traumatismes sont majeurs.

Pourtant, selon une étude de Melissa Farley réalisée en 2003 auprès de 854 personnes prostituées dans 9 pays, 68% des personnes prostituées présentent des troubles psychotraumatiques (état de stress post-traumatique)(12). Dans une autre étude, plus de 70% des personnes prostituées présentaient des symptômes de dissociation traumatique.

Ces traumatismes sont dus aux violences répétées que subissent les personnes prostituées (13) – et les troubles psychotraumatiques (14) sont des réponses normales de défense face aux violences. Ces violences sont omniprésentes : violence de la prostitution elle-même, violences pendant la situation prostitutionnelle auxquelles sont exposées les personnes prostituées, violences précédant les actes prostitutionnels. (15)

De toutes les violences, les violences sexuelles (16) sont celles qui entraînent les conséquences les plus graves pour la santé. Elles équivalent aux tortures, et elles entraînent les troubles psychotraumatiques les plus lourds et chroniques si aucun soin n’est dispensé. C’est la mise en scène d’un véritable meurtre psychique, avec des conséquences traumatiques psychologiques, neurobiologiques et psychiatriques importantes, comme je l’ai décrit dans mon ouvrage Le livre noir des violences sexuelles(17).

Le système prostitueur se sert de ces conséquences psychotraumatiques (18) pour soumettre et réduire à l’esclavage les personnes en situation de prostitution. Les clients « prostitueurs » font usage de violence pour alimenter leur sentiment de toute-puissance grâce à l’anesthésie émotionnelle qu’elle procure. En aucun cas, il ne s’agit de désir sexuel. Il s’agit de l’érotisation de la violence pour obtenir, comme nous allons le voir, un « shoot » ou un ersatz d’orgasme (face à la violence, le cerveau libère pour se protéger des neuro-transmetteurs morphine et kétamine-like qui vont produire brutalement une anesthésie émotionnelle). Cette anesthésie émotionnelle leur sera très utile pour exercer toutes autres formes de violence de manière bien plus efficace. Tout est entremêlé dans un cycle de multi-violences bien huilé.

Le fil rouge qui permet de comprendre tous ces phénomènes, c’est la mémoire traumatique des violences, mémoire qui fait revivre les violences de façon identique (flash-backs, réminiscences, cauchemars) et qui, en l’absence de soin, subsiste pendant des années, voire toute une vie. Cette mémoire traumatique (19) est le symptôme central des troubles psychotraumatiques, qui s’installent après toutes les violences répétées que subissent les personnes prostituées. Ces troubles psychotraumatiques sont des réponses normales liées à la mise en place de mécanismes neuro-biologiques de défense pour faire face aux violences, et au stress extrême qu’elles induisent et pouvant être responsable d’atteintes cardiologiques et neurologiques.

La prostitution, répétons-le, est traumatisante en soi pour les personnes qui la vivent, elle entraîne de lourdes conséquences sur leur santé physique, psychique et sexuelles, les obligeant faute de soins appropriés à composer avec une mémoire traumatique qui leur fait revivre toutes les situations les plus traumatisantes et à recourir à des mécanismes de défense et des stratégies de survie anesthésiants coûteux entraînant des processus de dissociation (21) et de décorporalisation : dissociation psychique entre la personnalité prostituée et la personnalité « privée », dissociation physique avec des troubles de la sensibilité corporelle et sensorielle (hypoesthésie, anesthésie, seuil de tolérance à la douleur élevé).

La mémoire traumatique et la dissociation traumatique qui s’installent chez les victimes sont des mécanismes de sauvegarde neurobiologique exceptionnels. (22) Ces mécanismes font « disjoncter » non seulement le circuit émotionnel mais également celui de la mémoire en isolant la structure à l’origine de la réponse émotionnelle et sensorielle, l’amygdale cérébrale.

Celle-ci est à la fois isolée du cortex ce qui entraîne une déconnection de la victime avec ses perceptions sensorielles et algiques, et ses émotions, et de l’hippocampe, structure cérébrale dont la fonction est d’être un système d’exploitation très sophistiqué permettant l’intégration de la mémoire émotionnelle et sensorielle indifférenciée en mémoire autobiographique et le repérage temporo-spatial.

Une victime « dissociée » face à des violences extrêmes se retrouvera donc comme détachée, anesthésiée émotionnellement, avec un sentiment de vide, d’irréalité et de dépersonnalisation, comme si elle était étrangère aux événements. Elle pourra sourire de façon automatique et discordante, voire même rire, déconnectée de son corps qui lui semble un corps étranger, un corps mort, insensible (Trinquart, 2002) (23).

L’absence de réaction, d’émotions et de douleurs ressenties est bien utile à tous les acteurs du système prostitutionnel. Elle permet aux clients d’exercer les pires humiliations et violences sexuelles sans entrave émotionnelle, la personne prostituée pourra rester docile… Cette dissociation est très dangereuse pour les personnes prostituées : elle leur fait supporter l’intolérable, et elle aggrave l’absence totale d’empathie des clients.

Les violences sexuelles subies dans l’enfance, l’âge précoce d’entrée dans la prostitution, la consommation d’alcool et de drogue : des mythes pour Amnesty…

Quant aux violences sexuelles et aux maltraitances physiques et négligences subies dans l’enfance par les personnes prostituées, les études sur l’âge précoce d’entrée dans la prostitution, et la proportion de personnes prostituées qui consomment alcool et drogues, selon de nombreuses études scientifiques internationales, AI les balaie du revers de la main. Elle affirme, sans citer le moindre chiffre, qu’elles ne concernent pas la grande majorité des personnes prostituées et se réfère à quelques études sociologiques sans en donner le contenu…

Qu’en est-il alors des études qui démontrent que 65% à 95% des personnes prostituées ont subi des violences sexuelles dans l’enfance ? (24)

. en 1978, aux États-Unis à San Francisco, une étude montre que 80% des personnes prostituées participant à la recherche ont été victimes de violences sexuelles : 37% d’incestes, 33% de violences sexuelles, 60% de viols ;
. en 1981, aux États-Unis, une étude auprès de 200 des personnes prostituées montre que 60% d’entre elles avaient été maltraitées sexuellement à l’âge moyen de 10 ans ;
. en 1986, aux États-Unis, une étude montre que 60 à 65% des personnes prostituées étudiées ont subi des violences sexuelles dans l’enfance ;
. en 2003, une étude de Mélissa Farley (dans 9 pays et 854 personnes prostituées) : 63% avec en moyenne 4 auteurs d’agressions pour chaque enfant, la majorité des situations prostitutionnelles débutent avant 18 ans (moyenne 13-14 ans) ;
. en 2008, une étude australienne montre que 75% des personnes prostituées ont subi des violences sexuelles avant l’âge de 16 ans ;
. en mars 2010, le Collectif féministe contre le viol (CFCV) montre dans une étude faite sur les 187 appels de personnes prostituées reçus à la permanence Viols femmes-information, de 1998 à fin 2007, que 100% ont été agressées sexuellement avant d’avoir été exposées à la prostitution. 402 agresseurs ont été dénombrés, soit une moyenne de 2,15 agresseurs par victime.

Ces chiffres impressionnants montrent que l’entrée dans la prostitution est une conséquence fréquente de violences subies dans l’enfance, et plus particulièrement de violences sexuelles. Ces violences presque jamais reconnues (victimes qui sont abandonnées à leur sort, sans protection ni prise en charge, soumises à la loi du silence) sont à l’origine d’atteinte à la dignité – le ou les agresseurs signifiant aux personnes prostituées que leur corps ne leur appartient pas, qu’ils ont le pouvoir de le nier, et de le réduire à des objets sexuels que l’on peut torturer pour son plaisir ; aussi à l’origine de fugues et de départ précoces pour fuir le milieu familial maltraitant (situations à risque qui les mettront en danger) ; à l’origine, enfin, d’importants troubles psychotraumatiques avec mémoire traumatique des violences qui les « coloniser » ensuite, transformant leur vie en enfer, leur faisant revivre les terreurs et les souffrances des agressions sexuelles, les mises en scène pornographiques, les propos orduriers et dégradants, ainsi que l’état d’excitation et de jouissance perverse des agresseurs.

C’est à cause de cette mémoire traumatique qu’au moindre lien rappelant les violences ou lors de stress importants, leur champ psychique sera envahi par des scènes de violences sexuelles, par les phrases « assassines » prononcées par les agresseurs : « tu n’es qu’une salope, qu’une putain », « tu n’es bonne qu’à ça », « tu aimes ça », par les comportements méprisants et humiliants des agresseurs, etc. Cette « colonisation » par les violences et les agresseurs rend les victimes vulnérables et peut leur faire croire qu’elles ne valent rien, qu’elles n’ont aucun droit et qu’elles « ne méritent que ça », qu’elles sont « coupables et doivent être punies », qu’elles peuvent « aimer » être dégradées sexuellement, et « en jouir », ce qui est faux, bien sûr, et créé de toute pièce par les agresseurs et par la mémoire traumatique des agressions (les scénarios, l’excitation, la jouissance qui les colonisent ne sont pas les leurs, mais ceux des agresseurs).

Ces mises en scène des agresseurs, amorcées le plus souvent depuis leur petite enfance, « organisent » leur honte, leur culpabilité et leur soumission aux volontés des agresseurs. Les réminiscences de violences sexuelles peuvent être prises pour des « fantasmes » de viol. Les réminiscences de propos les traitant de « putain » et celles de violences sexuelles commises par plusieurs agresseurs peuvent être prises pour des « fantasmes » de prostitution. Ce ne sont pas des productions de leur imagination, mais des intrusions provenant des violences qui contaminent leur sexualité, et qui anéantissent leur estime de soi en les remplissant de doute sur elles-mêmes.

Les proxénètes et les clients prostitueurs tirent profit des violences sexuelles et de toutes les maltraitances que subissent les enfants, en raison des conséquences psycho-traumatiques à court, moyen et long termes. Particulièrement la dissociation traumatique, qui augmente, comme nous l’avons vu, le seuil de tolérance aux situations dangereuses et à la douleur.

Le monde que nous propose Amnesty International, et reflété dans cette résolution, est un monde injuste où les hommes pourront tranquillement continuer à dominer et à consommer des femmes vulnérables pour leur plaisir, à leur faire violence en toute tranquillité et impunité, sans avoir à en supporter l’impact émotionnel et physique vécu par leurs victimes.

Amnesty trahit les droits des femmes et des personnes les plus vulnérables et choisit son camp : celui de la marchandisation du sexe, des clients prostitueurs et des proxénètes !

Notes

11. http://prostitutionresearch.com/topic/health-mentalphysical/
12. http://www.prostitutionresearch.com/pdf/Prostitutionin9Countries.pdf
13. http://www.trauma-and-prostitution.eu/fr/category/textes-scientifiques/
14. http://www.memoiretraumatique.org/psychotraumatismes/generalites.html
15. http://www.trauma-and-prostitution.eu/fr/2015/01/21/pour-mieux-penser-la-prostitution-quelques-outils-et-quelques-chiffres-qui-peuvent-etre-utiles/
16. http://www.memoiretraumatique.org/memoire-traumatique-et-violences/violences-sexuelles.html
17. Chez Dunod, en 2014. http://www.dunod.com/sciences-sociales-humaines/autres-ouvrages-de-psychologie-et-societe/le-livre-noir-des-violences-sexuelles
18. http://www.memoiretraumatique.org/psychotraumatismes/consequences.html
19. http://www.memoiretraumatique.org/psychotraumatismes/memoire-traumatique.html
20. http://www.memoiretraumatique.org/assets/files/Documents-pdf/La-dissociation-traumatique-et-les-troubles-de-la-personnalit-Dunod-2013.pdf
21. http://www.memoiretraumatique.org/assets/files/Documents-pdf/La-dissociation-traumatique-et-les-troubles-de-la-personnalit-Dunod-2013.pdf
22. http://www.memoiretraumatique.org/psychotraumatismes/origine-et-mecanismes.html
23. http://www.memoiretraumatique.org/assets/files/Documents-pdf/Trinquart-dissociation-decorporation-et-prostitution.pdf
24. http://www.prostitutionresearch.com/pdf/Prostitutionin9Countries.pdf

L’auteure

La Dre Muriel Salmona est psychiatre-psychothérapeute spécialisée en psychotraumatologie. Elle est responsable de l’Antenne 92 de l’Institut de victimologie. Elle est présidente de l’association Mémoire traumatique et Victimologie dont le site est très populaire. On peut communiquer avec l’auteure à son adresse courriel. On peut aussi consulter son blogue et sa page Facebook et son compte Twitter.

*** Article publié d’abord sur le blogue Stop aux violences familiales, conjugales et sexuelles. Nous remercions l’auteure de sa collaboration.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 13 août 2015

Partag

Sonnez les cloches samedi 15 août pour les chrétiens persécutés dans les pays musulmans

Publié le

Samedi prochain, toutes les églises et sanctuaires de France et du monde entier feront tinter leurs cloches en hommage à tous les chrétiens persécutés dans le monde musulman, ce qui n’est pas précisé, pour des raisons diplomatiques ou laches, par les auteurs de la pétition ci-dessous.

En effet, sauf erreur de ma part, il n’y a que dans les pays musulmans que les chrétiens sont discriminés, persécutés, contraints de se convertir et massacrés comme en Egypte, au Pakistan, au Nigéria, au Yemen et dans la totalité du monde musulman parce que le Coran prêche la haine du chrétien (et du juif aussi).

Dans tous ces pays, le culte chrétien est interdit et, alors que l’on construit avec l’argent de l’Etat, des milliers de mosquées en France, les églises chrétiennes sont détruites quand elles existent et interdites de construction en islamie.

Lire quelques uns de mes articles sur le sujet : https://laconnectrice.wordpress.com/2015/04/24/genocide-armenien-des-chretiens-extermines-par-des-musulmans/

https://laconnectrice.wordpress.com/2011/03/02/lislam-persecute-les-chretiens/

Il était temps que le Vatican se prononce contre ces persécutions, voir dans l’article ci-dessus les motifs de sa frilosité.

La Connectrice

pour nos frères persécutés

Signez cette petition!

« La #libertéreligieuse est une priorité pour CitizenGO » (Álvaro Zulueta, DG de CitizenGO, lors du Congrès international #WeAreN2015, qui s’est tenu à Madrid du 17 au 19 avril dernier)

Alice,

« Ne nous oubliez pas ! » Tel est le cri du patriarche des chrétiens d’Irak, Mgr Louis Raphaël Sako, faisant référence au calvaire des chrétiens, chassés et soumis à la terreur de Daesh.

http://www.citizengo.org/fr/27869-christianbells-nous-ne-vous-oublions-pas

C’est pourquoi nous remercions les diocèses  à l’initiative de #Christianbells : sonner les cloches des églises et sanctuaires de France et du monde entier samedi 15 août à 12h00 en soutien aux chrétiens persécutés.

Nous remercions les diocèses qui se sont ralliés à cet évènement.

Nous demandons aux autres diocèses de confirmer leur participation à ce soutien à nos frères persécutés.

http://www.citizengo.org/fr/27869-christianbells-nous-ne-vous-oublions-pas

Lors du Congrès international sur la liberté religieuse, qui s’est tenu à Madrid du 17 au 19 avril dernier : WeAreN2015, le père P. Luis Montes, etl’ensemble des intervenants, nous ont dit qu’il y avait trois façons d’aider les #chrétienspersécutés :

  • Prier,
  • Faire connaître autour de nous ce qui se passe (beaucoup ne sont toujours pas au courant, ou mal informé du trame qui se déroule sous nos yeux)
  • Et aider financièrement.

Nous pouvons le faire. #Christianbells

Alice, vous pouvez suivre les diocèses participant sur cette carte : https://www.google.com/fusiontables/embedviz?q=select+col2+from+1x-4rLveBdfTbg7pYRlILxiF9A1yItEYYvwdAkE0p&viz=MAP&h=false&lat=46.29359294662119&lng=7.131525099277494&t=1&z=6&l=col2&y=2&tmplt=2&hml=GEOCODABLE

Et demander à ceux qui n’ont pas encore confirmé leur participation de Sonner les cloches samedi 15 août à 12h00 : #Christianbells : http://www.citizengo.org/fr/27869-christianbells-nous-ne-vous-oublions-pas

Sincèrement

Violette et toute l’équipe de CitizenGO

Tutelles. Le MJPM affirme que la nonagénère n’a besoin de rien. Les preuves en photos

Marie est rentrée de l’hôpital le 28, sans argent (le MJPM (mandataire judiciaire à la protection des majeurs) soutenant qu’elle n’en avait pas besoin, sans provisions, sans soins.

Marie est rentrée amaigrie, la nourriture de l’hôpital ne l’avait pas comblée et elle n’avait pas de quoi acheter des compléments car Marie est gourmande et mange de bon appétit en se frottant le ventre de plaisir quand le met lui plait.

Depuis le 28, je la nourris à mes frais alors qu’elle a des revenus largement suffisants (bonne retraite, économies, loyer de 48) pour disposer de l’argent nécessaire pour ses besoins quotidiens de nourriture, d’hygiène et de petits plaisirs comme le restaurant ou l’apéro.. Le MJPM qui a sans doute le don de double vue, prétend qu’elle a des provisions.

Ce matin, je suis montée lui apporter un petit déjeuner. Voici les photos que j’ai prises.

01-IMG_1530Marie en train de déjeuner avec appétit. Je lui ai apporté de la brioche tiède, des cerises, des crèmes au café qu’elle aime. Le tout à mes frais. J’ai du rapprocher sa chaise de la table.

14-IMG_1545 Marie se régale avec sa deuxième crème au café. Elle a enlevé son dentier, ce qu’elle fait régulièrement et peine à le remettre, le nettoyer, l’essuyer et mettre la colle pour qu’il tienne. Quand je suis là, je l’aide.

15-IMG_1546

Les reliefs du dîner de Marie après le passage des infirmiers qui refusaient de venir la prendre chez moi. Le MJPM m’a menacée de venir avec la police si je ne la ramenais pas chez elle ! Elle habite au 6ème et moi au 5ème du même immeuble. Je n’avais pas pris la communication en direct parce que j’étais en train de lui laver les fesses après un accident. Quand je l’ai dit à l’assistante MJPM elle m’a réponsu : ça ne m’interesse pas.

Conclusion de ce rapport de force contre productif pour Marie : le MJPM la laisse mourir de faim, les infirmiers ne se soucient pas de sa santé. Quand Marie est chez moi, elle mange à sa faim avec appetit et plaisir.

09-IMG_1540 06-IMG_1537

D’après le MJPM Marie a des provisions. Je vous laisse en juger devant ces photos de son frigo et de son placard

10-IMG_1541Depuis des semaines, j’ai signalé au MJPM qu’il fallait s’occuper du linge de Marie. Le linge sale s’accumule dans le lave-linge …

Marie a des revenus très suffisants pour régler une note de teinturier ou une femme de ménage mais le MJPM refuse de lui accorder un budget à cette fin.

12-IMG_154311-IMG_154213-IMG_1544Depuis le mois de mars j’ai signalé au MJPM et à l’infirmière qu’il était nécessaire de couper les ongles de Marie. Je lui coupe les ongles des mains mais je n’ai pas osé m’occuper de ses pieds …

04-IMG_1535Marie n’a pas dormi dans son lit. J’ignore où elle a passé la nuit. Une chance qu’elle ne soit pas tombée car elle peine à s’asseoir, s’allonger ou se relever.

J’ajoute que c’est moi qui avais fait son lit avant qu’elle ne revienne de l’hôpital, le MJPM n’ayant rien organisé pour son retour.

02-IMG_1531 Message de l’infirmière à l’attention de Marie. Elle n’a même pas réactivé son alarme !

03-IMG_1532Marie ne téléphone plus, elle s’embrouille dans les chiffres, bloque son appareil, le laisse se décharger hors de la borne. Comment une infirmière peut-elle croire que la nonagénère appellera si elle se sent mal ?

On jugera de la pertinence des conseils laissés à Marie …

Pour le MJPM, la Fondation Maison des champs, l’auxiliaire d’ATD quart monde, je suis indésirable, je suis une voleuse, et persona non grata pour toute leur clique. Je suis pourtant la seule personne proche géographiquement (elle au 6ème, moi au 5ème) et affectivement, suffisamment disponible pour veiller sur elle et l’assister concrètement. Hier j’avais littéralement les mains dans le caca quand ces personnes me harcelaient et me menaçaient au téléphone.

Pourquoi le MJPM tiennent-ils à ignorer le lien fort qui unit Marie et moi, contrairement aux attendus de sa charte ? Pourquoi ces personnes ignorent-elles le document rédigé et signé par Marie me désignant comme sa personne de confiance pour les décisions et interventions médicales, selon la loi ?

A l’instant, le bureau du MJPM m’appelle pour me demander si Marie et chez elle, l’assistante MJPM est sur son palier et ne peut pas descendre d’un étage pour me poser la question ? Je monte ouvrir la porte de Marie.

Pourquoi ce parti pris stupide et méchant ? Ce comportement ne va sûrement pas dans le sens du bien-être de Marie mais sûrement dans celui de la maltraitance à personne vulnérable.

Le rapt

11.02

Tout à fait par hasard, je viens de voir l’assistante MJPM descendre avec des sacs et une valise. Je ne l’aurais pas croisée .que je n’aurais pas été informée de cet enlèvement. Je n’ai pas pu dire au revoir à Marie et inversement.

Nos voisins présents à ce moment sont aussi choqués que moi. « Police politique » dit l’un deux.

Je suis bouleversée …

Le roi d’Arabie saoudite et ses esclaves à Vallauris ? Que font les droitsdel’hommistes ?

L’Arabie saoudite est connue pour perpétuer la tradition esclavagiste au profit de ses élites. Les Saoudiens sont non seulement consommateurs mais aussi trafiquants.

Voici un article édifiant paru en mai 2015 http://www.dakaractu.com/Convoi-de-senegalaises-en-Arabie-saoudite-pour-esclavage-sexuel-le-reseau-de-proxenetes-reprend-du-service_a90392.html

Entre janvier et mai 2015, ce sont des dizaines de filles qui ont été convoyées en Arabie saoudite sur la base d’une immigration légale. Mais en réalité, il s’agit d’un vaste réseau de trafiquants de femmes dont leurs cibles sont des Sénégalaises, candidates à l’immigration pour les pays arabes.
 

 
Coumba raconte sa vie au quotidien dans la maison de son patron : «On nous bat, on ne nous paie pas» «En venant ici, je pensais à un travail décent comme domestique. Mais en réalité, on m’a amenée ici pour être une esclave. Je suis la bonne à tout faire pour mon patron saoudien. Et nous sommes beaucoup de filles à vivre ce calvaire. On nous bat, on ne nous paie pas», témoignage Coumba. Qui lâche, en sanglot : «je suis traitée parfois comme un objet sexuel par mon patron».
 

 
En effet, Coumba fait partie de ces centaines de femmes sénégalaises prises au piège par des convoyeurs sénégalais. Le mode opératoire est simple: «Les trafiquants, qui sont en relation avec leurs clients saoudiens qui leur font part de leur volonté d’avoir des domestiques, choisissent des femmes prêtes à travailler en Arabie Saoudite et leur trouvent le visa. Ils promettent à ces dernières un emploi pour un particulier saoudien avec un bon salaire sur la base d’un contrat».
 
 Selon le témoignage de Coumba, «dès leur arrivée en Arabie Saoudite, leur nouveau patron, en présence de leur convoyeur, leur fait signer un contrat dont elles ne comprennent rien des termes, car écrit en arabe».
 
Trompées, elles sont amenées dans des régions lointaines pour «être utilisées comme esclaves», alors qu’elles étaient sensées travailler chez des particuliers à Ryad. Une fois entre les mains de leur maîtres, les voilà qui perdent toute leur dignité et sont coupées du reste du monde.
 
«On a confisqué mon passeport, ma carte d’identité et le té- léphone que j’avais amené avec moi. Je ne suis plus en contact avec ma famille», explique Coumba qui fait partie d’un groupe de filles convoyées au mois de janvier dernier en Arabie Saoudite.
 
Des ramifications dans la sous-région : un réseau de 3 délinquants dont un saoudien démantelé
 
Comme au Sénégal, ce trafic de filles dans les pays du Golfe, s’est développé dans la sous-région. Au mois d’avril dernier la Division des investigations criminelles de la police nationale du Burkina Faso a démantelé un réseau de 3 délinquants, dont un saoudien spécialisé dans la traite des personnes principalement des jeunes filles.
 
Ces individus s’apprêtaient à convoyer 17 filles âgées entre 15 et 26 ans, dont 5 sont encore mineures. Avec les enquêtes, des ramifications du réseau ont été identifiées en Côte d’Ivoire, en Inde, en Indonésie, au Sri Lanka et en Arabie Saoudite.
 
Le trafic des sénégalaises ne date pas d’aujourd’hui : la Dic suit l’affaire depuis 2013
 
En 2013, la Division des investigations criminelles s’était saisie de ce genre d’affaire suite aux témoignages recueillis par notre confrère Mamadou Bitèye à l’époque journaliste à Walfadjri et qui avait fait l’objet d’une émission.
 
 La Dic avait même auditionné 2 filles vendues comme esclaves qui s’étaient échappées des griffes de leurs maîtres saoudiens et qui ont eu la chance d’être rapatriées. La presse avait, à l’époque, relayée le témoignage d’une des Sénégalaises domestiques en Arabie Saoudite qui, selon elles, sont violées. L’une d’elles témoigne qu’elle servait d’objet sexuel au fils de son maître.
 
En 2012, aussi la presse avait relayé le cas de 2 ressortissants saoudiens qui étaient activement recherchés par les limiers de la Dic suite à une correspondance adressée par l’ambassade du Sénégal en Arabie saoudite au ministère de l’Intérieur.
 
Dans ses notes, le diplomate sénégalais fait parvenir aux autorités sénégalaises les témoignages de sénégalaises qui exercent comme employées de domicile qui se sont faites berner par leurs convoyeurs.
 
Ces derniers, 2 saoudiens, qui logeaient dans un hôtel de la place ont pris la poudre d’escampette avant que les redoutables enquêteurs de la Division des investigations criminelles ne fassent une descente sur les lieux.
 
Ce trafic, qui semblait observer un temps de pause, a, d’ailleurs, repris ces derniers mois avec le convoi de dizaines de filles sénégalaises, presque toutes la vingtaine, selon Coumba. «On était plusieurs filles à partir au mois de janvier, d’autres étaient programmées pour les prochains mois.
 
Il y avait même des diplômées, car on espérait que c’est un travail avec un bon contrat. Alors qu’on ne voit même pas la couleur de notre salaire. Notre patron le donne à celui qui nous amené ici», raconte Coumba avec amertume au bout du fil.
 
BOUBACAR SEYE, PRESIDENT DE «HORIZON SANS FRONTIERES»  «ELLES TRAVAILLENT COMME ESCLAVES DANS TOUS LES PAYS ARABES»
 
La situation des femmes africaines et sénégalaises, en particulier, n’échappe pas aux organisations de défense des immigrés. Comme pour confirmer le témoignage de Coumba qui a joint la rédaction de Grand-Place, le président de l’Ong Horizon sans frontière déclare qu’«en réalité, leurs parents pensent qu’elles travaillent comme des domestiques dans les maisons, mais en réalité elles sont vendues comme des esclaves».
 
«Il s’agit d’un réseau très organisé de trafiquants, les cerveaux de ce trafic sont des gens qui ont eu à séjourner dans les pays arabes et qui ont beaucoup de contact dans ces pays. Ils font croire aux femmes qu’elles leur font trouver un travail, alors qu’ils sont là pour recruter des esclaves au profit de leurs clients», révèle Boubacar Sèye. Le président de l’Ong «Horizon sans frontières» a d’ailleurs reçu, il y a un mois, les parents d’une fille qui est actuellement en Arabie Saoudite.
 
 Ces parents, qui n’ont plus de nouvelles d’elle, se sont approchés de lui pour faire rapatrier la fille. «Je les ai orientés au ministère chargé de l’immigration. Des filles qui voulaient immigrer, elles aussi, en Arabie Saoudite sont venues me voir je les ai dissuadées, mais elles ne semblaient pas convaincues».
 
M. Sèye estime, par ailleurs, que «c’est l’occasion de poser le débat sur la féminisation du flux migratoire. Beaucoup de femmes immigrent dans les pays arabes, alors que là bas elles ne bénéficient d’aucune protection».
 
Le président de l’Ong «Horizon sans frontières» explique que la situation que vivent des filles en Arabie Saoudite est pareille voire pire dans les autres pays arabes. «Elles vivent pire au Liban», se désole-t-il.
Grand PlaceL

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